• Édition enrichie d'Yves Bonnefoy comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre.

    HAMLET
    Voici l'heure sinistre de la nuit,
    L'heure des tombes qui s'ouvrent, celle où l'enfer
    Souffle au-dehors sa peste sur le monde.
    Maintenant je pourrais boire le sang chaud
    Et faire ce travail funeste que le jour
    Frissonnerait de voir... Mais, paix ! D'abord ma mère.
    Oh, n'oublie pas, mon coeur, qui elle est. Que jamais
    Une âme de Néron ne hante ta vigueur!
    Sois féroce mais non dénaturé.
    Mes mots seuls la poignarderont ; c'est en cela
    Que mon âme et ma voix seront hypocrites ;
    Mon âme! aussi cinglantes soient mes paroles,
    Ne consens pas à les marquer du sceau des actes!

    (Acte III, scène II).

  • Le bar des Amériques est le roman de l'amour perdu. Perte dont le souvenir et la douleur indépassés installent Bahia dans l'enfermement du ressassement et de l'errance à soi. Un enfermement de trente ans qu'elle croit pouvoir briser lorsqu'un matin, très tôt, sur le bord évanoui de la mer, elle rencontre, comme dans un miroir, un autre visage de l'errance en la personne de Leeward, un ancien passeur de clandestins à la dérive dont la vie se limite à boire en compagnie de son vieux complice d'autrefois, Hilaire.

  • De si jolies petites plages est un récit-reportage écrit sur les premières vagues de boat-people haïtiens, qui ont atterri sur les côtes de Floride. Récits, témoignage, entretiens... On y voit l'engagement et le flair d'un écrivain respectueux de la réalité et des gens, qui documente sur le terrain pour découvrir le vrai visage de ces migrants nus, qui ont tout abandonné pour un autre destin. L'auteur Jean-Claude Charles nous dit que «De si jolies petites plages peut être lu comme un roman, parfois comme de la poésie, il y a du théâtre aussi...»
    Jean-Claude Charles a investigué sur le sujet de mars 1980 à août 1982. Sur une tonalité blues, qui fait la marque de cet écrivain, cette enquête rebelle, brutale, saccadée, épouse les aspérités d'une réalité qui dure. Grâce à l'analyse pertinente de Jean-Claude Charles, on comprend que les Haïtiens sont «les seuls boat-people du monde à se réfugier dans les bras des responsables directs de leur malheur» ! Les gardes états-uniens les prennent pour des enfants fautifs qu'il faut encadrer et punir au besoin. Les camps ne se trouvent pas tous aux États-Unis, certains Haïtiens échouent aux Bahamas, à Fox Hill, où la prison centrale de Nassau les attend. Les plus chanceux finiront dans le bush, au sud de New-Providence, un bidonville à l'image de la Saline de Port-au-Prince. La même misère, mais... ailleurs. Mais c'est encore pire pour ceux qui atterrissent à Porto Rico et découvrent le célèbre Fort-Allen: «Bienvenidos. Centro de Educación y Trabajo». De la peur à la révolte, c'est le désir d'évasion à n'importe quel prix qui domine. Les Haïtiens n'en finissent pas de fuir, peu importe la destination finale, même l'enfer... Et l'enfer est toujours au rendez-vous. Un livre combien actuel qui fait comprendre la situation des migrants d'aujourd'hui.

  • Inspiré de faits vécus, Nuit albinos est l'histoire d'un chien blanc qui, la nuit de la Saint-Sylvestre, se sauve de chez lui et terrorise toute la ville. Le chien blanc serait envoyé par le Diable pour décimer le genre humain. Cette nuit maudite et mémorable montre la confusion entre réel et imaginaire. Un peuple fou se met, pour survivre, à inventer les pires chimères et à y croire.

  • Le poème, c'est cette réponse à l'âme meurtrie d'une humanité en déroute. Ici, un monde saccagé voudrait à la fois s'épancher et trouver consolation. Attentif à l'autre, à sa fragilité, le poème fait son nid à l'endroit même où chacun de nous se sait mortel, au lieu même où nous mourons, peut-être moins seuls grâce à lui.

  • C'est l'histoire d'un homme, Waberi Abdulaziz Nuur, devenu Aziz Kassim Mohamed au fil du temps et des deuils. L'homme ne parle plus : il est mort. Il n'est plus là pour raconter les traces que la vie a laissées sur son corps, sa naissance à la frontière du Kenya et de la Somalie, l'exil, ce long et terrible voyage qui l'a mené de la Somalie à Montréal, la perte des siens, l'amour des siens. Sa fille se fait l'interprète de ses rides et de ses cicatrices. Sa voix est empreinte de tendresse pour cet homme, ce père.

  • Les habitants d'un petit village se voient en photo et se trouvent plutôt... laids. Arrive alors Arsène Clou, un inventeur, qui, grâce à sa machine, promet la beauté à tous ceux qui la veulent. Les villageois se précipitent dans la machine où ils sont immédiatement transformés, pour leur plus grande joie. Mais celle-ci est de courte durée. C'est qu'il y a un hic : la perfection n'a que deux visages, un pour les hommes, l'autre pour les femmes. Impossible dès lors de se reconnaître. Adaptée du roman de Raymond Plante, La machine à beauté a connu un immense succès auprès de son jeune public.

  • Habile métissage entre l'«africanité» et la « canadianité », « Les morts ne sont pas morts » raconte le choc des cultures à travers le destin de Terama, un Africain à cheval sur deux mondes que tout sépare.

    Immigrant bien intégré au Canada, Terama trime dur pendant des années pour faire sa marque dans son pays d'accueil. Une nuit pareille aux autres, il entend la voix de Tongo, son père, qui l'interpelle d'outre-tombe. Ne croyant ni à Dieu ni à diable, Terama est persuadé qu'il est victime d'une hallucination ridicule. Il ignore la voix, qui revient pourtant incessamment. Jusqu'au jour où Terama admet l'inavouable, l'existence du culte primitif des ancêtres. Dans la chambre secrète qu'il aménage dans son logis à la manière des huttes votives, Terama renoue avec Tongo puis avec Makwaya.

    Au fil de ces palabres nocturnes, Terama se rapprochera de son pays et de sa culture d'origine et sera amené à faire des choix douloureux pour lui et sa famille. En bout de ligne, parviendra-t-il à se réconcilier avec cette conviction profonde que la mort est inévitablement dans la vie ?

  • Entre l'arbre et l'homme, l'Alliance date de la nuit des temps. Le tronc d'un arbre, comme le front de l'homme mûr, porte des rides, les traces de son passage sur terre. Un homme ne meurt pas, il renaît dans un autre lieu. Un arbre mort attend, lui aussi, sa résurrection, mais par la main de l'homme. Passera-t-il par là ?
    La poésie, lieu-dit Congo, coule là où se rencontrent les fleuves et les voix. Au royaume de l'enfance, la mémoire appelle les rêves les plus doux: fluidité, beauté, méditation.

  • Sudbury, depuis trente ans, est un creuset dans lequel les artistes continuent de puiser, qui continue de les alimenter. Six d'entre eux, dans le coeur desquels Sudbury occupe une place toute spéciale, ont accepté l'invitation d'André Perrier, directeur artistique du Théâtre du Nouvel-Ontario de 1998 à 2004, et on créé un conte urbain ayant pour cadre cette ville. Le résultat est un heureux et vigoureux mélange de styles, où l'humour côtoie le dramatique, où l'émotion brute et la truculence, à l'image de cette ville du Nord, éclatent à pleine page.

  • L'humour macabre et cinglant domine ce premier roman déroutant, surréaliste, aux dimensions mythiques. / Récit échevelé qui chevauche des mondes parallèles, «la Prison rose bonbon» entraîne l'anti-héros, Raymond Quatorze, dans une série d'aventures qui le mènent inexorablement au coeur de son propre délire. Ce jeune homme au passé chargé réussira-t-il la mission que lui ont confiée les enfants ailés bannis de Barnumbourg par leurs parents ? Raymond Quatorze les trahira-t-il, lui qui sème les cadavres sur sa route comme d'autres les bonnes actions ? Saura-t-il sauver Babeth, son grand amour ? / Sous ses apparences de roman policier, de roman d'aventures et de conte fantastique, le roman traduit le drame d'un homme pris dans l'étau de son corps, impuissant devant l'amour.

  • Dans ces 24 nouvelles, l'auteure tourne des courts métrages de la vie secrète du coeur et prend des instantanés de la vie quotidienne sur un fond urbain. / « Courts Métrages et instantanés » est une collection de portraits de destinées humaines, un album de regards posés sur ces visages anonymes que l'on croise dans la rue. On y saisit au passage le sublime ridicule d'une tuque fleurie, l'affection d'une veuve pour son cerisier, la détresse d'un homme d'affaires, l'angoisse d'une itinérante, l'éclat d'un paysage tout frais enneigé.

  • David Lonergan a accompli ce que personne d'autre n'avait réussi avant lui : assurer une critique littéraire et artistique des productions acadiennes sur une longue durée. Il agit en passeur entre l'auteur et le lecteur, un passeur informé et attentif, respectueux des oeuvres qu'il critique et des lecteurs auxquels il s'adresse.



    Plus de 120 oeuvres d'une soixantaine d'auteurs y sont commentées. Comme l'affirme le professeur et spécialiste de la littérature acadienne Raoul Boudreau dans sa préface : « Les textes réunis ici contiennent l'essentiel et donnent une idée tout à fait représentative et globale de la littérature acadienne de ces années. »



    Le poète et artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson, lui-même sujet de plusieurs de ces chroniques, considère que « l'idée de recueillir ces chroniques pour en faire un livre est un projet admirable, qui rassemble dans un même ouvrage un discours foisonnant et une pensée plurielle, composant un puzzle dont tous les morceaux recomposent un tableau complet et surprenant. »



    Écrit dans un style simple, limpide et vivant, sans autre prétention que de faire découvrir et apprécier la littérature acadienne, «Tintamarre» s'adresse à tous ceux et celles qui aiment la littérature qu'ils soient lecteurs, étudiants, enseignants ou professeurs.

  • Création collective de la troupe étudiante de l'école secondaire Macdonald-Cartier, « Par osmose » a ceci de particulier que sa perspective sur l'assimilation est fidèle au vécu des adolescents franco-ontariens. Chacun d'eux est appelé à faire un choix semblable. Véronique choisit de s'assimiler, son frère Jules, non. En racontant leur histoire, la pièce fait voir les deux côtés de la médaille et explore les conséquences des choix qu'ils ont faits. Sont disponibles : une vidéo de la pièce et un cahier d'activités portant sur l'identité, la culture et l'appréciation du théâtre. « Par Osmose » a remporté le prix de la meilleure production au festival Sears en 1988 et 2002.

  • Études en marge de «La distance habitée» de François Paré

    En 1993, François Paré remportait le prix du Gouverneur général pour «Les littératures de l'exiguïté» (1992), un essai sur les cultures et littératures francophones minoritaires au Canada et dans la francophonie mondiale. Dans «Théories de la fragilité» (1994) et «La distance habitée» (2003), il a prolongé et enrichi son thème de prédilection. De nombreux chercheurs se sont inspirés de ses travaux.

    Les articles regroupés ici s'inspirent des grands thèmes de l'essayiste pour éclairer des oeuvres de genres aussi divers que la chanson, le roman et l'essai et d'artistes aussi divers que France Daigle, Michel Ouellette, Daniel Poliquin, Gabrielle Roy, Michel Tremblay et Gisèle Villeneuve. Des réflexions sur la langue, la mémoire, la migration et les frontières tant culturelles, linguistiques que textuelles sont menées par huit chercheurs de l'Ontario, du Québec, de l'Est et de l'Ouest canadiens, dont Catherine Leclerc, Johanne Melançon et Jean Morency. En postface, François Paré prolonge cette réflexion qu'il développe depuis une vingtaine d'années.

  • Création collective de la troupe étudiante de l'école secondaire Macdonald-Cartier, « Par osmose » a ceci de particulier que sa perspective sur l'assimilation est fidèle au vécu des adolescents franco-ontariens. Chacun d'eux est appelé à faire un choix semblable. Véronique choisit de s'assimiler, son frère Jules, non. En racontant leur histoire, la pièce fait voir les deux côtés de la médaille et explore les conséquences des choix qu'ils ont faits. Sont disponibles : une vidéo de la pièce et un cahier d'activités portant sur l'identité, la culture et l'appréciation du théâtre. « Par Osmose » a remporté le prix de la meilleure production au festival Sears en 1988 et 2002.

  • « Je ne veux plus de la réalité
    parce qu'elle a le goût d'une senteur trop vieille qui m'est arrivée trop jeune. »

    Voici une écriture qui ne se cherche pas; elle jaillit de source. Elle est délire en surface, mais sagesse en profondeur - la sagesse de la folie. Des réflexions anecdotiques sur l'amitié, la poésie, la beauté, l'estime, la maladie, la mort, l'éternité sont entremêlées de moments de fabulation aux allures de science-fiction, si bien que le tout acquiert un souffle cosmique. On en retire l'intuition vive d'une manière d'être autrement et étrangement. On y ressent la puissance de la conscience de soi en face à face avec l'aliénation, quelle qu'elle soit.

  • À la mort de son mari, une mère entraîne ses six enfants à la cabane de chasse familiale, un chalet rudimentaire, éloigné de tout, dépourvu d'électricité et d'eau courante. Coupant tout lien avec le monde, elle s'entoure d'une meute de chiens chargée de les protéger, elle et ses enfants, des «Ombres» qui les traquent.

    Hantés par la peur de l'autre, les enfants se replient sur eux-mêmes et se débrouillent comme ils le peuvent. Un jour, alors que la mère vient de donner les dernières gouttes de lait aux jeunes chiots plutôt qu'à son bébé, l'aînée, Irène, se révolte et quitte l'enclos familial à la recherche de nourriture pour sauver l'enfant.

    Inspirée d'un fait divers survenu en Idaho à l'été 2001,« La meute » a été créée le 28 novembre 2003 par le Théâtre la Catapulte, en collaboration avec le Théâtre français du Centre national des Arts.

  • « Grand Ciel bleu par ici » nous offre une voix poétique sans prétention, accessible, comme si l'écriture, le langage devaient s'effacer tout à fait, pour ne rien voiler, pour laisser toute la place à l'être. « Ce recueil confirme le beau talent d'un poète qui n'a plus rien à prouver. » (« Nuit blanche »)

  • Quelque part en Asie, Maïta, âgée d'à peine 12 ans, termine un contrat dans une fabrique de jouets. Après quatre ans de dur labeur, au cours desquels elle a réussi à rembourser les dettes de sa famille, elle aspire de tout son coeur à retrouver son père. Maïta a hérité de l'art de son père et envoûte ses camarades en mettant en scène la marionnette Issane, princesse de la lumière, qui ouvre les portes d'un autre univers...

    Avec une justesse de ton qui ne se dément jamais, l'auteure insuffle véracité et émotion à ce huis clos pour le moins inusité. Comédiens, ombres chinoises et marionnettes se conjuguent pour accentuer la cruauté du drame ou propulser le spectateur dans les voiles du rêve.

    Porté à la scène par le Théâtre de la Vieille 17 en 2000, le premier texte de théâtre pour la jeunesse d'Esther Beauchemin a été acclamé au Canada et à l'étranger. En 2002, « Maïta » remportait le prix Christine Dimitriu Van Saanen au salon du livre de Toronto.

  • Les décès inexplicables se multiplient dans la ville. Inquiet, décontenancé par la passivité des forces de l'ordre malgré l'ampleur des tueries, le photo-journaliste Bruno Boulay, assisté d'une jolie policière, décide d'entreprendre sa propre enquête. Or, celle-ci le mène invariablement vers une usine de fabrication de peluches, les entreprises N'nours. C'est impossible, essaie-t-il pourtant de se convaincre, que les gentils oursons de son enfance soient doués de propriétés paranormales, qu'ils tuent...

    Boulay est-il en train de perdre la boule ? Ou bien les Entreprises N'nours cachent-elles un horrible secret ? Pour le savoir, il faut lire ce thriller noir, tordu et tendre où s'entremêlent fantastique et réalité !

  • Imaginez que la narratrice de ce roman aurait mille ans, qu'elle aurait engendré un ?ls qui aurait aujourd'hui près de cinq cents ans et que celui-ci, à son tour, ait donné naissance à une fille qui aurait plus de deux cents ans. Du Moyen Âge aux massacres des guerres coloniales du Nouveau Monde, d'Elvire à Hugues à Yukiko, mille ans d'histoire défilent au rythme du coeur. « La vie empruntée est un roman magnifique... » (Réginald Martel, « La Presse ».)

  • Sudbury, depuis trente ans, est un creuset dans lequel les artistes continuent de puiser, qui continue de les alimenter. Six d'entre eux, dans le coeur desquels Sudbury occupe une place toute spéciale, ont accepté l'invitation d'André Perrier, directeur artistique du Théâtre du Nouvel-Ontario de 1998 à 2004, et on créé un conte urbain ayant pour cadre cette ville. Le résultat est un heureux et vigoureux mélange de styles, où l'humour côtoie le dramatique, où l'émotion brute et la truculence, à l'image de cette ville du Nord, éclatent à pleine page.

  • Résumé
    Une fillette grandit sous la dictature. Loin de son pays, elle a cru tout oublier. Quarante ans plus tard, son enfance frappe à la porte. « J'ai fouillé, passé des heures à éplucher les documents, les témoignages, les jugements, les histoires, les photos, les vidéos. Le ventre retourné, j'écrivais des poèmes. »

    Extrait
    dans la cour d'école
    on joue à la marelle
    on sautille sur un pied
    l'équilibre est fragile
    puis sur l'autre plus haut
    on rebondit
    pour atteindre le ciel
    criblé de barbelés

    Point de vue de l'auteure
    Je dédie ces poèmes - une potion contre l'indifférence - aux familles qui cherchent encore leurs proches, aux enfants qui n'ont pas connu leurs parents. Je dis, comme eux, comme elles : ni oubli ni pardon.

    L'auteure
    Née à Buenos Aires, Flavia Garcia est professeure de français, traductrice et interprète. En 2016, elle publie son premier recueil de poésie, Partir ou mourir un peu plus loin, chez Mémoire d'encrier. Fouiller les décombres , son deuxième recueil, paraît en mai 2021. Elle vit à Montréal depuis 1987.

    Paru dans le cadre du 45e anniversaire du coup d'État de 1976 en Argentine, et en souvenir des victimes de la dictature.

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