Klincksieck

  • Il ne suffit pas de lire

    Karl Kraus

    Censeur impitoyable, pourfendeur corrosif du genre humain de la trempe d'un Paul Léautaud, Karl Kraus avait horreur des journalistes, des hommes politiques, des intellectuels, des historiens et de l'art de son temps qu'il assimilait à un cosmétique. Pour lui, le libéralisme se confond avec l'hédonisme, les juges avec les bourreaux, la haute finance avec les maîtres de la boucherie, et la psychanalyse n'est rien d'autre qu'une vaste plaisanterie. Dans un style dénué de concessions, les aphorismes de Kraus - condensé d'humour incisif et de fulgurances rageuses - mettent en pièces tout ce que la société porte au pinacle.

  • "Parmi les diverses modalités que se donne la pensée critique, figurent, aux extrémités du spectre, d'un côté l'exposé systématique, de l'autre l'approche fragmentaire. C'est cette dernière démarche qui caractérise Feux croisés, enquête où se déploie un enchaînement de thèmes qui forment une constellation de pensées touchant à l'art, la littérature, la philosophie, la science, la critique sociale et politique, la relation de l'homme à l'histoire et à la nature. L'auteur poursuit de façon performative ses recherches sur l'histoire de la critique, notamment à l'époque des Lumières. Le choix du fragment s'inscrit dans la tradition d'écriture illustrée par Gracián, Chamfort, Lichtenberg et, plus près de nous, Adorno. Servi par un style expressif et incisif, le questionnement tend ici à la mise au jour d'éléments significatifs pour une critique de notre temps, envisagés dans leurs rapports contradictoires ou complémentaires. Feux croisés se place ainsi sous le signe de l'avenir, renouant avec l'élan des lumières de l'utopie. Le dernier mot n'appartient pas au présent.

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