• "Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, pendant la désastreuse Guerre de sept ans, sous le règne de Louis XV.
    Deux soeurs, Apolline et Ursule, sont les héroïnes de ce récit. Elles sont nées à Bordeaux, dans un milieu très religieux. Le père, adepte de la Providence, s´adonne avec délice au bonheur de ne rien faire. La mère est en prières. La famille s´enfonce dans la misère. Ce dont Apolline s´aperçoit à peine, tandis que sa soeur aînée, animée par l´ambition et l´esprit de liberté, n´a qu´une envie : s´enfuir. Les soeurs se perdent de vue. Apolline est mise dans un couvent, puis devient préceptrice dans un château. Elle en sort pour retrouver sa soeur mourante, et découvrir, à travers un manuscrit, le récit de ses aventures.
    Ursule, rebaptisée Olympe, a réussi à se faire emmener à Paris par le duc de Richelieu, le superbe gouverneur d´Aquitaine. Elle rêve de faire carrière au théâtre, mais Richelieu l´offre à Louis XV, qui l´installe à Versailles dans sa petite maison du Parc-aux-Cerfs. Un brillant destin s´ouvre à elle...
    Comme Les Adieux à la Reine, ce roman est le fruit d´une alchimie entre érudition et fantaisie. On plonge dans une époque, ses couleurs, ses odeurs, ses rites, et dans un monde dominé par l´étrange duo que forment le duc de Richelieu, le plus célèbre libertin de son siècle, et le roi Louis XV, habité par le goût de la mort, le désir des femmes, et le sens du péché."

  • Exerçant son action du cabaret au salon, du bordel à la loge maçonnique, la police de Paris serait-elle « la plus parfaite », comme certains le proclament au siècle des Lumières, pour tenir une aussi grande ville d'Europe ? La vaste réforme impulsée au temps de Colbert en 1666-1667 ne se limite pas à la création de la lieutenance générale de police. Tout au contraire, elle inaugure une dynamique de transformation des pouvoirs policiers parisiens : il s'agit d'améliorer le recrutement et les pratiques des commissaires au Châtelet, des inspecteurs et des auxiliaires, ces « mouches » et espions qui fréquentent les « petits cafés » et les lieux louches, tous métamorphosés en « bons ouvriers » de la sûreté publique. Plus préventive que répressive, la police renforce sa surveillance sur la société et son emprise sur le territoire urbain ; soucieuse du « bonheur des hommes en société », elle intervient dans les domaines de la salubrité, de la santé, de la voirie, des arts et métiers, du commerce et des marchés pour rassurer et protéger les « bons citoyens ». Mais cette « force vigilante et active » (Louis Sébastien Mercier) est là aussi pour surveiller, évincer, enfermer, sans faiblesse, les « indésirables » et faire taire le « peuple murmurant ». Aussi nourrit-elle constamment des tensions : les résistances ne cessent jamais et la cristallisation des critiques autour du « despotisme » de la police est un puissant ferment de l'effervescence pré-révolutionnaire. À partir des années 1760, la philosophie du droit naturel, une nouvelle idée de la liberté et de la souveraineté politique rendent l'arbitraire policier de moins en moins acceptable. Ces critiques rencontrent le vécu ordinaire des hommes et des femmes à la vie fragile, qui savent la police dure aux pauvres et à tous les laissés-pour-compte du « beau XVIIIe siècle ». En 1789, la dénonciation du despotisme de cette police qui a prétendu se mêler de tout, qui a voulu tout connaître, tout prévoir, érige les services de la lieutenance générale en emblème de la tyrannie, une Bastille à abattre pour qu'enfin triomphent l'état de Droit et l'égalité de tous devant la Loi. Vincent Milliot, ancien élève de l'ENS (Saint-Cloud), est professeur à l'Université de Normandie-Caen. Justine Berlière qui collabore à ce volume, ancienne élève de l'Ecole nationale des Chartes, est directrice des Archives départementales de Corrèze.

  • De la fin du XVIIe au début du XIXe siècle s'étend l'âge des dictionnaires marqué par le succès éditorial de genres particuliers et la formalisation d'une pensée classificatoire qui tend à prendre pour objets tous les éléments du réel. Les dictionnaires et les listes s'imposent dès lors comme de nouveaux supports de lecture du monde politique, social ou culturel, un phénomène auquel semble faire écho aujourd'hui le succès de Wikipédia. Or, sous des formes les plus diverses, la mise en liste des hommes, au même titre que celle des plantes ou des animaux, a constitué un événement majeur entre le XVIIIe et le XIXe siècle, soulevant des questions qui résonnent encore aujourd'hui. Des dictionnaires historiques aux nombreuses listes de noms qui envahissent l'espace public, il s'agit toujours d'opérations de qualification et de disqualification, de réputation ou de stigmatisation. La période révolutionnaire offre un laboratoire d'observation privilégié pour saisir les effets de ces listes qui servent autant à inclure les citoyens qu'à exclure les ennemis, en un monde où les repères traditionnels liés à la naissance et aux privilèges naturels ont volé en éclats. L'analyse des conditions de la prise de contrôle de ces listes, l'étude des modalités à partir desquelles se construit l'autorité sur l'écriture des notices biographiques, proposent ainsi des clés qui rendent possible l'étude des dynamiques politiques, sociales et intellectuelles qui se jouent dans et par le biais de véritables guerres de dictionnaires et batailles de noms.
    Du Grand dictionnaire de Moréri où s'établit la réputation nobiliaire à la fin du XVIIe siècle à l'entreprise de remise en ordre menée par les rédacteurs de la Biographie universelle ancienne et moderne au début du XIXe siècle où se fonde l'ordre bourgeois , cet ouvrage se propose d'interroger les effets de ces productions, trop souvent canonisées, en les replaçant dans leur contexte de production tout en mettant au jour les intérêts de leurs auteurs. Souvent méconnus, ces « faiseurs » de dictionnaires ou de listes constituent les objets centraux de cette analyse. Ces ouvrages tentent en effet d'imposer un ordre biographique à partir duquel se fixent les positions, les statuts et les réputations. On comprend dès lors que créer du désordre en falsifiant, travestissant ou en jouant sur son nom, peut constituer, avec l'avènement de l'individu-citoyen, à l'heure de la genèse et de l'extension de la sphère publique, un moyen de défendre l'intégrité, de plus en plus menacée par l'émergence d'une véritable biocratie, de son propre récit biographique. À l'heure de Wikipédia, cette archéologie du Who's Who de la société révolutionnée s'impose comme une réflexion politique et critique sur les systèmes de reconnaissance des individus en profondes mutations.

  • Cet ouvrage reconstitue l'histoire de plus de 7000 familles ayant vécu à Québec au cours de près d'un siècle et demi d'histoire, ce qui permet d'analyser le régime démographique de la population et les conditions de son renouvellement en rapport avec les structures sociales existantes.

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