• "Religion", ce terme partout galvaudé depuis plusieurs siècles, vient du latin relegere : rassembler de nouveau. L'art de réunifier l'individuel à l'universel, voilà une définition du yoga, auquel La Voie suprême selon le yoga tibétain constitue une porte d'entrée idéale.Sous la forme de brefs chapitres, ce traité transmis oralement depuis la plus haute Antiquité offre la quintessence de l'enseignement bouddhique : les dix causes de regret, les dix choses à accomplir, les dix choses à éviter, etc. On y retrouve les mêmes préceptes et avertissements légués par d'autres traditions : brahmanisme, taoïsme, bouddhisme, mystique juive, chrétienne ou musulmane...Ainsi, il n'est pas excessif de considérer cet ouvrage comme une véritable introduction générale à une démarche spirituelle universelle.

  • Dans Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, recueil de poésies en prose publié en 1790, William Blake exprime sa méfiance vis-à-vis de la conception religieuse manichéenne de la vie. En Enfer, la sagesse des démons triomphe sur celle des anges. L'Ame et le Corps ne sont pas pour William Blake deux entités distinctes. Le poète proclame au contraire l'unité humaine, et un nouvel ordre moral dans lequel le vice et la vertu ne feraient qu'un. D'où ce titre ingénieux, Le Mariage du Ciel et de l'Enfer. Mêlant prose et poésie, humour et cynisme, il en vient à écrire une véritable apologie du Mal, à l'encontre des opinions de son époque qui encensait la Raison. Quand il évoque Jésus, c'est pour montrer les manquements du Sauveur aux dix commandements. Moderne tant par ses idées que par son style hybride, William Blake se détache ici des conceptions religieuses pour proclamer une vision novatrice de la vie, pleine de lucidité.Edition bilingue.

  • Ce texte inclassable a d'abord été l'un des plus fulgurants manifestes dada, dont Tristan Tzara s'est inspiré pour son Manifeste Dada (1918). Or, quand il le republie en 1927, Serner le transforme en manuel de savoir-vivre... pour voyous de haute volée ! Ce guide burlesque regorge de conseils avisés en toutes circonstances, que ce soit en charmante compagnie, en voyage ou encore dans l'habillement. Face à une époque de paranoïa aiguë, il s'agit d'instruire l'homme de cour moderne, à savoir l'escroc. Et en somme, de faire l'éloge du cynisme. Serner inflige une thérapie par électrochocs à une humanité dont la folie ne trouve plus de contrepoint que dans la sagesse de l'aigrefin : « Le monde veut être trompé, c'est certain. D'ailleurs, il deviendra sérieusement méchant, si tu ne le fais pas. »

    Né en 1899 à Carlsbad et mort au camp de Theresienstadt en 1942, Walter Serner a d'abord été l'une des plus brillantes figures du mouvement Dada. L'originalité de ses romans, publiés au début des années vingt et devenus des classiques de la littérature moderne, lui a valu le surnom de "Maupassant du crime" et de "Choderlos de Laclos des bas-fonds".

  • Si ces épigrammes devaient être gravés sur la tombe d'un monument, ce serait un monument à la liberté... de pensée. Que l'on en juge : "Nous nous soumettons à la majorité parce que nous y sommes tenus. Mais nous ne sommes pas forcés de donner à notre attitude soumise une posture respectueuse." Ou encore : "Chez celui qui n'a jamais causé de tort à autrui, la vengeance est une vertu." C'est une collection d'aphorismes de cette trempe que renferme ce petit ouvrage, appelé à tenir dans la poche, sinon à occuper durablement sa table de nuit. Dans un style à la Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues, ces diatribes acerbes­ sonnent comme autant de piqûres de rappel. Celui qui est devenu l'un des maîtres du fantastique sait introduire ce qu'il faut de méchanceté ("Le premier homme que vous croiserez est un imbécile. Si vous pensez le contraire, interrogez-le et il vous le prouvera"). Ajoutez à cela une once d'anticléricalisme ("Chrétiens et chameaux accueillent leurs fardeaux à genoux"), une pointe de lucidité trempée dans l'ironie ("La mort n'est pas la fin ; il reste le litige sur l'héritage"), enfin une infime misogynie ("Pour étudier ce qu'il y a de bon et de mauvais chez la femme, il est inutile de faire appel à deux femmes"). Pour finir, laissez tonner et résonner la formule impeccable et de circonstance : "Un auteur populaire est quelqu'un qui écrit ce que pense le peuple. Le génie les invite à penser autre chose."

  • Il ne suffit pas de lire

    Karl Kraus

    Censeur impitoyable, pourfendeur corrosif du genre humain de la trempe d'un Paul Léautaud, Karl Kraus avait horreur des journalistes, des hommes politiques, des intellectuels, des historiens et de l'art de son temps qu'il assimilait à un cosmétique. Pour lui, le libéralisme se confond avec l'hédonisme, les juges avec les bourreaux, la haute finance avec les maîtres de la boucherie, et la psychanalyse n'est rien d'autre qu'une vaste plaisanterie. Dans un style dénué de concessions, les aphorismes de Kraus - condensé d'humour incisif et de fulgurances rageuses - mettent en pièces tout ce que la société porte au pinacle.

  • Ces abandons à la poisseuse déprime, ces décharges d'exaspération remontent aux années 35 à 50. Années de tristesse, de mensonge et de détention (en camp). Ces feuilles violentes s'abandonnent, mortes et glissantes, sous les pas. Le monde d'Hyvernaud : de trop petites gens qui s'étriquent et se moisissent un rebut de vie à eux. Reste à mettre entre eux et lui quelques mots, échappés à la littérature, cet art de farder son fardeau. Hyvernaud invente l'aphorisme-fleuve : une toute petite phrase, pressée, triturée, peu à peu vide son jus, son sens.

  • "Parmi les diverses modalités que se donne la pensée critique, figurent, aux extrémités du spectre, d'un côté l'exposé systématique, de l'autre l'approche fragmentaire. C'est cette dernière démarche qui caractérise Feux croisés, enquête où se déploie un enchaînement de thèmes qui forment une constellation de pensées touchant à l'art, la littérature, la philosophie, la science, la critique sociale et politique, la relation de l'homme à l'histoire et à la nature. L'auteur poursuit de façon performative ses recherches sur l'histoire de la critique, notamment à l'époque des Lumières. Le choix du fragment s'inscrit dans la tradition d'écriture illustrée par Gracián, Chamfort, Lichtenberg et, plus près de nous, Adorno. Servi par un style expressif et incisif, le questionnement tend ici à la mise au jour d'éléments significatifs pour une critique de notre temps, envisagés dans leurs rapports contradictoires ou complémentaires. Feux croisés se place ainsi sous le signe de l'avenir, renouant avec l'élan des lumières de l'utopie. Le dernier mot n'appartient pas au présent.

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  • Textes sans paroles

    Ylipe

    Je ne me dis pas tout. Ylipe est un as de la sarbacane, un maître du goutte-à-goutte assassin un seigneur de la tuile tombée du toit. Ce bref carquois d'aphorismes qu'il décoche avec un mélange médité de lenteur et de sécheresse touche à tout coup. A les lire vous les sentez se ficher dans votre conscience un peu ramollie comme une épine au curare ( la réalité a les manches trop courtes , les mères sont des catastrophes naturelles , ils s'insinuent dans votre col comme une perle d'eau glaciale. Ylipe est de la race des Lichtenberg et des Cravan.

  • Bouvard de A à Z

    Philippe Bouvard

    LES 2 000 FORMULES LES PLUS PERCUTANTES DE PHILIPPE BOUVARD !
    Soucieuse de proportionner la longueur de ses textes à la hauteur de sa taille, la nature a offert à Philippe Bouvard le sens du raccourci. Du premier âge où il a balbutié « Phiphi aime papa »

  • Échoué depuis des années à Biarritz où il jouit sans entraves de ses temps morts, Frédéric Schiffter, le "philosophe sans qualités ", selon sa carte de visite, a tout loisir de noter des cogitations, des souvenirs et des humeurs dont l'acidité, même diluée dans les larmes, n'épargne rien, ni le monde ni son ego.

  • Sexes sans paroles

    Ylipe

    Un recueil d'aphorismes livrés au goutte-à-goutte d'une jouissance aussi définitive que provisoire.À quoi les comparer, ces aphorismes d'Ylipe ? À des gouttes d'acide, des poussières dans l'oeil, des bulles au cerveau, des boutons de fièvre, des coupures au cou, des taches de vin, des chancres à la lèvre. Ces sentences, ces mots tout en éclairs, vous giclent à la gueule, vous aboient au nez. Et pour nous dire quoi ? Que tout, j'ai bien dit tout, est, dès le départ foutu, tutu. Lisons : « Dès l'arrivée, le départ se profile ».

  • La nature humaine ne vous rassure pas ? La vie en société vous oppresse ? Le vide de l'Univers vous angoisse ?

    En cette période sombre qui est la nôtre, le florilège d'aphorismes de Généralités singulières - qui comble le fossé entre Dostoïevski et le dernier panda vivant, conjugue dictatures et spectacles de marionnettes et réussit le grand écart entre les origines du cosmos et la pizza surgelée - mettra à distance votre mal-être et illuminera votre quotidien.

  • Graffiti et proses diverses regroupe tous les textes écrits depuis 1939 et publiés dans diverses revues ou journaux, ainsi que de nombreux inédits. Des textes courts, souvent ironiques, qui se révèlent un exemple remarquable de synthèse et de détails savoureux pour aller droit à l'essentiel.

    La richesse du style de Hénault, ponctuée de réflexions sur la vie, sur la poésie et sur la société, est accessible à tous et sert à merveille, par la finesse de son observation, à une meilleure compréhension du Québec et de l'être humain. «Le passé vient de loin, il n'est pas né d'hier», contaste-t-il en toute simplicité, reliant ainsi le passé, l'aujour'hui et l'avenir.

  • Dans la poésie, faut il choisir la voie obscure ou la voie lumineuse? Le livre du Visage des nuits pose cette question de la forme poétique et de sa capacité d'ouvrir dans la prose, comme le préconise Dantes à propos de l'éloquence dans la langue vulgaire.
    On trouvera dans cet ouvrage des proses et des poésie alternées capables de se fondre les unes dans les autres, avec des formes courtes: fuscelli, épigrammes, aphorismes, énigmogrammes. Mais aussi des comptines, des sonnets dissimulés, des chansons et des milongas.
    Les proses sont consacrées à Chateaubriand (Les Martyrs), à Edward Young (Les nuits), à la correspondance du marquis de Sade avec sa femme Renée Pélagie de Montreuil, à la navigation et la visite des îles volcaniques, au nord de la Sicile.
    Les poèmes du Visage des nuits, enfin, sont une reconnaissance du drame et de la douleur. Les causes ne sont pas nommées. Le dernier poème, La terre est dure, écrit autrefois pour la tragédie moderne du Chili, désigne à la fois notre angoisse et notre possible espérance.
    Couverture: Catherine Marchadour

  • Ce sont des pensées et des pensers, des aphorismes, ou encore des remarques, tout simplement, certaines reprises du premier volume. Ce sont de brefs romans d'une ligne ou deux, de furtives sagas, des épopées lapidaires. Des traités de philosophie autodétruits desquels il reste le coeur énigmatique et souffrant, un malheur épouvantable, ses traces souriantes, presque gaies, l'histoire d'une vie, donc.

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