• Le 17 mars 1865, un groupe d'une dizaine de paysans d'un village voisin de Nagasaki se presse devant les portes de l'église, symbole de l'ouverture du Japon à l'Occident.

    Le 17 mars 1865, un groupe d'une dizaine de paysans d'un village voisin de Nagasaki se presse devant les portes de l'église, symbole de l'ouverture du Japon à l'Occident. Ces Japonais tiennent absolument à adorer la statue de la Vierge à l'Enfant qui se trouve dans l'édifice, et à rencontrer les " moines français " pour leur avouer un secret : ce sont des chrétiens cachés, des descendants de catholiques de la première évangélisation (XVIe-XVIIe siècles). Malgré la proscription, ils ont continué à respecter la foi et les rites ancestraux chrétiens tout en portant en apparence un culte aux bouddhas et divinités locales.

    C'est l'histoire de ces communautés que retrace ici Martin Nogueira Ramos. Une histoire au long cours qui s'ouvre en 1614, date de l'interdiction du catholicisme par les autorités, pour s'achever à la fin du XIXe siècle, avec la promulgation de la première Constitution moderne qui octroie la liberté religieuse aux Japonais. Époque de clandestinité, partielle ou totale, pour ces chrétiens qui doivent pratiquer leur religion en secret ; époque aussi d'échanges entre l'Occident et le Japon dont ces villageois sont souvent parties prenantes.

    À partir de nombreux documents manuscrits éparpillés entre Kyushu, Tokyo, Paris et Rome, l'auteur fait revivre la vie sociale et religieuse de ces communautés. Il montre que les chrétiens participent, eux aussi, aux transformations qui bousculent alors l'archipel, tout en assumant la continuité des modes d'organisation légués par leurs ancêtres. Leur histoire permet de revisiter par le bas la société japonaise prémoderne.

  • Ampère, un héros romantique ? Il a laissé suffisamment d'écrits intimes pour qu'il soit possible de les coudre en un roman où le mal du siècle est vécu de l'intérieur et sans artifice de style.
    Ampère, un chrétien ? Ce janséniste a aussi laissé le témoignage de sa foi, de ses doutes, de ses craintes que la grâce divine ne lui soit accordée ; d'autres ont croqué le portrait du chrétien apaisé qui, à la fin de ses jours, prie le matin à Saint- Étienne du Mont.
    Ampère, un philosophe ? Il fut nourri de l'Encyclopédie, il accompagna Maine de Biran dans son parcours de l'idéologie au spiritualisme, il tissa sa philosophie avec les fils des diverses philosophies qui se rencontrent aux temps des Lumières et du romantisme, élabora ainsi une théorie de la connaissance qui éclaire son uvre scientifique.

    Ampère, un homme de sciences enfin, mais lequel ? Un mathématicien apportant sa pierre à l'analyse et à la mécanique elle lui valut un fauteuil à l'Académie des sciences. Un chimiste qui démontra le caractère élémentaire de quelques substances, établit une classification des corps simples, élabora une théorie mathématique de la combinaison chimique. Un physicien, ami et conseiller de Fresnel. L'inventeur d'une science nouvelle, l'électrodynamique ; ce « Newton de l'électricité » apporta à l'électricité une contribution immense, méritant qu'on s'y attarde Alors, qui est Ampère ? Un beau livre d'histoire des sciences écrit pour le découvrir.

  • Les moments clés de l'histoire tourmentée des rapports judéochrétiens en Europe de l'Ouest de 1492 à 1986. À travers quatre siècles, l'auteure décrit l'arrivée et l'«intégration» des juifs dans le continent européen (Venise, Amsterdam, Londres, Hambourg) jusqu'à la naissance du sionisme au XIXe siècle.

    Ce livre donne à réfléchir sur l'exclusion: en s'imaginant avancer vers la tolérance, la pensée politique moderne ne s'aperçoit pas qu'en réalité elle glisse peu à peu de l'expulsion physique des juifs à leur exclusion mentale.

    Peut-on établir un parallèle entre la Grenade de 1492 et la Jérusalem d'aujourd'hui?

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