• Connu surtout pour ses westerns à l'italienne baroques, drôles et violents, Navajo Joe, Django, El Mercenario, Le Grand Silence ou Companeros, Sergio Corbucci est aussi un réalisateur dont l'ample filmographie comporte plus de soixante longs-métrages.
    Du néoréalisme de l'après-guerre aux mélodrames des années cinquante, de l'âge d'or du cinéma de genre (western, gothique, peplum) aux grandes heures de la comédie (son genre de prédilection) jusqu'aux années difficiles, soixante-dix et quatre-vingt, il traverse quatre décennies de cinéma italien, en épousant tous les mouvements, parfois précurseur, toujours animé par la passion de filmer.
    Romain jusqu'au bout des ongles, personnalité attachante, "l'autre Sergio" a peu suscité l'intérêt de la critique. Cet ouvrage est le premier à parcourir l'ensemble de sa carrière, une oeuvre riche et excitante à découvrir sous toutes ses facettes.

    Cinéphile viscéral ayant sévi sur les ondes et divers sites (Kinok, Zoom Arrière, les Fiches du Cinéma), Vincent Jourdan est l'auteur du blog Inisfree (http://inisfree.hautetfort.com/) où il partage depuis 2004 ses goût éclectiques, embrassant d'un large et généreux mouvement John Ford et Sergio Corbucci, l'Afrique et l'Asie, le cinémascope et le Super 8.


    Président de l'association Regard Indépendant, Vincent anime depuis 1999 les Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice autour du cinéma qui fait un pas de côté. Voyage dans le cinéma de Sergio Corbucci est son premier ouvrage.

  • Accompagner la contre-migration de Michelangelo Frammartino de Milan à l'arrière-pays méridional signifie être convié dans un univers cinématographique où le champ humain fourmille de ses hors-champs environnementaux. Dans les films du réalisateur italien, peu connu et étudié en France, la mort d'un berger semble donner naissance à un chevreau, des esprits végétaux envahissent un village et les objets quotidiens sont animés par des imprévisibles forces terrestres. À l'intérieur de cet univers rural où les présences vivantes se multiplient et se manifestent à notre regard, nous commençons à interroger le rapport entre notre attention et les milieux que nous habitons, la relation entre les problèmes écologiques et l'expérience audiovisuelle. Ces questions ne pourront émerger pleinement dans l'analyse des formes et des pratiques de Frammartino que grâce au dialogue avec les voix d'autres disciplines (d'Ernesto De Martino à Anna L. Tsing, jusqu'à Giorgio Agamben) et les images d'autres cinéastes (de Sharunas Bartas à Alice Rohrwacher).

  • Dans toute son oeuvre Fellini élabore un jeu de miroirs complexe à la fois pour comprendre comment se construit la réalité de l'homme et pour réfléchir sur le processus créatif, et il ne cesse de répéter que le cinéma est un art de la mémoire.


    Une mémoire personnelle, souvent mêlée à un sentiment nostalgique, où s'établit un rapport particulier entre souvenirs réels et souvenirs inventés et où est questionnée la problématique de la représentation de la réalité, réalité qui semble impossible à dire et qui doit être recréée par l'imaginaire.
    Une mémoire aussi qui raconte l'histoire de l'Italie, de l'être humain, du cinéma et qui critique la société moderne, où l'empreinte nostalgique devient de plus en plus forte et où la prise de conscience qu'il n'y a pas de retour possible se fait plus vive. La nostalgie prend alors une dimension plus universelle, où la question du temps devient primordiale et où le mouvement entre les différents temps passé, présent et futur accompagne et renforce le mouvement entre réalité et imaginaire.
    Cette étude tente d'analyser ces nostalgies et leurs représentations dans l'univers complexe du réalisateur.


    Véronique Van Geluwe est née au Maroc et a vécu une vingtaine d'années en Italie où elle a travaillé dans le conseil en entreprise. Passionnée de cinéma, elle a collaboré durant une dizaine d'années au Festival du cinéma africain, d'Asie et d'Amérique latine de Milan et est également traductrice-adaptatrice cinématographique et professeur d'italien. Elle vit actuellement à Aix-en-Provence où elle a effectué un Master recherche en cinéma-audiovisuel.

  • Du Pigeon de Monicelli (1958) à La Terrasse d'Ettore Scola (1980) - sans oublier d'évoquer les films précurseurs ainsi que les oeuvres plus discrètes du mouvement proprement dit - il est question ici de mettre en évidence la richesse d'un genre proche des traditions expressives de l'Italie (la commedia dell'arte et le néoréalisme) mais toutefois attentif aux moeurs de ses contemporains en tant que révélateurs des évolutions historiques, sociologiques et cinématographiques du pays.
    Ainsi, l'enjeu de cette étude est de montrer comment les grands cinéastes du cinéma comique dessinent le portrait d'une Italie complexe qui se révèle être l'objet de mutations historiques et sociales essentielles au cours du XXe siècle. Mais surtout, la plus grande ambition de cet ouvrage est de démontrer que la comédie italienne est le formidable exemple d'un cinéma de divertissement comique et populaire capable de produire des oeuvres qui sont de riches objets de réflexion.

  • L'oeuvre de Michelangelo Antonioni a souvent été réduite à une série d'idées reçues et de formules consacrées dont la plus tenace serait celle de l'incommunicabilité. Et pourtant, la communication occupe une place centrale, pour ne pas dire essentielle, dans les films du réalisateur italien.
    Cette "communication antonionienne" échappe cependant aux conventions établies, s'établissant par le biais de longs dialogues silencieux faisant la part belle aux expressions du regard. C'est ce dernier qui constitue le sujet principal de cet essai qui propose une interprétation scopique du cinéma d'Antionioni. D'un regard à l'autre, d'un regard vers l'autre, une relation à la fois propre à une continuité et à un point de bascule dont les personnages, motifs et formes qui habitent la filmographie du cinéaste, seraient les principaux représentants et les premiers tributaires.
    À travers de nombreuses analyses de plans et de séquences, le présent ouvrage propose d'ouvrir le(s) regard(s) aux multiples rencontres qui ne cessent de jalonner les films d'Antonioni.

    Doctorant en études cinématographiques, essayiste (Les Mille et un visages de Jim Carrey, éditions Rouge Profond, 2016 ; Leonardo DiCaprio, un acteur américain, édition de l'ACCRA, 2016 ; Les Mauvais Rêves de Wes Craven, Marest Éditeur, 2017), collaborateur à la revue Positif, critique littéraire pour le site Cinechronicle, Jacques Demange se spécialise sur les représentations de l'acteur du cinéma américain, entre esthétique et histoire des formes, et de façon plus générale aux questions relatives à l'évolution et à l'appréhension des images en mouvement.

  • Depuis 1990, le genre policier connaît un large succès aussi bien dans le monde de l'édition qu'auprès du public italien. Cette date marque un renouveau de ses formes, auquel a contribué, entre autres, la création du Gruppo 13 à Bologne. À côté du giallo s'est affirmée progressivement la catégorie plus hybride du noir. Le genre policier entend sonder le mystère, démasquer l'opacité du réel en pénétrant les non-dits de l'histoire pour en proposer une lecture dérangeante ; surgissent alors d'autres questionnements relevant, quant à eux, de pulsions plus subtiles, voire inconscientes. La perspective historique et herméneutique a élevé le roman au statut de nouveau roman social, capable, sous le couvert de situations vraisemblables, de simuler la réalité pour la comprendre autrement. L'écriture d'enquête se présente de plus en plus en Italie comme le champ de toutes les expérimentations grâce à l'utilisation de canaux de communication favorisant une réception plus large, mais aussi à l'hybridation avec d'autres formes d'expression (cinéma, théâtre, musique, télévision, BD). Cet ouvrage vise à comprendre les nouveaux enjeux du giallo/noir à l'origine de son succès. On y voit comment, à travers l'écriture de l'énigme, le giallo explore les côtés obscurs et complexes de l'Italie contemporaine.

  • Le thème de la punition est traditionnellement abordé sous l'angle juridico-politique ou psychanalytique. Les études rassemblées dans ce volume renouvellent le regard en s'interrogeant sur le rôle joué par les représentations littéraires et cinématographiques dans l'élaboration des concepts de faute et de châtiment. La culture italienne, de la Renaissance à nos jours, est ici le lieu privilégié de cette enquête. Dans le théâtre tragique et le poème épique de l'âge classique, les représentations de la punition visent à souligner la distance entre justice divine et justice humaine. Aux XIXe et XXe siècles, elles suscitent plutôt une interrogation sur le concept de culpabilité : la faute est-elle le fait d'une conscience morale individuelle ou doit-elle être ramenée à une faute originaire que les vivants expient dès leur naissance ? Et en quel sens ces représentations peuvent-elles aussi servir à explorer les instances psychiques et leur rapport avec la vie organique ? Dans plusieurs formes narratives et cinématographiques d'après-guerre, on assiste enfin à un brouillage de la distinction entre coupables et innocents, bourreaux et victimes, dans un contexte de dérèglement des institutions où l'exercice de la justice semble problématique.

  • L'année 2015 a marqué le quarantième anniversaire de l'assassinat de Pasolini. Le dossier « Pasolini, cinéaste civil » cherche cependant à faire entendre le désir de vivre du cinéaste et à faire comprendre comment ce désir de vivre trouve dans le cinéma son médium idéal. Regarder Pasolini par le prisme de cette vie vécue - en privilégiant l'infini plan-séquence de son action contre l'opération réductrice du montage-mort - nous paraît être le seul geste qui puisse laisser entendre le sens et l'actualité de son engagement dans la réalité historique italienne et mondiale, et rendre compte de sa recherche passionnée d'une immanence au réel, un réel toujours contradictoire et concret. Pasolini revendique « un amour désespéré pour la réalité », que le cinéma lui permet de mettre à l'épreuve et de développer.

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