Frémeaux & Associés

  • "Cet été-là, j'avais dix-sept ans et j'étais parfaitement heureuse". Françoise Sagan - Bonjour tristesse © Julliard / Cécile a 17 ans. Son père la quarantaine. Il est bel homme, veuf et collectionne les succès féminins avec la même grâce qu'il semble jouir de la vie. C'est l'été. Elsa, jolie conquête, orne avec nonchalance le bord de la piscine. Elle est parfaite. Un peu sotte, belle; elle ne gêne guère Cécile qui n'aspire qu'à la liberté... De plus elle occupe gentiment son père. Mais survient Anne, une ancienne amie de la mère de Cécile... Dans son bel été libre et nonchalant, insouciant, Cécile voit poindre un orage. Avec toute une ingénue perversité Cécile trouble le ciel des grands afin que le sien reste azuréen. Une course contre le temps, une course à l'abîme qui se termine par un accident de voiture où le hasard compte pour si peu.

  • La Princesse de Clèves, premier des grands romans historiques, écrit par une femme du XVIIè siècle, marque également le début de la place des femmes en littérature. Dans toute son oeuvre, Madame de Lafayette énonce les ravages des passions, qui ne font que révéler les faiblesses des hommes. La Princesse de Clèves obéit à cette règle. Madame de Lafayette analyse les étapes du sentiment amoureux chez les trois personnages, ses effets sur leur comportement et la lutte de la princesse qui, pour ne pas tomber dans des intérêts et des plaisirs qui la rendraient méprisables à ses yeux, accepte le seul destin qu'on réserve aux âmes nobles, la mort. Annie Ducaux, après avoir incarné La Princesse de Clèves à l'écran pour Jean Cocteau, interprète cette oeuvre et nous fait vivre toute la force de ce chef-d'oeuvre de la préciosité classique. Claude Colombini Frémeaux

  • Lorsque Victor Hugo meurt en 1884, un contemporain résume la situation par ces mots : "Il a désencombré l'horizon. Parce que dès que l'auteur des Châtiments s'attaquait à un genre, il paraissait réduire la taille de ses confrères. Cela vaut particulièrement pour Notre-Dame de Paris. Le roman historique avait déjà été mis à la mode par Walter Scott, mais Hugo arrive avec la puissance de son verbe, son art des vastes synthèses, un sens dramatique éprouvé. Les rivaux s'évaporent. L'oeuvre se dresse à l'égale de la cathédrale de pierre et résiste au temps.
    Pourquoi Notre-Dame de Paris continue de se lire, de se jouer, de se chanter et de... s'enregistrer ? Parce que Notre-Dame de Paris est l'une des plus grandes oeuvres humaines."
    Qui d'autre pouvait approcher ce monument littéraire qu'André Dussollier, lecteur talentueux et reconnu ? André Dussollier devient Victor Hugo et nous immerge dans l'oralité romanesque d'une des plus belles histoires au monde.

  • Le prince

    Machiavel

    Entendre Machiavel, c'est écouter l'un des esprits les plus étranges et les plus frappants du XVIe siècle italien. Italien?
    Certes, mais très vite universel. Par la quantité de commentaires que cette petite oeuvre a suscité, son auteur se place rapidement au-dessus des nations. C'est ce que, non sans emphase, on appelle un esprit universel. Non seulement dans son époque mais encore aujourd'hui puisque le "machiavélisme" est devenu une référence, un mot d'usage courant, une attitude presque.
    Michel Galabru lit "Le Prince" de Machiavel
    On passe de la noirceur la plus amère à une envie de rire incoercible.
    On ne peut même plus croire que cela a pu être écrit.
    C'est comme une ivresse des mots sur fond de vanité.
    Mais le drame, c'est qu'on ne sait plus qui fait assaut de vanité.
    Le Prince?... Machiavel?...
    Tel un agitateur, Galabru nous attrape et nous jette à la figure de l'un puis à la figure de l'autre, et nous reprend avec vigueur et nous renvoie on ne sait où. On roule, on tombe, on croit entrevoir des abîmes, on plonge, une main secourable nous attrape, mais c'est pour nous lancer ailleurs... et sans ménagement.

  • "La Femme de trente ans n'est pas un "roman balzacien" traditionnel. Son premier titre Même histoire correspondrait mieux au dessein de Balzac de mettre en scène, sous des scénarios variés, un drame identique toujours recommencé : celui de la femme mariée au début du XIXe siècle. Voilà ce qui explique l'étrange composition de cette oeuvre construite comme une mosaïque à partir de six nouvelles différentes qui seront progressivement réunies comme les différents chapitres d'un roman.
    Cette "même histoire" est celle de la déception et du profond désenchantement d'une jeune femme mal mariée et privée du droit à l'émancipation et au plaisir. Balzac savait de quoi il parlait puisque sa plus jeune soeur, Laurence, mourut à 23 ans dans la misère et le chagrin après un mariage en apparence brillant et honorable avec un certain M. de Montzaigle (le modèle de l'odieux d'Aiglemont du roman).
    Julie, l'héroïne de cette histoire, s'aperçoit qu'à trente ans la femme - qui atteint sa "sommité poétique" - peut encore avoir "d'irrésistibles attraits pour un jeune homme". Cependant, une fois "mariée, elle ne s'appartient plus, elle est la reine et l'esclave du foyer domestique". Julie connaîtra néanmoins l'amour dont elle rêvait, mais elle apprendra aussi que toute passion interdite aux yeux du monde et de la morale se paie de souffrances infinies."
    Claude Colombini Frémeaux

  • "La première lecture d'une lettre de Mme de Sévigné remonte à 1645. La jeune Marie était âgée de dix-neuf ans. C'était chez Monsieur de Molac, gouverneur de Nantes. Depuis cette année, il est plus sage de renoncer à compter le nombre de fois où Mme de Sévigné a été dite à voix haute ; mais chaque fois, c'est la même magie. Magie des mots, magie des anecdotes piquantes et magie aussi du temps aboli. Marie-Christine Barrault a su saisir tout cela. Au travers de ce choix de lettres, c'est la marquise elle même que nous sommes invités à retrouver. Par ses yeux et dans ses mots, nous revivons un peu quelques uns des grands événements du siècle, depuis le mariage manqué de la Grande Mademoiselle jusqu'au suicide de Vatel en passant par l'Affaire des Poisons... Avec elle aussi nous nous penchons sur un quotidien qui nous étonne, nous émeut, et nous partageons ses réflexions sur tout ce qui fait qu'une vie, doucement, se remplit."
    Jean-Yves Patte

empty