• Précédé de Jean de La Fontaine, Michel Serres et le palimpseste des Fables par Jean-Charles Darmon La Fontaine n'a cessé d'accompagner Michel Serres. Cet inédit inachevé en est l'ultime témoignage. Serres y explore les Fables comme de prodigieux palimp­sestes donnant accès aux origines de notre pensée. Il montre comment, en des zones indécises ouvertes entre l'animal et l'humain, elles mettent en oeuvre toutes sortes de métamorphoses interrogeant différentes manières de « faire l'homme ». Chemin faisant, Serres fait apparaître une pensée en réseau d'une étonnante fécondité, dont il scrute les balancements les plus subtils. On l'aura compris : ceci n'est pas seulement un livre sur La Fontaine. C'est aussi et surtout un livre avec La Fontaine, où l'on voit Serres réfléchir pas à pas avec le « fablier », mettant joyeusement à l'épreuve ses propres hypothèses, et nos manières de vivre.    

  • Anthropologie de l'inceste
    Tous les jours, près de chez vous, un bon père de famille couche avec sa petite fille de neuf ans. Ou parfois elle lui fait juste une petite fellation. Ou c'est une grande soeur avec sa petite soeur. Dans cette anthropologie de l'inceste, Dorothée Dussy se penche sur les mécanismes complexes par lesquels l'inceste est couramment pratiqué dans l'intimité des foyers français.
    À la faveur du réel, et de la banalité des abus sexuels commis sur les enfants, l'inceste se révèle structurant de l'ordre social. Il y apparaît comme un outil de formation à l'exploitation et à la domination de genre et de classe. Cinq ans d'enquête ethnographique sont restitués dans ce livre : un voyage subversif au coeur de familles que rien, ou presque, ne distingue des vôtres.
    Préface de Charlotte Pudlowski

  • "La séparation des lieux de vie et des lieux de travail est un fait social et civilisationnel à la fois très récent et très court."

    Le monde du travail tel que nous le connaissons ne sera peut-être bientôt qu'un souvenir. Nos sociétés arrivent en effet à un point de bascule anthropologique : de quoi le télétravail est-il le nom ?

    Pascal Picq propose une passionnante lecture évolutionniste des bouleversements en cours. Révolution numérique, nouveaux modes de collaboration, travail des femmes, essor du travail indépendant... la crise actuelle accélère, trie et révèle des évolutions jusqu'alors latentes.

    Quels seront les gagnants, quels seront les perdants ? Dans cette phase de bouleversement, la logique darwinienne joue à plein : ce sont les organisations les plus agiles, les plus ouvertes, avec la plus grande variété de profils, qui trouveront les clés pour s'adapter et sortiront renforcées.

    Pascal Picq trace les contours de la nouvelle écologie du travail en gestation.

  • L'Essai sur le don de Marcel Mauss est l'un des textes majeurs, si ce n'est le texte majeur, de l'anthropologie du XXe siècle. Par l'étude des systèmes d'échange de la kula et du potlatch, il démontre que le don fut historiquement l'un des moteurs de nos sociétés. À l'encontre de tout rationalisme le potlatch, pratiqué chez certaines tribus amérindiennes, amène au sommet de l'échelle sociale les individus capables de se défaire de tout ce dont ils possèdent. Un système qui se révèle radicalement opposé au nôtre, où les possédants détiennent le pouvoir.

    Dans cet ouvrage précurseur, Mauss bat en brèche bon nombre d'idées reçues sur les principes de l'échange et du don. Par-delà leur dimension économique une dimension spirituelle. "Nous n'avons pas qu'une morale de marchand " conclut Mauss.

    Marcel Mauss (1872-1950) est la grande figure de l'anthropologie française, ainsi que le neveu du sociologue Émile Durkheim. Il a construit pendant plusieurs décennies une oeuvre protéiforme et a marqué en profondeur l'ensemble des sciences humaines de son siècle. Son essai anthropologique sur le don a bouleversé notre regard historique sur l'économie. Il a su conjuguer son travail de recherche à des convictions socialistes, et s'engagea en particulier en faveur du colonel Dreyfus.

  • Ce livre est un outil précieux pour comprendre les cultures
    et traditions noires et pour combattre les discriminations et le racisme.

    Ainsi parla l'Oncle, premier manifeste de la condition noire, a inspiré les auteurs du mouvement de la négritude. Jean Price-Mars y explore les traditions, les légendes du vaudou et l'héritage africain qui fondent les cultures noires.

    Rééditée dans un nouveau format, cette oeuvre monumentale a servi de bréviaire aux intellectuels des peuples noirs. Pour penser le monde, pour comprendre les mécanismes de l'aliénation, soit du « bovarysme culturel », Jean Price-Mars a mis en avant les traditions, les légendes populaires, le vaudou et tout l'héritage africain qui fondent les cultures noires.

    Ce qu'on en a dit:
    « Le plus célèbre essai de la littérature haïtienne. », Dany Laferrière

    « Au bout de ma quête, je devais trouver Alain Locke et Jean Price-Mars. Et je lus Ainsi parla l'Oncle d'un trait comme l'eau de la citerne, au soir, après une longue étape dans le désert, j'étais comblé... », Léopold Sédar Senghor

    « Ainsi parla l'Oncle (...) illumine de manière magistrale les efforts que nos pères ont dû accomplir pour entrer (et nous après eux) dans le cercle interdit de l'humanité. », Maryse Condé

    L'auteur
    Jean Price-Mars (1876-1969), médecin, ethnographe, diplomate, homme d'État, pédagogue et écrivain, est considéré comme le principal maître à penser haïtien du XXe siècle.

  • Ce livre nous ouvre les portes d'un village comme des centaines de milliers d'autres en Chine. Il nous donne les clés d'une réalité habituellement dissimulée. C'est une enquête passionnante, et un retour aux sources pour l'auteur, qui a pris pour objet d'étude le village reculé de la Plaine centrale qui l'a vue naître.
    Pendant cinq mois elle a écouté avec attention, l'un après l'autre, ses compagnons d'autrefois, ses parents, et aussi les notables et représentants de l'Etat dans le village. De ces entretiens émerge une image dense et complexe de la culture et du mode de vie rural en Chine : les différents lignages, les relations entre les clans, les joies, les peines et les aspirations des villageois.
    Liang Hong possède le double regard de l'universitaire qu'elle est devenue et de la fille de paysans qui ont vécu sur cette terre depuis toujours. C'est pourquoi son enquête est à la fois si instructive, éclairante, et profondément émouvante. Elle analyse de l'intérieur les mécanismes du dépérissement accéléré de la campagne chinoise. Les jeunes migrent massivement vers la ville, les liens familiaux se délitent, les rivières sont polluées, les écoles deviennent des porcheries...
    D'une communauté villageoise ordinaire, ce livre a fait l'exemple saisissant des défis que pose la modernité à la Chine tout entière.

  • Il y a une dizaine de milliers d'années, la sédenta­ri­sation des groupes humains, l'émergence de l'agriculture et l'établissement des premiers États ont jeté les bases de notre civilisation. Et si cette «révolution néolithique» n'était qu'une parenthèse malheureuse dans le cours de l'histoire humaine, comme le prétendent les primitivistes ? Et si ces événements, loin d'être «civilisateurs», avaient précipité l'humanité dans un processus écocide et autodestructeur dont nous mesurons seulement aujourd'hui toute la gravité? Stimulé par ces questions qui imprègnent les débats écologistes depuis les années 1960, Pierre Madelin examine d'un regard critique les fondements historiques et anthropologiques de cette théorie selon laquelle les multiples formes de domination ne sont pas inhérentes à la vie sociale, mais résultent de cette «catastrophe fondatrice» du Néolithique. Or le primitivisme se révèle une impasse politique, affirme l'auteur: plutôt que de mythifier la vie préhistorique en anticipant l'effondrement de la civilisation industrielle, ne vaudrait-il pas mieux se mobiliser pour une transition vers une société agroécologique?

  • D'où nous vient la morale ? Beaucoup pensent que c'est une spécificité purement humaine, à laquelle les autres animaux seraient totalement étrangers. Nous serions moraux par choix, et non par nature. Pourtant, si l'on observe la longue lignée qui nous précède, on s'apercevra qu'elle s'est toujours préoccupée des plus faibles. Et que les membres du groupe ont su établir entre eux des liens de coopération pérennes. Force est alors de constater qu'entre les comportements animaux et ceux des humains, il y a une continuité très forte. Entre empathie animale, théorie de l'esprit, sens de la communauté et droits des animaux, les frontières se redessinent sous la plume de l'un des plus grands spécialistes des primates, pour peut-être finir par disparaître... Ces thèses révolutionnaires, issues des leçons données par Frans de Waal à l'université de Princeton en 2003, viennent s'enrichir des réponses de trois philosophes et d'un spécialiste de la psychologie évolutionniste.  

  • La mode est l'une des plus puissantes industries du monde : elle représente 6 % de la consommation mondiale et est en croissance constante. Depuis les années 1980 et l'entrée dans l'économie néolibérale, elle est devenue l'image étincelante du capitalisme, combinant prestige, pouvoir et beauté. Pourtant, cette industrie, qui apparaît comme un horizon professionnel hautement désirable, repose principalement sur du travail précaire, et ce aussi bien là où la production est externalisée qu'au coeur de la production créative du luxe, comme les prestigieux ateliers des maisons de couture.
    À partir d'une enquête en immersion auprès des travailleurs créatifs de cette industrie (stylistes, mannequins, créateurs indépendants, coiffeurs, maquilleurs, vendeurs, journalistes, retoucheurs, stagiaires, agents commerciaux, etc.), ce livre décrypte les dynamiques d'exploitation et d'autoexploitation à l'oeuvre derrière la façade glamour de la mode.
    Des séances de shooting pour magazines spécialisés à la collaboration auprès d'un créateur de mode, en passant par des entretiens avec des stylistes travaillant pour de célèbres maisons de luxe et de couture, cette enquête dévoile les dynamiques invisibles sur lesquelles repose l'industrie de la mode pour mieux la " déglamouriser ".

  • L'histoire qui sera relatée ici, c'est celle des rencontres entre un témoin qui observe et cherche à comprendre et les hommes auxquels il s'intéresse, celle d'une science née des contacts culturels, celle d'une méthode d'investigation qui permet de connaître les peuples éloignés et le grand large, mais aussi l'humanité la plus proche de soi.
    Cette synthèse à la fois plaisante, exigeante et complète retrace l'histoire de l'anthropologie sociale, aborde les concepts, les enjeux, les éléments historiques incontournables. Si l'histoire de leur discipline est importante pour les anthropologues eux-mêmes parce qu'ils y puisent leur documentation, leurs références et leurs modèles - tout ce qui soude une communauté scientifique au-delà des querelles et des controverses -, elle peut également permettre à un plus large public de comprendre la lente reconnaissance scientifique de l'ethnographie, pratiquée depuis l'Antiquité, mais dépendante des contextes dans lesquels se produisaient les contacts entre les cultures, si souvent marqués, depuis le XVIe siècle, par la violence et la destruction.

  • Lire l'entretien avec l'auteur

    Dans une perspective darwinienne, Michel Joli développe une conception de la fraternité globale comme un acquis de l'évolution, un « bien commun de l'humanité ». C'est la plus ancienne manifestation de l'instinct social qui assure la protection des plus faibles, sans distinction de groupes. A ce titre elle constitue une nécessité absolue pour conserver à la fois la diversité et l'unité de notre espèce. Atout anthropologique majeur, la fraternité constitue en effet la seule caractéristique universelle qui unit tous les humains.

    En cette période de crise mondiale, l'auteur soutient l'urgence de sortir la fraternité du magasin des accessoires et des idéologies et de la solliciter dans sa globalité comme un argument (et un outil) essentiel pour nous opposer aux excès du capitalisme. Cet essai politique, philosophique, écologique, documenté et engagé, ouvre des pistes de réflexion concrètes pour construire, sur de nouvelles bases, la société de demain.

  • Il existe une région du monde où les femmes ont toujours joué un rôle majeur : l'Amazonie. Ce sont elles en effet qui ont fait resurgir le glorieux passé de ce territoire vaste de sept millions de kilomètres carrés, révélant les connaissances en ingénierie et le savoir scientifique exceptionnel des tribus de la forêt.  L'auteur, archéologue lui-même et grand spécialiste de l'Amazonie, offre une galerie de portraits de ces pionnières. Nourri de leurs toutes dernières recherches, l'ouvrage aborde une diversité de thèmes, de l'art rupestre à l'architecture amérindienne, en passant par les géoglyphes d'Amazonie occidentale, le traitement des défunts et la pêche précolombienne.  Grâce à la plume alerte de Stéphen Rostain (auteur d'Amazonie. Les 12 travaux des civilisations précolombiennes, 2017), Amazonie, l'archéologie au féminin  met en valeur de nombreuses facettes méconnues de l'Amazonie et de celles qui les ont révélées.  

  • Le premier livre d'André Leroi-Gourhan, publié en 1936, méritait bien une seconde édition. La Civilisation du renne, dédiée à Marcel Mauss, est certes un livre de jeunesse, comme le pointe Lucien Febvre, mais c'est aussi un livre-promesse, un livre-jalon, car l'ambition extrême de l'auteur, alors âgé de 25 ans, le pousse à multiplier les incursions dans un nombre considérable de disciplines (géographie, ethnologie, technologie, préhistoire, orientalisme) qu'il entend coordonner afin d'étudier, en dépit de l'éloignement temporel et du déplacement des milieux climatiques, trois époques d'une même culture du renne en milieu arctique (toundra-taïga) : dans l'Europe du Pléistocène, chez les Eskimos actuels, chez les peuples qui ont domestiqué l'animal.

  • Un « moment » inédit dans l'histoire de l'Humanité, un « moment » tout aussi singulier dans l'histoire de leur propre humanité. Mais surtout un « moment » qu'ils auscultent, interprètent, et mettent en perspective d'un « après » empli de folles espérances et d'indicibles défis, un « après » dont les manifestations, le déroulement, l'issue encore inconnus dévoilent, dans ces pages, un « possible ». En dialogue avec Denis Lafay pendant la stricte période de réclusion, ces contributeurs extraient de leur expérience du confinement matière à penser, à imaginer, et déjà à façonner une « autre civilisation ». Quelle démocratie ? Quelle politique ? Quelle éthique ? Quel modèle économique ? Quel rapport au vivant ? Quel vivre-ensemble voudrons-nous « après », quelle planète pourrons-nous modeler ?

    Dans cet ouvrage dirigé par le journaliste Denis Lafay, le lecteur pourra lire Nicolas Baverez, Karol Beffa, Azouz Begag, Salomé Berlioux, Gilles Boeuf, Michel Camdessus, Boris Cyrulnik, Isabelle Delannoy, François Dubet, Cynthia Fleury, Clara Gaymard, Serge Guérin, Roger Guesnerie, Axel Kahn, Etienne Klein, Dominique Méda, Robert Misrahi, Pascal Perrineau, Pascal Picq, Jean Viard, Michel Wieviorka et Jean Ziegler.

  • « Le meilleur ennemi de l'État, c'est la guerre. » Cet essai propose une réflexion novatrice sur la guerre. Pour Pierre Clastres, la guerre est une façon de repousser la fusion politique, et donc d'empêcher la menace d'une délégation de pouvoir menant aux dérives intrinsèquement liées à la trop grande taille d'une société. La guerre et l'institution étatique, posées dans une relation d'exclusion, chacun impliquant la négation de l'autre, se conditionnent donc mutuellement.

  • Sens pratique

    Pierre Bourdieu

    • Minuit
    • 16 Août 2018

    L'anthropologie ne peut s'accomplir comme science qu'à condition de prendre aussi pour objet les actes et les instruments de la pratique scientifique et, plus précisément, le rapport que le chercheur entretient avec son objet. Ainsi, ce que nous appelons pensée « primitive », « prélogique »ou « sauvage », n'est autre chose que la logique pratique, à la fois commode et tournée vers l'action, à laquelle nous avons recours chaque jour, dans nos actions et nos jugements sur les autres ou sur le monde : nous n'agissons pas autrement, lorsque nous classons des hommes politiques ou des peintres, que les « primitifs » lorsque, pour mettre de l'ordre dans leur monde, ils mettent en oeuvre des principes classificatoires comme masculin et féminin, sec et humide, haut et bas ou est et ouest.
    De même, nous supportons avec impatience les analyses des sociologues lorsqu'ils décrivent nos conduites dans le langage de la règle ou du rituel. Pourtant, nous ne voyons rien à redire lorsque les ethnologues emploient ce langage pour parler des peuples dits primitifs : et cela, tout particulièrement, lorsqu'il s'agit de mariage ou de magie. Pourquoi sommes-nous spontanément objectivistes lorsqu'il s'agit des autres ? Le mouvement qui conduit de la règle à la stratégie est le même qui mène de la pensée « prélogique » ou « sauvage » au corps géomètre, « corps conducteur » tout entier traversé par la nécessité du monde social. La pratique rituelle, comme la plupart des pratiques, est une gymnastique symbolique, dans laquelle le corps pense pour nous.
    Une véritable compréhension des pratiques suppose un double mouvement, qui conduit au-delà de l'objectivisme, moment inévitable (symbolisé en ethnologie par l'oeuvre de Lévi-Strauss), et du subjectivisme (représenté sous une forme limite par la phénoménologie sartrienne) : il s'agit d'objectiver les structures objectives (par exemple, les régularités statistiques des pratiques) ou incorporées (par exemple, les catégories sociales de perception), ce qui suppose une mise à distance fondée sur l'emploi de techniques d'objectivation ; mais il s'agit aussi d'objectiver l'objectivation, c'est-à-dire les opérations qui rendent possible l'accès à cette « vérité objective » et le point de vue à partir duquel elles s'opèrent, afin de surmonter la distance inhérente à l'objectivation. Et de découvrir ainsi qu'il y a une objectivité du subjectif, que la représentation que les acteurs se font de leur pratique et que le chercheur, armé de ses instruments d'objectivation, doit mettre en question pour saisir les structures objectives, fait encore partie de l'objectivité. Les illusions collectives ne sont pas illusoires et les mécanismes les plus fondamentaux, tels ceux de l'économie, ne pourraient fonctionner sans le secours de la croyance qui est au principe de l'adhésion accordée aux jeux sociaux et à leurs enjeux.

    Ce livre est paru en 1980.

  •  « Manger pour (encore) être » est un objectif de survie essentiel à atteindre, notamment au grand âge. Au domicile ou en institution, les questions autour du repas sont quotidiennes et leurs réponses déterminent, pour partie, le bien-être et l'équilibre psychosocial de chacun.

    Pour les personnes âgées, le repas est un moment central autour d'un objet, la nourriture, à consommer avec d'autres, semblables par leur âge ou leurs déficiences mais différents par leur essence propre. Se nourrir pose à la fois des questions à résoudre - que mange-t-on ? avec qui ? à quelle heure ? - mais aussi des problèmes à considérer - de poids et/ou de dénutrition, cardio-vasculaires, digestifs... Les auteurs, chercheurs, praticiens, enseignants, apportent leurs analyses et leurs témoignages à destination des professionnels et des aidants qui ont à coeur de pallier les déficiences, proposer des aides, entretenir le plaisir, renforcer l'estime de soi et l'autonomie, soutenir l'intérêt à l'égard d'autrui en conservant des liens sociaux.

     

  • Au cours de son premier séjour en Afrique, Jessica Speight fait une découverte prophétique, qui laisse peut-être présager de son avenir : celle d'enfants atteints d'une maladie génétique rare. De retour en Angleterre, tandis qu'elle finit ses études d'anthropologie, elle se retrouve enceinte d'un homme marié, amené à quitter le pays sous peu. Elle décide néanmoins de garder l'enfant. Ainsi naît Anna, un « bébé d'or pur » au caractère angélique, au bonheur presque surnaturel. Rapidement cependant, il s'avère que ce n'est pas une enfant comme les autres : la fillette est maladroite dans ses gestes et ses facultés cognitives sont limitées. Jess doit admettre que sa fille souffre d'un léger retard mental. Commence alors pour elle une vie nouvelle, dans laquelle ses responsabilités de mère ne connaîtront jamais de fin.Malgré cette situation compliquée, Jess ne renonce jamais à sa carrière d'anthropologue ni à sa vie amoureuse riche en rencontres. Ce sont les années 1960 et Jess est pleinement en phase avec cette génération optimiste et idéaliste. Au coeur du Londres multiethnique où elle réside, évoluant au sein des milieux intellectuels et fréquentant un important réseau d'amis, Jess est ainsi le témoin privilégié d'une société en bouleversements permanents.D'une plume alerte et avec une rare lucidité, Margaret Drabble décrit et analyse ce petit groupe : Victoria, la mère haute en couleur d'un garçon autiste ; Steve le poète maudit ; Bob, l'époux américain, superficiel et néanmoins généreux ; Ursula, l'institutrice ayant sombré dans le mysticisme ; Zain, le bel étranger ; Raoul, dont l'amitié n'est peut-être pas désintéressée ; ou encore le Professeur, une fois son mystère élucidé...

  • Corps noir. Code noir.
    Esclavage. Colonisation.
    Identité. Exclusion.
    Nègres. Fantômes. Fantasmes.
    Mépris. Haine de soi.
    Race. Racisme. Différence.
    Moi. L'autre.
    Qui a inventé le corps noir ?

    Jean-Claude Charles ouvre de singulières perspectives en interrogeant le mythe du corps noir.

  • Claude Lévi-Strauss

    Collectif

    Anthropologue de réputation mondiale, Claude Lévi-Strauss, de l'Académie française, professeur honoraire au Collège de France, est l'auteur d'une oeuvre immense, traduite dans le monde entier, et qui a fait l'objet d'un très grand nombre de travaux.
    L'enseignement et les recherches de Claude Lévi-Strauss couvrent soixante années d'une activité qui aura été décisive pour le développement des sciences de l'homme et de la société, par la portée théorique d'une réflexion sur l'objet et le discours d'une anthropologie sociale témoignant de la fécondité du structuralisme.
    Cet ouvrage reprend le meilleur du Cahier de l'Herne paru en 2004, sous la direction de Michel Izard. Les textes sélectionnés par Yves-Jean Harder rendent compte du parcours d'exception de Lévi-Strauss - la rencontre des Indiens brésiliens ou l'exil new yorkais lors de la Seconde Guerre mondiale -, ainsi que des grandes étapes de l'invention créatrice, tel le passage des travaux sur la parenté à l'immense aventure des Mythologiques...

  • Claude Lévi-Strauss est né en 1908 et mort centenaire, en 2009, tout près de nous, lecteurs du XXIe siècle. Il grandit dans une famille juive, bourgeoise, mais qui a connu des jours meilleurs. Le père est peintre, bricoleur ; le fils choisit la voie de la philosophie et du militantisme socialiste. Le jeune agrégé part en 1935 enseigner la sociologie à São Paulo. Lors de rudes expéditions dans le Brésil intérieur, il se fait ethnologue, découvrant l'Autre indien. Les lois raciales de Vichy le contraignent à repartir : il gagne l'Amérique en 1941 et devient Prof. Claude L. Strauss - pour ne pas qu'on le confonde avec le fabricant de jeans. Cette biographie décrit l'accouchement d'une pensée d'un type nouveau, au milieu d'un siècle chahuté par l'Histoire : l'énergie des commencements au Brésil et l'effervescence du monde de l'exil européen à New York, entre surréalisme et naissance du structuralisme. Le retour en France, après la guerre, sonne le temps de l'écriture de l'oeuvre : plusieurs décennies de labeur intense où Lévi-Strauss réinvente l'anthropologie, une discipline qui a désormais pignon sur rue et offre une nouvelle échelle pour le regard. En 1955, Tristes Tropiques en est la preuve éclatante, en France puis dans le monde entier. Au cours des années, Lévi-Strauss est devenu une gloire nationale, un monument pléiadisé de son vivant. Mais il a sans cesse revendiqué un « regard éloigné » qui lui permet de poser un des diagnostics les plus affûtés et les plus subversifs sur notre modernité en berne. Cette biographie souligne l'excentricité politique et intellectuelle de l'anthropologue. Sa vie décentrée par rapport à l'Europe, ses allers-retours entre ancien et nouveaux mondes, son goût de l'ailleurs font de ce savant-écrivain, mélancolique et tonique, esthète à ses heures, une voix inoubliable qui nous invite à repenser les problèmes de l'homme et le sens du progrès. Lévi-Strauss est moins un moderne que notre grand contemporain inquiet.

  • Pour l'anthropologue Bernard Arcand, écrire Les Cuivas a été le projet de toute une vie : celui d'offrir à un large public un portrait intime d'une petite population de chasseurs-cueilleurs nomades vivant dans les Llanos, en Colombie. À la fin des années 1960, à l'époque des ferveurs révolutionnaires, le jeune anthropologue a vécu deux ans avec les Cuivas, partageant leur quotidien et étudiant leur rapport au monde. Il a tiré de cette expérience une réflexion inspirante sur les problèmes classiques de l'anthropologie sociale : les causes de la richesse et des inégalités, l'origine de la hiérarchie, l'organisation de l'espace et du temps, l'identité collective ou individuelle.

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