• À l'été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit, d'histoire médiévale puis de droit, à bord de sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus longs en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie,
    via l'Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l'Iran, Kaboul puis la frontière avec l'Inde. Il est accompagné de son ami Thierry Vernet, qui documentera l'expédition en dessins et croquis.
    Ces six mois de voyage à travers les Balkans, l'Anatolie, l'Iran puis l'Afghanistan donneront naissance à l'un des grands chefs-d'oeuvre de la littérature dite " de voyage ",
    L'Usage du monde, qui ne sera publié que dix ans plus tard - et à compte d'auteur la première fois - avant de devenir un classique.
    Par son écriture serrée, économe de ses effets et ne jouant pas à la " littérature ", Nicolas Bouvier a réussi à atteindre ce à quoi peu sont parvenus : un pur récit de voyage, dans la grande tradition de la découverte et de l'émerveillement, en même temps qu'une réflexion éthique et morale sur une manière d'être au monde parmi ses contemporains, sous toutes les latitudes.

  • Tout d'un coup, dans le petit chemin creux, je m'arrêtai touché au coeur par un doux souvenir d'enfance : je venais de reconnaître, aux feuilles découpées et brillantes qui s'avançaient sur le seuil, un buisson d'aubépines défleuries, hélas, depuis la fin du printemps. Autour de moi flottait une atmosphère d'anciens mois de Marie, d'après-midi du dimanche, de croyances, d'erreurs oubliées. J'aurais voulu la saisir. Je m'arrêtai une seconde et Andrée, avec une divination charmante, me laissa causer un instant avec les feuilles de l'arbuste. Je leur demandai des nouvelles des fleurs, ces fleurs de l'aubépine pareilles à de gaies jeunes filles étourdies, coquettes et pieuses. "Ces demoiselles sont parties depuis déjà longtemps", me disaient les feuilles.

  • Edition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)À la fin du xixe siècle, par un froid dimanche de novembre, un garçon de quinze ans, François Seurel, qui habite auprès de ses parents instituteurs une longue maison rouge -l'école du village-, attend la venue d'Augustin que sa mère a décidé de mettre ici en pension pour qu'il suive le cours supérieur: l'arrivée du grand Meaulnes à Sainte-Agathe va bouleverser l'enfance finissante de François...
    Lorsqu'en 1913 paraît le roman d'AlainFournier, bien des thèmes qu'il met en scène -saltimbanques, fêtes enfantines, domaines mystérieux- appartiennent à la littérature passée, et le lecteur songe à Nerval et à Sylvie. Mais en dépassant le réalisme du xixe siècle pour s'établir, entre aventure et nostalgie, aux frontières du merveilleux, il ouvre à un monde d'une sensibilité toujours frémissante, et qui n'a pas vieilli.

  • Sur la route qui mène de l'enfance à la vieillesse, des joies de Combray à la perte des illusions du Temps retrouvé, Le Côté de Guermantes signe la fin de l'adolescence. On y observe l'aristocratie parisienne à travers les yeux d'un jeune bourgeois. Deux amours impossibles et douloureuses s'y nouent : la passion du Narrateur pour Oriane de Guermantes, et celle de son ami Saint-Loup pour l'actrice Rachel. Le salon mondain est un microcosme qui révèle ce qui intéresse en profondeur le romancier : la lutte de l'intelligence contre la bêtise, la force de la confrontation des points de vue, la richesse de la fluidité des identités.
    Le Côté de Guermantes est le témoignage mélancolique d'une époque en transition, qui court à la guerre de 1914. Le spectre de l'affaire Dreyfus plane sur tout le roman et en divise les acteurs. La lucidité et le pessimiste de Proust s'y expriment avec vigueur. Dénonçant le règne des apparences, le romancier met son extraordinaire talent d'observateur au service d'une satire sociale. Il fait de l'ironie une arme de combat, et de la méchanceté un art. Le Côté de Guermantes est le roman le plus drôle de toute la Recherche. Il est aussi le plus sombre : s'y jouent la maladie de la grand-mère du Narrateur, et celle de Swann. Mais par-dessus tout, c'est l'émerveillement devant le mouvement de la vie qui emporte le Narrateur et son lecteur.

    À la recherche du temps perdu est une exceptionnelle comédie sociale. Le Côté de Guermantes en est la preuve éclatante.

  • Alors que Netflix diffuse une série inspirée des aventures d'Arsène Lupin, avec Omar Sy pour interpréter le personnage créé par Maurice Leblanc, Archipoche publie, dans une élégante édition collector, les meilleures aventures du gentleman cambrioleur.
    Monocle, haut-de-forme, fleur à la boutonnière et revolver en poche : depuis son apparition en 1905, la silhouette d'Arsène Lupin a effrayé et diverti des générations de lecteurs. Dandy et bagarreur, scélérat et charmeur, ce gentleman a sévi dans plus d'une vingtaine d'oeuvres, nées de l'imagination de Maurice Leblanc (1864-1941).
    En 1923, Arsène Lupin a délaissé son costume de cambrioleur pour celui de détective. Mais est-ce bien lui, ou le prince Rénine, qui s'éprend de la jeune Hortense ? Et qui, pour la séduire, promet de résoudre huit énigmes sanglantes - comme autant de coups d'horloge ?
    Six ans plus tard, il mène cette fois l'enquête sur l'enlèvement d'une chanteuse, prisonnière d'un mystérieux châtelain et dépouillée de ses diamants avant d'être relâchée. Un scénario qui ne va pas tarder à se répéter...

  • Alors que Netflix diffuse une série inspirée des aventures d'Arsène Lupin, avec Omar Sy pour interpréter le personnage créé par Maurice Leblanc, Archipoche publie, dans une élégante édition collector, les meilleures aventures du gentleman cambrioleur. Opération " 2 achetés = Les Milliards d'Arsène Lupin offert ".
    Monocle, haut-de-forme, fleur à la boutonnière et revolver en poche : depuis son apparition en 1905, la silhouette d'Arsène Lupin a effrayé et diverti des générations de lecteurs. Dandy et bagarreur, scélérat et charmeur, ce gentleman a sévi dans plus d'une vingtaine d'oeuvres, nées de l'imagination de Maurice Leblanc (1864-1941).
    L'Île aux trente cercueils (1919) mêle intrigue policière, fantastique et horreur. Venue retrouver son fils après quatorze ans d'absence, Véronique d'Hergemont prend la mer jusqu'à l'île bretonne de Sarek, défendue par trente récifs redoutés des marins. La jeune femme va apprendre à ses dépens que la malédiction attachée à cette terre n'est pas une légende. Quant à Lupin, il lui faudra arracher Véronique aux griffes de l'infâme comte Vorski. Mais saura-t-il empêcher que sa raison ne vacille ?

  • Alors que Netflix diffuse une série inspirée des aventures d'Arsène Lupin, avec Omar Sy pour interpréter le personnage créé par Maurice Leblanc, Archipoche publie, dans une élégante édition collector, les meilleures aventures du gentleman cambrioleur.
    Monocle, haut-de-forme, fleur à la boutonnière et revolver en poche : depuis son apparition en 1905, la silhouette d'Arsène Lupin a effrayé et diverti des générations de lecteurs. Dandy et bagarreur, scélérat et charmeur, ce gentleman a sévi dans plus d'une vingtaine d'oeuvres, nées de l'imagination de Maurice Leblanc (1864-1941).
    C'est toutefois un autre Lupin que l'on découvre dans 813 : plus sombre, presque effrayant. Confronté au machiavélique et invisible L. M., il lui faudra s'innocenter d'unmeurtrecrapuleux:celuidumilliardaireKesselbach. Et, pour cela, retrouver un lot de lettres au contenu politique explosif et décrypter la signification de ce " 813 ", dont la clef pourrait avoir de profondes répercussions sur l'Europe tout entière, sur fond de rivalités franco-allemandes...

  • Alors que Netflix diffuse une série inspirée des aventures d'Arsène Lupin, avec Omar Sy pour interpréter le personnage créé par Maurice Leblanc, Archipoche publie, dans une élégante édition collector, les meilleures aventures du gentleman cambrioleur.
    Monocle, haut-de-forme, fleur à la boutonnière et revolver en poche : depuis son apparition en 1905, la silhouette d'Arsène Lupin a effrayé et diverti des générations de lecteurs. Dandy et bagarreur, scélérat et charmeur, ce gentleman a sévi dans plus d'une vingtaine d'oeuvres, nées de l'imagination de Maurice Leblanc (1864-1941).
    Le Bouchon de cristal (1912) le met aux prises avec le député Daubrecq, maître-chanteur sans vergogne, détenteur d'un document explosif. La tête d'un innocent en dépend... mais que contenait le bouchon égaré dans sa fuite ?
    Quinze ans plus tard, nous le retrouvons dans les rues de Paris, sur les traces d'un homme élégant qui lui- même suit une blonde Anglaise aux yeux verts. Sous le nom d'emprunt de " Raoul ", Lupin court cette fois le risque... de tomber amoureux.

  • Alors que Netflix diffuse une série inspirée des aventures d'Arsène Lupin, avec Omar Sy dans le rôle-titre, Archipoche publie, dans une élégante édition collector, les plus célèbres aventures du gentleman cambrioleur.
    Monocle, haut-de-forme, fleur à la boutonnière et revolver en poche : depuis son apparition en 1905, la silhouette d'Arsène Lupin a effrayé et diverti des générations de lecteurs. Dandy et bagarreur, scélérat et charmeur, ce gentleman a sévi dans plus d'une vingtaine d'oeuvres, nées de l'imagination de Maurice Leblanc (1864-1941).
    Accusé de deux cambriolages et d'une escroquerie, il doit faire face en 1908 au redoutable détective Herlock Sholmès, venu d'outre-Manche faire la lumière sur ces affaires... au risque de causer sa perte !
    Dans L'Aiguille creuse, l'année suivante, il est cette fois confronté à la sagacité d'un jeune étudiant, Isidore Beautrelet, sur la piste du trésor des anciens rois de France. Une quête qui les mènera tous deux sur les falaises d'Étretat chères à Leblanc.

  • C'est une paroisse comme il en est bien d'autres, dévorée par l'ennui, la mesquinerie. En découvrant ce petit village de l'Artois, son nouveau curé mesure l'ampleur du sacerdoce. Il a pour lui sa jeunesse et sa foi. Et trop d'orgueil pour renoncer. Le salut des âmes, voilà son affaire - peu importe les âmes. Peu importe l'avarice du pauvre, le fier dédain du riche. Ni la solitude, ni le doute ne le rongent. Tout à la fois dupe et sauveur, guide et victime, l'humble pasteur fera sien le sacrifice de l'Agneau.

  • Alors que Netflix s'apprête à diffuser une série inspirée des aventures d'Arsène Lupin, avec Omar Sy dans le rôle-titre, Archipoche publie, dans une élégante édition collector, les plus célèbres aventures du gentleman cambrioleur. Opération " 2 achetés = Les Milliards d'Arsène Lupin offert ".
    Monocle, haut-de-forme, fleur à la boutonnière et revolver en poche : depuis son apparition en 1905, la silhouette d'Arsène Lupin a effrayé et diverti des générations de lecteurs. Dandy et bagarreur, scélérat et charmeur, ce gentleman a sévi dans plus d'une vingtaine d'oeuvres, nées de l'imagination de Maurice Leblanc (1864-1941).
    Paru en 1907, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur regroupe les sept premières aventures de l'homme aux mille apparences, déjà aux prises avec son ennemi juré, l'inspecteur Ganimard.
    /> Jamais là où on l'attend, ce justicier en frac réapparaît en 1911 pour livrer ses premières confidences et résoudre les énigmes les plus coriaces... sans renoncer à son penchant pour le beau sexe. " Ce que c'est que d'être joli garcon ! "

  • "Texte intégral + dossier général Louis Pergaud"Ceusses de Velrans ont traité ceusses de Longeverne (Tigibus, son frère Grangibus, Lebrac, la Crique, Tintin, Gambette et Tétard) de " c... molles " : la guerre est déclarée. Embuscades, attaques à la fronde, capture de prisonniers, boutons de culotte coupés net en guise de représailles, et " pour ne pas abîmer ses habits en se battant, il n'y a qu'à se battre tout nu "... La Guerre des boutons n'est pas seulement un film ; c'est aussi et d'abord un roman que l'on savoure comme une tartine de goûter, l'évocation d'un monde disparu où les enfants vivent à l'écart des adultes, traquant les nids d'oiseaux, construisant des cabanes, grandissant " en plein vent comme de robustes sauvageons ".
    Trois textes complètent cet ouvrage : "Les petits gars des champs", conférence donnée par Louis Pergaud, "La vie de Louis Pergaud", par Emile Pradel, et "Louis Pergaud écrivain", par Roger Denux.

  • Il n'est plus à démontrer que l'oeuvre érotique de Pierre Louÿs est la plus féconde et la plus subversive de la littérature française. Mais il reste encore une part importante d'inédits à publier : en effet, de nombreux textes disparurent au décès de l'auteur d'Aphrodite et de La femme et le Pantin dans le " second rayon " de bibliophiles peu partageurs... Avec Les Soeurs à l'envers, la patience des lecteurs est enfin récompensée grâce à la perspicacité d'Alexandre Dupouy, dénicheur de manuscrits autographes, qui nous offre des pans encore jamais lus de la joyeuse et franche pornographie de cet incomparable érotomane. Une visite dans un bordel spécialisé dans les fantasmes sodomites de l'auteur ? Tribadisme entre deux amies ? Orgie échevelée au sein d'une famille des bas-fonds populaires ? Méthode d'éducateur en obscénité ? Qu'il s'agisse de prose, de théâtre ou d'études, l'effet reste le même : chez Louÿs, les configurations érotiques sont sans limite d'imagination et la crudité du langage propre à surprendre le plus aguerri des lecteurs contemporains. Un régal ! Édition établie, annotée et présentée par Alexandre Dupouy, illustrée de pages manuscrites de Pierre Louÿs et de photographies pornographiques. Contient : Les Soeurs à l'envers, Elle savait des raffinements, Vivienne et Made, Le Sentiment de la famille, Service de nuit, Fifi et Monsieur Luc et La Petite Méthode de vulve, seule ou à deux.

  • Pour le huit centième centenaire de la mort de Saint Dominique, le fondateur de l'Ordre des Prêcheurs, la résurrection de l'hommage vibrant de Georges Bernanos : la vie d'un génie du christianisme, d'un père de l'Europe et d'un maître spirituel revisitée par le plus prophétique des romanciers catholiques du XX e siècle. Quel est le mystère d'une vie sainte ? Quel est le secret d'une figure qui a radicalement transformé son temps ? Quelle énigme recèle une existence qui continue d'inspirer des milliers de femmes et d'hommes des siècles après sa disparition ?
    Né vers 1170 en Espagne, Dominique Nuñez de Guzman meurt le 6 août 1221 à Bologne, en Italie, après avoir traversé la France. C'est là où, sautant les âges, avec son talent de médium mystique, le romancier Georges Bernanos le rattrape. Le voilà qui dresse la fresque biographique du fondateur des Dominicains qui a révolutionné la spiritualité, embrasé l'Université, intimidé les princes, sermonné les papes, façonné l'Europe et réformé l'Église. Mais l'écrivain, avant tout, se penche sur l'agonisant pour recueillir, par-delà les codes convenus de l'hagiographie, son ultime confession. Celle qu'il doit à ses frères, à ses soeurs et, en premier lieu, à Dieu.
    La rencontre spirituelle et littéraire de deux géants convaincus qu'il n'est d'autre raison de vivre que d'apporter le feu au monde.

  • Le plus drôle des érotiques de Louÿs. Parodie obscène des manuels de savoir-vivre et mise à nu de l'hypocrisie des conventions sociales. Ces conseils aux petites filles furent encore interdits de publication en 1954.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Maurice Maeterlinck. Après avoir cherché des solutions à quelques-uns des problèmes les plus angoissants de la condition humaine, le philosophe auteur de "La Sagesse et la Destinée" se tourne ici vers la nature pour y trouver des éléments de réponse. Apiculteur lui-même, Maeterlinck est frappé par le fait que certains comportements des abeilles ne semblent s'expliquer qu'en se référant aux comportements de l'homme. Il entreprend alors une étude systématique de l'activité de la ruche, suivant pas à pas la vie d'un essaim, décrivant sa fondation, la discipline et le dévouement des ouvrières, l'exclusion des bourdons après le vol nuptial ou le régime de la reine, et s'interrogeant plus globalement sur l'esprit d'organisation sociale, le travail, le langage et l'âme de cette société. "La Vie des abeilles" est donc à la fois un ouvrage d'éthologie et le fruit d'une merveilleuse réflexion sur le destin de l'abeille comparé au nôtre. Suggestif, vivant et plein de poésie, il nous ouvre à un univers mystérieux et nous apprend à voir les mille manifestations de la vie.


  • La correspondance inédite en un seul volume poche des lettre d'Apollinaire aux femmes qu'il a aimé.

    Guillaume Apollinaire avait sept maîtresses de plume pendant la Grande Guerre : les cinq femmes qu'étaient Marie, Louise, Madeleine, Jeanne et Jacqueline et deux allégories, la guerre et la mort. À toutes il écrivit des lettres qui étaient très souvent porteuses de ses plus beaux vers.
    " Faire l'amour et faire la guerre " : dès le 10 août 1914, date de sa demande d'engagement volontaire et de naturalisation, Guillaume Apollinaire a décidé qu'il n'aurait pas d'autre choix. Entre le 4 avril 1915, date de son départ pour le front et le jour de sa mort, le 9 novembre 1918, Guillaume Apollinaire ne cesse d'écrire aux femmes aimées. C'est sans doute de sa part une stratégie secrète et subtile pour survivre au coeur de l'apocalypse. Créer pour contrer le néant et résister à la destruction. Canaliser son énergie vitale en érotisant, en poétisant tous ce qui passe, les femmes comme les tranchées. Exorciser la mort en cultivant l'obsession de la beauté des choses. Ne jamais perdre l'oeil du peintre-poète. Exprimer les merveilles de la bataille, qu'elle soit amoureuse ou guerrière. Conjurer en permanence, combattre ses trois compagnes de toujours, celles qui le harcèlent depuis sa petite enfance, et contre lesquelles il lutte en permanence : l'angoisse, la tristesse et la solitude.

  • Le plaisir de la lecture, l'heure du thé, le drame du coucher... Par l'évocation d'innombrables petits moments tour à tour délicieux, humiliants, érotiques, décevants, Proust nous invite à prendre part à ses réflexions dans ce premier volume de la Recherche, où les souvenirs d'enfance (« Combray ») et les premiers instants de l'adolescence (« Noms de pays ») encadrent le récit des amours d'un riche collectionneur et d'une demi-mondaine (« Un amour de Swann »).
    À la manière de Schéhérazade dans Les Mille et Une Nuits, le romancier dévoile une histoire merveilleuse et complexe, qui nous conduit des jardins enchanteurs d'un village français aux sombres ruelles parisiennes, en passant par les feux de l'Opéra et les salons aristocratiques. Nous y suivons son narrateur-héros qui cherche à étancher sa soif d'émerveillement et prenons part à sa quête toujours renouvelée du sens de la vie.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Victor Margueritte. Dans le Paris des années '20, Monique Lerbier, jeune fille de bonne famille, renonce à un mariage arrangé, quitte le foyer familial, s'habille comme un garçon, se coupe les cheveux au carré, fume des cigarettes, se drogue et a des relations sexuelles avec des femmes et des hommes, parfois en même temps. Roman social réaliste, érotique et féministe, "La Garçonne" - dont le titre original était "Toute nue" - retrace les aventures amoureuses d'une femme émancipée pendant la période d'après-guerre. Par sa description crue de l'atmosphère des années folles, l'énorme scandale qu'il suscita valut à Victor Margueritte d'être radié de la Légion d'honneur.

  • On ne présente pas Bernanos, on l'a lu, on le lit. Soixante-dix ans après sa mort, il apparaît plus que jamais dans sa totale singularité. Bernanos n'est pas seulement un écrivain impressionnant, il est aussi un mélange étonnant d'individualité irréductible et d'engagement à la fois constant et inclassable : aucun parti politique, aucune idéologie, aucune droite ni aucune gauche n'ont pu récupérer à leur profit les essais et pamphlets de cet admirateur d'un autre " irrécupérable " : Léon Bloy. Catholique flamboyant, Bernanos n'hésite pas, bien que royaliste de coeur, à soutenir les républicains pendant la guerre d'Espagne, ni, bien que nationaliste, à s'exiler au Brésil lorsque certains " nationaux " prennent le pouvoir en profitant de la victoire allemande de 1940. Il voit alors en Charles de Gaulle un " prédestiné " et se rallie à la cause résistante qu'il incarne. Ce volume rassemble ses essais majeurs et un grand nombre de ses articles politiques, historiques ou littéraires, témoignages directs de l'histoire universelle vécue par l'écrivain. À côté de textes devenus des classiques, comme Les Grands Cimetières sous la lune ou Le Chemin de la Croix-des-Âmes, on trouvera ici des oeuvres fondamentales, comme Nous autres Français ou La France contre les robots, ainsi que des chefs-d'oeuvre rares mais indispensables à la compréhension de l'itinéraire de Bernanos : son Saint Dominique ou son magnifique essai sur Jeanne d'Arc, Jeanne relapse et sainte. Lire ou relire Bernanos n'a jamais cessé d'être nécessaire et l'est peut-être plus encore aujourd'hui où ses maîtres mots et principes directeurs, " révolte de l'esprit " et " scandale de la vérité ", sont les meilleures répliques au poids des conformismes et à l'inertie des consciences.

  • Un titre : Comment j'ai écrit certains de mes livres, quelques images, comme celle de la statue de l'ilote faite en baleines de corset, roulant sur des rails en mou de veau, des anecdotes et un profil de dandy millionnaire et extravagant : tout cela assure à Raymond Roussel (1877-1933) une réelle célébrité - sans compter sa mort mystérieuse un 14 juillet à Palerme. La méthode d'écriture qu'il avait mise au point, reposant sur un usage systématique du calembour et du double sens, fait, en outre, qu'il occupe une place singulière dans l'imaginaire français du XXe siècle. Ses maîtres étaient Jules Verne, Pierre Loti et H. G. Wells. Il s'est exprimé comme eux dans le roman d'aventures exotiques (Impressions d'Afrique) ou la science-fiction la plus futuriste (Locus Solus). Apprécié des créateurs d'avant-garde, de Salvador Dalí, qui lui a consacré un film et plusieurs tableaux, ou Marcel Duchamp, auquel il a inspiré son Grand Verre, à Georges Perec, il a été salué par André Breton, dans son Manifeste du surréalisme, comme " le plus grand magnétiseur des temps modernes ". Chez Roussel, tout peut arriver, y compris (mais rarement) des choses vraisemblables. C'est pourquoi la lecture de ses oeuvres, ici réunies pour la première fois en un seul volume, produit une véritable fascination, qui rejoint les féeries de l'enfance, la magie d'un temps suspendu. L'enfance était le seul univers fréquentable aux yeux de l'écrivain, qui s'était ainsi " érigé une réalité sur mesure ", comme le note Yann Moix, l'un de ses plus fervents admirateurs.

  • Les Onze mille verges o Les exploits d'un jeune Don Juan o Poésies
    En 1934, soit seize ans après sa mort, paraît - sous le manteau - Les OEuvres érotiques complètes de Guillaume Apollinaire qui reprend la totalité des publications antérieures dispersées. Cet ouvrage constitué de trois tomes comprend Poésies, Le Cortège priapique, Julie ou la rose, Le Verger des amours, Les Exploits d'un jeune Don Juan, Les Onze mille verges ou les amours d'un hospodar. Il est accompagné d'une vingtaine de gravures originales, attribuées à Berthommé Saint André. Il n'a jamais été réédité tel quel depuis.
    Certains textes ont été publiés seuls, d'autres pas, parfois leur paternité fut contestée. La Musardine se propose aujourd'hui de mettre à disposition du public l'intégralité de ces textes, assortis d'illustrations d'époque, avec une analyse historique constituée à partir de découvertes récentes, permettant ainsi de rendre accessible et de clarifier cette oeuvre érotique, incontestablement la plus marquante du XXe siècle. Hormis les poésies où le génie d'Apollinaire dépasse tout entendement - " Ma bouche à tes seins blancs comme des petits suisses / Fera l'honneur abject des suçons sans venin / De ma mentule mâle en ton con féminin / Le sperme tombera comme l'or dans les sluices " - le texte phare demeure Les Onze mille verges. Le choix des villégiatures à travers le monde et la perversité du prince Vibescu sont prétextes à des débordements qui ne peuvent jaillir que de l'imagination fertile de cet auteur hors norme. Les pérégrinations du Prince sont ponctuées de scènes particulièrement inconvenantes, décrivant dans une " joie infernale " toutes les facettes de la sexualité avec une volonté évidente d'éclectisme : sadisme, masochisme, ondinisme, onanisme, saphisme, vampirisme et surtout - en dernier " isme " - surréalisme qui, sublimant la crudité du récit, transcende l'humour placé au tout premier plan.
    Avec Apollinaire, la question est désormais posée : tout compte fait, l'Enfer ne serait-il pas joyeux ?
    Préface d'Alexandre Dupouy.

  • Essais et pamphlets

    Léon Bloy

    Imprécateur et pamphlétaire " par amour ", selon sa formule, Léon Bloy est l'écrivain de l'excès, de la démesure, de l'engagement total. Il consacra son oeuvre et sa vie à la défense des pauvres, à la dignité de l'homme, à l'amour de Dieu, à la figure du Christ et à l'esprit des Évangiles. " Pèlerin de l'Absolu ", le catholique Bloy se fait mendiant pour gagner la liberté de tout dire et traquer la bêtise, dont l'illustration parfaite à ses yeux est " le bourgeois, cet homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser ". Il s'en prend, au nom de cet Absolu, aux politiques, aux écrivains, aux journalistes, aux athées, ainsi qu'aux chrétiens eux-mêmes, qu'il met en cause avec une violence magistrale. L'auteur des Méditations d'un solitaire en 1916 et des Propos d'un entrepreneur de démolitions a bâti une oeuvre immense, où se déploient une impressionnante philosophie de l'histoire et une réflexion sur la fin des temps. Mais il était difficile jusque là de se faire une idée complète d'un écrivain si singulier. En réunissant la quasi-totalité de ses essais et de ses pamphlets, des plus célèbres, comme l'Exégèse des lieux communs et Belluaires et Porchers, aux plus rares, Celle qui pleure, Le Révélateur du Globe et l'inachevé Dans les ténèbres, en passant par Le Salut par les Juifs, ce livre constitue le plus considérable volume d'écrits de Léon Bloy jamais publié. Un siècle après sa mort, l'oeuvre de celui qui ne voyait pas qu'il fût possible d'écrire autrement qu'" au seuil de l'Apocalypse " est ainsi de nouveau disponible et enfin présentée dans sa véritable cohérence.

  • Sens inné de l'organisation, système de communication élaboré, vie sociale intense et sophistiquée... Le microcosme des fourmis a encore beaucoup à nous apprendre. Ce livre (1930), l'un des plus populaires de Maeterlinck, était devenu introuvable.
    Ayant toujours vécu à la campagne, Maeterlinck croyait tout savoir de l'" insecte inévitable " qu'est la fourmi: "son intelligence, son industrie, sa diligence, son avarice, sa prévoyance, sa politique ".
    Se penchant de plus près sur son univers minuscule et prodigieux, il y découvre quantité d'analogies avec les sociétés humaines. Si certaines fourmis se sont spécialisées dans l'élevage, d'autres ont appris à cultiver les aliments. Quant à leur système de communication, il n'est pas sans rappeler la télépathie...
    De cet exercice d'émerveillement, il tire la leçon que l'étude des fourmis et de leurs moeurs " nous aidera peut-être à démêler la pensée et l'arrière-pensée de la Nature et certains de ses secrets ".

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