• Entre Madame Rosa et Momo, c'est un amour maternel qui ne passerait pas les liens du sang, c'est l'amitié entre les peuples juif et arabe, c'est le poids de l'Histoire allégé par l'appétit de vivre. Le roman se passe à Belleville, vingtième arrondissement de Paris, sixième étage sans ascenseur. Momo a dix ans, peut-être quatorze en réalité. Cela fait beaucoup de chiffres pour un môme qui réinvente le dictionnaire et a le sens de la maxime : Je pense que pour vivre, il faut s'y prendre très jeune, parce qu'après on perd toute sa valeur et personne ne vous fera de cadeaux.

    Bernadette Lafont et Kamel Belghazi incarnent avec bonheur le couple Madame Rosa-Momo. Dans leur relation, l'humour fait presque oublier la gravité de la situation. Du rire, on passe aux larmes. Un pur moment d'émotion...

  • Le jeu de la dame

    Walter Tevis

    • Lizzie
    • 8 Avril 2021

    Le roman qui a inspiré la série évènement sur Netflix
    Kentucky, 1957. Après la mort de sa mère, Beth Harmon, neuf ans, est placée dans un orphelinat où l'on donne aux enfants de mystérieuses 'vitamines' censées les apaiser. Elle y fait la connaissance d'un vieux gardien passionné d'échecs qui lui en apprend les règles. Beth commence alors à gagner, trop vite, trop facilement. Dans son lit, la nuit, la jeune fille rejoue les parties en regardant le plafond où les pièces se bousculent à un rythme effréné. Plus rien n'arrêtera l'enfant prodige pour conquérir le monde des échecs et devenir une championne. Mais, si Beth prédit sans faute les mouvements sur l'échiquier, son obsession et son addiction la feront trébucher plus d'une fois dans la vie réelle.

  • La datcha

    Agnès Martin-Lugand

    • Lizzie
    • 12 Mai 2021

    Et si le pouvoir d'un lieu était d'écrire votre histoire ?" L'homme venait de me déposer dans un décor de rêve, dont je n'aurais même pas soupçonné l'existence. L'hôtel en lui-même était imposant, majestueux ; les pierres, les grands volets, les immenses platanes tout autour de la cour, la fontaine couverte de mousse qui lui conférait un aspect féerique. Je ne tiendrais pas deux jours, je n'étais pas à ma place. Devais-je fuir immédiatement, retrouver ma vie d'errance dont je connaissais les codes, où je savais comment survivre, ou bien rester et tenter ma chance dans ce monde inconnu, étranger, mais qui exerçait sur moi une attraction aussi soudaine qu'incontrôlable ? "

  • « Il entra dans ma vie en février 1932 pour n'en jamais sortir [...]. Je puis me rappeler le jour et l'heure où, pour la première fois, mon regard se posa sur ce garçon qui allait devenir la source de mon plus grand bonheur et de mon plus grand désespoir. »
    Âgé de 16 ans, Hans Schwartz, fils unique d'un médecin juif de Stuttgart, va devenir l'ami de Conrad von Hohenfels, lui aussi fils unique, et issu d'une grande famille aristocratique. Mais quand Hitler arrive au pouvoir, en janvier 1933, l'amitié est impuissante à surmonter le fossé qui s'ouvre entre eux."

  • Dans un abandon touchant, Isabelle Carré livre un premier roman sensible et plein de grâce. Une autobiographie brodée de fiction, raccommodée, par endroit, là où la mémoire fait défaut, l'actrice y raconte l'histoire de sa famille et de son enfance - ou en tout cas l'histoire d'une famille et d'une enfance qui ressemblent étrangement à la sienne. Elle dit la « partie immergée de l'iceberg », cachée derrière son sourire maquillé, ses angoisses et ses blessures, sa famille un peu hors-normes, mais aussi son désir naissant de théâtre et de cinéma ou encore ce que c'est qu'être une enfant puis mère à son tour - et l'amour, bien sûr. Sont confiés ici des rêves délicats, des souvenirs tendres, qui nous emplissent de réconfort.

    « J'ai l'habitude avec les journalistes d'être toujours associée à deux qualités : discrète et lumineuse ! Durant toutes ces années, comment suis-je passée si facilement entre les mailles du filet ? Évidemment, je ne m'en plains pas, pour rien au monde je ne renoncerais au plaisir d'être si bien cachée derrière mon maquillage et les costumes d'un personnage. Puisque tout est vrai, et que les acteurs « font semblant de faire semblant », comme l'écrit Marivaux. Je m'étonne juste qu'après ces heures d'interviews, tous ces plateaux télé, ces radios, les mêmes mots ressassés à l'infini suffisent... grâce à ce sourire peut-être. Je suis une actrice connue, que personne ne connaît. » I.C.

  • Cinq cartes brûlées

    Sophie Loubière

    • Lizzie
    • 8 Octobre 2020

    Prix Landerneau Polar 2020Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l'humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d'une existence balayée par le destin. Mais Laurence a bien l'intention de devenir la femme qu'elle ne s'est jamais autorisée à être, quel qu'en soit le prix à payer. Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer...
    Thriller psychologique d'une rare intensité,
    Cinq cartes brûlées va vous plonger au coeur de la manipulation mentale. De celle dont on ne revient jamais indemne.
    "Sophie Loubière trompe merveilleusement son monde"
    Le Monde des livres "Un livre sensible et habile, redoutablement addictif !" Librairie
    Le Divan "On sait qu'on va être tenu en haleine du premier mot au dernier. (...) Un leurre d'un bout à l'autre." Régis Gaudu,
    France 3 Lorraine "Ce roman noir, dur, et à la résonance terriblement actuelle, se lit d'une traite, presque en apnée. Et laisse des marques. Beaucoup, et pour longtemps. À lire absolument."
    Les Lectures d'Anne-Sophie

  • Comprendre son enfant grâce aux neurosciences et répondre aux problématiques du quotidienComment faire quand votre enfant a des colères répétées ? S'il ne veut pas se coucher ? S'il ne veut pas manger, ni obéir ? Faut-il le punir ou s'opposer à lui ? Faut-il le laisser pleurer ? Au travers de nombreux exemples tirés de ses consultations, et en s'appuyant sur les recherches en neurosciences affectives, Catherine Gueguen propose ici une nouvelle approche : voir et ressentir le monde par les yeux de l'enfant et enfin pouvoir se mettre à sa hauteur. En effet, les dernières découvertes sur le développement du cerveau émotionnel nous montrent qu'une relation empathique et bienveillante permet à l'enfant de déployer toutes ses possibilités affectives et intellectuelles.
    Un plaidoyer pour une autre vision de l'éducation.
    " À la lumière des récentes découvertes des neurosciences, le Dr Catherine Gueguen nous invite à revisiter l'éducation de nos enfants vers plus de bienveillance et d'empathie. "
    Le Point

  • Des baisers parfum tabac Nouv.

    Des baisers parfum tabac

    Tayari Jones

    • Lizzie
    • 9 Septembre 2021

    " Mon père, James Witherspoon, est bigame. "C'est par cette confession percutante que Dana Lynn Yarboro débute le récit d'une enfance pas comme les autres au sein de la communauté afro-américaine d'Atlanta, dans les années 1980. Bien que née quatre mois avant sa demi-soeur Chaurisse, Dana est pourtant l'enfant illégitime, fruit d'une union illicite. L'une est un secret à qui James rend visite une fois par semaine tandis que l'autre mène une vie stable auprès de ses deux parents, inconsciente de son privilège. L'une sait, l'autre pas. Et lorsque leurs chemins respectifs finissent par se croiser, on assiste à la naissance d'une amitié vouée à exploser.
    À travers la stupéfiante histoire de la mystification d'un homme, de la complicité d'une famille et de deux soeurs, chacune tentant de trouver sa voie, Tayari Jones signe un texte éblouissant d'humanité. Si la colère, la jalousie et l'amertume hantent les pages de ce roman, elles débordent surtout d'amour. Ici pas de gagnants, juste des survivants, et un inoubliable portrait de famille sur trois générations, qui devient, au fil des ramifications, celui de tous les Noirs d'Amérique...

  • "Je suis parti un matin d'hiver en chasse de l'enfance. J'avais décidé de la capturer entière et vivante. "Regarde, elle est là, tu la vois?" Je l'avais toujours sentie battre en moi, elle ne m'avait jamais quitté. Mais c'était le vol d'un papillon obscur à l'intérieur, le frôlement d'ailes invisibles dont je ne retrouvais qu'un peu de poudre sur mes bras au réveil."
    Neverland est un retour au pays d'enfance, un irrésistible voyage vers ces hauts territoires perdus que nous portons tous en nous.
    À travers ce titre, Timothée de Fombelle nous livre avec tendresse un récit vibrant sur les souvenirs de notre enfance.

  • American dirt

    Jeanine Cummins

    • Lizzie
    • 8 Octobre 2020

    Le roman en tête des ventes aux USA !Des coups de feu, des cris, des pleurs, des bruits de pas... Lydia tente d'étouffer les bruits en pressant la paume de ses mains sur les oreilles de son petit garçon, Luca. Ils n'ont aucune idée de ce qu'il se passe au-delà de la porte des toilettes dans lesquels ils se sont réfugiés. Quand le silence revient, ils sortent et découvrent le massacre. La fête de famille a viré au drame, tous les convives de la
    quinceanera sont morts, baignant dans leur sang, transpercés par les balles du cartel le plus puissant d'Acapulco.
    Lydia comprend vite ce qu'il s'est passé ; son mari, journaliste d'investigation, a révélé dans un article l'identité du baron de la drogue local. Seuls rescapés de la tuerie, elle comprend qu'elle et son fils ne sont plus en sécurité dans sa ville et son pays et décide de rejoindre les États-Unis.
    Commence alors une course poursuite où la mère et le fils rejoignent le flux des migrants pour échapper au cartel. Un chemin de croix où ils rencontrent des hommes et des femmes qui eux aussi fuient la misère et la violence, laissant derrière eux leurs racines et leurs familles.
    En évitant l'écueil du misérabilisme et des clichés toujours mieux partagés, Jeanine Cummins donne un visage et une histoire à ceux que l'on perçoit comme une masse indifférenciée : les migrants. Aussi rythmé qu'un thriller, l'auteure offre une galerie de portraits révélant toute la complexité du phénomène migratoire en Amérique.
    C'est à la fois
    Les raisins de la colère de Steinbeck,
    Cartel de Don Wislow et
    No country for old men de Cormac Mc Carthy.

  • Jean Genet évoque son itinéraire qui fit d'un enfant de l'Assistance publique injustement soupçonné d'un vol et placé dans une maison de correction celui qui, dans sa souffrance, choisit d'être ce dont on l'accuse : « Je me reconnaissais le lâche, le traître, le voleur, le pédé qu'on voyait en moi. » « Journal du voleur » est l'évocation d'un destin délibérément choisi « dans le sens de la nuit » pour exploiter « l'envers de la beauté » par l'écriture et son flamboiement. C'est grâce à l'éclat de cette parole que Jean Genet élabore un monde cohérent, le sien, reposant sur la constante inversion des valeurs et centré sur la mort.

  • Poil de carotte

    Jules Renard

    • Voolume
    • 1 Janvier 2017

    Publié pour la première fois en 1894, Poil de Carotte, fortement inspiré de l'enfance de son auteur, peut être considéré comme une oeuvre partiellement autobiographique, même si Jules Renard ne l'a jamais revendiquée comme telle. L'histoire de Poil de Carotte relate les aventures de François Lepic, un jeune garçon roux victime des farces de ses frères et soeurs et des reproches constants de la part de sa propre mère. C'est d'ailleurs sa famille qui lui choisit ce surnom grotesque : Poil de Carotte. Ce dernier est toujours contraint de répondre aux exigences de sa mère qui ne cesse de lui confier des tâches rebutantes. Immense succès qui a permis à Jules Renard de connaitre la célébrité, Poil de Carotte a fait l'objet de diverses adaptations, tant au cinéma qu'au théâtre.

  • Sodoma

    Frédéric Martel

    • Lizzie
    • 13 Février 2020

    Attention, document exceptionnel, livre inouï, et rien d'excessif dans ces appréciations !ChallengesSon enquête fera date. Le Point" Le pape a lu ce livre. Il a dit que c'était un bon livre. Et qu'il savait tout ça. "
    (magazine catholique
    Crux)
    Dans oeuvre abrégée, Sodoma décrit la face cachée de l'Église : un système construit depuis les plus petits séminaires jusqu'au Vatican à la fois sur la double vie homosexuelle et sur l'homophobie la plus radicale. La schizophrénie de l'Église est insondable : plus un prélat est homophobe en public, plus il est probable qu'il soit homosexuel en privé.
    Pendant quatre années, Frédéric Martel a vécu en immersion à l'intérieur du Vatican. Cette enquête vertigineuse en révèle le secret.

  • La Rumeur

    Lesley Kara

    • Lizzie
    • 12 Août 2021

    Nourrissez la rumeur... Puis regardez-la vous engloutir." Lesley Kara nous tient en haleine jusqu'à la dernière page dans ce roman glaçant où règnent paranoïa, soupçons et accusations. "Paula Hawkins, autrice de La Fille du trainDans les années 1960, Sally, 10 ans, a été accusée d'avoir poignardé un petit garçon. Des années plus tard, on raconte qu'elle serait revenue habiter à Flinstead, paisible petite ville du bord de mer, sous une autre identité. Joanna ne pensait pas à mal en répétant cette rumeur entendue devant les grilles de l'école. Une conversation toute simple, pour tisser des liens avec les autres mères de la nouvelle école de son fils... Mais très vite, ces quelques mots se transforment en bombe à retardement et ravivent le traumatisme laissé par ce meurtre épouvantable. Pour enrayer ce mortel engrenage, Joanna n'a qu'une solution : enquêter pour découvrir la vérité.
    Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Clara Gourgon

  • La Guerre des Boutons est un grand classique de la littéraire de jeunesse. Lebrac, Camus, La Crique sont les héros d'une guerre annuelle entre les bandes d'enfants de deux villages voisins, longeverne et Velrans. L'amitié, l'amour, la trahison, le courage, tous les sentiments héroïques sont partagés par ces combattants dont la bravoure n'attend pas le nombre d'années !
    © Domaine public (P) 2007 Éditions Thélème

  • La petite Alice s'ennuie à côté de sa grande soeur, qui s'occupe à lire un livre probablement soporifique, puisque sans images et sans dialogues. Alors, quand un lapin blanc à gilet lui passe sous le nez, consulte sa montre de gousset et s'exclame qu'il est en retard, Alice n'en revient pas. Elle s'engouffre à sa suite dans le terrier obscur sous la haie ! Commence son périple dans l'univers onirique d'un Chapelier fou qui prend le thé, du chat du Cheshire au sourire surréaliste et d'une Reine de Coeur sans coeur...

    « Elle sentit qu'elle s'endormait pour de bon et elle venait de commencer à rêver qu'elle marchait avec Dinah, la main dans la patte, en lui demandant très sérieusement "Allons, Dinah, dis-moi la vérité : as-tu jamais mangé une chauve-souris ?" quand brusquement, bing ! bing !... elle atterrit sur un tas de feuilles mortes et sa chute prit fin. » L.C.

  • Malgré nous

    Claire Norton

    • Lizzie
    • 11 Juin 2020

    " Entre coups de théâtre, révélations et suspense, Claire Norton ne lésine sur aucun effet pour attraper son lecteur et ne plus le lâcher. "Femme actuelle" Entre émotion et rebondissements, l'auteur joue avec nos nerfs et pousse à son paroxysme la conception de l'amitié sans limites. "PrimaÉté 1988. Alors qu'ils sont en colonie de vacances, Théo, Maxime et Julien échappent à un terrible incendie. Entre eux désormais, ce sera " à la vie, à la mort ".
    Vingt ans plus tard, l'expression va prendre tout son sens.
    Et vous, jusqu'où iriez-vous par amitié ?

  • Dans ce texte, écrit en 1910, Sigmund Freud (1856-1939) s'attache à étudier le processus de la création artistique chez Léonard de Vinci. Il part d'un des premiers souvenirs d'enfance rapporté par le peintre. Pour Freud, il s'agit plutôt d'un fantasme, qu'il appellera « le fantasme au vautour », que Léonard « s'est construit plus tard et qu'il a alors rejeté dans son enfance » et qui se rapproche de certains « fantasmes de femmes ou d'homosexuels passifs ». Derrière, se cache « la réminiscence d'avoir tété le sein maternel, scène d'une grande et humaine beauté qu'avec beaucoup d'artistes Léonard entreprit de représenter dans ses tableaux de la Vierge et l'enfant ». Composé « du double souvenir d'avoir été allaité et baisé par la mère », ce fantasme fait « ressortir l'intensité du rapport érotique entre mère et enfant ». Le singulier sourire énigmatique de la Joconde ou de sainte Anne s'éclaire alors d'être la trace de ce que « sa mémoire conserva comme la plus puissante impression de son enfance ».

  • Poly

    Nicolas Vanier

    • Lizzie
    • 14 Janvier 2021

    Parfois, entre un animal et un être humain, naît plus qu'une complicité : une histoire d'amour...
    Été 1964. à Beaucastel, dans le Gard, les chansons yéyés résonnent dans les transistors et les enfants piquent une tête dans les eaux claires de la Cèze pour se rafraîchir. Dans ce décor idyllique, pourtant, Cécile ne cesse de pester. Pourquoi sa mère, Louise, lui a fait quitter Paris pour ce " trou paumé " ?
    Ici, rien ne va pour elle : sa nouvelle maison est sordide, les gamins du coin sont moqueurs, son père, parti en Italie, lui manque. Quant à Victor, un homme très louche propriétaire d'un château en ruines, il tourne un peu trop autour de sa mère.
    Cécile se sent seule, elle s'ennuie tellement... Jusqu'à l'arrivée en fanfare d'un cirque dirigé par l'autoritaire Brancalou. La vedette du spectacle est un poney nommé Poly. Entre l'animal maltraité et l'enfant naît une incroyable amitié. Le début d'une folle et belle aventure qui les mènera loin de cet environnement hostile. Et leur fera braver tous les dangers...

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    Après sa mort, au cours d'une longue errance dans l'au-delà, une femme revit soudain un moment merveilleux de son enfance : une excursion sur une île avec ses camarades de classe. Elle le revit en sachant quel avenir est réservé à chacun de ceux qui l'entourent ce jour-là. Cela se passe en Allemagne, peu de temps avant la Première Guerre mondiale, et quelques années avant la sombre période où tous devront choisir leur camp, sauf ceux qui, parce qu'ils sont juifs, n'auront d'autre possibilité que de fuir ou se cacher. Présent et futur se mêlent, colorant ce récit d'une nostalgie presque mélancolique : cet après-midi apparaît comme une dernière parenthèse enchantée avant la noirceur des temps à venir.

    « Marianne, Leni et moi avions toutes trois enlacé nos bras en un geste de solidarité qui ne faisait que refléter la grande unité de toutes choses sous le soleil. Marianne appuyait toujours sa tête contre celle de Leni. Comment devait-il être possible, plus tard, que pénétrât dans ses pensées la folie mensongère qui leur fit croire, à elle et à son mari, qu'ils détenaient le monopole de l'amour de ce pays et qu'ils pouvaient à bon droit mépriser et dénoncer la jeune fille contre laquelle en cet instant elle s'appuyait ? » A. S.

  • « Les livres ont donc constitué très tôt le territoire de mon imaginaire, de ma projection dans des histoires et des mondes que je ne connaissais pas. Plus tard, j'y ai trouvé le mode d'emploi de la vie, un mode d'emploi auquel j'accordais beaucoup plus de confiance qu'au discours scolaire ou au discours de mes parents. J'étais encline à penser que la réalité et la vérité se trouvaient dans les livres, dans la littérature. » A.E. (Retour à Yvetot, éditions du Mauconduit, 2013)

    Son enfance, sa mémoire, sont la matière même de ses livres. Pourtant, c'est seulement en 2012 qu'Annie Ernaux retourne à Yvetot sur invitation de la ville de Normandie qui l'a vue grandir. Elle vient y donner une conférence sur son travail qui y est intimement lié. Ce retour en tant qu'écrivaine est un véritable événement littéraire et c'est cet événement qui est retranscrit ici. À la suite de ce texte lu par Dominique Blanc, Annie Ernaux se remémore, dans un entretien inédit, des moments de son enfance et de sa jeunesse à Yvetot à travers des photographies qu'elle a choisi de commenter.

  • Contes du quotidien, les quatorze histoires réunies dans cet écrin conjuguent reviviscences d'enfance en Nouvelle-Zélande, échappées oniriques, portraits saisissants, émotions brutes et découverte de la mort et de ses avatars. Dans « Prélude », « Félicité », ou encore « Je ne parle pas français », le ressenti prend le pas sur l'action et se mettent à nu d'inquiétants rapports de force au sein même des relations les plus familières. Ce recueil a assis la réputation de Katherine Mansfield comme la plus grande virtuose de la nouvelle moderniste.

  • « De tout ce que j'ai écrit, les textes qui figurent dans ce livre audio me sont les plus chers. Ils ont trait à ma mère inconnue. Je les ai écrits pour lui parler, pour lui dire ma tendresse, tenter de la faire revivre quelque peu, elle qui n'a pas eu la vie qu'elle méritait. Je sais maintenant que je lui dois mon besoin d'écrire. J'aimerais que, portés par ma voix, ces pages et ces poèmes la tirent de la tombe, la fassent apparaître, lui procurent des amis qui prolongeront sa mémoire ». C.J.
    « Tu n'aurais osé le reconnaître, mais à maintes reprises, il est certain que l'immense et l'amour ont déferlé sur tes terres. Puis comme un coup qui t'aurait brisé la nuque, ce brutal retour au quotidien, à la solitude, à la nuit qui n'en finissait pas. Effondrée, hagarde. Incapable de reprendre pied. Te ressusciter. Te recréer. Te dire au fil des ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui un jour, pour ton malheur et le mien, s'est déchirée. » C.J., Lambeaux (P.O.L., 1995)
    Charles Juliet a choisi des poèmes et des textes extraits de Lambeaux (P.O.L., 1995), Moisson (P.O.L. 2012) et Te rejoindre (Atelier des Grames, 2014).

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    Florence Delay nous entraîne dans une délicieuse promenade au château de Fontainebleau, au temps de la cour de France de François 1er à celle d'Henri IV, pour donner vie et parole aux déesses, Diane chasseresses, nymphes et dames qui l'habitent, peintes et sculptées par les artistes italiens Rosso et Primatice. Empruntant l'art et la manière de Marguerite de Navarre, dont elle a lu et relu « L'Heptaméron », Florence Delay nous fait revivre, de tableau en tableau, toute la beauté de la Renaissance.

    « Je me souviens de mon enfance quand, allant visiter les anges, les saintes et les déesses au Louvre, deux d'entre vous, mi-nues dans une baignoire et dont l'une tenait le bout du sein de l'autre entre le pouce et l'index, me regardèrent avec sévérité. Je m'éloignai en rougissant mais en dépit de votre interdiction j'y revins. Puisque vous partagiez le même bain, la même eau, le même parfum, que vous portiez la même boucle d'oreille vous étant partagé la paire, vous viviez ensemble, j'en aurais mis ma main au feu. » F.D.

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