• Tout débute un beau jour quand le narrateur trouve une chose par terre, dans la rue. Une chose ? Quelque chose, de forme ovale, à la fois mou et dur, qu'il ne parvient pas à identifier mais qu'il prend dans le creux de sa main.
    Commence alors pour lui une étonnante divagation où, guidé par sa recherche, il connaîtra mille et une aventures : lors de son voyage, il rencontrera des universitaires spécialistes de littérature israélienne, une troupe de cirque d'un genre un peu particulier, un groupe de Juifs à la poursuite de leur utopie, et non pas une, mais deux femmes prénommées Shloma.
    De rencontres inopinées en hasards improbables, l'équipée de notre héros se relance à chaque fois. Car bien sûr tous ces personnages hauts en couleur ont un point commun : ils ont chacun un avis sur la question.

  • Le syndrome de Gilles de la Tourette est-il héréditaire ? Qu'est-ce que la clupéophilie ? Comment appréhender les expériences de mort imminente ? Autant de questions abordées par Oliver Sacks dans Chaque chose à sa place. Qu'il parle de natation, des musées londoniens, de ses dissections de seiches, qu'il décrive des cas neurologiques ou aborde des sujets aussi variés que la vie extra-terrestre, les fougères et autres plantes de Park Avenue, c'est toujours avec le même précieux mélange d'érudition, de sensibilité et d'humour qu'il dépeint, explique ou théorise. Le lecteur découvrira l'homme derrière l'écrivain neurologue, un formidable pédagogue capable de nous passionner en toute chose.

  • Qu'est-ce qu'une chose ? Abattant les dernières barrières philosophiques qui circonscrivaient le champ des choses, ce Traité considérera sur un plan d'égalité une table, un silex taillé, un quark, un gène, une personne humaine, le mot « vérité », une robe rouge, la couleur d'un tableau abstrait, un tiers de branche d'acacia, l'espèce chimpanzé, cinq secondes, un rite de passage, l'inexistence d'un fait ou un cercle carré. Voilà les choses qui sont aujourd'hui les nôtres : un tohu-bohu de réel, de possible, de matière, de mots et d'idées. Face à ce paysage nouveau, ce Traité ne propose ni une phénoménologie réinventée, ni une analyse du concept de « chose », ni une pensée critique de la réification. Il invite plutôt à prendre le large pour une toute autre aventure théorique. Il suggère d'explorer d'abord notre monde comme s'il était vraiment plat, en lui ôtant toute détermination, toute intensité, tout relief. Dans un second temps seulement, à l'aide de concepts forgés dans cette pauvreté ontologique radicale, il invite à retrouver la possibilité d'un univers, c'est-à-dire l'ensemble de choses non plus seules, mais les unes dans les autres. Le désert formel se transformera en encyclopédie luxuriante de nos objets contemporains, de leur ordre et de leur désordre. Ainsi verra-t-on se dessiner les grandes querelles actuelles sur le classement des objets autour de nous, des objets en nous et de nous-mêmes en tant qu'objets : par parties, par espèces, par genres ou même par âges. Comment découper les choses pour vivre parmi elles et en être une soi-même ?

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas. Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Comme le montre la lecture de l'Hommage de Lacan à Marguerite Duras, la transmission de la clinique de l'analyste fait partie de la dynamique de la sublimation de celui-ci.

    L'hommage fait par Lacan à Marguerite Duras pour Le  Ravissement de Lol V. Stein garde son actualité 50 ans après. Il noue la problématique de la sublimation (destin d'une pulsion sans refoulement) à celle d'une fiction clinique faisant cas ; en l'occurrence, une folie féminine qui s'inscrit dans la suite de celles de Marguerite Anzieu (cas Aimée) et des soeurs Papin.

  • Des gens comme on en croise tous les jours. Des maisons devant lesquelles on passe. Que savons-nous des autres ? Ceux-ci voient leurs projets de vie incompris ou malmenés.

    Faire de son mieux ne suffit pas toujours... dit l'un d'eux.
    Et puis ils découvrent que parfois, au coeur d'un regret,
    s'ouvrent de nouvelles pistes. Et que leur revient
    le gout du voyage.
    Huit rencontres.
    Huit nouvelles. Qui nous parlent de nous.
    Imaginer quelqu'un. Le poser sur le papier. Le doter
    d'un entourage, d'un lieu de vie, de soucis, d'amours, de
    bonheurs, de souvenirs, de tout ce qu'il faut pour qu'il
    prenne âme et chair. Et puis, avec lui - ou elle - tracer
    un chemin...
    Lire, écrire, se glisser dans d'autres vies que la sienne,
    repousser les murs, Marie France Versailles, psychologue
    et journaliste dans une autre vie, espère ne jamais se
    lasser du pouvoir des mots. Trop de choses à se dire est
    le deuxième recueil qu'elle publie chez Quadrature.

    L'objectif des Éditions Quadrature est à la fois
    modeste et ambitieux : se dédier complètement à
    la nouvelle de langue française.
    Pour en savoir plus : www.editionsquadrature.be

  • L'angoisse est un étau qui affecte le corps de haut en bas. Elle serre la gorge, étreint la poitrine, contracte l'estomac, paralyse les jambes. Celui qui l'éprouve n'a pas de mots et pas d'images pour en rendre compte. Elle est la plus universelle conjonction du corps et de l'esprit, ce qui interroge le philosophe et pose un des problèmes les plus ardus à la psychanalyse dans sa pratique et dans sa théorie.

    Dans cette étude très complète, Jean-Marie Jadin propose un nouvel examen de l'angoisse, cet affect universel auquel nul humain ne saurait échapper. Il fait usage des outils théoriques de Freud et de Lacan, puise ses sources également du côté de l'astrophysique, de la peinture, de la littérature fantastique et bien évidemment de la philosophie avec Heidegger, Kierkegaard et Aristote, pour avancer des hypothèses personnelles nourries de nombreux exemples cliniques.

  • Lancelot

    Chretien De Troyes

    Roman d'aventure merveilleux en vers octosyllabiques, Lancelot ou le Chevalier de la charrette fut écrit entre 1176 et 1181 par Chrétien de Troyes à la demande de sa protectrice, Marie de Champagne (fille de Louis VII et d'Aliénor d'Aquitaine et épouse d'Henri Ier). Par l'écriture de ce roman, l'auteur souhaitait flatter « sa » Marie tout en obéissant aux règles régissant le rapport entre un amant et sa dame ; tout comme Lancelot le fait avec « sa » Guenièvre en volant à son secours. C'est là le propre du roman courtois, la flatterie apparaissant tel un devoir de l'homme envers la femme qu'il tente de séduire avec respect et discrétion. Mais bien moins romantique, bien plus lucide également, de Troyes avait en fait répondu au caprice de sa protectrice en vue d'abuser son mari, le comte de Champagne... Ainsi fidèle aux désirs de la crédule, l'auteur pouvait espérer la voir étendre son influence politique sur sa cour afin de le faire connaître. Mais oublions la manipulation pour en revenir à l'inspiration, à la fiction en d'autres termes, à l'histoire en elle-même... Le vaniteux et cruel Méléagant - fils du roi de Gorre et chevalier du Pays sans Retour - retient captifs sur ses terres de nombreux habitants du royaume d'Arthur. Afin de voir les prisonniers libérés, l'un des chevaliers de la Table Ronde devra le battre en duel, à l'inverse de quoi la reine les rejoindrait dans leur exil. Le sénéchal Keu relève le défi mais perd le combat, si bien que Guenièvre est enlevée à son tour. C'est alors que l'humble Lancelot du Lac et Gauvain, lui-même chevalier de la Table Ronde et neveu du roi Arthur, prennent la route pour secourir leur reine. Dénué de monture, Lancelot prend la route au creux d'une charrette conduite par un bouvier difforme et vil. Symbole de déshonneur suprême, c'est bien conscient du risque de devenir un paria que le chevalier se montre à visage découvert face au peuple croisé en chemin. Qu'importe alors la honte, le code de la chevalerie et l'honneur à préserver ! Ravalant sa fierté et sacrifiant son titre, ce dernier n'a qu'une obsession en tête : délivrer sa dame. Malgré ses deux pas d'hésitation à l'approche de la charrette, les sentiments éprouvés par Lancelot à l'égard de Guenièvre lui dictent aveuglément sa conduite, au rythme des battements de son coeur, en parfait accord avec son corps, herculéen quant à lui. Une typographie médiévale ; une enluminure dans les teintes orangées ; un amoureux conquérant porteur d'un casque étincelant ; un acolyte hissé sur son destrier blanc... Bien que le véhicule au sein duquel l'amoureux a pris place soit la représentation même de la honte, l'édition nous présente une scène esthétiquement belle, les roues de la charrette semblant recouvertes de feuilles d'or et le bouvier lui-même donnant le sentiment d'admirer son passager. Mais qui ne l'admirerait pas, lui, le chevalier de la Table Ronde aux vertus au carré ? Un triangle parfait entre reine et chevaliers, entre dilemme et roi, entre honneur, foi, et émoi... Entre aventures chevaleresques et péripéties amoureuses, Lancelot ou le Chevalier de la charrette est l'incarnation idéale de ce à quoi pouvait ressembler l'amour courtois au Moyen Âge. De rang supérieur, la reine Guenièvre contraint finalement Lancelot à l'accomplissement d'un ensemble de prouesses et sacrifices qui prêtent au roman l'aspect épique lui donnant tout son rythme. Tout au long de son parcours initiatique, le chevalier prouve ainsi son dévouement sans limite à la femme qu'il aime tout en affirmant ses capacités surhumaines. Chargé de leçons de vie sur l'amour triomphant, le roman sous-entend par ailleurs qu'en sauvant Guenièvre, Lancelot rétablit l'équilibre du monde. Détentrice des vertus d'une allégorie christique, l'oeuvre nous montre en effet, au travers de l'obédience du chevalier, combien les valeurs chrétiennes que sont l'allégeance, l'humilité, ou encore l'abnégation, peuvent difficilement être ignorées. C'est ainsi sous l'apparence de l'amant courtois que Lancelot représente la figure christique dans toute sa splendeur d'une part, l'être hors du commun d'autre part. Être auquel chacun rêverait de rassembler tandis qu'il en devient presque trop facile de s'y identifier... De l'ouverture du tombeau à son combat contre Méléagant en passant par sa traversée du pont de l'épée, le chevalier séduit les grands et les petits, les amoureuses romantiques et les nostalgiques aventureux en quête de chimérique. De lyrique et de didactique aussi. De mythique et de féérique surtout.

  • Ce volume explore la poésie des choses, la nature fuyante de la distinction entre l'objet et la chose et les avatars du kitsch. À travers les « grands textes » de la littérature britannique et américaine (Dickens. Norris, Joyce. Beckett. roman policier), des oeuvres lyriques (Thomas Hardy. Robert Lowell, Elizabeth Bishop, Derek Mahon, Paul Muldoon) ou des ligures d'artistes comme Derek Jarman et Jeff Koons, se fait jour une ligne de partage, ou ligne de faille, entre l'objet lyrique et la chose inhumaine, l'objet comme extension du moi et la chose comme remise en cause du sujet. Cette distinction parcourt la plupart des articles réunis dans ce volume dont l'ambition est de revenir sur les notions de ressemblance et de beau, cruciales pour le réalisme et le lyrisme contemporains, artistiques ou littéraires.

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