Capricci Editions

  • La grande illusion de Céline Nouv.

    La grande illusion est ici une croyance erronée, et le titre d'un film de Jean Renoir de 1937.
    Le livre part de l'attaque furieuse du film par Céline dans Bagatelles pour un massacre, et du conflit qui s'ensuivit. Il croise quelques figures du cinéma, Stroheim, Dalio, Gabin, Itkine, mais aussi, plus ténébreuses et très en vue, celles d'un ethnologue « racialiste » et d'un délirant spécialiste en onomastique.
    Ni procès à charge ni énième spéculation sur la distinction écrivain/pamphlétaire antisémite, c'est plutôt une fable, un conte, ou en musique une fantaisie ou un impromptu.
    Les discours de haine pseudo-scientifiques d'alors font penser à ceux des réseaux sociaux actuels. Depuis longtemps en effet les notions de race et d'assignation identitaire n'avaient aussi vénéneusement refleuri.

    Jean Narboni est un ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma. Il y a fondé et dirigé les éditions du même nom, où il a notamment publié des ouvrages de Roland Barthes, Serge Daney, Eric Rohmer ou Jean Louis Schefer. Chez Capricci, il est l'auteur de La nuit sera noire et blanche, ...Pourquoi les coiffeurs ? Notes actuelles sur Le Dictateur, et Samuel Fuller, un homme à fables.

  • Je suis le frère d'un génie de la musique aléatoire, le père d'une belle astronome qui choisit sa voie à 5 ans, le cousin au 11e degré d'un mec qui tua le maire, la mairesse et le garde champêtre (lequel avait déplacé sa chèvre de 8 mètres) de son village, le mari d'une femme équilibrée et séduisante qui me supporte depuis 52 ans. Je suis un highbrow et un Lenny (Des souris et des hommes). Grâce à Truffaut, j'ai écrit sur le cinéma pendant 65 ans, et, lancé par Godard, j'ai fait durant 54 ans des films qui font rire sur des sujets sérieux, marxisme et taylorisme, vagin et clitoris. J'ai bossé dans tous les genres filmiques. Ce qui restera de moi, c'est une formule : LA MORALE EST AFFAIRE DE TRA¬VELLINGS. On me situe entre Brecht et Courteline, entre Buñuel et Tati. Je suis un maverick issu de ploucs préalpins, un marathonien capable de monter en vélo à 5390 mètres, mais qui ne sait pas skier, ni danser, ni nager, ni conduire. Puisse ce livre m'aider à me définir. Connais-toi toi-même, disait Socrate.Luc Moullet

    Né en 1937, Luc Moullet débute comme critique aux Cahiers du cinéma. En 1960, Jean-Luc Godard lui propose de réaliser son premier court métrage, Un steak trop cuit, qu'il tourne chez lui dans une économie de contrebande. Il ne cessera ensuite d'alterner une activité de réalisateur, de producteur et de critique. Son oeuvre insolite est composée d'une quarantaine de courts et longs métrages parmi lesquels Anatomie d'un rapport, Genèse d'un repas ou La Comédie du travail.

  • De Scorsese à John Woo en passant par Tarantino, Jarmusch ou encore Michael Mann, nombreux sont les cinéastes à se réclamer de Jean-Pierre Melville, tant celui-ci aura renouvelé en profondeur le cinéma de genre. Dans ce livre d'entretien devenu un classique de l'édition de cinéma, le cinéaste revient généreusement sur son parcours et sur la genèse de ses films. Il y aborde notamment ses influences cinématographiques et littéraires, certains points peu connus de sa biographie, les grands thèmes de son oeuvre et son travail de metteur en scène. Peu à peu se profile une personnalité complexe, parfois contradictoire : le portrait d'un homme secret et orgueilleux, réputé pour ses brouilles et ses colères, mais porté par un amour inconditionnel du cinéma.

    Rui Nogueira est un journaliste et critique de cinéma né en 1938 au Portugal. À son arrivée à Paris dans les années 1960, il devient le collaborateur d'Henri Langlois à la Cinémathèque française et écrit pour diverses publications sur le cinéma, françaises ou étrangères, dont la célèbre revue anglaise Sight and Sound.

  • Comment choisit-on un scénario? Qu'est-ce qui détermine le style d'un film? Comment gérer un tournage en extérieur avec une centaine de figurants ? Que faire pour maintenir la concentration d'un acteur au bout de la dixième prise ?Étape par étape, Sidney Lumet aborde tous les aspects de la création cinématographique, de l'écriture à la post-production : le casting, les répétitions, le choix des décors et des costumes, le tournage et le montage, la conception de la bande-son..., jusqu'au moment fatidique de la première projection. Auteur de nombreux classiques (Serpico, Un après-midi de chien, 12 hommes en colère), Lumet offre avec ce livre le point de vue rare d'un cinéaste sur son propre travail et sur son art, nourri d'une longue expérience à Hollywood où il a tourné avec les plus grandes stars (de Katharine Hepburn à Al Pacino). À la fois mémoires professionnelles fourmillant d'anecdotes et guide pour apprenti réalisateur, Faire un film est une plongée saisissante dans les coulisses du cinéma.

  • Josef von Sternberg est à l'origine d'une des carrières les plus accidentées de l'histoire du cinéma américain. Après des années d'assistanat, il tourna l'un des premiers films indépendants, claqua la porte de plusieurs plateaux, partit filmer en Allemagne puis au Japon, dénicha Marlene Dietrich, fut monteur pour d'autres et directeur de la photographie pour lui-même, réalisa un peu partout des morceaux de films, dégringola plusieurs fois les marches de la gloire pour les remonter une à une. Il légua au cinéma un gisement de chefs-d'oeuvre éblouissants, parfois reconnus, parfois oubliés ou demeurés secrets. Cet ouvrage est un exercice d'admiration au sujet d'une oeuvre parmi les plus farouchement insolites et tragiquement sensuelles jamais tournées au sein de l'industrie hollywoodienne.

    Mathieu Macheret est critique de cinéma au journal Le Monde. Il a écrit aux Cahiers du cinéma entre 2011 et 2014 et collabore actuellement aux revues Trafic et Études, ainsi qu'à l'émission Plan Large sur France Culture. Il a également contribué à des ouvrages collectifs sur les cinéastes Otto Preminger, Francis Ford Coppola, Jacques Tourneur, Manoel de Oliveira, Guy Gilles, Samuel Fuller, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet.

  • Pourquoi La Chambre claire, dernier livre de Roland Barthes, parut-il sous triple pavillon, Gallimard, Cahiers du cinéma et Seuil ? Pourquoi est-il organisé en deux fois 24 sections, d'« un jour » à « un soir » ? Quelle logique guida le choix des illustrations, et pourquoi fallait-il que la première d'entre elles soit, seule, en couleurs ? Quel rôle déclencheur y tient le Casanova de Fellini, alors même que Barthes décrète d'emblée aimer la photographie contre le cinéma ? Qu'est-ce que l'incident du Saint-Claude ? Quel drame se joue dans ces pages, et quelle confrontation secrète avec la pensée d'André Bazin ?


    Rédacteur en chef des Cahiers du cinéma entre 1963 et 1973, Jean Narboni y a ensuite fondé les Éditions du même nom, où il a notamment publié des ouvrages de Roland Barthes, Jean-Louis Schefer, Serge Daney, Eric Rohmer, Jean Douchet, Pascal Bonitzer. Il est l'auteur de livres sur Mikio Naruse, Ingmar Bergman, Charlie Chaplin ou encore Samuel Fuller.

  • Compagnon de route de Charlie Chaplin, Mack Sennett, Fatty Arbuckle, Harold Lloyd ou des Marx Brothers, Buster Keaton commence sa carrie

  • Au début des années 70, le monde entier observe, fasciné, un jeune chinois jongler avec un nunchaku. Le fléau danse autour de son corps à moitié nu, il souffle et pousse descris féroces, portant au fond du regard une étincelle de folie. The Big Boss (1971), La Fureur de vaincre (1972), La Fureur du dragon (1972), Opération dragon (1973). En quatre films vite moulinés, Bruce Lee bondit aux yeux du monde entier... A 32 ans seulement, il est à la veille de sa mort.

    Du Hongkong de l'après-guerre au San Francisco des sixties, des studios de Hollywood à ceux de Kowloon, ce livre raconte son parcours, ses amitiés-rivalités avec Steve McQueen ou Roman Polanski, sa vie sentimentale complexe mais aussi l'aube de la mondialisation des arts martiaux, et toutes les folles ambitions d'une vie inachevée.

    Adrien Gombeaud est journaliste et critique de cinéma. Diplômé de chinois et docteur en langue et civilisation coréenne, il écrit notamment pour Les Échos, Le Figaro Magazine, Vanity Fair et Positif. Il est l'auteur d'une dizaine de livres, dont : L'Homme de la place Tiananmen (Le Seuil), Une blonde à Manhattan (Le Serpent à plumes), Dans les pas du Petit Timonier (Le Seuil), 30 secondes en Arizona (Espaces & Signes). Il a coordonné un Dictionnaire du cinéma asiatique (Nouveau Monde Editions).

  • Il a publié son premier poème à 8 ans, été condamné aux travaux forcés à 15, a menti pour avoir son premier rôle, a été arrêté pour possession de stupéfiants, a giflé Otto Preminger, est devenu ami avec Marilyn Monroe, a chanté avec Elvis Presley, était plutôt pour la guerre du Vietnam et franchement contre certains journalistes, qu'il aurait volontiers enterrés vivants. Mais il l'a fait sans avoir l'air de vraiment s'y intéresser, à la fois complètement dedans et totalement à côté, l'oeil alangui et un sourire en coin.Éternel vagabond qui se considérait toujours entre deux trains, Robert Mitchum n'attachait que peu d'importance au métier d'acteur. Comme si, malgré le bruit, la gloire et l'agitation, il n'avait jamais été vraiment là.

    Lelo Jimmy Batista est auteur, scénariste, réalisateur et journaliste.

  • Sorti quelques mois après la mort de Kubrick, Eyes Wide Shut est depuis nimbé d'une aura de mystère et de démesure : un tournage homérique de presque deux ans, le couple Tom Cruise-Nicole Kidman dans la tourmente, des acteurs qui quittent le projet, un réalisateur mythique connu pour ses méthodes hors du commun... Le cocktail est explosif, encore agrémenté d'un parfum de scandale lorsque surgit la rumeur d'un film toujours en cours de montage à la mort de Kubrick, et donc terminé in extremis par sa garde rapprochée.



    Vingt ans plus tard, cet ouvrage nourri d'une soixantaine d'entretiens revient sur la conception d'une oeuvre à part, peut-être la plus personnelle et hypnotisante du cinéaste. Avec en ligne de mire cette question clé : que nous apprend Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick ?

    Axel Cadieux est journaliste pour les magazines Sofilm et Society, et réalise des sujets pour les émissions Court-Circuit (Arte) et Viva Cinéma (Ciné+). Il est l'auteur de plusieurs livres consacrés à Michael Mann, Paul Verhoeven, Twin Peaks ou la chaîne HBO, et d'un documentaire sur le jeu vidéo Street Fighter.

  • « Je ferme les paupières, je me bouche les oreilles, je pressurise mes tempes. Mais j'entends, je perçois encore, de plus en plus distinctement, le bruit des bottes qui reviennent. Serais-je donc le seul à l'entendre ? »

    Ne croyez surtout pas que je hurle est un essai cinématographique de Frank Beauvais. Le cinéaste a réuni des plans issus de plus de 400 films sur lesquels il a monté en voix off le récit autobiographique qui évoque les jours sombres qu'il a traversés en 2016. Il y exprime le désarroi dans lequel il était plongé, isolé dans un village alsacien après une rupture amoureuse, terrifié par le climat sécuritaire qui régnait alors dans une France en état d'urgence. C'est ce cri de rage désespéré, ce bouleversant désir de retour à la vie d'un cinéphile reclus, qui est ici publié.

    Né en 1970, Frank Beauvais est l'auteur de nombreux courts métrages. Ne croyez surtout pas que je hurle, sorti en salle en septembre 2019, est son premier long métrage.

  • Qu'est-ce qui rapproche Le Guépard, La vie est belle, Lola, Mother, Le Grand Bain, La Poursuite infernale, Gilda, My Own Private Idaho, Naissance des pieuvres, La Ruée vers l'or et tant d'autres ? Sans relever de la comédie musicale, tous ces films appartenant des genres les plus divers (western, comédie, mélodrame, thriller, fresque historique, etc.) sont traversés par des moments de danse et de chorégraphie. Entrer dans le cinéma par la danse, comme on dirait « par la bande », en examinant ces moments où les corps sont touchés par la grâce, tel est le but de cet ouvrage, illustré et en couleur.

    Critique chorégraphique et critique d'art, Hervé Gauville a dirigé la rubrique arts plastiques de Libération jusqu'en 2006. Il a été chroniqueur cinéma à Art Press et collabore régulièrement à la revue Trafic.

  • C'est l'histoire d'une actrice qui a toujours témoigné d'un goût prononcé pour le désastre et la catastrophe. Pour les héroïnes qu'elle incarne, cette catastrophe emprunte plusieurs noms : mari, enfant, France, amour, famille, réalité. Leurs moyens d'y répondre s'appellent masochisme, rêve, travail, perversion, poison, sévérité, humour, absence, folie.
    Violette Nozière, Madame Bovary, La Pianiste ou encore Elle : à travers ses plus grands rôles, Isabelle Huppert n'a cessé de livrer une bataille fictionnelle aux versions étriquées de la vie et de la féminité pour leur préférer la quête d'un idéal impossible, l'élan tragique et une forme salvatrice de monstruosité. À l'image d'un bonheur trop conventionnel, elle a toujours su opposer ce que l'on a appelé sa « plénitude malheureuse ».

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Isabelle Huppert. Vivre ne nous regarde pas est son premier livre.

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Elle écrit pour Le Monde, Chronic'art, participe régulièrement à l'émission La Dispute sur France Culture et présente des entretiens sur le cinéma pour le site http://hors-serie.net.

  • Du haut des 40 films réalisés par Youssef Chahine en 50 ans de carrière, c'est l'histoire mouvementée du 20ème siècle qui nous contemple. A la différence - fondamentale - que le plus connu des cinéastes égyptiens voyait le monde depuis le phare d'Alexandrie. Et le Monde apparaît sensiblement différent quand la Gare Centrale du Caire devient soudain son centre de gravité. Originaire de la région du globe la plus malmenée par l'histoire durant le siècle dernier, Chahine n'a jamais désespéré du genre humain pour autant. Progressiste et joyeux, son cinéma a épousé tous les genres (comédie musicale, drame social, fresque historique, film intimiste) pour nous entraîner dans les mondes disparus et les paradis perdus qu'a connu ce levantin né en 1926 et mort en 2008 - chez lui en Egypte.

    Tewfik Hakem est journaliste et producteur à France Culture. Ami de Youssef Chahine, il a assisté à plusieurs tournages du cinéaste après avoir fait sa connaissance en 1985.

  • En 2016, le succès public et critique rencontré par Elle a remis Paul Verhoeven sur le devant de la scène internationale. Le cinéaste néerlandais raconte son parcours dans cet entretien exhaustif réalisé chez lui, à La Haye. Il évoque ses controverses et ses succès, Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone et Isabelle Huppert, la Hollande et Hollywood, le triomphe de Basic Instinct et l'échec de Showgirls, la liberté de Starship Troopers et la vitesse de Black Book... Il revient sur ce qui le lie aux femmes - plus qu'aux hommes -, sur sa passion pour Jésus et pour Jean Moulin, ainsi que sur ses nombreux projets de films.
    Cet entretien est précédé d'un essai d'Emmanuel Burdeau portant sur l'ensemble de l'oeuvre de Paul Verhoeven.

  • Disparue en 2015, Chantal Akerman est l'une des figures de proue du cinéma moderne, dont se réclament de grands cinéastes comme Gus Van Sant ou Todd Haynes. Unique, son oeuvre l'est par son hétérogénéité: la fiction s'y mêle au documentaire, le cinéma à la vidéo, les adaptations littéraires y côtoient des essais expérimentaux, un film peut y donner naissance à une installation artistique... Expérience du temps (des 13 min. de Saute ma ville aux 3h40 de Jeanne Dielman), ce cinéma est aussi l'exploration de lieux: chambres, appartements, hôtels, entre Europe et Amérique, de Moscou à New York... Ce livre se propose de visiter à nouveau les lieux que son cinéma nous a fait habiter. D'une scène, d'un geste, d'un motif à l'autre, il tâchera de se souvenir: qu'a-t-on vu dans les films d'Akerman?

    Jérôme Momcilovic est critique au magazine Chronic'art dont il dirige les pages cinéma. Il est l'auteur de Prodiges d'Arnold Schwarzenegger (prix du meilleur livre français sur le cinéma en 2016) paru chez Capricci.

  • Il a été le roi d'Hollywood et remporté cinq oscars dans les années 1970. Il a rêvé d'un cinéma électronique et connu la faillite dans les années 1980. Il a trouvé une synthèse entre grand spectacle et films intimistes dans les années 2000. Sans conteste, Francis Ford Coppola est l'un des réalisateurs contemporains les plus singuliers.Richement illustré en couleurs, cet ouvrage est composé de textes qui parcourent chronologiquement son oeuvre, de ses débuts dans l'écurie Corman à son dernier film en date, Twixt, en passant par le pivot Apocalypse Now, notamment au fil d'un long entretien de 1979 inédit en livre.Coppola et la génération Corman - Gilles EspositoLes Gens de la pluie - Cédric AngerTrois scènes de la trilogie du Parrain - Jean-François BuiréConversation Secrète - Miguel MariasApocalypse Now - Hervé AubronEntretien avec Francis Ford Coppola (1979)Les années 1980 et le cinéma électronique - Murielle JoudetDracula - Jean DouchetJack et L'Idéaliste - Jean-François RaugerLe retour de Coppola - Mathieu Macheret

  • Le Port de la drogue, Shock Corridor, Dressé pour tuer... Les films de Samuel Fuller, à l'instar de sa vie, ont prêté à bien des malentendus : sur la violence, la politique, la guerre, les hommes, les femmes, les États-Unis. Des cinéastes de sa génération (Robert Aldrich, Richard Brooks ou Nicholas Ray), Fuller est en effet celui qui a suscité au fil du temps les évaluations et les jugements les plus contradictoires.
    Il y a superbement survécu : indépendant jusqu'à l'intransigeance, rageur, lyrique, tendre, conteur fabuleusement inventif, inconvenant, drôle, en un mot libre. S'il revendiquait un cinéma de basse extraction quant à ses budgets et au matériau qu'il privilégiait, il tenait avec orgueil à inscrire au fronton de ses films qu'il les écrivait, les réalisait et souvent les produisait lui-même. L'énergie extrême que tout le monde s'accordait à lui reconnaître a longtemps fait elle-même l'objet d'une méprise. Loin d'être une force brute et aveugle, elle doit s'entendre, ainsi que chez Balzac dont il était fou, comme ultime puissance créatrice.

  • Dans l'espace, au-delà de la mince pellicule d'atmosphère terrestre, il n'y a pas de son ; et y en aurait-il que personne ne resterait vivant pour l'entendre. Que font alors les films qui s'y déroulent, très nombreux jusqu'à First Man de Damien Chazelle, pour respecter ou contourner cette loi scientifique, et ne pas être silencieux ? Ce livre raconte une histoire qui peut sembler anecdotique, mais qui s'entrecroise avec l'histoire de notre vie sur Terre, de nos communications, de notre rapport avec le Cosmos. Il s'agit de parler du cinéma sans le séparer de la vie. Laquelle comporte aussi le mythe, le symbole, et le rêve - dans les fantaisies spatiales héroïques à la George Lucas, certes, mais aussi dans les films « plausibles » et rigoureux, comme 2001, de Kubrick, parmi d'autres.

    Né en 1947, Michel Chion est compositeur, écrivain, réalisateur, chercheur et enseignant. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, sur la musique et le cinéma, dont Ecrire un scénario (éd. Cahiers du cinéma), L'Audio-vision : Son et image au cinéma (Armand Colin) et Les Films de science-fiction (éd. Cahiers du cinéma).

  • Béla Tarr, né en 1955 en Hongrie, a commencé à filmer à la fin des années 1970. Ses films les plus marquants sont Damnation (1988), Les Harmonies Werkmeister (2000), et plus récemment L'homme de Londres (2007), adaptation de Georges Simenon.D'Almanach d'automne (1984) au Cheval de Turin (2011), les films de Béla Tarr ont suivi la faillite de la promesse communiste. Mais le temps d'après n'est pas le temps uniforme et morose de ceux qui ne croient plus à rien. C'est le temps où l'on s'intéresse moins aux histoires, à leurs succès et à leurs échecs qu'à l'étoffe sensible du temps où elles sont taillées. Loin de tout formalisme, la splendeur des plans-séquence de Satantango ou de Werckmeister Harmonies est faite d'une attention passionnée à la façon dont la croyance en une vie meilleure vient trouer le temps de la répétition, au courage avec lequel les individus en poursuivent le rêve et en supportent la déception. Pour Jacques Rancière, le temps d'après est notre temps et Béla Tarr est l'un de ses artistes majeurs.

  • Comment est née la série la plus culte des années 1990 ? Que sont devenus les lieux mythiques du tournage ? De quel sordide fait divers s'inspire le meurtre de Laura Palmer ? À quoi ressemble la méthode David Lynch ?
    Pour répondre à ces questions, il fallait bien plusieurs voyages. Dans les environs de Seattle, où débuta le tournage de la série, à la rencontre des fans et des habitants ; quelques milliers de kilomètres plus au sud, à Los Angeles, où les principaux concepteurs du show racontent l'aventure de l'intérieur ; mais aussi dans la vraie ville de Twin Peaks, dont les mystères n'ont rien à envier à ceux de la série.
    Voyages à Twin Peaks tient à la fois du récit de tournage, du décryptage d'un phénomène culturel hors norme, et du reportage au coeur d'une Amérique fantasmée, au plus près de l'ambiance et des intrigues de la série.

    Axel Cadieux est journaliste pour les magazines Sofilm et Society et collabore également à des émissions de cinéma pour Arte et Canal+.

  • Premier livre d'entretien avec Werner Herzog à être publié en français, Manuel de survie est le témoignage grandiose d'un rescapé : un rescapé du cinéma et un rescapé tout court.

  • Admiré par de nombreux cinéastes cinéphiles, de Martin Scorsese à Apichatpong Weerasethakul, Jacques Tourneur demeure pourtant un cinéaste méconnu, trop souvent réduit à ses grands films fantastiques qui ont révolutionné le genre (La Féline, Vaudou, L'Homme-léopard, Rendez-vous avec la peur). Richement illustré, cet ouvrage collectif réunissant des spécialistes de plusieurs pays propose de redécouvrir l'ensemble de l'oeuvre du cinéaste à travers les différents genres (fantastique, western, thriller, aventures, etc.) qu'il a abordés. Il paraît à l'occasion d'une grande rétrospective Jacques Tourneur en août 2017 au Festival de Locarno, reprise à la Cinémathèque française du 30 août au 1er octobre.

    Patrick Brion, Carlo Chatrian, Rinaldo Censi, Jean-Louis Comolli, Pierre Eugène, Chris Fujiwara, Pierre Gabaston, Fernando Ganzo, Hervé Gauville, Haden Guest, Petr Král, Mariano Llinás, Mathieu Macheret, Simon Mizrahi, Jean-François Rauger, Patrice Rollet.

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