• « Pour continuer sur votre rapport à Flaubert, que représente pour vous la maîtrise de la langue ? La maîtrise de la langue, à mes yeux, est une question purement technique, presque subalterne. Ce qui est premier, décidément, c'est la vision qu'on a de ce qui existe et qui n'existe, en partie, qu'autant qu'on le voit. La langue, le français en l'occurrence, est fixée depuis quatre siècles. Elle n'a pas énormément changé. Le monde, en revanche, a été, dans cette même période, le siège de tels bouleversements, révolutions, métamorphoses, qu'à peine on le conçoit. Il est nécessaire de connaître les ressources de l'idiome, d'en avoir l'usage, ni plus ni moins que n'importe quel ouvrier a celui des outils de sa profession. Ceci admis, le reste est affaire d'application, de temps, de peine, ce qui est la loi commune. »

  • L'une des caractéristiques les plus intéressantes du génie scandinave dans sa globalité est l'étonnante faculté qu'ont les Suédois, Danois, Norvégiens et Islandais de conter, raconter - non qu'ils soient en retrait en ce qui concerne les autres genres littéraires, tant s'en faut, mais les émules d'Andersen, la Danoise Karen Blixen, la Suédoise Selma Lagerlöf, l'Islandais Halldor Laxness sont innombrables et tous ont cette voix de conteur attachant qui fait qu'on ne se lasse pas de les entendre. Cela s'explique de maintes façons présentées ici, notamment à partir des célébrissimes sagas islandaises. À juste titre, toutes ces littératures peuvent s'enorgueillir de leur abondante production de contes et légendes populaires.
    Le présent ouvrage propose une présentation et une analyse de cet art de conter qui appartient véritablement aux realia, cette manifestation de la vie au quotidien chez ces peuples encore mal connus.

  • Ce petit livre propose au lecteur français un panorama, aussi clair que possible, de la littérature italienne du XXème siècle. L'avant-garde florentine, le futurisme, l'hermétisme, le néo-réalisme, la nouvelle avant-garde des années soixante en sont autant de jalons. Ils esquissent la ligne de faîte d'un siècle de littérature dont la richesse est tout à fait remarquable.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Une étude de l'oeuvre de l'écrivain autrichien, porte-parole de la jeune génération contestataire dans les années 60, auteur de L'angoisse du gardien de but au moment du penalty. Copyright Electre

  • Repères biographiques, thèmes et personnages, lecture psychanalytique de La Vénus d'Ille et technique narrative dans Colomba.

  • La Poétique d'Aristote est l'oeuvre fondatrice de toute réflexion sur la création épique et tragique. Elle n'a été invoquée, en fait, que par l'intermédiaire d'Horace et des théoriciens classiques français : à ce titre, elle a souffert récemment du mépris des modernes, puis a été récemment redécouverte. On s'est aperçu de son aspect étrangement moderne ; seuls les grands créateurs, même quand ils croyaient s'en affranchir, l'ont comprise et mise en pratique : Racine, malgré Boileau, les romantiques allemands, Hegel, les tragiques modernes, comme Giraudoux... La présente étude replace l'oeuvre dans son contexte historique littéraire, biographique, philosophique ; elle donne une synthèse des analyses aristotéliciennes, qui tient compte des avancées les plus récentes de la recherche ; enfin, elle retrace la fortune de l'oeuvre, depuis l'Antiquité romaine jusqu'à Barthes et Todorov.

  • " J'aurais voulu entrer dans la maison de South Broadway, à Nayack où elle vivait, mais il fallait une autorisation. Je me suis contenté d'entrer dans le jardin. J'ai regardé les arbres. Je me suis assis sur les marches de la cuisine. Une femme est sortie. Elle avait un petit chapeau et un sac. Elle a fermé la porte à clef. Derrière les rideaux, il n'y avait personne. "

  • S'attache à mettre en application les principes définis pour analyser l'un des mythes qui nous touchent le plus aujourd'hui, celui de Pasiphaé, en s'appuyant sur les concepts de mythe littérarisé et de syntagme minimal du mythe.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En rapprochant le commentaire du premier chapitre de la Genèse du récit de vie des «Confessions» qui le précède, l'auteur fait apparaître la dépendance poétique et existentielle entre ces textes. Dépendance qui se retrouve dans «Circonfession» de J. Derrida où la tentative autobiographique conduite en bas de page tient lieu de commentaire.

  • Pour remettre les idées en place, ou à leur place, et les suivre pas à pas dans l'actualité, une collection qui met « les pieds dans le plat de l'opportunisme contemporain, lequel plat n'est, comme chacun sait, qu'une vulgaire assiette au beurre » (René Crevel). Que faire... de l'art et de la poésie quand un parti « communiste », auréolé par Octobre, vous somme de les sacrifier sur son autel au nom des intérêts supérieurs de la Révolution ? Benjamin Fondane s'interroge et questionne, en marge du Congrès des écrivains tenu à Paris en 1935. Tentative désespérée, car le stalinisme et le nazisme paralysent les esprits. La Révolution que Fondane affronte est en réalité une contre-révolution, ennemie mortelle de toute liberté de penser. Après avoir stigmatisé « Moscou la gâteuse », Louis Aragon, officie désormais en grand inquisiteur de la foi nouvelle. Dans sa préface, Louis Janover éclaire cet arrière-plan. Il montre aussi pourquoi, à l'heure du « tout capital », l'écrivain se retrouve, comme hier Fondane, confronté au problème de la révolution.

  • Ce qu'on nomme ici poésie (disposition et opération) est donc impliqué... partout. En tout jeu de langage - puisque c'est le jouer même du langage. Dans l'opération de penser quoi que ce soit - ou logique du penser, sont impliqués l'oxymore, la contrariété, l'allégorie, l'homologie, l'analagon, la transposition, le comme d'antidosis ou de réciprocité, la logique du un-peu... Figures qui, comme dans toute danse, se cherchent, se trouvent, se prennent par la main, s'organisent autrement, se reforment, attenantes puis disjointes, croisées, séparées, réunies... Métamorphose d'aujourd'hui, qui n'est plus réelle/réaliste, mais idéale, c'est-à-dire littérale-littéraire, dans l'idéation-écrituration appelée poétique. Et je le prouve (la pluie ; les ombres ; le progrès ; passim).

  • 12 récits ayant pour thème la nativité du Christ, récits dont certains ont traversé les siècles comme Les rois Melchior, Gaspard et Balthazar, Eve aux pieds de l'enfant, L'adoration des animaux, d'autres, contemporains, racontés lors de veillées nocturnes. Copyright Electre

  • Péguy place sa réflexion sous le signe d'une éternelle inquiétude et il montre à l'oeuvre, dans l'histoire, la société et l'homme, un redoutable principe de guerre, de crime et de mort auquel Dieu lui-même n'échappe pas. Vision cruelle et lucide de l'iniquité, de la violence, d'une théologie de guerre, d'une belligérance universelle - confirmée et illustrée par tant d'atroces événements contemporains - et qui serait intolérable si elle n'était défiée par un puissant élan de vie, une énergie farouche de résistance et d'espérance à laquelle convient admirablement et exactement le nom d'Éros. La Thèse, oeuvre méconnue, éblouissante coulée de texte, illustre les analyses de ces aspects insolites, déroutants, presque dadaïques ou néo-post-modernes, comme dirait ironiquement Péguy, d'un auteur trop souvent prisonnier de manuels ou de commentaires sectaires. Surgit un Péguy audacieux et novateur, derrière lequel s'essoufflent, ahanant, ânonnant leur modernité, les chétives avant-gardes...

  • Les seins féminins, découverts ou voilés, opulents ou minuscules, ont exercé et exercent toujours une fascination indiscutable. Du savant au populaire, de la Bible aux Mille et Une Nuits, de l'Antiquité au XXe siècle, une anthologie de citations classée par thèmes : noms et images, formes et volumes, propriétés et caractères, approches et usages, souffrances et revanches.

  • « Voltaire, je connais ! » nous rappelle comment, esprit sans égal, il a touché avec un égal bonheur à tous les genres, poésie, théâtre, essais historiques, contes et romans. L'auteur, Jean-Luc Faivre nous montre en un essai brillant comment Voltaire peut rester une référence pour tous ceux qui cherchent vainement dans notre époque matière à échapper au conformisme soporifique des idées ambiantes. « Voltaire, je connais ! » s'inscrit dans la série « Les philosophes », je connais ! qui vise à présenter dans une langue simple et accessible la vie et l'oeuvre des penseurs qui ont parfois pris les plus grands risques pour faire avancer les idées qui ont façonné le monde d'aujourd'hui. Des citations et une chronologie viennent compléter cette présentation.

  • Pourquoi raconter des histoires sinon pour charmer, le temps d'une narration, un petit cercle d'auditeurs attentifs? Etude des nouvelles écrites par Marguerite de Navarre, histoires de séduction écrites pour séduire.

  • Cette étude permet de comprendre l'oeuvre entier de Ionesco (homme de lettres roumain, journaliste et critique littéraire, avant d'être le dramaturge reconnu), un oeuvre écartelé entre deux cultures.

  • Il est peu de couples qui, au XXe siècle, aient accédé au rang de mythe - surtout de leur vivant. Sartre et Beauvoir sont au nombre de ceux-là ; Elsa Triolet et Louis Aragon, eux, dès leur rencontre un jour de novembre à la Closerie des Lilas, ont placé leur amour au-dessus de tout, commençant déjà de construire sur lui une légende qu'ils entretiendront tout au long de leur vie. Légende fragile, pourtant, d'un amour finalement paradoxal : amour impossible entre le jeune dandy sans illusions, et la petite Russe qui se plaint de n'être aimée de personne ; mais aussi amour complice, jusque dans les compromissions les plus tragiques, jusque dans l'aveuglement d'un mentir-vrai qui, quarante années durant, va régir une vie étroitement liée aux événements historiques et culturels les plus marquants du siècle : le surréalisme et la guerre d'Espagne, la littérature clandestine et l'Occupation, l'engagement politique et intellectuel au côté des communistes. Quelles zones d'ombre, quels différends inavoués se cachent derrière l'image officielle soigneusement entretenue, la statue mythique patiemment érigée ? Pour répondre à ces questions, Dominique Desanti tente de débrouiller l'écheveau des destins entrecroisés d'Elsa-Louis - de la France à la Russie, des trépidantes années du surréalisme, et de Montparnasse aux jours tragiques de l'ère stalinienne -, offrant ainsi le portrait sans artifices d'un couple, à qui l'ambiguïté tenait lieu de règle de vie, et dont les silences - à travers les oeuvres comme à travers les actes - livrent, pour qui sait les entendre, les clés de cette énigme à deux visages.

  • En janvier 1953, Roger Blin crée En attendant Godot devant les quelques spectateurs du théâtre de Babylone ; la pièce, qui devient aussitôt l'emblème du théâtre de l'absurde, fait en quelques années le tour du monde : elle est considérée aujourd'hui comme un classique du XXe siècle. En près de cinquante ans, le regard que nous portons sur elle a profondément changé : nous n'y cherchons plus de symboles, mais ne finissons pas d'en explorer les signes ; plus qu'à la hantise du vide et à la thématique de l'absence, nous sommes sensibles à la présence des corps et à la réalité des objets. Derrière le trop fameux dialogue de sourds, nous entendons aujourd'hui un mode subtil et musical de communication. Bref, l'absurdité a laissé la place à l'ambiguïté, et l'antithéâtre nous apparaît comme le théâtre par excellence, qui fait triompher le jeu, sous toutes ses formes. L'histoire des mises en scène le montre : les clochards métaphysiques intemporels et désincarnés n'ont cessé de se rapprocher de nous, pour devenir nos intimes et nos contemporains. Et ce qui nous frappe chez ces vagabonds qu'on disait à bout de souffle, c'est leur inépuisable énergie : à l'image de tout le théâtre de Beckett, En attendant Godot représente à sa façon le triomphe de la vie (Giorgio Strehler).

  • Inachevée, la dernière oeuvre de Chrétien de Troyes a suscité de nombreuses continuations. Leurs auteurs ont systématisé la dimension chrétienne du graal, que Chrétien n'avait fait que suggérer, et ont recentré le récit sur Perceval et sur sa quête. La tradition critique moderne, dans son ensemble, a suivi les traces des conteurs médiévaux, préférant Perceval à Gauvain et relisant Le Conte du Graal à la lumière de textes délibérément tournés vers une interprétation mystique du saint Graal et de ses secrets. Notre dette à l'égard de cet intertexte critique patiemment tissé depuis plus d'un siècle, est immense. Dans cette approche, nécessairement fragmentaire, d'un récit qui résiste à toute lecture univoque, nous avons cependant choisi de retrouver un équilibre, inscrit dans le texte, entre Perceval et Gauvain ; l'un, chevalier confirmé d'abord égaré, mais qui réactive, dans le temps retrouvé du château des reines, les valeurs fondatrices de l'utopie arthurienne ; l'autre, héros neuf, confronté à une violence qu'il s'épuise à maîtriser, et dont le destin était peut-être de revenir au val perdu de l'enfance pour y revivre la joie des commencements.

  • De Freud à Robert Desnos, d'Ernst Jünger à René Crevel, tous ont goûté, apprécié cet alcaloïde. cette sélection de textes le prouve.

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