Éditions David

  • « Le gardien du feu à l'extérieur enfonça sa fourche dans les entrailles du feu. Il en dégagea une roche incandescente, pratiquement de la taille d'un ballon de soccer. Il l'achemina avec précaution au centre de la hutte et la fit glisser dans la fosse. L'Aîné poussa un cri bref, mais puissant. Puis, il saupoudra la roche incandescente d'un mélange de tabac et de cèdre, qui crépita et illumina brièvement la hutte minuscule tandis que les jeunes visages déjà brillants en cercle autour du trou regardaient. Le gardien du feu ajouta six autres roches rougeoyantes dans la fosse. Alors, l'Aîné fit tomber le rabat. Il fit tout à coup noir comme dans un four et l'air devint soudainement épais et chaud.
    - Voici les sept Grands-pères, mes nièces et mes neveux. Ils sont ici ce soir pour nous aider à guérir, à purifier notre esprit et à nous garder au chaud. Ils sont avec nous depuis très, très longtemps. Ce sont eux qui nous ont fourni nos enseignements. Ce sont eux qui nous ont donné cette cérémonie de guérison. »

    Réunis sous la sweatlodge et guidés par l'Aîné selon un rituel ancestral, de jeunes autochtones se voient tour à tour invités à revenir sur un sombre épisode de leur passé. Originaire de la réserve de Wasauksing, dans le Nord ontarien, Waubgeshig Rice veut faire écho dans ce premier recueil de nouvelles à la dure réalité des Premières Nations aujourd'hui. Il a remporté pour ce livre le prestigieux Independent Publishers Book Award en 2012.

  • «Elle regarda autour et remarqua qu'ils étaient au fond de la ruelle. Dehors, dans la rue, la lueur des réverbères peignait la neige fraîche d'un orange de cantaloup. C'était à une certaine distance et elle ne se rappelait pas être venue si loin. Elle tourna son regard vers Mark et vit seulement la faible lueur orange sur le côté gauche de son visage. Soudain, elle sentit sa bouche ouverte, mouillée autour de la sienne, tandis que Mark lui écrasait le dos contre le mur. Sa force lui coupa le souffle et elle ne pouvait pas respirer. Elle ne pouvait pas crier, et elle se débattait pour mettre ses bras entre eux quand elle le sentit fourrer sa main entre ses jambes. Son coeur battait à tout rompre et la panique la reprit. Mais c'était une panique beaucoup plus intense et épouvantable.
    Son instinct la fit lui donner un coup de genou dans les couilles. C'était le coup le
    plus fort qu'elle ait jamais donné. [...]
    - Fucking indienne! cria-t-il en lui cognant d'un poing puissant la joue gauche.»

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