• Un essai sur l'orgie et l'orgiaque avec toutes les manifestations extrêmes de la vitalité humaine et la multiplicité des formes d'expression qu'elles prennent dans l'histoire des sociétés, des religions, des cultures et des moeurs.

  • Des personnalités comme le commandant Cousteau, le professeur Schwarzenberg ou Patrick Poivre d'Arvor, des chanteurs et des artistes ont écrit chacun un lettre au Père Noël.

  • Le Professeur Pierre Debray-Ritzen est actuellement chef du service de psycho-pédiatrie à l'Hôpital des Enfants-Malades. Depuis quinze ans, il examine des petits écoliers en difficultés scolaires, et dans sa lettre ouverte à leurs parents il vend aujourd'hui la mèche... C'est-à-dire qu'il dénonce l'aveuglement et la carence de notre Éducation. Il explique pourquoi le mythe égalitaire, celui du collège unique, l'inutile cuistrerie de la pédagogie, surtout l'ignorance neuro-psychologique de l'enfant concourent à faire souffrir beaucoup de jeunes êtres. Étant donné leurs inégalités en intelligence, en langage oral, en apprentissage de la lecture, en contrôle moteur, etc., ceux-ci demandent à être secourus et à bénéficier d'un enseignement adapté. Des modèles étrangers sont à suivre, dans une orientation méthodique - malheureusement refusée par des idéologues, les petits dévots de la scolastique freudienne et des hommes politiques sans détermination. Cette lettre ouverte aux apparences de pamphlet est en vérité un cri d'amour poussé dans un monde qui en manque singulièrement.

  • Le lecteur non averti qui ouvrira ce livre croira se trouver devant un recueil de poèmes en prose, fortement teintés de surréalisme, foisonnant d'images saisissantes, oscillant sans cesse entre le rêve mystique, l'obsession charnelle et le grotesque. Des textes qui vont de l'expression de la plus intense souffrance à la dérision philosophique, « le fond de la pensée c'est le chien », en passant par la réflexion sur l'écriture, « en écrivant la pensée me dépasse, je la retiens, mais j'aime mieux cela que de causer sans liberté ». Il s'agit pourtant de textes écrits par des « fous » et publiés entre 1850 et 1930 dans diverses revues spécialisées que l'on peut consulter à la bibliothèque de Sainte-Anne. Pour la première fois ils sont ici présentés en nombre, dépouillés de tout commentaire clinique, parlant d'eux-mêmes dans toute la violence de leur beauté littéraire. Parions que plus d'un « normal » trouvera ici l'écho amplifié et troublant de ses propres angoisses, de son propre vertige et de ses propres doutes, et se reconnaîtra dans la réflexion de l'un de ces anonymes, « mon masque est ordinaire, mais mon âme est insondable ».

  • "C'était ça : ce livre !... Il avait eu l'idée de cette collection, « Si j'étais... », et il venait me proposer ce sujet : « Si j'étais Dieu ! »...
    J'ai sauté au plafond.
    Ce n'est pas vrai, bien sûr, ce ne sont pas des choses qu'on fait, mais j'aurais voulu pouvoir le faire...
    Je riais, je frappais la table du plat de la main, j'exultais !... Quelle idée ! Quel sujet ! Dire qu'il y a des gens qui rêvent d'être P.-D.G., idole, empereur, Onassis, Prix Goncourt ! La gloire, les milliards, le pétrole, les affiches sur tous les murs, à poil, en veston, mes fesses, ma barbichette, la puissance, les armées, les peuples, les nations !...
    Crotte, crotte, crotte, tout ça !... Crotte de mouche sur papier buvard...
    Dieu !
    Si j'étais Dieu !...
    Ça, c'est quelque chose !...
    Tout refaire ! Tout chambouler ! Tout recommencer ! Pas seulement la politique et le social, et les climats, les déserts, la faim, le meurtre, la bêtise et la laideur, la guerre, la terre trop sèche, Vénus trop chaude, Jupiter trop froid, pas seulement l'amour et la haine, le sexe et le sang, l'homme et la puce, tout le reste, le pensable, tout, tout, TOUT !"

  • La sexualité africaine a, de tout temps, alimenté les phantasmes des Européens. Mais qu'en est-il exactement ? Rassemblant plus de quarante textes puisés dans l'ensemble de la production des littératures d'expression française d'Afrique noire, de l'Océan Indien et des Caraïbes, cette anthologie retrace l'évolution du concept de l'érotisme et esquisse l'historique de sa représentation littéraire. Pour la première fois, des écrivains témoignent et définissent ce que sont à leurs yeux l'amour, l'érotisme, la pornographie. Ces textes, pour la plupart inédits, modifient les idées reçues et permettent de découvrir des littératures aussi riches que méconnues.

  • Les chats ont toujours joué un rôle important dans ma vie. Quand j'étais petite fille, ils étaient mes compagnons de jeu. Plus tard, ils sont devenus mes amis, mes confidents, mes complices. Actuellement, j'en ai cinq (depuis que j'ai commencé à écrire ce petit livre, la sixième m'a quittée et j'en ai eu beaucoup de chagrin) et c'est un peu leur histoire que j'ai voulu raconter. Mais c'est aussi celle de tous les autres : les abandonnés, les sans-abri, les errants, les laissés-pour-compte. Il y a les chats des jardins du Trocadéro, comme ceux de la S.P.A., ou bien les "pensionnaires", venus s'installer chez moi le temps d'un été, ou passer quelques semaines ou quelques mois dans mon appartement parisien avant de repartir vers d'autres destinées. Les portraits de quelques chats appartenant à des amis y ont aussi leur place. Ce livre est dédié à tous les chats de ma vie, passés, présents, futurs. Avec reconnaissance et affection. A.R.

  • Le monde entier a découvert avec horreur la réalité inhumaine des régimes du Vietnam et du Cambodge. Comment expliquer que les idéologies les moins avares de promesses aboutissent invariablement à de tels résultats ? C'est à cette interrogation que le Club de l'Horloge a voulu répondre. Face à l'utopie égalitaire qui, avec ou sans Marx, conduira toujours au Goulag, La Politique du Vivant présente une nouvelle image de l'homme, fondée sur les acquis les plus récents des sciences de la vie. Chacun de nous est un être unique, qui combat dès la naissance pour affirmer sa personnalité. Nous sommes riches de possibilités contradictoires parmi lesquelles il nous faut tracer notre chemin. C'est pourquoi nous avons le besoin vital de l'appui d'une civilisation, comme la fleur pour s'épanouir a besoin de soleil. Reconnaître à l'homme, à chaque homme, le droit à la différence, voilà le principe d'un nouvel idéal politique. À l'heure des périls totalitaires, ce nouvel humanisme est la chance de la liberté. C'est en acceptant la leçon du vivant, qui plaide pour la différence, que l'humanité assurera son avenir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ils sont deux. Barbara et Claude. Ils étaient heureux. Un jour, Barbara s'est écartée du réel, tour à tour plongée dans le gouffre d'une panique sans raison, et soulevée par la vague d'un enthousiasme sans mesure. Peu à peu, ils ont été trois : deux, et la Folie, pour l'appeler par son vrai nom, même si les médecins lui en donnent d'autres plus savants, plus pudiques. Ce livre est l'histoire de la folie, vécue par Barbara de l'intérieur. Et vue du dehors par Claude, obligé un jour de faire interner la femme qu'il aime, dans des circonstances dramatiques, parce qu'il le faut. Un homme et une femme ont tenté l'aventure d'écrire, chacun de son côté, et sans comparer leurs témoignages, ce qui se passe au fond de deux coeurs lorsque la maladie mentale les sépare. Pour combien de temps ? Pour toujours ? Barbara est revenue, guérie, après sept années vécues ailleurs. Au commencement était la peur..., dit-elle. C'est peut-être cela qu'on appelle l'amour, conclut-il à la fin de ce bouleversant dialogue. Un dialogue qui concerne toutes les femmes, tous les hommes pour qui, la maladie mentale, ça n'arrive pas dans nos familles...

  • « Ils ont un gosse parce qu'ils n'ont pas pu avoir de chien », disait Coluche. Si le mot est cruel et outrancier, il oblige à s'interroger sur la place et le rôle des animaux dans notre société hyper-zoophile. Berger et éleveur, Jean-Luc Vadakarn nous tend avec ce livre un miroir. Dénonçant aussi bien les alibis écologiques des chasseurs que les bons sentiments aveugles et parfois dangereux des « amis des bêtes », il montre combien l'animal est devenu un exutoire, un « médicament de confort pour nostalgiques des champs, des paradis perdus ». Mais nos chiens qui tournent dans les squares et dorment sur la moquette sont-ils réellement dans des conditions compatibles avec leur espèce ? Au-delà de nos animaux domestiques, c'est tout notre rapport à la vie que met en cause Jean-Luc Vadakarn. « Le respect pour le vivant, nous dit-il, devrait, sinon forcer la main à ouvrir la cage aux oiseaux, du moins mettre un terme à cette détestable manie de les apprivoiser pour, paraît-il, faire leur bonheur. » Nous devons notre vie à d'autres vies, végétales ou animales, mais nous avons perdu le sens de notre place dans la chaîne. Réflexion décapante et salutaire, ce livre plaide pour que nous l'y retrouvions - première condition pour une véritable écologie, sans marchandage ni sensiblerie.

  • Etiemble, ici, ne mâche pas ses mots ni ne réprime ses colères. Il condamne sans appel la pornographie (et ses marchands) qu'il tient pour « le plus sûr ennemi de l'amour ». Mais loin de lui l'intention de prôner le puritanisme et la chasteté. Dans ce livre, avec la verve et l'érudition d'un grand polémiste, il s'agit seulement de réapprendre à distinguer ce qu'en ces années confuses, on se prend à confondre. « Préfacier de la Vita Sexualis, ajoute Etiemble, j'écrivais jadis : ce n'est point en accumulant les mots sanieux et les situations repoussantes qu'on obtient les oeuvres les plus fortes concernant la vie charnelle. Aujourd'hui je persiste et me contresigne. Car la pornographie c'est notamment le contraire de l'érotisme qu'il ne faut pas, lui, condamner à la légère. » Qui donc, après avoir lu Etiemble, s'y risquerait encore ? La pornographie remise à sa place, l'érotisme passionnément célébré, comme il le fut dans l'histoire, d'une civilisation à l'autre, on verra comment l'auteur de Blason d'un corps en arrive à parler, d'une voix changée, d'un sujet « malaisé entre tous » : l'amour.

  • Que faire lorsque l'on renonce à suivre des études de médecine ? Entre toutes les carrières qui s'offraient à lui, Patrice Delbourg a choisi celle de malade. Il sera désormais un pro de la maladie face à ces amateurs plus ou moins compétents que sont les médecins. Au bout de quelques saisons d'une course d'obstacles riche en analyses, échographies, prélèvements variés, examens et autres péripéties, Patrice Delbourg a tenu durant un an le « Journal » de ses aventures en notant, au jour le jour, avec une sourcilleuse délectation, tous les symptômes de ses maux.

  • Paru initialement en 2003, sous le titre «La littérature franco-ontarienne: état des lieux», l'ouvrage a été revu et augmenté. En plus de proposer une vision panoramique de la littérature franco-ontarienne, il comprend des textes qui abordent les différents genres littéraires - dont la poésie, la nouvelle, le roman au féminin, le théâtre -, ainsi que des réflexions sur l'écriture de l'exil, la réception critique et l'institution littéraire.

    Les interventions des quatorze chercheurs mettent en relief les aspects saillants de cette littérature. Ainsi, «Perspectives sur la littérature franco-ontarienne» dresse « l'état des lieux » d'une littérature en émergence, examine les contours, les limites et les possibilités de cette « littérature de l'exiguïté » en perpétuel devenir et témoigne de la vigueur et de la richesse du corpus.

    Les directeurs de l'étude affirment : «[...] nous sommes persuadés que ces perspectives sur notre littérature au tournant du nouveau millénaire constitueront un jalon historique dans le développement et l'évolution d'une écriture ayant acquis ses lettres de noblesse à travers la province et la nation. Les essais de ce livre montrent sans ambages que la littérature franco-ontarienne est prête à transcender les frontières nationales et internationales pour faire entendre l'originalité et la pertinence de ses voix dans le concert de l'universel sans perdre pour autant son cachet.»

  • L'auteur exerce un curieux métier : il enseigne la philosophie. « Six ou dix classes tous les ans : des élèves de sections techniques principalement, au lycée Pierre-de-Coubertin à Meaux et au lycée du Gué-à-Tresmes, au nord de Meaux. Je découvre chaque année qu'ils ne sont pas les barbares abondamment décrits dans une certaine littérature (...). J'ai le sentiment de vivre une inépuisable aventure de liberté, avec des individus à chaque fois nouveaux et imprévisibles, les élèves, toujours incroyablement angoissés, joyeux et beaux (...). Cela fait vingt ans que j'enseigne. Je n'ai jamais quitté l'école et j'en suis toujours plus heureux : j'ai l'intention de continuer. » Bernard Defrance est un prof de philo heureux. Il a fait ce livre non pour contredire le choeur des pleureuses ou des impuissants, non plus pour dire une énième fois « ce qu'il faut faire », mais, sans se priver du plaisir de la polémique, pour raconter simplement et avec conviction, son expérience d'enseignant et son bonheur d'enseigner.

  • On dit qu'il ne faut pas confondre la religion avec la politique. Mais la religion n'éclairerait-elle pas la dimension politique de l'histoire à un niveau de profondeur qui échappe aux hommes du temporel ? Les conciles du IVe siècle ont élaboré la croyance à la double nature de Jésus, censé avoir été Dieu déjà dans le ventre de sa mère. Que signifie un tel mythe ? De quel conflit entre les idéologies des diverses classes sociales est-il l'expression ? Quelle philosophie de la connaissance reflète-t-il ? En explorant les querelles théologiques qui ont abouti au processus de la divinisation de Jésus, Manuel de Diéguez soumet la religion chrétienne à une psychanalyse politique et propose ainsi une compréhension nouvelle des rapports de la foi avec l'histoire. Parallèlement, il esquisse une théorie de l'imaginaire qui conduit à une démythologisation du mythe sacré et de la théorie scientifique comme sources d'intelligibilité du monde.

  • Ce livre, écrit à quatre mains, a trois idées en tête. La première naît de l'air du temps : tandis que les ayatollahs anti-tabac se déchaînent, nous nous levons pour la cigarette ! Le fatras intempestif de moralisation et d'hygiénisme nous agace ; tout en reconnaissant « l'abus dangereux », nous clamons haut et fort « la cigarette n'est ni une perversion ni un délit. Au pire une fâcheuse habitude, au mieux un plaisir. » La deuxième idée est un plaidoyer gai sur la cigarette après le café, en plein soleil, après l'amour, après l'angine, basse calorie, « c'est la dernière », « c'est la première », après le sport, au saut du lit, etc. Pour avoir mis les cigarettes en situation, le tableau ne semble afficher complet qu'avec une troisième partie : tabacs de grands crus, arômes capiteux, saveurs raffinées...

  • « Mais d'où sort-il donc, cet André Thirion ? Sa ligne recoupe tout ce qui s'est accompli en politique et en littérature durant un demi-siècle. Au tard de sa vie, cet inconnu nous offre un témoignage irremplaçable sur deux très hautes aventures de ce temps, le surréalisme et le communisme » Gilles Lapouge. « Plutôt militant qu'artiste, il n'était pas assuré de laisser mieux qu'un nom au bas de manifestes. Il vient de prendre une sérieuse option pour le passage à la postérité avec cette autobiographie qui constitue le premier témoignage d'envergure sur des hommes, des événements, une époque que la jeunesse d'aujourd'hui ignore ou mythifie » Maurice Nadeau. « Il ne sera plus possible d'évoquer l'évolution des idées dans le deuxième quart du XXe siècle sans tenir compte du témoignage d'André Thirion. Mais, surtout, dès aujourd'hui, pour chacun de nous, « Révolutionnaires sans révolution » est le récit merveilleusement amusant d'une vie de luttes et d'aventures qui ne trouve son accomplissement que dans ce retour sur elle-même. » Jean d'Ormesson. Voici « Révisions déchirantes », la suite des « Mémoires » d'André Thirion.

  • À ceux qui cherchent le plus court chemin vers la mort, certains ont cru bon d'indiquer toutes les voies qui y mènent à coup sûr. Ces lettres au contraire opposent un barrage humain au déferlement de pensées inhumaines. Au lieu d'un discours doctoral et théorique sur le suicide, l'auteur a choisi d'interpeller directement les « presque-en-allés-en-attente-de-départ ». Il s'adresse ici personnellement à une jeune femme que hante la mort - puisque parmi les tentatives de suicide, dont le nombre augmente chaque année, les jeunes et les femmes sont les plus touchés. Après une lente et attentive approche de la souffrance non dite, après le dévoilement de la violence rentrée et le décryptage des secrets oubliés, ces lettres suggèrent des voies pour se laisser ré-apprivoiser par le monde et par les autres, et pour redécouvrir le chemin de son désir. Alors seulement sont précisées les références aux données actuelles de la psychanalyse et aux apports récents de la neurobiologie. Doucement, fermement, avec tact et savoir-dire, Yves Prigent se fait le porte-parole d'une « bonne nouvelle » que certains n'entendent plus : il y a une vie avant la mort.

  • Fin des idéologies, impuissance apparente ou réelle des pouvoirs publics face aux évolutions économiques, notre fin de siècle serait-elle celle du déclin des possibilités d'action du politique ? Cet essai explore une des raisons possibles de ce déclin : dans un univers où tout se vit en réseaux entremêlés, les pouvoirs publics quels qu'ils soient, comme les partis politiques, sont restés cramponnés à des territoires finis, bornés par des frontières. Ce phénomène est particulièrement net et puissant en France, pays de l'Europe qui avait poussé le plus loin l'intégration entre pouvoir central et territoire clos. Comment vivre dans ce monde nouveau éclaté, comment ne pas devenir esclave de sa complexité, comment penser à neuf l'action publique, telles sont les questions abordées par Jean-Pierre Balligand et Daniel Maquart. En sachant bien que, pour nous Français, ces questions se vivent sans doute dans une Europe qui ne se construira pas sur notre schéma politique jacobin mais peut-être plutôt sur celui de la Hanse germanique ressuscitée.

  • Le Général nous a quittés voici déjà vingt ans. Et aujourd'hui, comme se lamentent ses fidèles, « sa grande voix nous manque cruellement... » A l'heure où tout le monde se réclame de lui (même ses plus farouches adversaires d'hier), en cette année où la France se noie dans les commémorations pompeuses, les hommages béats et les cérémonies soporifiques à sa mémoire, il est étrange que personne n'ait encore posé la seule question vraiment intéressante : Et lui, le « Grand Charles », que pense-t-il de tout ce cirque ? De quel oeil regarde-t-il aujourd'hui ces Français qu'il qualifiait hier de "veaux" ? Comment juge-t-il la chienlit qui agite notre petit monde politique ? De quels mots épingle-t-il ses successeurs à l'Élysée ou tous ces gaullo-maniaques qui se croient ses héritiers ? Quelle voix ferait-il entendre face au chaos qui lézarde l'Europe de l'Atlantique à l'Oural ? Et bien, c'est fait : IL parle ! « Ici l'ombre... » Du paradis, il nous adresse enfin ce long message que nous espérions tant. Et ce n'est pas triste ! Dans le tableau qu'il brosse de la France en cette fin du XXe siècle, les portraits au vitriol succèdent aux sanglantes vacheries et les coups de gueule aux sourires moqueurs, même si, le plus souvent, l'ironie cache difficilement une bonne grosse tendresse. C'est par la plume de Jean-Michel Royer, gaulliste turbulent et grand pasticheur devant l'Éternel, que le Général nous écrit cette lettre, dans cette prose flamboyante et corrosive qui fut toujours la sienne...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Faisant suite à L'Enseignement de l'Arbre-Maître et aux Chemins de l'Esprit, Soleil d'Arbre clôt la trilogie consacrée par Mario Mercier au message de la forêt. En cet itinéraire initiatique, nous pénétrons au coeur même du mystère de la vie et de l'être humain en qui dorment mille potentialités qui ne demandent qu'à s'éveiller. Le hêtre géant Noïark, le Sage, n'avait pas tout dit : en un contact de plus en plus fort avec lui et, par lui, avec les plus hautes dimensions de la forêt en toute heure et en toute saison, nous accomplissons la fin d'un périple où s'exprime l'immense magie de la nature. La fougueuse sensualité, la torrentueuse passion, qui caractérisaient les deux premiers ouvrages, se sont adoucies, apaisées, et font place à la douceur, à la tendresse, à une certaine nostalgie, comme un chant d'amour et aussi d'adieu à une période de l'existence qui ne reviendra pas. Méditation, promenade, rêverie, prière, réflexion, fresque visionnaire, incantation, impossible de classer ce livre original, qui, en ces temps troublés, permet à l'être de rencontrer une source d'inspiration, une raison de vivre et d'espérer, s'il privilégie ses contacts avec la nature et retrouve son âme de Marcheur d'infini.

  • « Je l'ai toujours su, au fond de moi, qu'il avait raison. Mais, lui-même, de le savoir, ça lui déplaisait, ça l'agaçait. Il n'aimait pas cette idée. Il parlait peu. Il n'écoutait que d'une seule oreille. Juste pour ne pas manquer - si elle venait un jour - la démonstration qu'il avait tout faux. Et je crois bien qu'il avait sacrément raison. C'est ça qui lui gâchait la vie. Rien n'est plus incommodant que d'avoir l'air de détenir la vérité, surtout lorsque l'on a du bon sens à revendre, de la belle malice cachée et du caractère. Que le mot bonheur soit synonyme de hasard et que le mot progrès n'ait aucun sens s'il n'est pas le progrès dans l'homme et non à son usage, grand-père l'avait compris. De même qu'il ne croyait pas à la victoire du mode pluriel sur le mode singulier, ni à la suprématie du droit sur le devoir ou à l'exercice de la liberté sans la responsabilité. En douce, à l'âge tendre, avec une grande économie de phrases et une bonté lucide, il m'a mis tout cela dans la tête. Et à sa mort, trop tôt venue, il m'a légué sa canne pour marcher droit. Aujourd'hui, je lui adresse cette lettre ouverte. Pour lui dire merci. » M.J.

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