• Ce dossier synthétise les connaissances disponibles sur le thème du tatouage en Océanie à partir de sources ethnographiques anciennes peu exploitées et à partir des recherches récentes menées par l´auteur en Polynésie occidentale. Faisant suite à l´exposition Tatoueurs-Tatoués présentée au musée du quai Branly, les pratiques océaniennes de tatouage y sont abordées sous l´angle des traditions orales, de la technique, du rôle des experts rituels, des corpus iconographiques et de leur circulation dans des réseaux d´échanges régionaux, puis sous celui de leur mise en oeuvre dans des logiques sociales indigènes.

  • Après l´Ancient Tahiti et le Journal de James Morrison, la présentation en français des Polynesian Researches d´Ellis était une des ambitions de la Société des Océanistes. Ce texte si important se devait d´être entre les mains des étudiants et des chercheurs intéressés par l´histoire du Pacifique et de ses civilisations. Un de nos membres, dont la générosité égale la modestie, à défaut de pouvoir lui-même tenir la plume comme il l´avait fait pour l´oeuvre de Teuira Henry, nous permit de mettre en chantier cette traduction d´Ellis. Quatre volumes de plus de 400 pages chacun !... Ce n´était pas là une petite affaire. Divers incidents de parcours vinrent, de plus, retarder l´oeuvre entreprise et obliger pratiquement à une révision totale de l´interprétation initiale pour mieux serrer le texte et proposer au lecteur une traduction aussi lisible et aussi exacte que possible.

  • Au cours d´une brève visite dans un pays étranger, un observateur intelligent peut, jusqu´à un certain point, reconnaître les besoins intellectuels, moraux, spirituels d´une population, mais c´est seulement par un séjour prolongé parmi eux, que ces besoins peuvent être reconnus avec précision. Nos rapports quotidiens avec la population de Huahine renforcèrent ses appels à notre sympathie et à nos efforts : nos premières entrevues les avaient déjà provoqués. Toutefois, aussi longtemps que nous sommes restés incapables de nous adresser à eux dans leur propre langue, nous sentions que tout ce que nous pouvions faire, c´était de leur montrer un bon exemple ; mais dès que nous eûmes acquis une connaissance suffisante de la langue indigène pour entreprendre une instruction publique, en même temps que tour à tour, nous nous acquittions de nos obligations régulières à notre station de Pare, nous établîmes des missions en différents points de l´île.

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