Sciences humaines & sociales

  • Le prince

    Machiavel

    Ecrit il y a plus de vingt-cinq siècles, l'Arthashâstra propose une véritable doctrine de l'État, moderne, bienveillant et efficace. Kautilya, surnommé le Machiavel indien, porteur d'un conservatisme éclairé y défend autant le bien-être du peuple que l'autorité de son Roi. De cet immense traité, Jean-Joseph Boillot a extrait, traduit et adapté les grands principes de la bonne gouvernance. Parfaitement intemporelles, les questions qu'il aborde sont parfois même d'une étonnante actualité. Comment choisir ses ministres et mettre à l'épreuve leur moralité ? Comment assurer la sécurité des biens et des personnes ? Quel soin porter aux finances publiques et en prévenir les détournements ? Quelle place accorder à la justice ? Qu'est-ce que la souveraineté de l'État ? Alors que les grandes démocraties occidentales souffrent d'une profonde crise de gouvernance, que leurs dirigeants et leurs programmes ne sont plus capables d'enrayer la montée des populismes, le citoyen trouvera peut-être un peu de réconfort et le politique un peu d'inspiration à la lecture de l'un des plus grands traités de l'Inde ancienne.

  • Ces dernières années les humanités ont été, d'un commun accord à l'échelle mondiale, marginalisées, écartées non seulement des programmes scolaires, mais par-dessus-tout considérées comme quantité négligeable par les états ainsi que par les organismes privés aptes à les financer. Leur argument ? Pourquoi donner de l'argent à des domaines inutiles, c'est-à-dire ne produisant pas un profit immédiat ? A quoi bon, particulièrement dans un contexte de crise économique, "gaspiller" des ressources en soutenant des savoirs qui n'apporteront pas un "retour sur investissement immédiat" ?
    Nuccio Ordine offre un plaidoyer bref et brillant pour les humanités.

  • Tertullien fait partie de ces quelques auteurs monumentaux dont la pensée, la force littéraire, la personnalité, le génie, la langue et les maximes influencèrent la totalité de ceux qui vinrent après lui. Du fameux credo quia absurdum répété comme par réflexe, à la formule « on ne naît pas chrétien on le devient » reprise telle quelle par l'existentialisme de Kierkegaard, et dont la demoiselle Beauvoir reproduira la forme pour en orner son second sexe, l'oeuvre de Tertullien n'est pas un produit du passé, elle n'est pas non plus un chapitre de l'encyclopédie mondiale de la « culture » : elle est la présence active d'un inconscient. Auteur célèbre pour son tempérament passionné, pour son caractère intraitable, colérique et gouailleur, cet Africain de l'Empire romain est non seulement le premier auteur de langue latine à développer une puissante pensée chrétienne, mais une puissante pensée tout simplement : Rome se contenta, Cicéron s'en plaignit, de décorer en latin les thèses des penseurs grecs, et dans le ciel d'un tel contexte Tertullien surgit comme un astre inconnu et s'impose en écrasant de sa stature la totalité de l'histoire latine de la philosophie. Il est l'auteur d'une syntaxe nouvelle et capable de s'adapter à cette réalité dont la révolution chrétienne apporte au monde la neuve conscience : tout homme est, infiniment, liberté - dont il faut défendre la dignité et illustrer le principe. On doit à Tertullien le considérable traité consacré à réfuter ce Marcion qui demandait que le christianisme reniât l'héritage juif : Tertullien détruit les arguments du « marcionisme » dont l'idéologie allait devenir la doctrine préférée de l'antisémitisme et qui constituerait un jour la base de la rhétorique nazie. Le traité Contre Marcion combat d'emblée, aux côtés de l'Église, la folie régressive du marcionisme pour qui il est impossible de penser la transcendance de la liberté, donc de défendre la dignité d'un humanisme intégral. Riches de plus d'une trentaine d'ouvrages les OEuvres complètes du grand écrivain étaient introuvables en France depuis la Monarchie de Juillet... Grâce à cette édition sans équivalent, notre collection donne au public la possibilité de rencontrer cet auteur majeur qui, parce qu'il porte la structure du meilleur de notre monde, parle imperceptiblement à notre mémoire la plus profonde. Dans la figure de cet intransigeant Africain, dont le génie parfois vacille parmi les vertiges des temps de catastrophes, mais qui lutte pour que soit sans cesse exprimé l'Essentiel, c'est l'humanité entière qui se rencontre elle-même à un degré tonitruant de résonance. Maxence Caron.

  • Le mouvement régionaliste a été stimulé, sinon engendré, par les développements du progrès technique. On peut dire, sans excès, qu'il est apparu à l'âge du chemin de fer et qu'il s'est épanoui à l'âge de l'automobile, l'extension de relations courantes entraînant l'élargissement des horizons de la vie quotidienne.
    Ce mouvement répond à trois autres exigences : mieux répartir les tâches des pouvoirs publics, « décoloniser la province » en offrant à ses élites des responsabilités effectives, libérer les citoyens de l'anonymat jacobin ou concentrationnaire en les enracinant dans un paysage et une histoire.
    C'est pourquoi, au-delà des vicissitudes politiques et administratives, la question régionale demeure d'une actualité permanente en France comme dans le reste de l'Europe. Les solutions qu'elle appelle et qu'expose ici J.-F. Gravier seront, sans doute, différentes selon les traditions et les structures ; mais elles impliquent toutes une répudiation explicite du système napoléonien, une décentralisation générale des pouvoirs de décision et, finalement, une nouvelle idée de la société. Ce livre vient à son heure pour faire le point sur l'un des problèmes majeurs de l'avenir national.

  • Vous pensez que la philosophie est inutile, déconnectée du réel et rébarbative? Ces Plages philo... à l'usage de tous vous prouveront le contraire. Depuis deux ans, l'hebdomadaire Madame Figaro ouvre régulièrement ses pages à des philosophes, des plus connus aux plus prometteurs.

    Leurs chroniques, réunies ici, ouvrent des espaces de réflexions et d'évasion : ce sont des plages de liberté dont le lecteur s'apercevra qu'elles s'attèlent, de façon joyeuse et ludique, au réel le plus quotidien pour le faire voir d'une façon inédite. S'inspirant de l'actualité ou de scènes de la vie courante, ces méditations aussi surprenantes qu'éclairantes nous interpellent sur des sujets qui nous concernent tous : l'amour, l'identité, l'éthique, la politique, l'art, le corps.

    Au regard de chacune d'entre elles, un texte de philosophie antique, classique ou moderne vient faire écho et nous rappeler la nouveauté intacte de cette force de pensée et d'émerveillement séculaire qu'est la philosophie.

    Après leur lecture, qui osera encore dire que la philosophie est inutile, déconnectée du réel et rébarbative?

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