• La lecture des derniers poèmes que Nietzsche compose entre 1879 et 1888, se révèle indispensable si l'on veut suivre les cheminements d'une pensée qui ne procède pas selon les voies traditionnelles de l'argumentation philosophique et de l'abstraction conceptuelle. Elle permet aussi de comprendre les prétendues contradictions de la pensée nietzschéenne, non plus comme des incohérences mais comme les signes ambigus d'une entreprise dont l'auteur a pressenti maintes fois la difficulté, sinon l'échec, lui qui n'ignorait pas que « le service de la vérité est le plus dur service ». Marc Jimenez, philosophe et germaniste, est professeur émérite à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Connu pour ces travaux sur Adorno, l'École de Francfort et la philosophie allemande contemporaine, il a publié de nombreux ouvrages sur l'art et l'esthétique.


  • Le dopage est-il éthique ? Vous pensez probablement que se doper, ce n'est pas bien. Et si l'on vous demandait d'expliquer pourquoi, vous répondriez peut-être ceci : « Se doper, c'est tricher. » « Se doper, c'est contraire à l'équité sportive. » « Se doper, c'est mauvais pour la santé. » Vos réponses sont inspirées par le bon sens. Mais le bon sens est parfois trompeur ! En réalité, nous aurons l'occasion de découvrir ensemble que la santé et l'équité sportive sont des valeurs qui ne sont pas au coeur de la lutte antidopage contemporaine. L'argument de la santé et celui de l'équité ne sont que des prétextes mis en avant pour masquer une certaine philosophie du sport qui est à l'origine de la volonté d'interdire le dopage. L'antidopage, c'est d'abord, et avant tout, une quête morale qui trouve ses racines dans une philosophie naturaliste du sport.



    Médecin et philosophe, Jean-Noël Missa est directeur de recherches au FNRS, professeur à l'Université libre de Bruxelles et directeur du Centre de Recherches interdisciplinaires en Bioéthique (CRIB). Il est membre de l'Académie royale de Belgique.

  • De tout temps, les hommes ont cherché à consommer des « drogues » pour améliorer leurs performances, pour ne pas souffrir ou au contraire avoir du plaisir. Cette réalité complexe exclut le rêve utopique d'une société sans drogues. Cet ouvrage propose une synthèse des données essentielles sur les produits, les usages, leurs effets, les risques, donne des clefs pour comprendre l'histoire des drogues ainsi que les politiques publiques mises en oeuvre aux niveaux mondial, européen et national.  

  • Se doper, dans le sport, c'est avoir recours à des produits ou à des procédés illicites. Mais existe-t-il des principes ou des valeurs qui interdiraient, avant même toute discussion et concertation, l'émergence d'un sport légalisant l'usage des produits et des procédés actuellement appelés « dopants » ? En développant une réponse négative à cette question, cet essai propose une déconstruction des principes hygiénistes, égalitaristes et naturalistes qui sont presque toujours invoqués pour justifier le caractère nécessaire de la lutte contre le dopage. Cela ne signifie pas que nos règlements anti-dopage ne valent rien ou qu'ils sont à abandonner. Nos réglementations anti-dopage sont plutôt conventionnelles : il peut s'agir d'une raison suffisante pour imaginer de nouveaux types de sport définis par un nouveau rapport aux produits et procédés d'augmentation de la performance. Ce nouveau rapport permettrait de prendre autrement en compte les dimensions et les enjeux sanitaires, techniques et égalitaires du sport professionnel, mais aussi les limites des politiques actuelles de lutte contre le dopage. Pierre Steiner enseigne la philosophie et l'épistémologie à l'Université de Technologie de Compiègne. Ses travaux de recherche concernent principalement le pragmatisme, la philosophie de l'esprit, la philosophie des sciences, et la philosophie de la technique. Il est l'auteur de nombreuses publications dans ces domaines ; « Qu'est-ce que la pensée ? » (Vrin, à paraître, 2016).

  • Ferenc Puskás et la Hongrie révoltée de 1956, Rachid Mekhloufi et la guerre d'Algérie (1958), Tommie Smith, John Carlos et l'action 'Black Panthers' à Mexico (1968), Mark Spitz et l'attentat des J.O. de Munich (1972)... Et Charly Gaul, Lev Yachine, Tom Simpson... ; ou, plus près de nous, Djibril Cissé, Yohann Gourcuff, Christopher Froome... : Chino légende (en vers) des croquis de ses idoles sportives. Au passage, vus par ce petit bout de lorgnette, quelques épisodes marquants de la 'grande' histoire 1945-2015.

  • Du cyclisme professionnel des années 1980-2000, on retient d'abord les scandales, sans connaître le rôle exact joué par la question du dopage dans la culture professionnelle des cyclistes. L'intention des auteurs n'est pas de dénoncé les coureurs consommateurs de pharmacologies ni de justifier le dopage mais d'adopter un regard sociologique sur une pratique constante dans ce milieu professionnel. Cet ouvrage s'intéresse aux acteurs et institutions qui en fixant les normes du dopage transforment les conditions d'exercice de ce métier, il montre les premières initiations, des premières compétitions à l'entrée dans le milieu professionnel. En s'appuyant sur les récits de cyclistes, les auteurs identifient les étapes d'une carrière autant physique que morale et montrent que la dynamique de la profession échappe aux cyclistes. Celle-ci dépend du cadre normatif imposé aux coureurs, de la structure du marché et des parcours individuels.

  • Du sport sans artifice au sport bionique... Amélioration ou condamnation ? Le sport est aujourd'hui visité par les techniques d'amélioration des capacités humaines. Celles-ci permettent d'accroître ou de restaurer efficacement les capacités de l'être humain. Des innovations spectaculaires sont enregistrées dans des secteurs comme les nanotechnologies, les biotechnologies, les sciences cognitives, l'informatique, etc. Leur introduction dans le domaine du sport, du haut niveau à la pratique de masse ou de loisir, chez les athlètes valides ou handicapés, perturbe souvent les certitudes et suscite prises de position, interrogations et inquiétudes. D'un côté amélioration dans l'accompagnement des sportifs d'excellence ou libération des sportifs handicapés, de l'autre condamnation de la culture sportive séculaire et aliénation progressive des sportifs ? Relativisme des normes et des valeurs du sport face aux avancées technologiques ? Progrès ou régression dans la quête humaniste ? Autant de questions qui méritent d'être abordées et traitées. D'ailleurs, à ce jour, existe-t-il des instances régulatrices suffisamment armées pour appréhender ces problèmes ? La 31ème Université Sportive d'Été a été accueillie à Montpellier, dans un lieu prestigieux et de circonstance : Pierresvives, au sein de la « Cité des savoirs et du Sport pour tous », du 4 au 6 septembre 2013, avec le soutien du Montpellier Université Club. Organisée par l'UNCU et l'UJSF, elle s'est attelée à la tâche en donnant la parole à une quinzaine de personnalités issues de la recherche universitaire, fondamentale ou appliquée, des sciences de l'homme et de la société, du journalisme, des sciences et des techniques de l'ingénieur, du sport et de l'éducation, faisant face à un public des plus motivés.

  • Michaël a bien des raisons pour entreprendre sa démente entreprise. Mais, au-delà d'une vindicte personnelle, il remet en question l'usage trop systématique des produits dopants dans le monde du sport et en profite pour dénoncer les émissions de téléréalités qui gangrènent les téléspectateurs en se livrant à l'apologie du succès facile basé sur l'élimination aléatoire. Sa cruauté se veut proportionnelle au but fixé : ne le jugez pas trop hâtivement !

  • Du fait des transformations du travail (intensification, individualisation, précarisation...), nombreux sont ceux qui utilisent des substances psychoactives pour être en forme au bureau, traiter des symptômes gênants ou encore pour se détendre après une journée difficile. Devant ces nouveaux usages et la multiplication des produits utilisés (alcool, tabac, amphétamines, cannabis, cocaïne, héroïne, caféine, psychostimulants, analgésiques, médicaments psychotropes), les auteurs, universitaires, chercheurs, syndicaliste et acteurs du soin et de la  prévention s'attachent à comprendre les fonctions de ces consommations en milieu de travail.

    Pour eux, il est aujourd'hui important de se déprendre des représentations sociales qui externalisent les sources du problème, comme les jugements moraux, et d'engager un travail réflexif sur les actions et les pratiques concrètes.

    Alors que les politiques publiques tendent à prescrire ou interdire, cet ouvrage ancre la prévention des addictions dans l'analyse du travail réel et des usages tels qu'ils existent et non tels qu'ils sont fantasmés. Il met à l'épreuve de la recherche et de l'action les liens multiples entre travail, santé et usages de substances psychoactives qui peuvent être, dans certaines conditions, des instruments de la production et prévenir d'autres risques au travail.

  • À bientôt 50 ans, Rodrigo Beenkens est et reste au fil des années l´incontestable journaliste sportif francophone préféré des téléspectateurs. S´il jongle entre football (il a couvert six phases finales de Coupe du Monde et cinq Euros de foot) et cyclisme, le Bruxellois a pris la succession de Théo Mathy en 1990 et commente depuis avec brio le Tour de France et la plupart des classiques cyclistes pour la RTBF.


    Après 21 Tours de France à son compteur, des milliers d´heures d´antenne en direct, des dizaines de milliers de kilomètres parcourus, le moment est venu pour le commentateur de jeter un oeil dans le rétroviseur et de se remémorer les grands moments, les belles rencontres et les anecdotes qui ont jalonné ses Grands Boucles.


    De Franck Baudoncq, son collègue de la RTBF avec qui il a partagé ses premiers Tours, à Albin Delsault, son chauffeur attitré et homme de confiance, en passant par les illustres consultants avec qui il a partagé le micro, la voiture et la table (Lucien Van Impe, Michel Dernies, Mark Uytterhoeven, Claudy Criquiélion, Alain Bondue, John Lelangue, Cédric Vasseur et bien entendu le plus célèbre de tous Eddy Merckx), Beenkens nous fait visiter les six coins de l´Hexagone.


    Au-delà des exploits sportifs, des défaillances, des victoires belges, des coups de gueule et des coups de mou, il nous livre un témoignage humain de son métier. La vie en commun tout au long de trois semaines intenses, les parties de franche rigolade, les anecdotes du voyageur mais aussi ses bonnes adresses gastronomiques et sentimentales, du Périgord à la Savoie. Un récit tout au long duquel il s´attarde sur quelques coureurs croisés lors de ses vingt et une années : Frank Vandenbroucke, Lance Armstrong, Miguel Indurain ou Philippe Gilbert.

  • Ce deuxième numéro des Cahiers de l'USE traite de la recherche de la performance qui est à la base même du sport. Même si les clubs restent attachés au rôle éducatif de celui-ci, il n'en reste pas moins que la pratique de la compétition, individuelle ou collective, est la raison d'être des clubs. La performance est ainsi liée à la compétition. Aux enjeux traditionnels du sport de compétition, qui visaient essentiellement la valorisation de l'exploit individuel, sont venus s'adjoindre de nouveaux enjeux de portée internationale dont l'espoir de prestige et l'ouverture de nouveaux marchés économiques constituent, pour chaque pays concerné, les objectifs les plus stimulants.

  • Vivien s'entraîne comme un malade pour que son équipe l'inscrive au départ du Tour de France. Mais malgré d'évidentes dispositions pour la compétition, Vivien, le porteur d'eau, n'est pas dans les temps. Il ne lui manque pourtant pas grand-chose. Pas grand chose, mais quoi ? Peut-être ce que son petit frère lui apporte secrètement entre deux étapes ? Ou ce que s'injecte dès l'aube Gianni Rimmi, le champion ? Peut-être les deux, en fait.

  • Bassil

    Elisa Vix

    Mais que va-t-il donc arriver à ce pur-sang aux performances décevantes ?



    Je bandais mes muscles, attaquais la piste avec pugnacité. En vain. Devant moi, les croupes musculeuses continuaient de me narguer.

    Malgré les coups de cravache qui pleuvaient sur mes flancs, malgré tout mon courage, j´arrivai bon dernier. Alain cracha sa cigarette tandis que le gamin mettait pied à terre.

    - Il est lent.



    A la ville, Elisa Vix est vétérinaire . L´histoire qu´elle nous livre possède l´accent du réel de la compétition hippique. Comme la fiction permet tout, c´est le cheval qui monologue en relatant sa vie de canasson qu´on veut transformer en crack. Noir chevalin !

  • Le surmâle

    Alfred Jarry

    Les exploits abracabrantesques d'un champion fornicateur... Le père du père Ubu pousse le bouchon toujours plus loin. Dans cette fable visionnaire où s'allient performance et dopage, le mélange de sexe et d'humour constitue un cocktail revigorant qui réussit si bien à Jarry dans ses oeuvres. Un classique de la littérature érotique préfacé par Jan Thirion EXTRAIT Sous son étreinte Ellen cria douloureusement, se leva en titubant un peu, une main à sa gorge et l'autre à son sexe ; ses yeux furetèrent autour d'elle, comme un malade cherche une potion ou un éthéromane son Léthé... Puis elle retomba sur le lit : sa respiration, à travers ses dents serrées, avait le même bruit d'imperceptible bouillonnement que font les crabes, ces bêtes qui fredonnent peut-être ce qu'ils essayent de se rappeler des Sirènes... Tâtonnant toujours de tout son corps vers l'oubli de la brûlure profonde, sa bouche trouva la bouche de l'Indien... Et elle ne se souvint plus d'aucune douleur. A PROPOS DE L'AUTEUR Alfred Jarry, né à Laval le 8 septembre 1873 et mort à Paris le 1?? novembre 1907, est un poète, romancier, écrivain et dramaturge français. Il fut aussi dessinateur et graveur.

  • Albert Londres, figure emblématique et historique du journalisme de terrain, couvre au quotidien les étapes du Tour de France et découvre ainsi la souffrance et les douleurs que s'infligent les coureurs, à une époque où la Grande Boucle n'avait rien d'une partie de plaisir. Bien au contraire c'est d'un véritable combat, d'une guerre avec ses blessés et ses dommages collatéraux, dont Albert Londres se fait ici le témoin.

    Extrait :
    - Vous n'avez pas idée de ce qu'est le Tour de France, dit Henri, c'est un calvaire. Et encore, le chemin de Croix n'avait que quatorze stations, tandis que le nôtre en compte quinze. Nous souffrons du départ à l'arrivée. Voulez-vous voir comment nous marchons ? Tenez...
    De son sac, il sort une fiole :
    - Ça, c'est de la cocaïne pour les yeux, ça c'est du chloroforme pour les gencives...
    - Ça, dit Ville, vidant aussi sa musette, c'est de la pommade pour me chauffer les genoux.
    - Et des pilules ? Voulez-vous voir des pilules ? Tenez, voilà des pilules.

  • « Le sport favorise l'intégration », « Il y a trop d'argent dans le sport », « Le sport, c'est la santé », « Le sport est éducatif », « La lutte contre le dopage est une priorité », « Pour devenir un champion, il faut commencer très jeune », « Le sport est apolitique », « L'Olympisme, c'est la pureté et la fraternité universelle » ...
    Au travers d'une analyse précise et sans concession, Michel Caillat démontre ici que le sport n'est pas un jeu mais un phénomène social aux multiples implications politiques, économiques et idéologiques.

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