Sciences humaines & sociales

  • De septembre 1870 à mai 1871, Paris a connu le plus long siège de son histoire. Alain Frerejean et Claire L'Hoër le racontent au jour le jour à l'aide des récits de témoins directs de l'événement, connus ou non, pour nous offrir un compte rendu aussi vivant qu'historique de la Commune de Paris.
    Il y a un siècle et demi, Paris a connu deux sièges, les plus longs de son histoire. D'abord par l'armée prussienne (du 19 septembre 1870 au 28 janvier 1871), puis par la République elle-même, repliée à Versailles et résolue à annihiler l'insurrection de la Commune de Paris (18 mars-31 mai 1871). Aux bombardements aura succédé la destruction par les flammes de l'Hôtel de Ville, contenant les archives de l'état civil, et des Tuileries, symbole du pouvoir impérial. Pendant des mois, les Parisiens ont souffert de la faim et du froid, ils ont mangé des chiens, des rats. Ils se sont aussi dénoncés les uns les autres: près de quatre cent mille lettres anonymes! Paris a sombré dans la guerre civile et connu les combats de rue. Du fort d'Issy au mur des Fédérés, une violence inouie a soufflé sur la capitale. Avant la terrible répression: dix-sept mille hommes, femmes et enfants fusillés pendant la "Semaine sanglante", et plus de quatre mille déportations en Nouvelle-Calédonie. De nombreux témoins ont vécu et raconté ce siège: Victor Hugo revenu d'exil, Sarah Bernhardt, ambulancière au théâtre de l'Odéon, mais aussi les frères Goncourt, Émile Zola, Alphonse Daudet... Sans oublier tous ceux officiers, médecins, prêtres, bourgeois, simples sol- dats ou diplomates qui notaient chaque soir leurs impressions pour les envoyer à leur famille par pigeon-voyageur. Ils sont les narrateurs de ce récit qui se referme en 1880 avec l'amnistie des communards.

  • « L'analyste ne s'autorise que de lui-même », cette formule fut reçue comme un verdict de Lacan sur la délicate question de la formation du psychanalyste. Scandale et incompréhension garantis. Pourtant, dans l'écart grammatical discret entre « analyste » et « lui-même », gît la source du transfert ainsi relié, par la vertu de l'« autorisation », à la détermination centrale de la personne fictive chez Hobbes. D'où l'idée d'aller enquêter sur la troisième personne, aussi bien au niveau de la constitution de l'État moderne, que dans l'« irréductible ambiguïté » (Lacan dixit) du transfert. Psychanalyste et pouvoir d'État développent des stratégies incompatibles, qui les rendent sourds l'un à l'autre. Pourquoi ?

  • L'irruption des postcolonial studies dans le débat français, sur fond de malaise dans les banlieues, s'accompagne de malentendus. Cette approche, venue des universités anglophones, est tantôt évoquée pour dénoncer la lenteur de la France à prendre en considération les réalités postcoloniales, tantôt repoussée comme une mise en accusation du passé, dangereuse pour la cohésion nationale. Mais rares sont ceux qui, en France, connaissent vraiment ces écrits, leur genèse et leur évolution.

    Cet ouvrage sans équivalent présente de façon contradictoire mais dépassionnée les principaux auteurs, concepts et problématiques des postcolonial studies. Il en fait l'examen critique et discute à plusieurs voix leur pertinence pour la situation française actuelle.

    Penser en termes postcoloniaux ne signifie pas se crisper avec amertume sur le passé et creuser des oppositions négatives. Cela conduit au contraire à penser la diversité de la société française dans la « Relation » et la convergence des histoires. L'exercice est nécessaire, et il y a urgence.

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