Éditions David

  • «Sarah boit son thé calmement et remonte une mèche de cheveux d'un geste distrait.
    Tu es vraiment gentille d'avoir bravé la pluie, lui dis-je de nouveau.
    C'est normal. Il m'aurait demandé pourquoi on va pas voir papi. Il s'est habitué à ces visites. D'ailleurs, à ce propos, continue-t-elle, en baissant la voix, je crois qu'il faut qu'on se parle toi et moi.
    Ah? Je t'écoute.
    Elle fait signe d'attendre un instant et sort de son sac quelques voitures miniatures dont la Batmobile, Batman et son acolyte Robin et les confie à Dimitri qui se met aussitôt à jouer à côté de nous, à la table voisine qui est vide.
    Rodney et moi, ça ne s'améliore pas. C'est vraiment difficile. Je ne le comprends plus. Il est grincheux, irritable et casanier. Je lui ai dit que j'allais voir ma soeur à Mississauga pour quelques semaines, peut-être un mois afin que chacun de nous réfléchisse à notre relation.
    Et qu'est-ce qu'il a dit?
    Il n'était pas très content, mais il a accepté. Je pars demain avec Dimitri. Tu comprends maintenant pourquoi il ne fallait pas rater notre rencontre.»

  • L'inspecteur Dubuc n'aime pas les grandes villes. Et surtout pas lorsque la meilleure amie de sa nièce Mélanie est retrouvée la gorge tranchée dans une ruelle à Toronto.
    Pour enquêter sur ce meurtre sordide, Dubuc fera équipe avec le détective franco-ontarien, Dave Blanchette. Très tôt, les deux policiers ont l'impression que Mélanie, venue étudier à Toronto, est elle aussi en danger.
    Les suspects sont nombreux : le chauffeur de taxi, Elvis Bianco ; Mme Krikri, une logeuse grecque un peu trop fouineuse ; Jim Wilson, un travailleur social ; Johnny Simard, un propriétaire de club de danseuses ; et même, Francis Francoeur, l'ex-petit ami de coeur de Mélanie.
    D'indice en indice, Dubuc et Blanchette découvriront les bas-fonds du crime organisé du Chinatown de Toronto. Mais pourront-ils sauver Mélanie ?

    Pour la première fois, Claude Forand entraîne son célèbre détective, Roméo Dubuc, à l'extérieur de sa petite ville de l'Estrie pour enquêter dans la métropole ontarienne.

  • « Je suis assis à quelques mètres d'elle maintenant qu'elle a fini son appel. Je voudrais lui dire que je suis près du bonheur quand je suis avec elle en train de regarder une vidéo idiote à la télé. Cependant, je ne dis rien. La question qui jaillirait de sa bouche serait pourquoi ne pas être dans le bonheur ? Et je me sentirais contraint de lui avouer que je ne l'ai pas encore trouvé, que je le cherche. Je serais contraint d'admettre par conséquent que le bonheur, j'y ai goûté avec la naissance de Freddy et puis la sienne. Qu'être avec Joanna fut aussi être près du bonheur au début. Or, comment y pénétrer et y rester ? Le bonheur est un parfum sans nom. »

  • «Dans mon lit, tout semble m'assaillir en même temps. Le silence général qui accentue l'enfermement de mon mutisme, les propos de Gus sur la vie. Je réfléchis à ma relation avec mes trois ex-épouses. En donnant les rênes de mon entreprise à mon fils, je ne représente plus un si grand intérêt. Vont-elles continuer à me fréquenter ? La vraie question est pourquoi voudrais-je qu'elles me fréquentent ? Puis, il y a le rendez-vous que j'ai chez l'avocat demain en compagnie de Maryse. Earl est censé nous rejoindre. J'ai l'impression qu'au lever du jour, je ne serai plus moi. Je serai un homme condamné à vivre sans titre. Retraité ne veut pourtant pas dire la fin d'une vie. Pour certains, c'est le début de quelque chose de plus exaltant.»

  • Franco-Ontarien par son père et Haïtien par sa mère, Dany Beauregard se considère trop noir pour les Blancs, trop clean pour les drogués, pas assez sportif pour les athlètes, pas assez talentueux pour les artistes, pas assez beau pour les filles, donc, toujours Trop Ou Pas Assez : TOPA. C'est le surnom dont il s'est affublé.
    Il se découvre tout de même deux passions : les tatouages et la voile. Pour s'offrir les uns et s'initier à l'autre, il promène des chiens, lave la vaisselle et tient compagnie à Derek, un adolescent en chaise roulante, qui, lui aussi, connaît la solitude.
    Déterminé à trouver un sens à sa vie et à s'épanouir, il attend juste la fin de son secondaire pour mettre les voiles, au sens propre comme au figuré. Direction : Miami. Emploi : équipier sur un quillard. Objectif : réaliser ses rêves et devenir celui qu'il a toujours voulu être.
    Dans cette aventure enlevante et inspirante, Pierre-Luc Bélanger fait valoir l'importance d'ignorer le regard des autres et de suivre plutôt le chemin tracé par ses passions, sans jamais y renoncer.

  • «Elle regarda autour et remarqua qu'ils étaient au fond de la ruelle. Dehors, dans la rue, la lueur des réverbères peignait la neige fraîche d'un orange de cantaloup. C'était à une certaine distance et elle ne se rappelait pas être venue si loin. Elle tourna son regard vers Mark et vit seulement la faible lueur orange sur le côté gauche de son visage. Soudain, elle sentit sa bouche ouverte, mouillée autour de la sienne, tandis que Mark lui écrasait le dos contre le mur. Sa force lui coupa le souffle et elle ne pouvait pas respirer. Elle ne pouvait pas crier, et elle se débattait pour mettre ses bras entre eux quand elle le sentit fourrer sa main entre ses jambes. Son coeur battait à tout rompre et la panique la reprit. Mais c'était une panique beaucoup plus intense et épouvantable.
    Son instinct la fit lui donner un coup de genou dans les couilles. C'était le coup le
    plus fort qu'elle ait jamais donné. [...]
    - Fucking indienne! cria-t-il en lui cognant d'un poing puissant la joue gauche.»

  • Toronto, septembre 1916. Napoléon Bouvier, un jeune boxeur franco-ontarien, quitte le ring pour joindre les rangs de l'armée britannique en Europe. Il reviendra du front tourmenté par des blessures physiques et psychologiques, incertain de son avenir dans sa ville natale où règne un climat francophobe. Mais voilà que le soldat, qui croyait avoir échappé aux horreurs de la guerre, doit affronter un nouvel ennemi impitoyable et invisible : la grippe espagnole. En octobre 1918, la moitié de la population torontoise est touchée par le fléau et 50 000 personnes au pays en meurent. Napoléon a deux précieuses alliées : sa fiancée, Corine, qui aspire à devenir enseignante, et Julie, une infirmière militaire dévouée et pleine de compassion. Mais l'ennemi est de taille et cruel. Le soldat Bouvier pourra-t-il gagner cette première véritable guerre de Toronto et, si oui, à quel prix?

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