Littérature générale

  • La Grande Guerre, la peur et la réalité avec les mots les plus simples et l'humanité de Claude Michelet.0300Mercredi 20 décembre 1916, 22 heures. Jean est de garde dans la boue de sa tranchée, il sera relevé à minuit. Marthe, dans leur ferme près de Brive, tricote en attendant minuit: elle sait qu´elle ne pourra s´endormir avant... Voici 872 jours que Jean est parti pour la guerre; 872 jours qu´elle est seule à tenir l´exploitation et que l´angoisse l´étreint. Ils sont là, à sept cents kilomètres l´un de l´autre, dans cette nuit d´hiver, et c´est comme s´ils se parlaient. Autour d´eux vivent d´autres personnages ? ici, les copains exténués et pouilleux; là, les enfants, la belle-mère, les gens du village. La vie dans sa rudesse, dans l´obsession de la mort ? la peur. Il était minuit et cinq minutes et l´on entendait arriver les gars de la relève quand un tir de mortier se déclencha sur la tranchée des Revenants...Pour aborder cette part tragique de notre Histoire, devenu mythe et légende, Claude Michelet a pris le parti de la sobriété, comme dans une tragédie classique. Durée: deux heures; décors: une tranchée et une salle de ferme; personnages: une femme, un homme. On est, alternativement, avec l´un et avec l´autre. La guerre, avec toutes ses horreurs; la ferme, avec tous ses travaux. Ici comme là, il n´y a pas à discuter: il faut agir ? et Marthe est ici l´exemple de toutes ces femmes qui, presque seules, ont fait vivre la terre.0400Mercredi 20 décembre 1916Ferme des Combettes, 22 heures.Malgré la pesante fatigue qui l´écrasait, Marthe jugeait inutile d´aller se coucher. Car, en dépit de l´envie qu´elle avait de se glisser entre les draps de lin que surmontait l´énorme édredon ? rare pièce de son trousseau ?, elle savait qu´il était vain de chercher le sommeil.Quoi qu´elle fît et malgré son épuisement il ne viendrait pas avant des heures. Car, sitôt les yeux fermés, l´assailleraient toutes les sombres pensées qu´elle parvenait à dompter, tant bien que mal, dans la journée mais qui guettaient sa moindre faiblesse pour l´envahir.Alors, comme chaque soir, tout en se répétant qu´elle devait absolument reprendre des forces et être ainsi prête, dès le lendemain, à sauter du lit à cinq heures sonnantes, elle s´installa au coin de l´âtre, dans le cantou. Là, jambes au ras des braises et dos au chaud contre les pierres tièdes, elle prit son tricot et tenta de s´absorber à sa tâche, de maîtriser son angoisse.Autour d´elle, tout reposait dans la maison. Dans la première chambre, la sienne et celle des enfants, dormaient Louis et Albert ? neuf et dix ans ?, blottis l´un contre l´autre; ils rêvaient, pouce dans la bouche comme le prouvaient les bruits de succion qui émanaient parfois de leur couche. Ici, dans la deuxième chambre, résonnaient par moment les caverneuses éructations et les ronflements non moins bruyants d´Octavine, sa belle-mère, endormie depuis plus d´une heure. Enfin, couchés en face d´elle, de l´autre côté du foyer, sur le petit banc de paille, ronronnaient les deux chats. Et le silence de la nuit n´était troublé que par les craquements des brandons en fin de combustion auxquels faisaient écho les cliquetis des aiguilles tressant la laine et le monotone et grave tic-tac de la grande pendule à balancier.Ce soir, comme tous les mercredis, Marthe avait remonté les lourds poids de fonte. Et même dans cette modeste tâche, elle n´avait pu s´empêcher de penser qu´elle faisait là un travail qui n´était pas le sien, mais celui du chef de famille. Alors, comme toujours et parce que personne n´était là pour l´obliger à cacher ses sentiments, à feindre une inébranlable solidité, elle avait failli succomber au chagrin, à cette vague de larmes qu´elle refoulait pendant la journée. Comme toujours, depuis plus de deux ans, elle s´était reprise, consciente que la moindre faille dans sa défense pouvait ouvrir d´insondable abîmes de détresse. Et c´est d´une main ferme que, comme chaque soir, elle avait rayé ce jour du 20 décembre 1916 sur le calendrier des Postes. Rayé ce huit cent soixante et onzième jour écoulé depuis le départ de

  • L'agriculture, pour Claude Michelet, c'est un choix. Tout jeune, il s'est attaché à ce petit domaine proche de Brive, exploité par un domestique, où la famille passe les vacances : la terre de Marcillac. À douze ans, il décide qu'il sera paysan. Son père, Edmond Michelet, ne s'oppose pas à ce qui semble être une vocation. À l'école d'agriculture de Lancosme-en-Brenne, Claude apprend qu'il existe d'autres méthodes de culture que celles que l'on pratiquait alors dans la basse Corrèze. En 1960, il s'installe à Marcillac, dix-neuf hectares cinquantes ares de terres usées en friches, cinq vaches et une génisse, c'est toute sa richesse. Il se met à l'ouvrage. Ici, très simplement, il dit ce que furent ces années de reconquête : ses travaux et ses peines, ses réussites et ses échecs, ses bonheurs et ses déboires. Parlant de lui et des siens, de sa terre et de ses bêtes, il exprime l'inquiétude de centaines de milliers de petits exploitants désorientés par les décisions souvent contradictoires venues d'en haut et de très loin, qui craignent l'avenir et parfois se révoltent. Ces hommes-là se reconnaîtront dans ses propos. Les autres, les citadins, y découvriront une réalité qu'ils ignorent. Et chacun prendra conscience, à travers les pages de ce livre passionné, qu'une partie de la plus haute importance se joue dans les milliers d'exploitations qui jalonnent la France : la survie d'une civilisation à visage humain.

  • 1903. L'électricité se répand dans les campagnes. Valentin Lescure, maire de Cornemule, gros bourg corrézien, sème la panique lorsqu'il proclame fièrement : «Je vais être celui qui fait briller le soleil à minuit !» Jusqu'à présent, les huit cents habitants de Cornemule ne s'éclairaient qu'à la chandelle et à la lampe à pétrole, et s'en trouvaient fort bien. Or voici que le maire, à l'approche des élections municipales, fait cette déclaration. Et déjà un barrage et une usine sont projetés. Émotion ! Les vaches vont crever, les hommes perdre leur virilité? L'ancien maire, Me Béranger, prend la tête de la révolte, soutenu par tous les agriculteurs et le fabricant de chandelles du village.C'est alors qu'un beau soir, la place s'éclaire, et ce que l'on ne voyait pas dans l'obscurité se révèle: presque chaque nuit, l'un ou l'autre des notables du bourg rend visite à Joséphine, la très belle buraliste. Scandale ! Et tandis que la campagne électorale attise les passions, un mal mystérieux se répand?

  • Les thèmes majeurs de l'oeuvre de Claude Michelet.
    0300Claude Michelet revient ici sur son goût irrésistible de l´enfance, capital dans la formation de sa sensibilité et de tout ce qui fera de lui l´homme et l´écrivain qu´il est devenu. Il romance le souvenir de ses cavalcades étourdissantes dans la campagne corrézienne et du rude apprentissage des choses et des gens auquel il a dû s´atteler dans ses années de jeunesse (« Il était une fois dans la vallée », « Farouche ») ; il redit son respect profond du travail des hommes, son admiration devant leur courage, devant leurs faiblesses si touchantes et leur noblesse ordinaire (c´est particulièrement sensible dans la belle histoire du Joug amoureusement et patiemment sculpté au début du XXesiècle, et qui finira en élément de décoration d´une résidence secondaire au début du XXIe) ; il revient sur le poids accablant de l´Histoire (« Angelina et José ») qui a durement forgé le siècle qui vient de finir ; et il n´oublie pas la force de l´imaginaire et la capacité des hommes à éclater de rire (« La légende de la pomme ») quand ils sont à bout de ressources. Dans toutes ces nouvelles si différentes d´inspiration et de ton, on retrouve les deux moteurs qui font bouger, vivre et créer Claude Michelet depuis tant d´années : la colère et la tendresse.0300À travers les onze nouvelles réunies dans ce recueil, on redécouvre avec bonheur les thèmes majeurs de l´oeuvre de Claude Michelet. L´auteur revient ici sur son goût irrésistible de l´enfance, capital dans la formation de sa sensibilité et de tout ce qui fera de lui l´homme et l´écrivain qu´il est devenu. Il romance le souvenir de ses cavalcades étourdissantes dans la campagne corrézienne et du rude apprentissage des choses et des gens auquel il a dû s´atteler dans ses années de jeunesse ; il redit son respect profond du travail des hommes et leur noblesse ordinaire ; il revient sur le poids accablant de l´Histoire qui a durement forgé le siècle qui vient de finir ; et il n´oublie pas la force de l´imaginaire et la capacité des hommes à éclater de rire quand ils sont à bout de ressources.

  • Après «La Belle Rochelaise» (Prix des Libraires 1998),Jean-Guy Soumy continue de nous étonner par la richesse de ses intrigues, par la fougue de ses personnages.0300Aiguemont est un immense domaine au coeur du Limousin, entre Limoges et Uzerche. Sur lequel règne ? c´est dans les années 1873-1878 ? un grand notable, Pierre Sérilhac, homme à la fois débonnaire et autoritaire. Il y a trente ans, il a épousé (coup de foudre réciproque) une très belle et très fine jeune fille noble du Béarn: Clara, qui illumine l´austère château d´Aiguemont de son charme et de son intelligence. Ils ont eu trois enfants: François, Mathilde et Arnaud. François est raisonnable (c´est à lui que reviendra le domaine), Mathilde est raisonnable et passionnée, Arnaud est déraisonnable. C´est par lui que le désordre et le malheur entrent dans la famille. Dans la région comme à Paris, il fait mille folies, s´abandonne à tous les excès ? il est poète aussi (il y a, clairement, du Rimbaud en lui). Il subjugue sa mère, sa soeur, et même son père. Jusqu´au jour où, parce qu´il en a vraiment trop fait, celui-ci le chasse; Clara, atteinte dans sa chair, s´enfuit dans la nuit: on la retrouvera morte, mordue par un aspic, tout près d´un pavillon de chasse où Pierre et elle avaient connu le bonheur. Désespéré, se tenant pour responsable de sa mort, Pierre Sérilhac s´enferme dans le pavillon isolé, près de la tombe de Clara. Il abandonne la gestion du domaine à François. Dans le même temps se construit la ligne de chemin de fer du P.O. (Paris-Orléans), qui atteint les terres d´Aiguemont. Nul ne peut s´opposer à sa progression: les intérêts en cause sont considérables. Pierre Sérilhac s´y est résigné. Mais il y a deux lieux qu´il veut voir préserver: usant de son entregent, il obtient que la Roche Sauvagnat ne soit pas coupée par une large tranchée, mais il ne peut empêcher qu´un viaduc ne frôle pas la tombe de Clara. L´ingénieur Paul Nordling, maître absolu sur le chantier, s´irrite fort des obstacles que Pierre Sérilhac dresse devant lui. Si François favorise le grand projet, Mathilde, par fidélité à son père, par orgueil, défie l´ingénieur. Et c´est ainsi que ces deux êtres de grand caractère et de passion se découvrent, et que l´amour naît entre eux ? amour tumultueux, violent. Les travaux avançant, les piles d´un pont commencent à s´élever tout près de la tombe de Clara. Et l´on met au jour les traces d´une voie romaine devenue l´un des chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, et la route même qui menait, en Béarn, aux terres d´origine de Clara. Alors, Pierre Sérilhac, las et désespéré, part sur cette route, seul...

  • Lorsqu'on les rattrapa, très loin de la ferme et du village, ils assurèrent qu'ils étaient partis à la chasse aux papillons, qu'ils s'étaient égarés, que? On avait eu si peur qu'on fit mine de les croire. La chasse aux papillons, au fin fond de la Corrèze, au printemps de 1944, quand des détachements allemands parcouraient les routes ??C'était Claude, douze ans, qui avait pris la décision : «On va chercher papa», et Tilou, son petit frère, avait dû le suivre, en renâclant. Il fallait aller chercher papa, depuis quatre ans prisonnier en Allemagne, parce que maman, jusqu'alors si «sérieuse» faisait des bêtises : Claude l'avait surprise avec un jeune homme dans une vieille grange sur la route de Brissac. Elle trahissait un père dont l'enfant avait fait un héros. Alors, armé d'une boussole, traînant Tilou, il était parti vers le nord-est, vers quelque incertaine Poméranie? Autour de la ferme du Tilleul, autour du bourg de Brissac, c'est un tableau vivant de la société rurale au temps de l'Occupation que trace Gilbert Bordes. Ici, on ne voyait guère les Allemands, à peine plus les «maquis» : on était hors de l'Histoire. Mais l'absence des hommes, prisonniers dans une lointaine Allemagne, avait fait un déséquilibre dans ce monde figé. D'où des drames, des rêves, des folies.Avec la générosité qu'on lui connaît, Gilbert Bordes ne juge pas : il raconte une histoire. Avec une femme vraie, des gamins bouleversants sur une terre et sous un ciel pleins de mystères et de merveilles.

  • De mère en fille, à travers trois siècles: depuis Marie, la misérable paysanne de la Creuse, jusqu'à Marie, l'étoile de ballet qui triomphe aujourd'hui à Paris0300Onze femmes... Elles vont être onze femmes à se transmettre, de génération en génération, la flamme que Marie, la première, a cueillie au «feu perpétuel» qui brûlait sur la place de ce village de la Creuse, dans le terrible hiver 1709.Judith la courtisane, qui règne sur le Palais-Royal et meurt lors des massacres de septembre 1792; Constance, cantinière de la Grande Armée; Marianne, sur les barricades de 1832; Luce, dans l´Algérie nouvelle des années 1860; Marguerite, dans la guerre de 1914-1918; Sara, dans la Résistance... Les détours, les accidents, les tragédies se multiplient dans la succession des générations, parfois bien près de s´interrompre.Elles ont toutes quelque chose en commun et qui les distingue: le caractère, la fierté, l´audace, le courage, et une certaine beauté, une grâce qui s´accomplissent en la dernière de la lignée, l´étoile de l´Opéra ? et une fidélité qui les fait toujours revenir à la ferme du Puy Marseau qui accueillit la première Marie. Il fallait autant de rigueur que de souffle pour enchaîner ces destins si différents et en faire un unique roman: celui d´une lignée, dont les héroïnes sont toutes exceptionnelles. Une entreprise hardie et ambitieuse, qui n´étonnera pas de la part de l´auteur des «Moissons délaissées», de «La Belle Rochelaise» (prix des Libraires 1998), et de «Rendez-vous sur l´autre rive».0400? Je vais partir, Joseph, dit la jeune fille.Les mots avaient été prononcés avec retenue. ? Comment cela, partir?Joseph scruta le profil anguleux de sa nièce. Ses cheveux clairs tirés sous sa coiffe dégageaient son front pâle. En cet instant, elle paraissait beaucoup plus que ses dix-neuf ans.? Pendant que tu causais avec le caporal, j´ai discuté avec une femme qui loge dans la maison de Jeanne.? Oui?? Elle m´a proposé de travailler pour elle.? Que fait-elle?? Je ne sais pas exactement. Elle suit l´armée et elle approvisionne les soldats. Elle a plusieurs charrettes. Je crois qu´elle est mariée à un commissionné; un bottier qui travaille aussi pour l´armée. Elle monte le rejoindre à Boulogne.? Au camp militaire de Boulogne?Constance hocha la tête.? Et moi qui te disais de ne pas te soucier, que je ne partirai pas! C´est toi qui m´annonce çaoeil se leva et fit face à Constance.? Ce genre de femmes, je le connais, ma petite. Ce sont des vivandières. Leur vie est terrible. Jamais deux nuits sous le même toit, toujours à dépendre des autres. Dans le froid et la pluie des bivouacs. Sans compter les risques de la guerre. Contraintes de vivre parmi des soldats qui ne sont guère délicats...? Je vais partir, Joseph.? Tu n´es pas bien avec nous? s´écria Joseph. Rosalie... C´est à cause d´elle que tu pars?? Non! Rosalie n´est pour rien dans cette décision.? Mais alors pourquoi?Constance soutint le regard de son oncle, déçue qu´il ne l´encourageât pas dans un rêve qu´il avait lui-même contribué à faire naître.? Je ne sais pas pourquoi je vais partir, Joseph. Mais ce que je sais, c´est que je vais le faire. C´est étrange... J´aime Puy Marseau. Je vous aime tous les deux. Je sais que, bien souvent, je pleurerai en pensant à toi, à Rosalie, à la Creuse. Mais j´ai pris ma décision.? Réfléchis, reprit Joseph atterré. Réfléchis bien avant de t´engager. Et d´abord, pourquoi cette femme t´a-t-elle fait cette proposition? À toi?? Elle avait une aide qui est morte d´une mauvaise fièvre. Elle ne peut pas continuer seule avec deux chariots à conduire. Elle a vu que j´étais forte, que le travail ne me faisait pas peur. On a parlé. Ça s´est bien passé entre nous. Nous sommes d´accord sur tout.? Une cantinière et dix hussards passent au pied du Puy Marseau et tout notre bonheur s´écroule.? Je reviendrai, dit Constance.Livide, Joseph secoua la tête.? Quand on part ainsi, c´est la dernière chose qu´il faut croire, mon enfant. La dernière.Ils restèrent séparés par la douleur. Joseph ne bougeait plus, n´osait plus regarder sa nièce.? Tu es si jeune, dit-il com

  • Mathieu a douze ans. Il n´est pas franchement beau: grandes oreilles, bouille ronde, gros yeux. Un sale môme de paysan, cancre et chapardeur. «On n´en fera jamais rien», se lamente sa grand-mère. Arrive dans le village une gamine de son âge, Marion: elle est leucémique et vient là pour reprendre des couleurs. Pour lui faire plaisir, Mathieu vole des bonbons, puis un stylo en or, puis un collier, et va jusqu´à dérober dans l´église le ciboire et des hosties consacrées. Émoi, scandale. Cinq années dans un centre d´éducation surveillée, et Mathieu est libre. Il n´a cessé de penser à Marion; il la retrouve. La leucémie connaît des phases de rémission, puis regagne du terrain... De près ou de loin, Mathieu veille toujours sur son amie, même si l´un et l´autre mènent une vie indépendante et tourmentée. Il finit par la retrouver à l´hôpital de Villejuif où elle suit un ultime traitement. Et c´est là que, à force d´attention et de tendresse, il parviendra à l´arracher à la mort, dans le temps même où elle l´aura ramené à une vie enfin apaisée.

  • 1974... Saint-Libéral ne compte plus que trois cent quatre habitants. Pierre-Édouard - le doyen - se désole. La population vieillit, le village se meurt. Jacques Vialhe s'échine sur l'exploitation familiale. Dominique, son fils, ingénieur agronome en Afrique, ne parle pas de prendre la relève. La petite Jo est partie faire le tour du monde au bras d'un photographe... Seul Jean, le fils de Guy, rêve de devenir éleveur et de travailler la terre de ses ancêtres...

    Qu'adviendra-t-il de Saint-Libéral lorsque Pierre-Édouard et Mathilde auront fermé les yeux, et que Jacques, épuisé, aura rendu les armes ? Les jeunes Vialhe imiteront-ils les engoulevents - oiseaux migrateurs - et reviendront-ils vivre sur les terres où ils sont nés ?

    Suite et fin d'une fresque somptueuse qui a bouleversé la France entière.

  • Sourde et muette de naissance, on la considère comme une bête dont on peut abuser; domestique, elle vit avec un fils qu´elle a eu à dix-sept ans au domaine de l´Étanchade; infirme, ne sachant ni lire ni écrire, celle qu´on appelle la Mule ne dénoncera jamais personne... C´est après la dernière guerre qu´Antoine Rolandier vient la trouver. Fils d´une famille de riches meuniers de la vallée de Bar, il n´a qu´une idée: retrouver les sacs d´or que son père, disparu lors de l´incendie de son moulin en 1926, a très certainement cachés et qui demeurent quelque part sous les ruines. Or, une seule personne peut le conduire à ce trésor: la Mule, qui, tout enfant, ne quittait pas le vieux Paul Rolandier d´un pas. Pour mener la jeune femme à révéler la cachette de l´or, Antoine décide de lui apprendre à lire et à écrire, et peu à peu réveille son intelligence et sa mémoire. À force d´attention et d´affection, il l´aidera à retrouver sa dignité de femme...

  • Iconoclaste, émouvante et burlesque, cette histoire est une magnifique leçon de vie.


    1919, la paix est revenue. Pas les hommes, morts dans les tranchées et qui laissent derrière eux une armée de veuves et de filles "à marier". D'abord livrées à elles-

  • La suite romanesque de Claude Michelet a touché cinq millions de lecteurs qui se sont reconnus dans la famille Vialhe. Dans ce dernier volume, Claude Michelet met un poin final, plein de colère et d'émotion mais aussi de tendresse et d'espoir, à sa grande saga. Le vieux domaine de Saint-Libéral se meurt, assassiné au nom de la politique ; là-bas, en Nouvelle-Calédonie, de nouveaux espaces s'ouvrent... Demain, y aura-t-il encore une terre pour les Vialhe ?

  • Toute sa vie, Cyprien Mallorie a été un homme libre : menuisier-ébéniste dans une commune proche de Tulle, esprit singulier, cabochard, il ne s'en est jamais laissé imposer par personne.
    Mais il y a quelques mois, sa femme est morte, et le voici seul dans un village presque désert. Il a plus de quatre-vingts ans et des crises d'angine de poitrine le terrassent. Cependant, obstinément, farouchement, il refuse l'idée même d'entrer dans une maison de retraite, malgré l'insistance de ses enfants : ce serait s'arracher à son atelier, à ses amis, à son jeune copain Olivier, un gamin de sept ans à qui il apprend à lire le ciel, la terre et l'eau.
    Ce serait s'arracher à ses souvenirs, à ses amours enfuies, à sa vie. Il devra bien, un jour, y consentir, mais ce sera pour, très vite, se révolter, s'enfuir de la prison dorée. Tout un hiver, tout un printemps, de plus en plus faible mais toujours aussi fier, il fait front, avec la seule affection d'Olivier qu'un destin semblable au sien (la pension) menace. Il est sur le point d'accepter le sort que ses enfants et la société lui destinent, lorsque le rejoint Caroline, sa petite-fille qu'animent les mêmes passions que lui...
    Superbe personnage pour un roman de vérité.
    Grand et terrible sujet auquel presque toutes les familles, un jour ou l'autre, se trouvent confrontées.
    Sous la plume généreuse de Gilbert Bordes, voici l'histoire exemplaire de Cyprien Mallorie, l'homme qui voulait mourir libre.

  • Au coeur de l'oeuvre romanesque de Claude Michelet, il y a deux familles : les Vialhe des Grives aux loups, toujours attachés à Saint-Libéral, et les Leyrac des Promesses du ciel et de la terre, ceux qui partirent en 1871 tenter l'aventure au Chili et dont certains regagnèrent le Bordelais et la Corrèze. Un jeune couple a réuni les deux familles : Josyane Vialhe et Christian Leyrac. Et ce sont eux qui sont au centre de ce nouveau roman : La nuit de Calama. Ainsi se lient les destins familiaux et s'affirme l'unité d'une oeuvre.Si, dans la lignée Vialhe, de génération en génération, tout est clair, il n'en va pas de même du côté des Leyrac, du moins aux yeux de Christian. Il n'avait pas deux ans lorsque son père est mort en déportation à Dachau en juillet 1944 ; et, sur ce père qu'il n'a pas connu, sa mère ne lui a jamais dit que cette phrase ambiguë : "Ton père a voulu faire de la résistance et il en est mort."Adulte, Christian s'est lancé dans une longue enquête pour tenter de renouer les fils de la vie de son père. Et c'est cette enquête qu'il se remémore aujourd'hui, alors que, jeté dans une prison du Chili de Pinochet - où, journaliste, il effectuait un reportage -, dans une petite ville poussiéreuse nommée Calama, il vit situation semblable à celle que vécut son père en de bien plus terribles circonstances...cette "nuit de Calama", Christian Leyrac ne l'oubliera jamais. Au moins lui aura-t-elle permis, à travers le destin enfin éclairé de son père, de savoir lui-même qui il est.

  • C'était la veille de la guerre de 14-18 à Saint-Roch.
    Cécile, jeune et ardente institutrice laïque, avait réussi à imposer, dans ce village de la basse Corrèze, l'école de la République face à la conjuration du curé et des bigotes, et à mener Malvina, la petite paysanne rejetée par tous, jusqu'au certificat d'études. C'avait été leur victoire... Malvina sera institutrice. En 1917, elle entre à l'Ecole normale. Prise dans cet univers clos qui tient du couvent et de la caserne, elle ne supporte la discipline et les tracasseries que pour les rares sorties où elle retrouve Cécile.
    Mais Cécile a sa vie, et fort libre. Elles se heurtent, elles se déchirent, elles partagent un même amour. Elles se retrouvent enfin dans une amitié passionnée qui durera toute leur vie... Les voici, aujourd'hui très vieilles, retirées dans ce village où elles se sont rencontrées - là même où habite Michel Peyramaure qui, par affection, accepte de relire les feuillets que Malvina, jour après jour, lui soumet : son histoire et, du même coup, celle de Cécile, puisqu'elles n'ont jamais cessé de s'aimer. Les rires et les éclats des deux vieilles demoiselles, la voix tranquille de Michel Peyramaure, voilà ce que l'on entend dans ce livre si juste et si sensible où s'achève la belle histoire commencée dans L'orange de Noël.

  • Dans les caves du manoir de Mauval coule une source mystérieuse qui émet un souffle irrégulier, l'expir. Une sorte de halètement monte du tréfonds de la bâtisse, traverse les étages, fait vaciller la lumière des lampes. La maison respire, elle vit. Mauval recèle une autre merveille, un trésor dissimulé par un ancien révolutionnaire devenu bandit de grand chemin. De la Révolution à nos jours, ce tas d'or maudit marquera la lignée des occupants du domaine. De génération en génération, le magot sera tantôt maléfique, tantôt consacré à des causes patriotiques. Par l'eau et par le feu, la destinée de Mauval s'accomplira, par une dramatique journée de juin 1944 où la légende rejoint l'Histoire. Avec ce roman puissant, Michel Jeury enrichit le légendaire du terroir limousin d'une ténébreuse histoire, où les passions, les peurs et les haines animent une étonnante galerie de personnages rudes et tendres, fantasques et attachants. Nous n'oublierons pas de sitôt les quatre femmes qui sont la vie et la chair de ce domaine inquiétant - de Marie-Corrèze, la servante au grand coeur, à Faustine, de Mélie à Angéline la pure. L'âme de Mauval n'a pas fini de nous hanter.

  • " Il ne fait aucun doute que la France a deux vocations dans le monde...
    Vocation de Chrétienté... Vocation de Liberté. " Ainsi parle Péguy, qui fut le véritable maître d'Edmond Michelet, son inspirateur dans toutes les grandes circonstances de sa vie ainsi, le 17 juin 1940 (le 17 !), accomplissant ce qui devait être le premier acte de la résistance clandestine en France, c'est Péguy que cite Edmond Michelet dans le tract que lui et ses amis glissent dans les boîtes aux lettres de Brive : " Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend...
    " Il est peu de vies réellement exemplaires. Nul n'a jamais contesté que la vie d'Edmond Michelet le fut. Père de famille, militant catholique, chef de la Résistance d'une vaste région, déporté, président du Comité patriotique français de Dachau, homme de gouvernement indéfectiblement fidèle au général de Gaulle, Edmond Michelet, partout et toujours, dans la paix comme dans la guerre et jusque dans l'enfer, s'est révélé homme de foi, d'espérance et de charité - un saint, ont pu dire ses compagnons de Dachau.
    C'est cet homme-là, qui fut son père, que Claude Michelet fait revivre ici.
    Avec émotion, avec simplicité et honnêteté, sans jamais élever le ton ni emboucher les trompettes de la renommée. Sur le ton qui s'impose pour parler d'un homme qui fut courage tranquille, fidélité et modestie.

  • "Une orange, je n'avais jamais espéré en trouver une, comme tombée de la hotte du Père Noël ou de ses grandes mains de vieillard. Et voilà que Cécile vient de déposer devant moi ce don merveilleux. Mon orange. Mon fruit de soleil et de givre." À la fin de l'été 1913, Cécile Brunie, toute jeune institutrice, arrive à Saint-Roch pour y prendre possession de son poste. Dans ce petit village de la basse Corrèze où le curé fait seul la loi et où prospère une école catholique, elle est accueillie comme le diable en personne. Nul doute que, comme ses prédécesseurs, elle ne puisse tenir que quelques mois devant le redoutable abbé Brissaud qui, chaque dimanche, tonne contre l'école sans Dieu et ses suppôts. Mais Cécile fait front, résiste aux injures, aux provocations, aux calomnies et, peu à peu, gagne la confiance du village et voit se peupler son école. Une histoire bouleversante, adaptée au cinéma en 1996.

  • " Ils ont osé ! " C'est le cri qu'arrache à Urbain l'annonce de son licenciement de la société dont il dirigeait les services financiers.
    Belle situation, appartement boulevard de la Tour-Maubourg, BMW, une femme charmante, deux grands garçons, et puis, soudain, la chute et la honte... Il fuit, il se fuit, abandonnant Vincent et Julien à leurs faiblesses et aux pires tentations, Martine à sa solitude et au désespoir. Il s'est arrêté, presque par hasard, à Clermont-Ferrand. Pour survivre, il a accepté un très modeste emploi. Il semble s'être détaché de sa vie antérieure.
    Mais la réalité le rejoint : Julien, le plus jeune de ses fils, qui a failli sombrer à Paris, lui tombe sur les bras. Il doit faire face, chercher une issue pour le gosse, relever enfin avec lui le défi de la mort... Voici un roman d'aujourd'hui. Urbain, Martine, Vincent, Julien et les autres, nous les connaissons, nous les côtoyons, sans savoir, sans vouloir savoir ce qu'ils vivent. Leur histoire tient en une année.
    C'est parfois long, une année. Mais que viennent faire les coquelicots là-dedans ? C'est un tableau, peint par un vieil original de Clermont : dans un champ de coquelicots éclatants, en filigrane, le pur visage d'une jeune fille. Image d'amour et de renouveau.

  • Limoges et la vallée de la Vienne, 1847-1848... Maxime revient de la guerre, après sept ans de misères et d'horreurs dans l'Algérie pacifiée par Bugeaud. Il veut retrouver Julie, sa jeune femme passionnément aimée, jamais revue. Ses parents lui ont dit qu'elle était morte, mais c'est faux : elle s'est enfuie de la ferme familiale, enlevée par un aventurier, chef d'une bande de naveteaux, maîtres redoutés des bois flottés qui dévalent la Vienne vers Limoges. La société brutale des naveteaux, un combat singulier, une jacquerie, les bas-fonds de Limoges, la prison, la révolution de 1848 dans la ville ouvrière que l'on dira bientôt "la Rouge", l'amitié d'un gamin merveilleux, nommé Fendu, frère limousin de Gavroche, mèneront Maxime jusqu'à Julie retrouvée. Un roman d'aventures, la recréation d'une époque passionnée, généreuse et furieuse - quand la révolution naissait de la misère - l'histoire d'un grand amour, tel est Julie de bonne espérance, qui révèle un visage neuf de l'auteur des Moissons délaissées.

  • C'était il y a quinze mille, vingt mille ans dans la vallée de la Vézère, que Michel Peyramaure appelle la rivière Noire et dans la petit vallée de la Beune, qu'il nomme les Marécages. Là vivaient des hommes et des femmes qui sont nos ancêtres directs, lointains et très proches, primitifs et très savants : ils ont fait Lascaux !
    Ils sont là dans ce roman, vivants, avec toutes les passions qui animent les hommes depuis quelques trois millions d'années. Voici Wen, la fille des Grandes Plaines, arrachée à sa tribu par les chasseurs de femmes des Marécages (c'est la célèbre demoiselle de Brassempouy) ; voici Magh, le jeune magicien, peintre des sanctuaires ; Draku, le sorcier ; Ghwer, le chef impitoyable, et tant d'autres, baignés d'une lumière venue du fond des âges.
    Dans le domaine de la préhistoire, la connaissance et l'imagination alliées font merveille : elles recréent un monde.

  • Annibal a vingt ans.
    Il est beau, vif, audacieux ; il est fait pour l'aventure et les grands espaces. Pas pour l'existence confinée que lui promet ce mariage que l'on s'apprête à célébrer dans son village du plateau de Millevaches. Alors, soudain, repris par ses démons, il rompt avec éclat, clamant que là-bas, dans les Charentes, une " belle Rochelaise " l'attend !
    Et il part avec son ami, Bramefaim, le bon colosse, pour une immense forêt de l'Aunis où ils seront scieurs de long.
    Et c'est là, au terme d'une chasse sauvage, qu'Annibal rencontre son destin. Il aura la beauté et la couleur d'Ester, une jeune esclave antillaise qui fuyait ses maîtres ex-négriers - on est en 1832 et la traite, bien que condamnée, survit encore dans les ports de l'Atlantique. Annibal et Bramefaim sauvent Ester. Dès lors, à travers cent péripéties terribles ou cocasses, leur vie n'est qu'une traque folle à travers le Périgord et le Limousin.
    Jusqu'au jour où, revenus sur le plateau de Millevaches, le village découvre que la " belle Rochelaise " annoncée par Annibal est une négresse ! Scandale ! Et la fuite reprend ; elle ne s'achèvera qu'au-delà des mers, sur la côte d'Afrique d'où était venue Ester...
    Voici un vrai roman d'aventures, écrit avec bonheur, éclatant d'imagination et de générosité, porté par un mouvement irrésistible d'amitié, d'amour et d'espoir.

  • Le 6 juin 1944 à l'aube, les armées de la Libération prennent pied sur la côte normande. Et très loin de là, à Montauban, où elle sommeillait, la Panzer-division SS "Das Reich ", forte de centaines de chars Panther et de 15000 hommes, sous le commandement du général Lammerding, s'ébranle pour rejoindre la Normandie. Par la route, avec mission de réduire au passage les foyers de résistance du Quercy et du Limousin.
    Le 7 juin, les F.T.P. de Corrèze attaquent Tulle, mettent à mal la garnison allemande. Une colonne de la " Das Reich " entre dans la ville le 8 juin au soir. Le 9 juin, les SS se saisissent de plusieurs centaines d'otages: quatre-vingt-dix-neuf seront pendus.
    /> Cependant, ce même jour, à cent kilomètres au nord, dans la région de Limoges, où le gros de la " Das Reich " est parvenu, d'autres actions " terroristes " dirigent - à tort - la colère de l'état-major de la division sur le village, paisible entre tous, d' Oradour-sur-Glane. Investi le 10 juin, il est le lieu du massacre que l'on sait : sept cents victimes, par le fer et par le feu.
    Pour raconter ces événements dramatiques, Michel Peyramaure a choisi la forme du roman. Plus exactement, du roman-document. Car, ici, tout est exact. Peyramaure a interrogé des survivants, fouillé les archives. Mais, pour donner vie et émotion à sa reconstitution des faits, il a créé quelques personnages, français et allemands, qui font de ce récit l'un des grands romans historiques de la Seconde Guerre mondiale.

  • Pour la famille Charron le combat quotidien contre la faim et la misère est terminé, mais d'autres luttes plus terribles menacent les hommes.
    L'aube du XXe siècle n'a pas teu ses promesses de liberté et de justice pour les porcelainiers. 1905: la révolte gronde chez les jeunes syndicalistes et le sang coule sur les pavés de Limoges. 1914: les hommes partent à la guerre pour en revenir mutilés dans leur chair et blessés dans leur âme.
    Il y aura d'autres grèves, d'autres guerres, mais pour Catherine, après la mort d'Aurélien, son compagnon de toujours et son époux, après le départ de Frédéric, devenu le maître des ouvriers, lui le fils de l'ouvrière trop souvent humiliée, après la souffrance et le désenchantement, c'est le temps de la sérénité et des souvenirs...
    L'ultime tome du grand cycle romanesque de Georges-Emmanuel Clancier.

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