• Dans ce recueil de textes pionniers (1965-70) qui ont fait sa renommée, Murray Bookchin conjugue sa vision anarchiste et écologiste avec les possibilités prometteuses d'une société d'abondance. Une abondance envisagée non pas sous la forme d'un accès illimité à des biens de consommation pléthoriques, mais bien une par laquelle l'être humain a amplement les moyens de satisfaire ses besoins fondamentaux pour se consacrer à l'assouvissement de ses désirs réels.

    S'attelant à esquisser les contours d'une telle société, Bookchin appelle à dépasser l'économie politique marxiste, enracinée dans une ère de pénurie matérielle et soumise aux logiques de la rareté économique. Si les avancées technologiques du XXe siècle ont grandement accru la production, cela s'est fait au profit d'intérêts corporatifs et aux dépens des besoins humains et de la soutenabilité écologique. Et si l'émancipation pouvait jadis sembler passer par un certain productivisme sous l'égide de structures autoritaires, aujourd'hui les outils nécessaires à une auto-organisation de la société ont largement été développés et, combinés avec la perspective écologique, ils ont grandement modifié le paysage révolutionnaire. Les sociétés postindustrielles ont en effet le potentiel de se muer en des sociétés d'abondance favorisant l'accomplissement des potentialités sociales et culturelles latentes dans les écotechnologies. Avant-gardiste, Bookchin défendait en ce sens les énergies renouvelables et des institutions décentralisées.

    Lire Bookchin, c'est renouer avec une verve utopique rafraîchissante, qui rappelle avec force que d'autres voies sont envisageables pour le devenir de nos sociétés. "Au-delà de la rareté" est également une lecture incontournable pour comprendre les origines théoriques de l'écologie sociale, concept que cet intellectuel étatsunien a raffiné tout au long de sa vie de militant.

  • La science de l'homme est, selon Hume, la science première, ce qui signifie que la nature humaine est l'objet même de la philosophie. Mais comment se caractérise cette nature humaine ? C'est une autorégulation qui caractérise chez Hume les principes de la nature humaine. Celle-ci peut être envisagée comme un système autorégulé. C'est aussi une autorégulation qui régit la science de la nature humaine, son corrélat. Telles sont les formulations modernes que ce livre se propose d'appliquer à cette "inventivité" de la nature humaine qui peut effectuer, dans les moments critiques, les "changements de direction" destinés à assurer les rééquilibrages indispensables à sa survie, tant du côté de l'entendement que du côté des passions.

  • Le développement de la pensée scientifique a, en quelques décennies, ouvert des modes de pensée nouveaux dont certains permettent de renouveler la théorie psychanalytique. Des notions scientifiques venues de la mécanique quantique, de l'immunologie... sont utilisées comme métaphores de certains phénomènes psychiques et aident à se défaire de schémas déterministes trop simplistes. Armés de ces "nouveaux modèles" les auteurs esquissent une approche psychanalytique de l'invention scientifique.

  • Les connecteurs vivent dans un univers technologique entièrement nouveau par rapport aux générations qui les ont précédés. Ils appartiennent à un réseau social transnational dans lequel ils nouent sans cesse de nouveaux liens. Cette appartenance à un réseau planétaire transforme radicalement leur conception du monde et de la société. Sans bruit, sans manifester, sans revendiquer, ils sont en train de bouleverser tous les codes établis. De récentes découvertes scientifiques leur ont fait comprendre que notre société reposait sur des fondements inadéquats. Qu'est-ce qu'une république sinon une monarchie déguisée ? Qu'est-ce que le système éducatif sinon une machine à faire de nous des clones les uns des autres ? Qu'est-ce que la justice sinon un ensemble de lois pour restreindre nos libertés ? Pourquoi une autorité centralisée alors que le réseau démontre tous les jours qu'il s'auto-organise sans aucun chef ?

  • Ya Basta

    Thierry Crouzet

    En 2011, dans le monde arabe et partout ailleurs avec les indignés, des mouvements contestataires s'auto-organisent : pas de leader, pas de parti, pas de décision centralisée... Cette nouvelle forme d'engagement est une réponse adéquate à nôtre état de crise, à condition que ses acteurs en perçoivent les mécanismes. Ce texte s'adresse à eux ainsi qu'à ceux qui seraient tentés de s'inspirer de leur insurrection pacifiste...

  • Afin de rappeler que M.P. Follett n'est pas seulement une pionnière du management en général mais aussi du contrôle, les auteurs commencent par présenter succinctement son parcours de vie car il est indissociable de son oeuvre. Puis, ils montrent en quoi sa pensée originale sur l'organisation et sur le management interne dans les entreprises est actuelle. Dans une troisième partie, ils s'intéressent à sa vision moderne du dirigeant. Enfin, ils étudient son approche originale du contrôle, qui peut se résumer en trois points : contrôler, c'est coordonner les différents managers d'une entreprise afin d'assurer une bonne cohérence de leurs responsabilités, de leurs décisions et de leurs actions; contrôler, c'est organiser les activités de façon à renforcer la cohérence des processus opérationnels; contrôler, c'est créer les conditions pour que les managers n'apprennent pas seulement à agir, mais aussi et surtout à penser.

  • Les trois tomes de « Fichte : la philosophie de la maturité » regroupent les contributions faites en 2002 par les membres du Groupe d'Études Fichtéennes de Langue Française (GEFLF) lors des colloques de Louvain-la-Neuve et d'Aix-en-Provence.Dans le troisième tome ont été rassemblés des textes qui articulent et confrontent la démarche spéculative et phénoménologique du dernier Fichte aux traditions philosophiques contemporaines - l'hégélianisme, le perspectivisme nietzschéen, la phénoménologie husserlienne, le cognitivisme.

  • Croire ou savoir ?

    Gerard Santarini

    Un monde meilleur ? Tout le monde en rêve, plus ou moins... Mais il semble que le chemin soit encore long et pénible ! Ne serait-ce pas, entre autres, parce que les difficultés de la route sont souvent mal identifiées et les parades pour surmonter les obstacles méconnues ? Le monde souffre encore de tant d'obscurcissements, de tant d'emprisonnements intérieurs et extérieurs. La connaissance n'a pourtant jamais été aussi répandue et sa puissance aussi grande et disponible. Mais son pouvoir de libération reste encore largement ignoré, voire dénigré. La science est aujourd'hui très forte mais la conscience est encore très faible !
    Cet essai se veut une contribution à la réflexion sur les multiples résistances à l'avancement vers plus de liberté, de fraternité et de bonheur et sur les moyens de les vaincre. Il n'apporte, bien sûr, aucune réponse définitive, mais il livre quelques pistes.
    Réquisitoire contre les effets pervers des religions, nationalismes, patriotismes et autres communautarismes plus ou moins latents ou plus ou moins avoués, il est aussi un plaidoyer pour la connaissance universelle ainsi que pour le doute et la recherche qui permettent d'y accéder. Hymne à la vérité, il exhorte à l'ascèse de la compréhension, à la pratique de l'émerveillement, à l'éveil des consciences.
    L'auteur y livre son propre témoignage et propose un chemin vers une spiritualité ouverte, adaptée à notre époque et compatible avec les merveilleuses découvertes de la science.

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