• L'espace de la société japonaise, c'est aussi bien la manière dont le moi s'y pose face au monde que celle dont les paysans ont mis en valeur les plaines de l'archipel ; c'est le plan de la citadelle du shôgun à Edo, mais tout autant certains principes managériaux des grandes entreprises. En effet, chaque société organise son espace selon une logique d'ensemble qui lui est propre : cette organisation reproduit analogiquement les mêmes principes au plan mental et au plan social, tout comme au plan matériel. La logique d'ensemble de la spatialité japonaise repose sur une assise culturelle radicalement différente de la nôtre. Elle n'est donc pas transposable comme telle ; mais son efficacité comme ses limites nous invitent à comprendre ce qu'a de particulier, donc de dépassable, notre propre vision du monde.

  • La plupart des interdits alimentaires retenus par la loi musulmane ont trait au régime carné, la raison étant que toute nourriture influence physiquement et spirituellement celui qui l'absorbe : manger certaines catégories animales revient à prendre le ri

  • De l'égalité des races humaines appartient au grand mouvement des idées
    anthropologiques, sociologiques, philosophiques, historiques, littéraires et
    morales de la fin du XIXe siècle et restera actuelle tant que le racisme ne sera pas éradiqué de nos sociétés.
    Ghislaine GÉLOIN, professeur

    Au courant littéraire esclavagiste du XVIIIe siècle, succéda celui raciste du XIXe. En réponse, les esclaves firent par les armes Haïti et leurs théoriciens défendirent par les livres la race noire. C'est dans cette continuité que trois hommes haïtiens se sont levés pour combattre les thèses racistes en cours : Hannibal Price, Louis-Joseph Janvier, Anténor Firmin. Ce dernier s'en prendra en 1885 au champion toutes catégories du racisme, Arthur de
    Gobineau, et à son Essai sur l'inégalité des races humaines (1855), dans ce livre au titre visionnaire : De l'égalité des races humaines, un incontournable des 100 classiques de la bibliothèque bicentenaire haïtienne.
    George ANGLADE, géographe et écrivain

  • Spécialiste des coiffes et costumes bretons au Musée breton de Quimper, l'auteur livre ici une étude approfondie d'un terroir à travers ses costumes.

  • Une histoire du costume à travers les âges jusqu'au début du XXe siècle, nous permettant de découvrir les us et coutumes de chaque époque.

  • Cet ouvrage pour tous publics présente les principales fêtes et traditions du calendrier occidental en Europe et en Amérique du Nord : carnaval, 1er avril, Halloween, Noël, Saint-Valentin... suivies d'un bref rappel des fêtes juives et musulmanes. Leurs origines agraires, religieuses ou historiques, lointaines et parfois obscures, témoignent de la volonté constante de l'homme de vaincre les incertitudes de sa destinée.

  • Le système politique israélien a plusieurs sources : ottomane, britannique, sioniste et juive. Pour répondre aux besoins d'un peuple en exil, l'Organisation sioniste mondiale avait choisi la représentation proportionnelle quasi parfaite. Reprise par l'État d'Israël, cette hyperreprésentativité a rendu le système politique difficilement gouvernable. Paradoxalement, le multipartisme s'est accompagné d'une culture de parti unique, le couple Parti travailliste - centrale syndicale qui a dominé la vie du pays pendant une génération et a laissé des traces. Deux développements récents interpellent le système : une tentative, non réussie, de présidentialisme et la multiplication des interventions d'une Cour suprême de plus en plus activiste. L'ouvrage retrace cette histoire et présente la recherche actuelle d'un nouveau modèle combinant démocratie et efficacité.

  • L'étrangeté d'un destin unique, celui de ces peuples solidement implantés avant leurs conquérants, réduits par le temps à une minorité peu nombreuse et qui sont réapparus récemment dans le cours de l'histoire.

  • Nées avec l'humanité, cultivées en secret malgré l'opposition du clergé, les superstitions se sont révélées indéracinables. Dans une première partie sont retracées les origines de nombreuses superstitions, apportant anecdotes historiques et littéraires, puis treize superstitions universelles sont présentées : toucher du bois, le chiffre 13, le fer à cheval, etc.

  • Dernier royaume bouddhiste de l'Himalaya, le Bhoutan est doté d'une forte identité religieuse, sociale et politique, héritée d'une histoire remontant au VIIe siècle. Farouchement attaché à son indépendance, il a su préserver l'originalité de sa culture au prix d'un isolement relatif qui n'a pris fin qu'au tournant des années soixante.

  • Les traditions : costumes, jeux, cuisine, langage, religion et superstition ; Le travail à la ville et aux champs ; La renommée, l'histoire, l'activité et le tourisme ; Personnages célèbres...

  • Karine Clément, sociologue et enseignante à l'université Paris 8, a longtemps séjourné en Russie où elle a effectué de nombreuses enquêtes dans une douzaine d'entreprises. Elle en a ramené des témoignages qui nuancent à la fois le tableau noir d'un monde en voie de disparition et l'image colorée d'une population qui se « débrouillerait » et regorgerait de ressources et d'inventivité. Elle explore la vie quotidienne des ouvriers russes et scrute leur subjectivité en leur cédant la parole. Elle nous montre comment ils parviennent, malgré les contraintes qui pèsent sur eux, malgré le poids des rapports de domination, à se forger des espaces d'autonomie individuelle ou collective. Artisans de la chute de l'Ancien Régime, les prolétaires russes ont été sommés d'être libres, en même temps qu'on les privait des moyens de leur liberté. Et tout en perdant les protections des ouvriers soviétiques, ils ont hérité de leurs chaînes. Une fois de plus, ils ont été floués par l'histoire. Le régime ne s'est libéralisé que pour mieux continuer à les exploiter. La tâche est d'autant plus facile que les nouveaux maîtres du Kremlin manient à leur aise la ficelle historique qui permet de jeter le discrédit sur une classe ouvrière qui passe pour avoir été la « classe dirigeante » de l'État soviétique. Là où l'on ne voit souvent dans la Russie d'aujourd'hui que désordre et instabilité, l'auteure nous propose des logiques explicatives d'ensemble où l'instabilité est au coeur de la logique du système qui s'est mis en place sur les décombres de l'URSS.

  • À l'instar du Domaine royal dont elle partage les origines, la ville de Versailles s'est constituée en un organisme pourvu de son dynamisme propre - en un écosystème. L'ouvrage est d'abord le récit, souvent surprenant, de l'évolution d'une ville dont la place dans l'histoire politique française est sans équivalent. Inséparable en ses débuts de la représentation monarchique, Versailles deviendra pourtant le « Mont Aventin de la République » (Léon Bourgeois) ; la ville continue à dire et montrer la Nation tout en marquant l'écart avec ses centres de pouvoir. Ce faisant, Versailles, en son ethos, ses espaces, sa mémoire, dévoile la tension à l'oeuvre entre l'Idée républicaine et l'imaginaire national, ce dernier travaillé par des schèmes trifonctionnels inscrits dans l'histoire longue : à Versailles nous est conté par quels sortilèges le Tiers se fait Tout et le Tout se divise en tiers. Versailles apparaît alors comme un camée dans lequel on peut détailler des structures mentales d'ampleur bien plus vaste. Cette étude des représentations croisées de la ville, de la république et de la nation bénéficie d'une distance comparatiste inspirée notamment par la longue familiarité de l'auteur avec le monde chinois. Essai d'anthropologie politique, l'ouvrage ambitionne d'éclairer comment sont négociés les frontières, les symboles et la charge sacrale des identités collectives. Versailles demeure l'un des sites où se dévoile le plus clairement la façon dont le corps social s'engendre et se célèbre en une invention continue.
    Benoît Vermander est professeur de sciences religieuses à l'université Fudan de Shanghai. Docteur en science politique et en théologie, il a publié plusieurs ouvrages à l'entrecroisement de ces disciplines, s'intéressant aux rituels, récits et croyances par lesquels des communautés de taille variable forgent et maintiennent leur vivre-ensemble. Après de nombreuses études consacrées à la Chine, l'auteur réalise ici un « retour aux sources ».

  • Les premiers Européens qui découvrirent le Brésil et ses cannibales y consacrèrent de nombreux écrits. Cet abondant matériel, qui fut aussi à la source des images contradictoires du bon et du mauvais sauvage, permet une reconstruction détaillée du rituel cannibale tupi-guarani et de ses significations.

  • Près de cent ans après une indépendance tranquille, l'Australie, héritière de l'une des plus anciennes civilisations du monde, révèle un visage neuf, une société multiculturelle prête à s'accorder à son environnement asiatique et à jouer un rôle dans le concert des Etats riverains du grand Pacifique.

  • Le discours philosophique négro-africain de ce siècle a d'abord réfléchi sur son existence, ensuite sur l'état de la culture africaine, l'enseignement, les langues africaines, les religions et enfin l'État. Toutes ces réflexions tournaient autour du paradigme de la refondation d'une histoire africaine.

  • Cette étude propose une grille de lecture et d'analyse de l'évolution identitaire des pays américains de langue espagnole dont la culture, les valeurs et les codes qu'elle véhicule, constituent un fort dénominateur commun.

  • A la fin des années soixante-dix, la France accueillit quelque dix mille Hmong, représentants d'une minorité du Laos. Comment cette population montagnarde a-t-elle vécu ce choc de cultures inscrit dans les prolongements de la guerre d'Indochine ? Une contribution à la manière dont les individus et les groupes répondent symboliquement et pratiquement à un contact de culture.

  • Les enseignes de coiffeur sont certainement une des plus authentiques survivances urbaines de l'art traditionnel africain. Elles décrivent « l'être » du contemporain comme le masque et la coiffure exprimaient l'âme ancestrale. En marge des courants officiels, les panneaux sont ainsi le reflet sensible des changements socioculturels et traduisent les aspirations profondes de populations en pleine mutation. À la saveur d'art brut, s'ajoute le hiératisme instinctif du masque, à sa vigueur expressive le caractère fonctionnel d'enseigne, rendant à cet art des rues toute la puissance créatrice de la tradition de l'art nègre. Ce livre reproduit les plus belles de ces enseignes et donne la parole aux principaux peintres qui se sont spécialisés dans ce domaine.

  • « Qui sont les Touaregs ? Les réponses avancées prudemment renvoient toutes à ce personnage énigmatique juché sur son chameau, le visage dissimulé sous un voile bleu, nomade naviguant en homme libre sur le grand désert qui nous entraîne à lui seul vers les fantasmes les plus exotiques. Mystère, noblesse, pureté, liberté : tous les ingrédients sont réunis dans ce tableau idyllique pour peupler les rêves des citadins sédentaires aux horizons toujours trop étroits, trop familiers. Ce mythe a imprégné toute une littérature qui émerge dès le Moyen Âge. Depuis les indépendances africaines au début des années soixante, les tribus touaregs sont divisées et réparties dans cinq États. Devenus citoyens de nations pluriethniques, les éleveurs nomades vivent en majorité au Niger et au Mali. Mais les deux dernières sécheresses sont venues bouleverser leurs traditions de manière parfois irréversible. C'est au Niger que j'ai choisi de mener mon enquête. En premier lieu dans l'Azawagh, où la culture touareg est la mieux préservée et défendue ; c'est l'une des régions les plus déshéritées et le berceau de la contestation face au pouvoir central. Ensuite, au nord, dans le massif de l'Aïr, où les Touaregs partagent un mode de vie original et où perdurent les caravanes. L'objectif de cette enquête est de jeter un éclairage sur la vie quotidienne et les traditions d'un peuple qui vit le traumatisme d'une transition vers le modèle dominant des sédentaires. » Sylvie Ramir

  • Après avoir élaboré une présentation de la Comédie-Française, les résultats de l'enquête permettent de dégager l'image de la salle Richelieu, les caractéristiques de son public, les mobiles et les modalités de la fréquentation de cette salle et les attentes des spectateurs.

  • A la frontière du Brésil et du Paraguay, deux communautés indiennes ont édifié leurs villages et pris en charge leur propre développement, aidées d'une équipe de sociologues, de pédagogues et de techniciens. Réflexion sur la situation des Amérindiens en général et le problème de leur intégration à la société moderne.

  • Le raz-de-marée provoqué par la colossale implosion de l'Empire soviétique en cette fin de siècle n'a pas fini d'éclabousser le monde. La drogue et son cortège de criminalités ont été parmi les premiers démons à surgir après l'ouverture de la boîte de Pandore. Cultures, productions de synthèse, trafics de consommation et de transit, surtout vers l'Europe occidentale, blanchiment d'argent, sont en pleine expansion. Demain, les pays qui composèrent l'U.R.S.S. pèseront d'un poids essentiel sur le marché mondial des narcotiques : les chiffres sont là. Comment en est-on arrivé là ? Que peut-on faire ? Enquête sur le terrain et analyse à la lumière de ce qui se passe ailleurs dans le monde, ce livre est un outil indispensable pour s'informer réellement et se donner les moyens de prévoir et juger l'évolution possible dans la Russie et ses Marches. Quelles seront les conséquences - négatives, mais peut-être aussi positives - pour le reste du monde ?

  • « Ah, saura-t-on jamais la vérité vraie ? »... Depuis des décennies, sinon des siècles, cette interrogation exprime le doute populaire face aux vérités successives, vérités officielles dont la seule fonction fut, si souvent, d'enterrer les dossiers brûlants, d'éluder les questions gênantes. Et pourtant, il y avait bien, il y a toujours une vérité vraie. La vérité. S'efforcer d'y atteindre, tel est le but, tel est le seul souci des auteurs dont nous réunissons les ouvrages dans une collection au titre volontairement provocant, titre qui se veut aussi une devise : La vérité Vraie. Vaste ambition, dira-t-on... Sans doute. Mais ambition réalisable quand la rigueur du chercheur, la sagacité du journaliste, la chaleur de l'écrivain, la sincérité de l'homme s'unissent pour aller jusqu'au bout d'un sujet, jusqu'au fond d'un problème. Les difficultés de toute enquête, l'impossibilité parfois d'être vraiment complet, nous entendons d'autant moins les dissimuler que les auteurs les font ici partager à leurs lecteurs. Ensemble ils vont. Ensemble ils avancent. Ensemble ils découvrent. Presque cinq siècles après Christophe Colomb (dont on n'oubliera pas la statue solitaire rencontrée par l'auteur sur une place vide d'un bas quartier de Chicago dont le chômage a fait un désert), c'est tout simplement à redécouvrir l'Amérique qu'Henri Alleg invite ici le lecteur. La redécouvrir en lui enlevant le masque des mythes qui en occultent aussi sûrement la réalité que les échafaudages dissimulent actuellement, dans le port de New York, une statue de la Liberté en réparation. Tenaces et combien trompeurs, ces mythes qu'entretient une incessante propagande sur « le modèle américain ». Pour y regarder de plus près, de très près, c'est en vivant chez l'habitant, chez des travailleurs et des chômeurs, chez des Blancs et des Noirs que, des mois durant, Henri Alleg a parcouru les États-Unis.... Des véritables ruines du Bronx aux marbres du Capitole, d'une Silicon Valley fort dissemblable de sa légende aux banlieues ouvrières de Detroit et Pittsburgh matraquées par les fermetures d'usines, du ranch de « J.-R. » aux mines de cuivre que creusent les « Chicanos » de l'Arizona, de « jogging » en « smurf » et de « clips » en « fast-food », on découvre ainsi que « l'univers impitoya-a-ble » de la chanson du feuilleton n'est pas l'apanage de Dallas. Ne pas être manichéen, dans un monde qui l'est, telle était bien la difficulté de la pénétrante entreprise d'Henri Alleg ; réussissant à nous faire regarder d'un oeil neuf ce pays-continent en crise mais aussi en viscérale mutation, il a pleinement réussi à la surmonter. Et c'est, avec S.O.S. AMERICA ! « une autre Amérique » que nous découvrons effectivement. Celle aussi de ceux dont on ne parle guère, celle des syndicalistes non corrompus et des pasteurs généreux, celle des militants des droits civiques et des communistes « made in USA », etc. Aussi bien le moindre paradoxe de ce livre « fascinating » n'est-il pas de nous faire mieux comprendre la France d'aujourd'hui, ce pays où tant de politiciens « branchés » et de « penseurs » à la mode s'efforcent de faire passer pour nouvelles des idées venues tout droit des surplus nord-américains.

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