• Paternoster Nouv.

    Paternoster

    Adrien Girard

    La bouleversante derniere fois d'un pere et son fils

    « Je fermai finalement le cahier comme pour fermer l'ocean tout entier et garder son secret aupres de moi, puis m'endormis en pensant a la derive de mon pere, a la mienne, a notre embarcation, au rivage seul et a ce mot qu'il avait, naivement ou pas, precise : Fin. »

  • La beauté du ciel

    Sarah Biasini

    « Un matin de mai, le téléphone sonne, je réponds, "Bonjour, gendarmerie de Mantes-la-Jolie, la tombe de votre mère a été profanée dans la nuit."  »Une femme écrit à sa fille qui vient de naître. Elle lui parle de ses joies, ses peines, ses angoisses, et surtout d'une absence, celle de sa propre mère, Romy Schneider.  Car cette mère n'est pas n'importe quelle femme. Il s'agit d'une grande star de cinéma, inoubliable pour tous ceux qui croisent le chemin de sa fille.Dans un récit fulgurant, hanté par le manque, Sarah Biasini se livre et explore son rapport à sa mère, à la mort, à l'amour. Un texte poétique, rythmé comme le ressac, où reviennent sans cesse ces questions :  comment grandir quand on a perdu sa mère à quatre ans ? Comment vivre lorsqu'on est habitée par la mort et qu'elle a emporté tant de proches ? Comment faire le deuil d'une mère que le monde entier idolâtre ?  Comment devenir à son tour mère ? La réponse, l'auteure la porte en elle-même, dans son héritage familial, dans l'amour qu'elle voue à ses proches, à ses amis, à ces figures féminines qui l'ont élevée comment autant d'autres mères. Le livre de la vie, envers et contre tout. 

  • Voici quelques mois, Jean François Billeter a perdu Wen, son épouse. Face à ce drame, l'auteur a décidé de faire oeuvre utile, de partager les sentiments qui l'ont traversé et les observations qu'il a pu faire dans cette période agitée. Dans ce récit entre confession et journal de bord, il décrit les "opérations salvatrices" qui se produisent en lui au fil du temps. Mais ces observations ne touchent ni la seule personne de l'auteur, ni celle de son épouse en particulier, mais quiconque se trouve confronté à une telle situation. De tels bouleversements sont riches en enseignements : ils nous apprennent "de quoi nous sommes faits". À la précision de l'observation s'ajoute la clarté du style, dans cet ouvrage qui répond à la nécessité de partager une expérience intime à caractère universel.

    Reconnu comme un éminent sinologue, Jean François Billeter a su toucher un vaste public sans rien abandonner de sa rigueur et de son exigence intellectuelle. Les éditions Allia ont publié Chine trois fois muette, Leçons sur Tchouang-tseu, Études sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Notes sur Tchouang-tseu et la philosophie, Essai sur l'art chinois de l'écriture et ses fondements, Un paradigme, Lichtenberg et Trois essais sur la traduction, enfin Esquisses.

  • Rome, 2014, fin de l'été. Alors qu'il lisait sur sa terrasse ensoleillée, le coeur de Giangiacomo - dit Gigi - s'est arrêté. Une mort rapide, sans douleur, comme il l'avait toujours souhaitée, se souvient sa fille Elvira, appelée en urgence.
    Quelques jours plus tard, la jeune femme tombe sur un manuscrit inachevé. Elle pense à la trame d'un film - Gigi était cinéaste -, mais découvre l'histoire d'amour que son père vivait depuis plus de quatre ans avec une journaliste belge, Clara. Le récit de Gigi correspond à sa partie d'un livre qu'ils avaient décidé d'écrire ensemble. Il la lui enverrait une fois terminée. Puis elle y répondrait.
    Depuis sa rencontre avec Clara, venue à Rome l'interviewer à l'occasion de la sortie de son film sur Gramsci, Gigi connaît une nouvelle jeunesse. Ses pages évoquent le surgissement inattendu de leur mature love, une expression devenue entre eux un code pour se joindre et qui désigne cet amour à l'âge mûr que tous deux vivent de façon parallèle. Clara est mariée, elle aussi, et mère de deux garçons. Le bonheur des retrouvailles, l'abandon des corps, les rires, les films vus et revus ensemble : telle est la matière précieuse de leur complicité. Clara et Gigi parlent beaucoup : il aime la faire rire avec d'invraisemblables anecdotes, elle veut tout savoir de son passé. La politique et la révolution sont au coeur du travail de Gigi, hanté par la mort de son père, tué en 1945 dans les rangs des partigiani.
    Clara écrira à son tour sa version de l'histoire. Les souvenirs des jours lumineux sur la Méditerranée, des désaccords aussi - ne considérait-elle pas le militantisme de Gigi comme un combat d'arrière-garde ? - la plongent dans un flot d'émotions. Elle entame alors un « journal d'absence » dans lequel elle s'adresse d'abord à Gigi puis, peu à peu, à Elvira. À la jeune fille au seuil de sa vie sentimentale, elle confie, avec pudeur et tendresse, la plénitude de cet amour caché qui coexistait si bien avec sa vie - pourtant heureuse - au grand jour.
    Pure bliss, gioia, joie, avait coutume de répéter Gigi. Une joie devenue le motif musical de cette attachante partition à quatre mains.

  • " Le savoureux, délicat, pudique, émouvant Alouette de Dezsö Kosztolányi. Tout est juste, tout est déchirant dans ce livre : la valise qui résume les vains espoirs d'évasion, le papier à fleurs du salon, la cuiller qui tourne dans la tasse de thé. " Le Nouvel Observateur

    Alouette doit partir une semaine à la campagne ! Ses vieux parents achèvent amoureusement la valise. Comment vont-ils survivre à une si longue absence ? Quand Alouette paraît, le sourire se fige. Elle a trente-cinq ans. Elle est laide. Très laide.

    Cette semaine sera la semaine de tous les possibles.

    Mais Alouette revient. Grossie, encore plus laide, encore plus grotesque. Tout rentre dans l'ordre. Et les parents, émus, soupireront : " À tire-d'aile notre petit oiseau nous est revenu. "

    Alouette est un des classiques incontestés de la littérature hongroise, et Kosztolányi le considérait comme son " plus grand roman ".

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    Les séparations, entre attraction et perte, séduction et renoncement, scandent le rythme de la présence et de l'absence, tout au long de la vie, dans ses passages, ses aléas et ses désordres, dans ses rencontres et ses miracles. Entraînées par la masse d'affects tristes, nostalgiques voire mélancoliques, figées par l'angoisse de l'éloignement et de la mort, les séparations risquent d'être essentiellement saisies dans le halo du désespoir ou du traumatisme.

    Ce serait oublier la détermination constructive, indispensable à tous les processus de différenciation : qu'ils se déclinent entre dedans et dehors, réalité psychique et réalité matérielle, moi et autre, masculin et féminin, ils trouvent dans l'expérience de séparation et dans les représentations  qu'elle se donne, un support fondamental riche de toutes les potentialités de changement.

    Les auteurs explorent les multiples voies qui s'offrent à nous pour aborder la question des séparations, qu'elles relèvent d'une catastrophe ou qu'elles assurent une victoire.

    Mise en vente le 26 septembre 2013.

  • Pina

    Titau Peu

    Livre « coup de poing » qui dit les misères contemporaines à Tahiti, où Pina brosse le portrait dune Polynésie déchirée où deux mondes parallèles se côtoient sans se voir. Tahiti, île des différences qui séparent.
    Prix Eugène Dabit 2017

  • Des vies « sans défaite ni combat », dans tout ce que lordinaire peut offrir de merveilleux pour celui qui sait observer, ressentir et dire le moindre souffle, la plus infime palpitation. Nicolas Kurtovitch compose ici lun de ses recueils les plus personnels où souvenirs, contes et réflexions poétiques sentremêlent. Tisserand, il noue un à un les fils des mémoires et des instants vécus ou imaginaires pour nous dire limportance dêtre au monde en pleine conscience, de transmettre, de célébrer le pouvoir de la littérature et de lhumanité

  • Le bouquet final d'une série magique comme un feu d'artifice !Le père de Tara a été plongé dans un mystérieux coma, tandis que dans la ville se produisaient d'étranges événements. Tara et son meilleur ami Tom ont découvert que tout était de la faute d'une cape magique qui permettait de réaliser des souhaits. Elle appartenait à une sorcière, et lorsque leurs parents étaient enfants, ils la lui avaient dérobée ! Si les adultes ont tout fait pour oublier leurs bêtises de jeunesse, heureusement les enfants, eux, ont bien l'intention de faire face... quitte à affronter les sortilèges d'une sorcière en colère !Ce triptyque au croisement des univers de Miyazaki et de Disney et destiné à un large public devrait enchanter les petits comme les grands amateurs de magie !

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    Les séparations, entre attraction et perte, séduction et renoncement, scandent le rythme de la présence et de l'absence, tout au long de la vie, dans ses passages, ses aléas et ses désordres, dans ses rencontres et ses miracles. Entraînées par la masse d'affects tristes, nostalgiques voire mélancoliques, figées par l'angoisse de l'éloignement et de la mort, les séparations risquent d'être essentiellement saisies dans le halo du désespoir ou du traumatisme.

    Ce serait oublier la détermination constructive, indispensable à tous les processus de différenciation : qu'ils se déclinent entre dedans et dehors, réalité psychique et réalité matérielle, moi et autre, masculin et féminin, ils trouvent dans l'expérience de séparation et dans les représentations  qu'elle se donne, un support fondamental riche de toutes les potentialités de changement.

    Les auteurs explorent les multiples voies qui s'offrent à nous pour aborder la question des séparations, qu'elles relèvent d'une catastrophe ou qu'elles assurent une victoire.

    Mise en vente le 26 septembre 2013.

  • Quand l'ombre du grand Miyazaki plane sur la table à dessin d'une dessinatrice formée par Juanjo Guarnido... Une chronique d'enfance mystérieuse, drôle et mélancolique. Un premier album d'un incroyable maturité.Tara peut être fière de son père ! Car Edwin Mac Gill est un auteur à succès, adulé par des milliers de fans ! Jusqu'au jour ou Edwin, lors d'une séance de dédicaces, tombe soudain dans un coma aussi profond qu'inexplicable. Mais dont l'origine se trouve peut-être dans un mystérieux coffre que Tara découvre dans le grenier familial. Un coffre appartenant à son père, et où la fillette un peu solitaire va trouver une cape capable d'exaucer tous ses voeux... Ce qui ne va pas pour autant lui éviter de tomber dans les pires ennuis ! Car en plus d'avoir un père à sauver, elle aimerait énormément, mais alors énormément, garder l'amitié de Tom. Mais aussi moucher cette sale pimbêche de Mathilde, la star de la cour d'école...Formée dans les studios Disney Espana, sous la houlette d'un certain Juanjo Guarnido (Blacksad), Mon laisse éclater dans ce premier album aux airs de coup de maître toute la finesse d'un univers influencé par le grand Miyazaki, où le monde de l'enfance se révèle capable de véhiculer un message d'une drôlerie et d'une mélancolie intergénérationnelle...

  • Faites attention aux voeux que vous formulez, car ils risquent bien de se réaliser grâce au Talisman !
    Le père de Tara est toujours plongé dans un mystérieux coma qui semble être lié à une cape magique et à une vieux carnet écrit de sa main?Des évènements étranges se produisent tout autour de Tara, sans qu'elle arrive à saisir pourquoi !
    Dans ce deuxième opus, à l'aide des deux objets, Tara et son ami Tom explorent le passé commun de leurs parents. Ils vont y découvrir pourquoi les parents de Tara et le père de Tom se sont fâchés avec le père de Mathilde il y a tant d'années, et que tout s'est joué lorsque ces derniers ont ouvert une porte vers un monde magique insoupçonné.
    Une bête monstrueuse, une sorcière, des objets enchantés, des sirènes?autant de choses difficiles à croire, même pour des enfants ! Et pourtant il le faudra bien, afin de dénouer les noeuds du passé et déjouer les drames du présent.
    Cette série au croisement des univers de Miyazaki et de Disney et destinée à un large public devrait enchanter les nombreux lecteurs du premier tome (qui a déjà fait l'objet d'une réimpression !) ainsi que les néophytes avec un deuxième opus encore plus magique. Talisman T2 nous fait avancer dans le mystère en même temps que les enfants s'avancent dans cette sombre forêt?
     

  • Toute forme d'exorcisme du réel joue du prestige fascinant et ambigu de ce qui n'est pas par rapport à ce qui est, de ce qui serait « autrement » par rapport à ce qui est ainsi, de ce qui serait « ailleurs » par rapport à ce qui est ici. Car le sortilège attaché à ces notions négatives est de faire miroiter, au-delà de leur propre négativité, l'illusion d'une sorte de positivité fantomale : comme si le fait de signaler que quelque chose n'est ni ici ni ainsi suffisait à établir que ce quelque chose existe ou pourrait exister. Cette illusion élémentaire, qui fait la fortune des charlatans, fait aussi parfois celle des philosophes qui s'y laissent prendre.

    Le Philosophe et les sortilèges est paru en 1985.

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • Cet ouvrage singulier traite d'une question qui concerne bon nombre de professionnels de la relation d'aide, à savoir : Comment notre impuissance à aider suffisamment notre propre famille nous a amenés à développer des compétences particulières pour prendre soin des autres, de nos patients, de nos clients.

    Conçu comme un récit qui se déploie à travers de multiples bifurcations, ce livre est d'abord  la révélation d'un drame familial qui va droit au coeur du lecteur. C'est ensuite l'histoire de la création d'une association, « Parole d'enfants », qui transforme la douleur en une passionnante aventure collective. C'est enfin, 20 ans plus tard, la question de la confiance et de la transmission au moment de passer le relais aux plus jeunes.

    En dévoilant les difficultés rencontrées comme intervenant lorsqu'il s'agit d'aider des familles en grande difficulté, l'auteur partage avec le lecteur différentes stratégies thérapeutiques originales et de nouveaux outils d'intervention concernant différentes problématiques : la négligence grave et le déficit de protection, les abus sexuels,  les deuils compliqués, les conduites délinquantes, les conflits chroniques opposant des parents et dont les enfants sont les otages, etc.

    Un beau partage d'humanité et un plaidoyer pour une clinique de l'engagement, de l'audace, de la créativité !

  • Papa est arrivé de loin. Son avion a atterri.
    Il est enfin revenu. Et s'il n'aimait plus jouer au hockey ? S'il n'aimait plus manger des frites ?
    Et si... et s'il ne me reconnaissait pas ? Ça fait tellement longtemps...
    Un album important sur l'absence qui s'étire, l'attente, la peur et le retour à la maison des militaires qui sont parfois traumatisés et blessés.

  • Un petit livre qui aurait aussi pu s'intituler Dieu, tout simplement. Une approche, au plus prêt, de ce qui ne saurait se dire.

  • Lili ne fait que des bêtises : dépecer de petits animaux, insulter les gens, coucher avec n'importe qui. Lili est étrange, sa famille aussi. Sauf Clara, douce et raisonnable, qui s'est sacrifiée pour la folie des autres. Aujourd'hui Clara est fatiguée. Parfois, elle trouve encore la force de prendre sa sœur dans ses bras pour la serrer fort, de plus en plus fort...
    Fabienne Berthaud, cinéaste et romancière française, a adapté pour le cinéma son roman Pieds nus sur les limaces ; le film a été primé du Art Cinema Award à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs 2010.
    " Fabienne Berthaud raconte avec pudeur et une inventivité artistique réjouissante le rapport entre deux sœurs. "
    Lire
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  • «vingt et une heures trente
    la mère
    bordée par la fille»

    Un monde en suspens. Ce monde qui s'arrête net un jour de février. Puis le corridor étrange qui suit la perte. Tant de petits signes d'immortalité imprégnés dans le quotidien. Ces objets vivants qu'on soupèse, dont on hume le parfum.

    «J'écris dans ton cahier turquoise. Celui que je t'avais offert pour Noël. Sachant qu'il te restait peu de temps pour t'en servir. Qu'il me restait peu de temps pour être ta fille. J'écris ce qui se voit. Ce qui ne se voit pas. La présence. L'absence. Ce qui se dit entre nous, pour te garder. Ce qui parle de toi, tout bas, lorsqu'on se tait pour t'aimer encore.

    sur la commode
    tes lunettes
    sans ton regard»

    Joanne Morency conjugue ici la prose poétique et le haïku dans cette forme si particulière qu'offre le haïbun.
    « Un texte très personnel, écrit tout en finesse et en retenue ». Prix du récit Radio-Canada 2014.

  • Être mère, c'est revisiter sa propre enfance. Le fils quitte la maison, la mère devient tout à coup orpheline. Les jours sont interrompus et le temps est suspendu. La parole agitée, celle du quotidien, laisse place à une parole apaisante qui permet de percevoir le monde autrement.

    «une mappemonde
    dans tes souliers
    tu pars
    sans presque rien emporter
    de l'enfance
    qui fut la nôtre»

    Ode à la maternité, ce recueil constitue une véritable quête où l'absence magnifie la réalité.

  • « Michel Pleau raconte que la mort de son père, survenue alors qu'il n'avait que douze ans, a été l'événement le plus marquant de sa vie. Après ce décès, une ombre immense a recouvert la terre. L'enfant Pleau ne possédait pas les moyens pour lutter contre ce phénomène. Il ne disposait que des lettres de l'alphabet auxquelles, petit à petit, il accorda une sorte de pouvoir magique.» Pierre Chatillon

    par-dessus ton épaule
    la lumière n'avait aucun défaut

    j'aurai tout fait pour m'approcher
    de ta voix
    trouver refuge dans une parole
    qui s'élèverait avec la mienne

    Un recueil intimiste, rempli de nostalgie et d'espoir, qui ponctue vingt-cinq ans d'une vie consacrée à la poésie.

  • Comment survivre à la disparition de la mère ? Comment combler l'espace entre le monde et soi, voire entre soi et soi tant la douleur dévaste tout ? S'accrocher au paysage, bien sûr - lieu où elle a passé, où son souvenir toujours refait surface. Et l'écrire, en former des images que l'on voudrait réparatrices. Mais toujours en vain puisque, malgré sa continuité, le monde jamais n'arrive à taire le silence de la mort.

  • Suie, pleurs, étoiles, neiges et quelques floraisons, le poème n'est-il pas, comme les cendres, ce que l'on recueille avant la dispersion? Et le geste, le souffle du poète, celui d'un laveur/laveuse de cendres?
    Dans un enchaînement de glissements, de heurts et d'abandons, et sans jamais éviter le coeur, les poèmes de La société des cendres tentent de dégager l'empreinte, volatile certes, mais néanmoins fascinante, des tumultes, éclats et mystères de notre présence autant que de notre absence à l'autre et au monde.
    La deuxième partie, Des lames entières (d'abord paru en livre d'artiste avec des gravures de François-Xavier Marange), s'attarde, quant à elle, à ce qui construit ou entrave les mouvements parfois tranchants, parfois de fond, du comment être, à même la perte et ses souffrances, pour ouvrir un passage, entre désir et peur, à de possibles métamorphoses.

  • Deblais

    Paul Bélanger

    On nage dans les profondeurs des déblais, noyé, emmuré, enterré, suivant la lueur lointaine d'une vie sans blessure, une vie au-dessus et au-delà, une sorte de conjuration de la mort par l'appel des mots, des figures ouvrant au temps séculaire sa propre vie limitée, et que cela se vit chaque jour de l'éternité.
    Constitué autour de figures mythologiques, Déblais est un livre de deuil. Ophélie, Orphée, Eurydice, Hamlet, la Sybille viennent tour à tour illustrer ou incarner, en quelque sorte, les chemins de l'absence. Par un retournement propre au poème, le chant s'ouvre à l'obscur et révèle le passage sans cesse franchi dans le bruit et la fureur.

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