• Dans le hall d'entrée, mon père s'arrête face aux boîtes aux lettres. Il y en a trente-deux. Il les fixe, cherche notre nom. Soudain ému, il avance d'un pas et tend un doigt vers l'étiquette blanche où est écrit « Charef ». Je ne dis rien.

    Il y a des hommes, beaucoup, qui rêvent de voir leur nom briller en rouge, en lettres larges, encadré de néons multicolores, scintillant, clignotant, en haut d'une affiche, sur un fronton. Mon père voit son nom à la hauteur de ses yeux et déjà, il n'en revient pas.

    L'exil qu'il nous a fait subir, les bidonvilles, la sordide cité de transit, il sait qu'on en a souffert. Mais il a réussi, mon papa. Maintenant il respire, et nous aussi.



    Années 1970. À l'usine où le fils travaille pour compléter la paie du père, au HLM où toute la famille est enfin installée, s'ajoutent les cheveux longs, les bottes à talons, les virées en boîte, Jimi Hendrix et Janis Joplin. Dans cette cité mille fois rêvée, enfin habitée, souffle un nouveau vent de liberté.



    La Cité de mon père est le septième roman de Mehdi Charef, né en 1952, qui a notamment publié Le Thé au harem d'Archi Ahmed (1983) et réalisé onze films.

  • Aurelio Picca est un amoureux de Rome, mais la Rome qu'il aime n'a rien à voir avec celles des guides de voyage et du tourisme de masse : c'est la Rome des bas-fonds, celle où les garçons des rues côtoient les prostituées dans des bars louches, où les malfrats disparaissent dans les ruelles, où les conflits se règlent parfois en assassinats aux yeux de tous.
    Aurelio Picca arpente sa ville et voyage dans ses souvenirs : on lira dans L'Arsenal de Rome détruite le récit de nuits passées dans le quartier de l'EUR, le portrait de quelques criminels qu'il a croisés et avec qui, parfois, il est devenu ami. C'est un ouvrage fourmillant d'anecdotes où se découvre l'envers de la Ville éternelle : une cité brinquebalante, à la fois maîtresse et amante, lumineuse et sale. L'auteur y démontre qu'il a bien mérité son surnom de « Henry Miller des Castelli Romani ».

  • Théâtre complet

    Eschyle

    Sept rois marchent sur Thèbes pendant que dans la ville on se prépare pour une guerre que l'on croit perdue d'avance (Les Sept contre Thèbes). Les cinquante filles de Danaos demandent refuge et protection au roi d'Argos (Les Suppliantes). Oreste venge son père Agamemnon, tué par sa mère Clytemnestre (L'Orestie)... Guerre, vengeance, coups du destin : tels sont les tourments que dépeignent les sept tragédies d'Eschyle qui sont parvenues jusqu'aujourd'hui. Celui qui est le plus ancien des tragiques que nous connaissions, pourtant, en avait écrit au moins quatre-vingts.
    Son théâtre est un tableau lucide des sentiments d'hommes que la fatalité met à l'épreuve. Rachetant la noirceur du coeur humain, la justice et la morale se révèlent ici, comme nulle part ailleurs, au fondement de la vie de la cité.

  • Le code de conduite du parfait homme de cour est au coeur des conversations de gentilshommes lettrés à la cour d'Urbino. Traduit dès le XVIesiècle dans toute l'Europe, ce manuel de bonnes manières a marqué la culture occidentale. Or, le présent volume s'attache au livre III, le plus original et le plus délicieusement digressif. Cinq hommes et, fait exceptionnel, deux femmes, dont la duchesse d'Urbino, participent à la joute verbale. Le sujet se révèle épineux : les usages qu'une dame de palais se doit d'observer. Tous se disputent in fine sur les mérites prêtés à la femme en général. Quand les misogynes s'opposent aux défenseurs de la gent féminine, l'un prône une égalité entre l'homme et la femme. Mais le champion de ces dames ne s'en forgerait-il pas une image conforme à ses désirs ?

    L'écrivain Baldassare Castiglione (1478-1529) fut ambassadeur auprès de Louis XII puis de Léon X. Il se lia d'amitié avec Raphaël et rencontra les personnalités réunies autour de la duchesse Élisabeth de Gonzague et sa belle-soeur Emilia Pia : Pietro Bembo, Julien de Médicis, Ottaviano, Federigo Fregoso et autres lettrés qui figureront dans sa grande oeuvre Il Cortegiano, parue en 1528. Après la mort de sa femme en 1520, il entre dans le clergé et gagne la cour de Charles-Quint. Il meurt à Tolède.

  • Ce mercredi 21 avril, nous étions trois. Mes deux amis et moi sur la terrasse de mon immeuble, la seule tour de la cité.
    L'accès était strictement interdit. Pourtant, on montait souvent tout là-haut. C'était magnifique, la ville n'était plus la même, le monde devenait gigantesque.
    Ce jour-là, si j'avais été seul, je n'aurais pas fait la même chose. À une demi-seconde près, il ne se serait rien passé. J'y pense sans cesse. À ce qui est arrivé. J'aimerais me confier à quelqu'un, tout raconter. Mais qui pourra comprendre sans juger ?

  • " La vision de Hao Jingfang est à la fois sensible et grandiose, rigoureuse et délicate, une étude compatissante de la fragilité humaine face au progrès implacable. Sans perdre la foi en la suprématie de la Raison, ses histoires nous rappellent que la seule chose qui changera le monde est la Passion. " - Ken Liu

    Le futur tel que vous ne l'avez jamais lu. À travers douze nouvelles d'une rare sensibilité, Hao Jingfang explore l'humain face à un avenir incertain.
    L'insondable profondeur de la solitude, c'est celle de l'individu confronté à la marche inéluctable du temps et de la civilisation, de l'évolution et de la technique, de l'aliénation et du pouvoir. Sa fragilité et sa détresse, ses désirs et son besoin de résistance, ce sont les nôtres, nous les partageons universellement, et Hao Jingfang les éclaire d'une plume délicate et compatissante.

  • Cet essai est né d'une rencontre avec des chefs indiens d'Amazonie. Que pensons-nous qu'ils ne pensent pas ? Que savent-ils que nous ignorons ? La science nous sauvera-t-elle, et son progrès n'est-il qu'heureux ? Ou bien est-elle devenue la cause de toutes sortes de méfaits ? Ces questions suscitent des débats d'autant plus vifs que les « accidents » se multiplient (nucléaire, dérèglement climatique, vache folle...). Pour Étienne Klein, c'est la question même du projet politique de la cité qui se trouve là posée.
    Galilée et Descartes sont ceux qui ont préparé l'avènement de la science moderne. Mais en mathématisant la nature, la science a instauré une hiérarchie que seul l'Occident reconnaît, avec l'homme en haut de l'échelle, et, réduits au rang d'entités utilitaires, les plantes, les arbres, les animaux...
    Cette conception a rendu possible l'exploitation de la nature. En un demi-siècle à peine, nous sommes passés d'un régime où science et technique étaient liées par de complexes rapports à l'empire d'une vaste technoscience, qui vise la seule efficacité. Cette efficacité n'est-elle pas en train de se retourner contre nous ? Allons-nous liquider la science au motif d'un mauvais usage du monde ?

  • A Scarborough, on descend au bord de la rivière Rouge boire des bières, on rêve d'Aisha, la fille la plus intelligente du lycée, le genre qui a un avenir, on tombe amoureux. On rencontre des gangs rivaux, on se jauge, on se bat; ou alors, on se retrouve chez Desirea's, à la fois salon de coiffure et boîte de nuit.

    Michael et Francis, deux frères adolescents, mènent dans cette banlieue de Toronto une existence rythmée par les descentes de flics et le racisme ambiant. Ils n'ont jamais connu leur père et leur mère travaille nuit et jour pour leur donner une chance.

    Les deux frères tiennent le coup grâce à l'amour maternel et en s'accrochant à leurs rêves d'avenir: le hip-hop pour Francis, Aisha pour Michael. Mais leurs espoirs volent en éclat lorsqu'une fusillade éclate, un jour d'été 1991.

    Né en 1969, David Chariandy a grandi à Scarborough, une banlieue difficile de Toronto - celle où se déroule son roman 33 tours. Il vit aujourd'hui à Vancouver, où il enseigne à la Simon Fraser University. Son premier roman, Soucougnant, (Zoé, 2012), l'a consacré parmi les principaux auteurs canadiens contemporains. Chariandy puise son inspiration au sein de la diaspora caribéenne au Canada et traite de son intégration à la culture locale.

  • Lila s'envole pour Tokyo avec dans son sac une urne contenant les cendres de son frère Krimo qu'elle transporte clandestinement, bravant divers interdits. Si elle entreprend ce long voyage, c'est pour respecter les ultimes volontés de ce dernier, tué alors qu'il tentait d'échapper à la police, une nuit à Grigny. Mais Krimo n'était pas un délinquant, il essayait seulement d'aider leur aîné à tous les deux, Redouane, accusé d'avoir trempé dans une sale affaire de drogue et incarcéré depuis. Heureusement, dans son périple Lila peut compter sur les conseils d'Adel, qu'elle a rencontré à l'aéroport, un jeune génie aussi maladroit qu'attachant, par ailleurs grand spécialiste du Japon et de sa culture. Réussiront-ils à échapper à la mystérieuse silhouette qui les traque depuis leur départ de Paris ?

  • Dernier ouvrage de l'un des plus grand historien du XXe siècle, Le Bourgeois de Paris au Moyen Âge revient sur les hommes - commerçants, boutiquiers, artisans, gens de finance, praticiens du droit, collaborateurs de l'administration royale, officiers de justices diverses, attachés aux institutions d'Église - qui, aux côtés du roi, ont fait de Paris la première ville d'Europe. Sous la plume de Jean Favier, détails pittoresques et anecdotes savoureuses émaillent le récit de la vie d'une population qui n'a pas sa pareille dans la France du Moyen Âge. Et à travers la question de la notabilité bourgeoise, il traverse l'ensemble de l'histoire médiévale de la cité parisienne. « Le Paris médiéval, de l'aube ou du soleil couchant, respire et s'active sous nos yeux. Et Jean Favier en est le guide ardent. » Télérama

  • Jean-Pierre Vernant (1914-2007), philosophe et helléniste d'exception, a révolutionné la compréhension de la Grèce antique et la réflexion sur la place des cultures anciennes dans le monde contemporain. Plus de dix ans après sa disparition, le moment est venu de porter un regard distancié sur le parcours d'un homme qui a toujours entrelacé sa vie de chercheur et sa vie de citoyen. Car Vernant s'est nourri en permanence des débats de son époque pour faire de l'étude des anciens Grecs une force intellectuelle libératrice. Mais avec le temps, l'écart se creuse avec les conditions originelles de la création de son oeuvre. Le risque existe que la diversité de cette pensée ne soit réduite aux approximations d'une vulgate appauvrie. Les auteurs sollicités pour ce volume représentent des pays, des disciplines et des courants de pensée divers, de la science politique à l'archéologie, de la philologie à l'histoire de l'art ou l'histoire des religions. Ils mènent une réflexion qui entrecroise les considérations sur l'action de Vernant citoyen, l'analyse approfondie de son oeuvre et la mise en perspective de la réception de cette oeuvre dans différents pays et institutions. En se focalisant sur l'étude du religieux, sur le politique et la question de la cité, enfin sur le rayonnement international de Vernant, ils reconsidèrent une pensée multiforme, la replacent dans son contexte et montrent par quelles voies elle a exercé son influence, bref ressaisissent ce qui en fit l'originalité, la puissance et le rayonnement.

  • Une ville immortelle. Une damnation éternelle.An 37. Caligula, l'empereur fou, règne sur Rome par le sang, le viol, et la terreur. Il est habité par des visions envoyées par le Palladium qui le convoque et l'appelle. Mystifié par l'idole, il découvre la jeune vestale Aquilina en laquelle il croit retrouver sa défunte soeur Drusilla, dont il est toujours éperdument amoureux. Caligula fait trembler le Sénat et s'enfonce dans la paranoïa. Ker, la déesse enfermée dans le Palladium veut profiter de la démence de l'Empereur pour s'extraire de sa gangue d'orichalque et libérer enfin les ténèbres, puis se venger des Dieux et des Hommes. La très vieille vestale Laena peut seule s'opposer au Palladium et à Caligula, repoussant ainsi pour un temps la Malédiction.

  • Une ville immortelle. Une damnation éternelle.306. Constantin Ier règne sans partage sur un empire s'étendant de la mer du Nord à l'Orient. Sa mère, Hélène, fervente chrétienne, le pousse à la conversion et à imposer la religion du Dieu unique à tous ses citoyens. Les familles Leo et Aquila sont toujours les gardiennes et les garantes de la stabilité du Palladium, mais elles doivent désormais célébrer leur culte de manière clandestine. L'Empereur vient de fonder une seconde capitale pour l'Empire Romain d'Orient : Constantinople. Sous la pression de sa mère, il impose la religion chrétienne. Pour ce faire, il crée auprès des Romains un épouvantail qui les poussera à embrasser sa foi : il invente le Diable ! Il trouve dans l'antique culte du Palladium un bouc émissaire tout indiqué, et monte une machination pour désigner cette ancienne croyance, ainsi que ses adorateurs, à la vindicte populaire. Mais Ker, la déité prisonnière de la statue, usera de tous ses pouvoirs maléfiques pour briser les plans de l'Empereur...

  • Une grande fresque historique et fantastique sur l'éternité de Rome1250 av. J.-C. Alors que la guerre de Troie fait rage, des mystérieuses jumelles arrivent aux portes de la cité fortifiée. L'une tient dans ses bras une magnifique idole d'orichalque : le Palladium. Léonidas et Aquilon, deux officiers troyens semblant dissimuler un lourd secret, sont immédiatement séduits par la beauté trouble des jumelles. Et il ne faut pas longtemps pour que chacun en épouse une, fondant ainsi deux familles.Ce que tout le monde ignore, c'est que dans le Palladium est enfermée Ker, une déesse maléfique qui, de sa prison d'orichalque, réserve une terrible malédiction aux deux familles. Une malédiction qui les poursuivra à travers les âges, accompagnant le destin de la ville mythique qu'elles s'apprêtent à fonder : Rome.Conçu à l'origine par le regretté Gilles Chaillet, Roma est un projet ambitieux visant à raconter l'éternité de Rome à travers une grande fresque historico-fantastique de 13 albums, construite autour de la malédiction du Palladium. À raison d'une parution tous les 6 mois, chaque album, formant une histoire complète et réalisé par un dessinateur différent, nous décrit en toile de fond un épisode spécifique et emblématique de l'histoire de Rome. Un contexte historique hautement mis en lumière par l'apport de Bertrand Lançon, éminent historien spécialiste de la cité éternelle, qui contribue aux dossiers pédagogiques de fin d'album.

  • Une ville immortelle. Une damnation éternelle.217 avant Jésus Christ. Rome est devenue l'une des premières puissances de la Méditerranée. Seule Carthage contrarie son hégémonie. Hannibal conduit ses armées en Italie où il défait les légions de la République romaine à plusieurs reprises. Furius Léo, descendant de Léonidas, espère briser la Malédiction qui accable sa famille en remettant le Palladium à Hannibal, avec la promesse que l'icône lui apporterait gloire et pouvoir éternels. Furius est prêt à tout sacrifier pour parvenir à ses fins. Il n'imagine pas que le Palladium retournera son plan contre lui, sur fond de guerres puniques et de luttes de pouvoir, dans un combat opposant les Dieux aux hommes et le Bien au Mal...À peine 6 mois après la parution du premier volume, la grande saga Roma se poursuit avec ce tome 2 formidablement mis en images par Luca Erbetta. La malédiction du Palladium se poursuit au coeur de la cité éternelle. 

  • Une ville immortelle. Une damnation éternelle.43 avant J.-C. César, le plus puissant des hommes, est sur le point de restaurer la monarchie à Rome et de monter sur le trône. Fou amoureux de Cléopâtre, la reine d'Égypte, il s'apprête à transférer le Palladium à Alexandrie. Un complot, initié par le Palladium lui-même, manipulant les vestales, vise à assassiner le Consul. Car l'icône souhaite demeurer dans sa crypte à Rome d'où elle puise son antique pouvoir. Une jeune vestale, Laena, fille de Furius Leo - le principal conjuré -, va tenter de sauver César, Cléopâtre et leur fils. Le Palladium utilisera tous ses maléfices pour nuire à ceux qui contrarient son dessein.Contant le destin à travers les âges d'une mystérieuse statuette intimement liée à la ville de Rome, Roma est une passionnante fresque historique et fantastique permettant de découvrir tous les épisodes-clés de la cité éternelle, de l'Antiquité aux temps modernes. Ce 3e volume, centré sur Jules César, est illustré de main de maître par le trait élégant d'Annabel.

  • Le destin de l'architecte inconnu de la Sainte-Chapelle26 avril 1248. La consécration de la Sainte-Chapelle, qui abrite les plus précieuses reliques de la chrétienté, est célébrée avec faste au coeur du Palais de la Cité à Paris. Le départ imminent du roi Louis IX pour la croisade et l'effervescence qui règne ce jour-là au sein de la cour en font presque oublier le meurtre de l'architecte à qui l'on doit cet ouvrage. Rademir, le maître-verrier qui a supervisé la réalisation des verrières, connaît la vérité mais s'est juré de se taire. Que cache son silence ? Pourquoi se sent-il menacé et surtout qui était cet architecte dont l'histoire n'a pas retenu le nom ?À travers ce passionnant thriller historique, plongez dans les secrets de l'un des édifices les plus visités de Paris et découvrez l'oeuvre des différents corps de métiers (maçons, architectes, maîtres-verriers...) qui ont participé à sa monumentale construction.

  • Les idéologies dominantes dans le domaine des études sur la Grèce ancienne ont instauré deux miracles auxquels je ne crois pas : le miracle « indo-européen » du second millénaire - simple remontée du « miracle grec » de jadis - qui, en s'appuyant sur quelques vérités linguistiques et un schéma fonctionnel élémentaire, nie la chaîne culturelle de deux millénaires de civilisation et de littérature méditerranéennes et proche-orientales, et le miracle de la Cité grecque surgie entre le XIe et VIIIe siècle : loin de moi de refuser la réalité et l'importance des cités ! cependant, après tout, le monde néolithique a vu naître d'autres cités que des grecques, mais surtout, depuis Platon, l'Idée de la Cité l'emporte sur la cité, et ce phantasme nourrit aujourd'hui, après maints avatars, la pensée post-hégélienne. Hors la cité, point de salut ? Tout au rebours, il m'apparaît que chez les Grecs, comme pour nous, c'est au fond de l'homme d'abord, dans ce qu'un dieu y a mis au commencement - les mythes en même temps que l'être, héritage génétique en même temps que culturel - qu'il y a eu et qu'il est quelque chance de salut, et quelque sens... Les Muses à Hésiode ont appris les vérités. Sur l'Hélicon.
    B. D.

    Bernard Deforge, professeur émérite des Universités, a enseigné la littérature grecque ancienne pendant quarante ans. Il est l'auteur de nombreux livres sur cette littérature, ainsi que de recueils de poèmes. Son dernier ouvrage, Je suis un Grec ancien (2016), a été particulièrement salué par la presse.

  • Platon (c.428-c.347 av. J.-C.) est le nom propre qui signe l'avènement de la philosophie comme telle. Y sont attachés une méthode - le dialogue et, à sa suite, la dialectique -, ainsi qu'un objectif : celui de fonder le savoir vrai et la conduite juste sur des principes premiers. Ontologie et déontologie trouvent là leur acte de naissance ; elles sont un discours raisonné tenu de se justifier par une argumentation rigoureuse.
    Prolongeant de manière personnelle la leçon éthique de Socrate, les dialogues de Platon inscrivent le Bien dans une philosophie des Idées qui s'interroge sur la teneur de la vérité, la possibilité de l'atteindre ou non par la science, la nature des erreurs dont dérivent nos errances, le statut épineux du non-être. Convaincu du fondement métaphysique de tout état de choses, Platon ouvre simultanément des réflexions sur la justice, la cité idéale, l'amour, la beauté et le plaisir, qui seront autant de cadres pour la philosophie morale et politique à venir.
    Le présent livre explore la cohérence de la construction platonicienne en soulignant le pouvoir qu'ont les dialogues de mettre le lecteur sur le chemin de leurs thèses et d'ouvrir l'espace argumentatif de leur discussion. Le platonisme se montre ainsi sous son meilleur jour, celui d'une philosophie en prise sur le réel.

    Agrégé et docteur en philosophie, Ronald Bonan (né en 1961) enseigne actuellement en C.P.G.E. scientifiques au Lycée Vauvenargues d'Aix-en-Provence ainsi qu'au Département de Philosophie de l'Université de Provence (A.M.U.) où il prépare les étudiants aux concours d'enseignement et dispense un cours d'esthétique. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles en histoire de la philosophie (sur Merleau-Ponty, la science, l'esthétique) ainsi que de romans et pièces de théâtre (Le Canapé, Création au théâtre de Lenche à Marseille en 2010 ; Ambulances, Coaraze, L'Amourier, 2005) rapportant la courte mais marquante période de sa vie où il a changé de langue en passant brusquement de l'italien au français). Il a récemment publié aux Belles Lettres en 2011,Merleau-Ponty, chez Ellipses en 2011, Apprendre à philosopher avec Merleau-Ponty, aux Éditions Aléas en 2009, Pourquoi voyager avec Rimbaud ? Dialogues sur la réalité des apparences.

  • Bartole de Sassoferrato (env. 1313-1357) est l'un des plus grands juristes du Moyen Âge. Auteur d'une oeuvre immense, lue et commentée de son temps comme à l'époque moderne, il rédigea à la fin de sa vie un ensemble de trois traités, traduits ici pour la première fois en français, qui ont comme point commun d'envisager l'exercice du pouvoir dans sa dimension pratique aussi bien que théorique et juridique. Il consacre ainsi son Traité sur les guelfes et les gibelins à la question de la conflictualité politique et des luttes de factions dans le monde communal italien ; il passe au crible les formes de gouvernement et les régimes politiques dans le Traité sur le gouvernement de la cité, dans le prolongement des réflexions d'Aristote ou de Gilles de Rome ; avec son Traité sur le tyran, il livre l'un des principaux traités que le Moyen Âge nous a légué sur le phénomène tyrannique. Si les thèmes abordés sont variés, ils sont néanmoins traversés par une obsession commune, qui hante du reste philosophes, juristes et théologiens depuis l'Antiquité : celle de la tyrannie, dans laquelle tout pouvoir est susceptible de basculer. Observateur aigu autant qu'acteur de la vie publique, Bartole décortique ici les formes et les conditions de cette dégénérescence et porte un regard incisif sur les transformations politiques qui affectent la société italienne au XIVe siècle.

  • Vue du côté obscur, la Cité des Pâquerettes c'est la zone ! Il a fallu brûler dix bagnoles pour obtenir un terrain de basket, y a cinq racistes par palier, y a autant de flics que de lampadaires et les bancs publics sont squattés par de très mauvaises fréquentations...
    Si on positive, la Cité des Pâquerettes c'est les potes, les concerts improvisés dans les cages d'escaliers, les matchs de foot dans la cour du LEP, les BD gratos à la bibliothèque et le bronzage à la piscine...
    Mais les Pâquerettes, c'est avant tout la cité de Dooley, Jeff et Malika, trio black-blanc-beur qui traîne ses baskets entre les barres et les bacs à sable à la recherche d'un fou rire. Et les occasions de rigoler ne manquent pas quand il fait beau etqu'on a une dispense de gym...

  • D'abord y'a Jeff, le céfran fan de basket aux réactions imprévisibles. Il n'est pas bête, Jeff, juste un peu trop impulsif et terre-à-terre. Ensuite y'a Dooley, le black particulièrement cool. Pour lui la vie se résume aux heures de somnolence qui suivent les repas et précèdent le sommeil. Enfin y'a Malika, la jolie beurette. Elle est tonique, Malika ! Curieuse mais pas dupe, elle est le moteur de la bande, celle qui propose et qui conduit, qui fonce quand il le faut mais freine toujours à temps.
    Et puis y'a tous les autres... Le voisin de palier raciste, l'éducateur benêt, le flic frimeur, la bibliotécaire idéaliste, le dealer branché, le p'tit frère enervé. Bref, toute une cité comme il en existe beaucoup et où la vie n'est pas sidure, pour peu que l'on garde le sens de l'humour...

  • D'abord 'y a Jeff, le céfran fan de basket aux réactions imprévisibles. Il n'est pas bête, Jeff, juste un peu trop impulsif et terre à terre. Ensuite 'y a Dooley, le black particulièrement cool. Pour lui la vie se résume aux heures de somnolence qui suivent le repas et précèdent le sommeil. Enfin 'y a Malika, la jolie beurette. Elle est tonique, Malika ! Curieuse mais pas dupe, elle est le moteur de la bande, celle qui propose et qui conduit, qui fonce quand il le faut mais freine toujours à temps.
    Et puis 'y a tous les autres... Le voisin de palier raciste, l'éducateur benêt, le flic frimeur, la bibliothécaire idéaliste, le dealer branché, le p'tit frère énervé. Bref, une cité comme il en existe beaucoup, et où la vie n'est pas si dure pour peu que l'on garde le sens de l'humour...

  • M'hamed Hassine Fantar dirige le Centre des Etudes de la Civilisation Phénicienne Punique et des Antiquités Libyques auprès de l'Institut National du Patrimoine de Tunis, et enseigne l'histoire ancienne et l'archéologie à l'Université de Tunis. Il est l'auteur de nombreux ouvrages qui traitent des Phéniciens et de Carthage : Le Dieu de la mer chez les Phéniciens et les Puniques (Rome, 1977), Eschatologie phénicienne et punique (Tunis, MTE, 1970), L'Afrique du Nord dans l'Antiquité (en collaboration avec F. Decret, Paris, Payot, 1981) et Kerkouane, cité punique du Cap Bon (3 volumes, Tunis, INAA 1984-1986). Il est l'auteur aux éditions Alif de : Le Bardo, un palais, un musée (1989), Carthage, approche d'une civilisation (2 volumes, 1993) et Carthage, la cité punique (1995).

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