Littérature générale

  • Dans un abandon touchant, Isabelle Carré livre un premier roman sensible et plein de grâce. Une autobiographie brodée de fiction, raccommodée, par endroit, là où la mémoire fait défaut, l'actrice y raconte l'histoire de sa famille et de son enfance - ou en tout cas l'histoire d'une famille et d'une enfance qui ressemblent étrangement à la sienne. Elle dit la « partie immergée de l'iceberg », cachée derrière son sourire maquillé, ses angoisses et ses blessures, sa famille un peu hors-normes, mais aussi son désir naissant de théâtre et de cinéma ou encore ce que c'est qu'être une enfant puis mère à son tour - et l'amour, bien sûr. Sont confiés ici des rêves délicats, des souvenirs tendres, qui nous emplissent de réconfort.

    « J'ai l'habitude avec les journalistes d'être toujours associée à deux qualités : discrète et lumineuse ! Durant toutes ces années, comment suis-je passée si facilement entre les mailles du filet ? Évidemment, je ne m'en plains pas, pour rien au monde je ne renoncerais au plaisir d'être si bien cachée derrière mon maquillage et les costumes d'un personnage. Puisque tout est vrai, et que les acteurs « font semblant de faire semblant », comme l'écrit Marivaux. Je m'étonne juste qu'après ces heures d'interviews, tous ces plateaux télé, ces radios, les mêmes mots ressassés à l'infini suffisent... grâce à ce sourire peut-être. Je suis une actrice connue, que personne ne connaît. » I.C.

  • La beauté du ciel Nouv.

    Une femme devient mère pour la première fois. Sa propre mère n'est pas là pour l'aider à accueillir sa fille nouvelle-née. Elle l'a perdue à l'âge de quatre ans et, adulte, a revécu sa mort par la profanation de sa tombe au cimetière. Cette béance n'a d'égale que l'omniprésence de son souvenir. La jeune femme cherche partout sa mère, pour en devenir une, mais ne la retrouve nulle part dans l'image d'une des plus grandes étoiles du cinéma toujours présente dans les coeurs et sur les écrans : l'inoubliable Romy Schneider. Plutôt qu'à sa mère au paradis, elle décide alors de s'adresser à sa fille, cadeau du ciel.

    « Personne ne veut oublier ma mère, à part moi. Tout le monde veut y penser, sauf moi. Personne ne pleurera autant que moi si je me mets à y penser. On me parle d'elle en disant son nom au lieu de dire "ta mère", "votre mère". Comme si je n'étais pas là, devant eux. Je ne comprends pas ce qu'ils disent. Je ne les écoute déjà plus. De qui parlent-ils ? Son nom ne m'intéresse pas, il n'y a que ma mère qui m'intéresse. » S.B.

  • BnF collection ebooks - Paradoxe sur le comédien est un essai sur le théâtre rédigé sous la forme d'un dialogue publié à titre posthume en 1830. Il souligne tout le paradoxe théâtrale de jouer sans ressentir, qui illustre la séparation du corps et la psyché.

  • « J'utilisais sa méthode, ou plutôt son absence de méthode quand elle préparait un film. Se laisser envahir sans idée préconçue par une inconnue, une étrangère. Devenir lentement cette autre femme, revivre ses peurs, ses désirs, ses déceptions, ses préjugés. » C.D.

    Par la même mystérieuse alchimie qui faisait de Simone Signoret une autre quand elle se préparait à jouer un personnage, Catherine David s'est laissé envahir par cette autre femme qu'elle avoue d'entrée admirer et aimer. Extrêmement documenté, le portrait qu'elle trace de celle qu'elle appelle « une femme de notre temps » s'anime de sa propre vie. Au terme de ce voyage de la mémoire pour toute une génération, Simone Signoret, qui eut le courage de vivre plusieurs vies, d'explorer ses multiples talents, de se risquer aux « erreurs, manquements et ratures », renaît une nouvelle fois.

  • Jeanne forever met en lumière différents visages de la féminité, en utilisant comme matière première les personnages cinématographiques incarnés au fil du temps par l'actrice Jeanne Moreau. Empreintes de l'aura particulière de celle-ci, de sa présence, de sa vulnérabilité, ces femmes, qui se distinguent par leur nature tantôt forte, tantôt fragile, par leur âge et la place qu'elles occupent dans le monde, se déploient à travers les poèmes de Stéphanie Filion et de Valérie Forgues. Cet ensemble de textes forme une traversée du monde intérieur ainsi qu'un questionnement identitaire sur la condition féminine. Il suggère une belle exploration du lien entre poésie et cinéma, entre réalité et représentation, et du côté éphémère de toute chose, à commencer par la vie.

  • En Amérique Nouv.

    En 1873, un groupe de Polonais, emmené par Maryna Zalezowska, la plus grande actrice de Pologne, émigre aux États-Unis et voyage jusqu'en Californie pour y fonder une communauté utopiste. Maryna, qui a renoncé à sa carrière pour cette aventure, est accompagnée de son fils, de son mari et d'un jeune écrivain amoureux d'elle. Rêvant d'un pays où tout pourrait recommencer, ils sont néanmoins rapidement gagnés par la désillusion. La plupart prennent le chemin du retour, mais Maryna décide de se battre. Elle apprend l'anglais, change de nom et commence une brillante carrière qui la conduit à sillonner les États-Unis avec la compagnie qu'elle a créée.
    Ce grand roman, récompensé par le National Book Award, dans lequel se croisent personnages de fiction et personnages historiques, est la reconstitution brillante d'une époque, d'un pays et de l'univers du théâtre. Le grand rêve américain d'une femme au destin inoubliable, à l'aube de la modernité.

  • Teinté par le climat de peur d'une époque marquée à blanc par le terrorisme, ce dixième roman de François Désalliers porte en lui le deuil et la désillusion, mais aussi la force de l'amour et de l'amitié. Roman sombre et magnifique, La beauté noire met en scène une galerie de personnages touchants et courageux, qui chercheront à se relever et à reprendre leur vie en main.

    / Résumé :
    Lorsqu'une jeune actrice est abattue sur scène par un djihadiste au cours d'une représentation des Fleurs du mal, la vie des personnes présentes ce soir-là s'en trouve bouleversée à jamais. Comment résister à la terreur, à la perte de soi face à un acte d'une telle violence ? L'amant de la victime cherchera peu à peu à reprendre contact avec les membres de la troupe de théâtre, mais renouer des liens en pareilles circonstances n'est pas chose aisée, surtout quand l'un d'entre eux ne pense qu'à se venger. Leur belle complicité, leur amour de l'art, de la poésie, et leur innocence même pourraient bien être emportés et se fracasser contre le mur de cette nouvelle réalité. Une quête poignante et actuelle autour du sens de la vie et de la mort face aux revirements insensés du destin.

    / L'auteur :

    François Désalliers est diplômé du Conservatoire d'art dramatique de Montréal. Il a été monologuiste, comédien, scripteur, vendeur de meubles et professeur de théâtre. Il est l'auteur de nouvelles et de romans chaleureusement accueillis par la critique et le public, dont «L'Homme-café», «Des steaks pour les élèves» et «La fille du vidéoclub». «La beauté noire» est son dixième roman.

  • Tragédie est un livre-document essentiel
    sur le théâtre québécois et l'Histoire.

    Pol Pelletier y refait l'histoire du monde à partir de notre ancêtre homo erectus en posant la question : où est femina?? Elle aboutit des millénaires plus tard dans Mexico qui explose, se décompose. De retour au Québec, elle constate que tout le monde rit pour mieux étouffer le sentiment collectif de mort imminente en fin de siècle. Elle appelle ses aînées, ses ancêtres, et ressuscite celles qui ont marqué l'histoire. Elle prend dans ses bras les 14 victimes de Polytechnique, assassinées il y a 31 ans cette année, une tragédie qu'on a très vite enfouie au fin fond de notre inconscient collectif, de peur de découvrir ce qu'elle signifiait. Elle termine en rendant hommage à toutes les femmes assassinées depuis Polytechnique. La théorie du sacrifice de René Girard, exposée dans Tragédie, nous offre un outil pour comprendre notre époque covidienne.

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