Seuil

  • La contre-culture d'hier est devenue la culture officielle. Elle a transformé l'art, la mode, la famille, l'école, le droit, la société tout entière. Mais le triomphe des utopies a été cher payé. L'individu, enfin libéré, se sent soudain bien seul face à la marchandisation des corps et des cœurs.
    Affaibli par ses erreurs, marginalisé, voire donné pour mort, le christianisme se trouve dans la position paradoxale de pouvoir sauver ses ennemis d'hier, parmi lesquels les droits de l'homme, avec leur aspiration à l'universel, ou la science, aujourd'hui dominée par la technique.
    Remontant le cours des siècles, méditant sur l'art comme sur la littérature, explorant les grands débats éthiques, l'auteur dessine les contours d'une nouvelle spiritualité. La ritualité, la gratuité, la fragilité et finalement la possibilité même d'une cohérence du sens... Voilà quelques-unes des " valeurs faibles " que cet ouvrage novateur et dérangeant oppose avec force aux " vérités molles " de notre temps.
    Et si le christianisme était l'ultime rébellion ?
    Jean-Pierre Denis dirige la rédaction de l'hebdomadaire La Vie. Il participe comme chroniqueur ou comme invité à de nombreuses émissions de radio ou de télévision. Journaliste, écrivain et poète, il a publié Nos enfants de la guerre (Seuil, 2002) et Dans l'éblouissant oubli (Ad Solem, 2010).

  • La Voie est nécessaire à l'homme, autant que l'air ou la nourriture. Elle tire l'homme de la détresse. La Voie précède. On demande : où est la Voie ? Est-elle sagesse, ou croyance, ou savoir ? Est-elle un art ? Est-elle en thérapie ou en politique ? Chercher ainsi la Voie, c'est supposer qu'elle vient après ; après nos divisions, scissions, catégories. Or la Voie est première. Son espace est celui qu'elle-même fait paraître ; et il est avant la séparation de l'espace et du temps, puisque la Voie est voie, et non spectacle. La Voie ne serait-elle pas du côté des choses antiques ? La Voie précède la séparation de l'antique et de l'actuel, comme celle du mythe et de la raison. La Voie n'est-elle pas un luxe, bon à ceux qui mangent bien et n'ont pas de soucis ? Non. La Voie est toujours le plus urgent, même pour l'affamé. Car comment pourrait-il, sans elle, demeurer lui-même ? Et s'il se défait, et se perd, à quoi pourra lui servir tout le reste ? La Voie est toujours de première nécessité.

  • " Prenez, ceci est mon corps ", " Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font " : ces expressions rappellent encore quelques souvenirs, mais sont trop souvent schématisées par des préjugés, simplifiées par une lecture littérale ou affadies par un catéchisme qui ne s'est pas renouvelé. Alors que le christianisme fait partie intégrante de nos valeurs, de nos références, de notre histoire, la Bible est devenue un texte lointain. Ce livre fait parler la Bible pour en retrouver le sens.
    " Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu ", " Il est plus facile à un chameau de passer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! ", " Aimez-vous les uns les autres "... : de l'Ancien au Nouveau Testament, l'explication de ces " paroles de la Bible ", nourrie par les plus récents acquis des sciences bibliques qui n'ont cessé depuis un siècle de renouveler la lecture de l'Écriture, éclaire des moments particulièrement significatifs du texte et nous plonge dans l'esprit du christianisme.
    Historien, ancien élève de l'École Normale Supérieure, Maître de conférences à l'université Paris-8 et professeur à l'UCL (Louvain-la-Neuve), Régis Burnet est également journaliste sur la chaîne KTO. Il a déjà publié, au Seuil, Judas. L'Évangile de la trahison (2008).

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ieschoua - tel fut le nom authentique d'un rabbi galiléen qui mourut vers l'an 29 en Judée, et que l'on appelle aujourd'hui Jésus. Son enseignement a été rapporté par ses disciples sous la forme d'une « heureuse annonce », ce que l'on a traduit par évangile. Sous les traductions, sous les paraphrases, sous le poids des siècles, sous l'habitude, est-il possible de retrouver cette heureuse annonce ? Réduit le plus souvent à une certaine morale dite chrétienne, l'enseignement évangélique n'est guère étudié pour lui-même dans la fraîcheur et la rudesse de son expression originale. Ce que tente Claude Tresmontant dans ce livre, c'est d'éclairer ce que fut cet enseignement. Car il s'agit bien ici d'un enseignement, d'une science profonde et pourtant proposée à des hommes simples, et dans leur langage même. Une science portant sur l'être de l'homme et sur les conditions de son développement, de son achèvement. Alors peut se poser finalement la question : Qui est cet homme, capable d'enseigner les lois de la genèse de l'être de l'homme ? N'est-il pas, comme l'a pensé l'auteur du quatrième évangile, la Pensée même de l'Absolu ? Et quelles en sont les implications, si son enseignement peut se vérifier ?

  • Les prêtres catholiques ont aujourd'hui, en moyenne, soixante ans. Derrière eux, c'est le désert : ils ne trouvent guère de successeurs. La profession qu'ils exercent, la fonction qu'ils remplissent n'ont plus grand-chose à voir avec ce qui a motivé, aux alentours de la dernière guerre, leur vocation. La chrétienté qui les portait s'est diluée, déchirée. Les voici vieux, en petit nombre, rescapés passablement transis d'une traversée qui s'annonçait sereine. Ils étaient entrés dans les ordres ; en réalité, c'étaient le désordre, l'incertitude, l'émiettement qui les guettaient. Ce livre est l'histoire d'une génération, le récit croisé de cheminements multiples. Une cinquantaine de prêtres - les uns feront carrière, deviendront évêques ou cardinaux, d'autres demeureront à la base, d'autres encore s'éloigneront, souvent au terme de conflits amers -, une cinquantaine de prêtres donc, se livrent, se confessent, ouvrent leurs journaux intimes, leurs souvenirs inédits, leur mémoire parlée. Pour la première fois peut-être, on évoque les prêtres comme un corps de métier, sans codes et sans sermons. Adorateurs d'images pastel et de statues de plâtre, ce récit n'est pas pour vous. On y rencontre des histoires fortes. On y rencontre des hommes qui croient, qui doutent, qui hésitent, qui espèrent ou désespèrent, qui aiment - le Ciel reconnaîtra les siens.

  • Le mot même de paradoxe est paradoxal. Laissons-lui donc son paradoxe. Comment définir les réflexions, souvent partielles, de ce petit livre ? Le lecteur en décidera. Elles ne veulent point être, en tout cas, les inventions d'un esprit solitaire. Songeons, au surplus, que l'Évangile est plein de paradoxes, que l'homme est, lui-même, un paradoxe vivant et que, au dire des Pères de l'Église, l'Incarnation est le Paradoxe suprême.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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