• Certains livres sont appelés à demeurer sans équivalent, dépassant tout ce que l'on a pu lire sur un sujet. Le Salaire de la destruction, une histoire économique du IIIe Reich, est l'un d'eux, tant pour le nombre d'idées reçues qu'il balaye que pour les conclusions inédites et l'approche globale qu'il propose. La catastrophe de 1939-1945 est-elle née de la puissance implacable de l'Allemagne nazie ou bien a-t-elle été précipitée par ses faiblesses économiques? Captivant, unanimement reconnu, fruit des recherches d'un historien au sommet de son art, cet ouvrage capital donne un poids nouveau et central à l'économie dans la politique de conquête mondiale élaborée par Hitler. Diplômé de King's College (Cambridge) et de la London School of Economics, Adam Tooze enseigne l'histoire de l'Allemagne à Yale. Il a déjà publié Statistics and the German State, 1900-1945: The Making of Modern Economic Knowledge (Cambridge University Press, 2001).

  • Avec les premiers coups de canon daoût 1914 se termine le XIXe siècle. Ses dernières décennies avaient été le théâtre dune première « mondialisation », marquée par une liberté à peu près complète de circulation des hommes, des marchandises et des capitaux.
    Au tournant du XXIe siècle, en 2001, ladhésion de la Chine à lOrganisation mondiale du commerce symbolise un temps nouveau de mondialisation, plus limité et peut-être tout aussi fragile.
    Entre ces deux temps forts, le monde a connu des guerres et des crises, la tentation du repli sur soi et lillusion communiste, mais aussi des avancées majeures permettant de répondre au choc démographique de la deuxième partie du siècle.
    Dune mondialisation à lautre, lhistoire économique de ce long XXe siècle est surtout celle de la recherche, jamais achevée, de léquilibre entre croissance et justice sociale.

  • « Tout Paris sera le faubourg Saint-Antoine : point de talent, point de solidité, beaucoup d'intrigues, nulle réalité dans les fortunes, point de confiance qui n'est attachée qu'à un établissement solide ». Alors que Turgot propose d'abolir les corporations de métiers en février 1776, les maîtres boutonniers parisiens stigmatisent le faubourg Saint-Antoine et ses artisans. Dans cet espace périphérique constitué au XVIIe siècle, la monarchie a en effet privilégié l'installation d'artisans de tous horizons en dérogeant à l'organisation des communautés de métiers, laissant les coudées franches aux « faux ouvriers » et y autorisant la liberté du travail dès 1657.Ecrire l'histoire d'un espace devenu symbolique ne relève donc pas d'une simple histoire locale. En se posant d'emblée sur les marges, c'est proposer une histoire sociale et économique du monde des métiers parisiens qui tienne davantage compte des lieux de travail privilégiés, des tensions et des complémentarités qu'ils suscitent dans la ville. En choisissant le faubourg Saint-Antoine, c'est chercher à comprendre les dynamiques qui animent les gens de métier et donner une image à la fois plus complexe et plus relative d'un monde du travail trop souvent présenté comme homogène et pacifié à travers la trilogie « apprenti-compagnon-maître ». Cela permet aussi de mesurer l'écart entre la liberté théorique et les pratiques des acteurs que tout oppose si l'on s'arrête aux procédures judiciaires ou aux écrits des mémorialistes. Qui sont les artisans du faubourg Saint-Antoine ? Leur liberté consiste-t-elle à innover et à travailler honnêtement ou « à mal faire » ? Lorsque de vrais apprentis se dessinent dans l'ombre des alloués, de vrais maîtres et des jurés des communautés parisiennes dans celle des « faux ouvriers », la diversité des parcours et le choix des possibles interpellent le lecteur. Les affrontements ou les accords avec les maîtres parisiens prennent un autre relief, en particulier les saisies de marchandises. Les trajectoires d'artisans soulignent l'imbrication des espaces, les mêmes tensions et les mêmes solidarités qu'en ville. Tout Paris n'est peut-être pas le faubourg Saint-Antoine, mais le faubourg Saint-Antoine et ses « faux ouvriers » reflètent une grande partie du monde artisanal parisien.

  • Viser juste ne suffit pas clarifie les concepts de chance et de hasard et leur rôle dans les évènements. L'auteur résume l'évolution des croyances humaines dans la chance à travers l'histoire, ainsi que la croyance tenace que le succès est un cadeau des dieux, y compris dans la pensée occidentale moderne. Le hasard ou la chance comme variables sont illustrés par quelques cas historiques. Des personnages chanceux sont racontés, comme Alexandre le Grand ou Adolf Hitler, mais des personnages notamment malchanceux, comme Charles XII et Abraham Lincoln, ont marqué l'histoire des hommes, et leurs attitudes et démarches sont relatées.
    L'histoire ne s'est pas arrêtée, et la chance et le hasard jouent toujours des rôles dans les affaires. Viser juste ne suffit pas soulève le doute sur certains clichés, comme le mythe de celui qui fait sa chance. Dans ce chapitre, les cas étudiés sont québécois, et le domaine est le commerce.
    Dans une dernière section, l'auteur résume les comportements des personnages qui ont su gérer leur chance, ou leur malchance, et offre quelques idées pratiques pour aider le lecteur à apprivoiser le hasard et la chance dans ses démarches et ses projets.

  • La métrique de la poésie arabe a longtemps été considérée sous son seul aspect théorique et les recherches qui lui ont été consacrées ont presque exclusivement consisté en une réinterprétation des principes de la théorie classique attribuée à al-all b. Amad al-Farhd (mort entre 776 et 791 de l'ère chrétienne), jugée à tort comme un miroir fidèle de la pratique des poètes. En effet, en dépit de son réel attrait formel, cette théorie présente l'inconvénient d'inventorier un certain nombre de mètres, modèles de vers et variantes qui ne sont pas attestés dans la réalité, et l'approche esthétique développée par les métriciens postérieurs à al-all n'a que partiellement permis de gommer ces défauts. La théorie classique a aussi représenté une rupture avec la conception « traditionnelle » de la métrique. L'analyse empirique d'un corpus représentatif de près de quarante mille vers attribués à cent poètes préislamiques et du premier demi-siècle de l'islam, combinée à celle des rares témoins d'une terminologie et d'une taxinomie métriques pré-alliennes, permet de reconstituer un système qui diffère considérablement du système classique, tant pour ce qui est de l'inventaire et de la structure des modèles de vers qu'en ce qui concerne leur catégorisation et leur organisation d'ensemble. En prenant pour base cette reconstitution, il est enfin possible de formuler un certain nombre d'hypothèses concernant l'évolution du système dans le temps (de 450 à 670 de l'ère chrétienne) et dans l'espace (la péninsule Arabique et la Haute Mésopotamie), en montrant par là même l'existence d'importantes disparités régionales que le processus d'uniformisation du VIIe siècle, tout en provoquant la disparition de modèles rares ou archaïques, ne fit qu'atténuer.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le communisme - tel qu'il s'est stabilisé depuis 1917 en un système mondial contrôlé par l'Union soviétique - constitue à l'évidence l'un des quelques grands phénomènes qui ont façonné le XXe siècle. Phénomène violemment controversé, le communisme suscite passions et combats qui en obscurcissent la connaissance et l'analyse. Au-delà des polémiques partisanes et idéologiques, nous avons donc tenté une approche, sinon objective, du moins aussi informée que possible de ce phénomène dont le secret est l'une des règles fondamentales de fonctionnement. Le système communiste est si vaste et si complexe, que cet ouvrage ne peut constituer qu'une initiation, même s'il tient compte des recherches les plus récentes menées en France et à l'étranger.

  • Ce livre est d'abord un constat : le socialisme d'inspiration soviétique perpétue les aliénations que le régime capitaliste a commencé de développer. Si traumatisante que soit cette affirmation, elle n'est en rien scandaleuse, car non seulement des personnalités comme Pierre Daix en garantissent la véracité, mais les pièces à conviction du dossier existent : elles sont tirées de la Presse, pourtant censurée, des pays de l'Est, une Presse que Christian Jelen a systématiquement dépouillée pendant trois ans. Il n'est donc pas question ici d'aborder, une fois de plus, le socialisme soviétique par la terreur stalinienne et les grands procès des années cinquante, par les camps de travail forcé, les asiles psychiatriques et les épurations. Il ne s'agit que de la vie quotidienne de millions de gens anonymes, de l'absence de démocratie dans les entreprises, du règne des chefs petits et grands, des difficultés d'approvisionnement et de logement, des mille réglementations administratives qui obligent ceux qu'elles écrasent à tourner la loi. En partant de ces faits, on peut dire des sociétés d'Europe de l'Est qu'elles se caractérisent concrètement par l'inversion des valeurs qui furent à l'origine celles du mouvement socialiste. Ce livre nous fait vivre, impitoyablement, ce qui se cache derrière la théorie et les apparences : la détérioration des rapports entre les individus - violence, égoïsme sans scrupule, sont devenus des qualités sociales -, la pénurie qui engendre l'envie et le vol systématique de la propriété collective, la surveillance policière qui pousse les citoyens à se retrancher dans un individualisme exacerbé, l'insécurité monétaire des travailleurs qui les oblige au travail « noir », mieux rémunéré, le taux d'emploi très élevé des femmes qui entraîne un fort pourcentage de divorces et une baisse tragique de la natalité, sans parler des névroses, de l'alcoolisme et de la délinquance juvénile. Tous ces comportements, et bien d'autres rapportés ici, confirment l'urgence pour la gauche occidentale d'une analyse sans parti pris ni détour des expériences d'Europe de l'Est. Car seule une telle analyse permettra à d'autres expériences de voir le jour et de se développer d'une manière radicalement différente.

  • Cet ouvrage raconte une histoire que résumait ainsi le chef du Service en 1941 : « Autrefois, l'Inspection était pour presque tous une carrière que l'on parcourait depuis l'admission jusqu'à la retraite. Aujourd'hui, l'Inspection est, pour la plupart des jeunes, un tremplin d'où ils s'élanceront vers d'autres postes. Autrefois, la qualification d'inspecteur des Finances était l'intitulé d'une fonction. Aujourd'hui, elle est un titre employé à se faire ouvrir toutes les portes ». Entre 1918 et 1946, 355 inspecteurs des Finances, ayant en commun la réussite au concours, ont progressivement délaissé leur métier et l'Inspection « souffrante » au profit de leur carrière et de l'Inspection « dirigeante » ou « triomphante », établissant, particularité française, une position hégémonique sur les finances publiques et privées. Cette étude du marché de l'emploi des inspecteurs dans la conjoncture politiquement et économiquement contrastée des « trente tumultueuses » s'appuie sur l'analyse quantitative des emplois et sur l'étude qualitative de l'offre, de la demande et des mécanismes d'ajustement établis consciemment par les inspecteurs et leurs employeurs pour assurer la prééminence du corps. Si les effets de cette domination ne sont pas occultés, l'essentiel de ­l'ouvrage porte sur ses étapes, ses limites et ses causes autant ­endogènes qu'exogènes. Parmi elles, les besoins des ministres des Finances ­successifs d'imposer leur autorité sur l'appareil d'État et dans l'économie comptent autant, sinon plus, que la diversité des ambitions héritées ou transmises par les camarades.

  • On peut considérer le socialisme soit comme une réaction contre l'injustice sociale, soit comme une forme historique déterminée de la société.

  • Comment assumer les bouleversements structurels contemporains, avec une théorie économique dont les hypothèses sont inadaptées à notre époque ? Devant l'ampleur des problèmes que, non seulement l'économie standard ne veut pas résoudre - le réel a tort - mais encore qu'elle contribue parfois à intensifier, avec l'identification croissante des économistes aux garants d'une austérité imposée en Europe, il est temps de réfléchir à de nouvelles perspectives. Les travaux non conformistes fournissent un appoint de réflexions et d'expériences nombreuses, pour créer le choc de ce réveil indispensable. Loin d'avoir disparu, l'économie qui refuse de se conformer à cette orthodoxie, est bien vivante à travers des courants pluriels. Mieux, il existe une tradition de plus d'un siècle, amplement représentée en France, qui peut être mise au service d'une autre approche des problèmes et des politiques économiques. Tel est le sens de cet ouvrage : reconstituer le fil du temps et restituer les éléments d'informations scientifiques et historiques, nécessaires à un débat actuellement obscurci par l'influence dominante de préférences doctrinales exclusives.

  • L'apparition et le fonctionnement du raisonnement économique dans un parcours qui va du droit naturel à la théorie du gouvernement. Par une spécialiste de la philosophie politique et de la philosophie des Lumières.

  • 1992 fut l'année du centenaire de la naissance de Nikolaï Dimitrievitch Kondratieff, économiste russe dont le nom est associé aux longs cycles du développement industriel ou, ce qu'il convient de désigner dans une terminologie plus prudente et sans doute mieux adaptée, aux fluctuations longues alternées du développement économique. Tous ceux qui s'intéressent au long terme dans le champ de l'économie savent, en effet, que la « découverte » des fluctuations longues a soulevé, et ce dès l'origine, d'épineux problèmes. S'il est vrai que l'hypothèse de l'existence du cycle long a toujours suscité méfiance et scepticisme, ceci n'a pourtant pas empêché de nombreux chercheurs de continuer à investir le champ de réflexion constitué par cette problématique, comme en témoigne la pléthore de productions théoriques ou empiriques relatives aux long waves des deux dernières décennies. C'est pourquoi le retour au premier plan du cycle Kondratieff dans la littérature économique, la multiplication des travaux et recherches le concernant, et ceci à l'échelle internationale, méritent de retenir toute l'attention, et ce d'autant plus qu'à travers eux ce sont des questions essentielles qui sont en jeu, questions au premier rang desquelles figure l'explication des grandes crises du capitalisme, et, en particulier, la crise contemporaine et la périodisation de son développement. L'objet de cet ouvrage est de proposer au lecteur une vue d'ensemble des débats autour du cycle Kondratieff, des précurseurs aux analystes d'aujourd'hui. À l'évidence, au vu de l'importance prise par la question des fluctuations longues dans les débats des dernières années relatifs à la crise, une synthèse intégrant les contributions les plus récentes s'imposait. Alors, « le » Kondratieff, mythe ou réalité ?

  • Un ouvrage qui répond au nouvel enseignement dispensé depuis la récente réforme des études pharmaceutiques.

  • L'essentiel de la terminologie allemande propre à la langue des affaires et de l'économie.

  • Le 10 mai 1981, la France, par la grâce d'un candidat socialiste, est entrée en superstition. Sept années plus tard, sous le charme d'un président divinisé, elle est entrée en lévitation. Notre pays est ainsi passé d'un excès d'idéologie à un manque d'idées, du combat contre la France des châteaux, cher au coeur de Pierre Mauroy, à l'enrichissement de certains barons du régime, de la lutte contre les inégalités à la multiplication des nouveaux pauvres, des nationalisations conçues comme les fleurons d'une nouvelle croissance à des privatisations gérées comme des opérations de trésorerie à finalité électorale. Onze années de socialisme ont conduit la société française au bord de l'implosion et la tentation extrémiste s'est développée à l'abri du consensus mou. L'organisation du référendum sur le traité de Maastricht vient de rappeler la nécessité, dans une démocratie, du débat d'idées. Les auteurs de cet ouvrage, au-delà de la référence à l'impertinence voltairienne, entendent participer à ce débat pour montrer que la condamnation de l'échec socialiste ne suffit plus et qu'il existe dans tous les domaines (éducation, économie, culture, vie politique, communication, Europe, politique étrangère...) une alternative réformatrice qui évite le double piège des évidences démagogiques et des fatalités technocratiques.

  • La voie libertaire, c'est celle que Michel Ragon a choisi, dès sa vingtième année, à laquelle il est toujours demeuré fidèle, et qui est aussi son chemin d'écriture.

  • Dans cet ouvrage, Ernest Mandel décrit l'évolution de la pensée de Marx dans le domaine de l'économie. C'est-à-dire qu'il essaie de mettre en lumière les principales découvertes économiques de Karl Marx avant qu'il ne rédige Le Capital. L'auteur cherche donc à préciser les rapports entre les oeuvres de jeunesse et les oeuvres de la maturité. Ce livre s'achève par une analyse minutieuse de la place que le concept d'aliénation occupe dans l'oeuvre de Marx, aux différentes phases de son évolution, soulignant ainsi l'importance de ce concept pour la théorie marxiste en général.

  • L'économie libérale a su apporter le confort, mais non le bonheur à l'homme moderne, affecté par la perte du sens de son existence et une dilution générale des liens sociaux. Les médias internationaux ont fait naître l'esquisse d'une conscience planétaire, non sans confusion : la fonte rapide de toutes les frontières s'accompagne d'une renaissance des particularismes, dans un monde qui semble hésiter entre intégration et fragmentation. Les idéologies défuntes ont fait place à un pragmatisme à courte vue, finalement bien peu réaliste quand un chômage endémique menace la cohésion sociale au Nord, tandis qu'au Sud des foules entières ont perdu l'espoir de sortir de la misère. Pour Robert Salmon, il est inacceptable de répondre par l'exclusion aux défis actuels, qui appellent à un changement radical des mentalités, alors que les valeurs d'hier rencontrent leurs limites : le rationalisme bute sur l'incertitude et la complexité, la liberté sur le besoin de responsabilité et de solidarité, l'efficacité à court terme sur les nouvelles exigences écologique et éthique. Qui veut préparer l'avenir doit fonder sa stratégie sur l'homme, car une telle démarche peut seule intégrer des valeurs largement partagées, comme l'exigence démocratique, le souci éthique, l'appartenance à un groupe, la soif de renouveau, la préservation de l'écosystème... L'objectif ne peut plus être de mieux se servir des hommes, mais de mieux les servir. Ceux-ci pourront alors s'abandonner, grâce à une confiance restaurée, à leur mouvement naturel, trop longtemps contrarié : s'investir avec passion dans leur métier, à mesure que se développera leur conscience d'être co-créateurs de leur destin et coresponsables de l'évolution de l'humanité.

  • Définitions simples et précises des mots du vocabulaire économique.

  • Grand connaisseur de l'URSS et des pays baltes, diplomate, journaliste, Jean Cathala, qui vient de disparaître, ajoute avec Le Fantôme de la place Rouge un chapitre d'une étonnante actualité à son exploration du monde stalinien, à travers ses mémoires, « Sans fleur ni fusil », parus il y a dix ans. Le témoin "privilégié" laisse la place à l'analyste implacable dans une parfaite continuité. Pour avoir vécu pendant plus de trente ans en URSS et avoir été victime du goulag, Jean Cathala nous montre la réalité historique de l'intérieur : le stalinisme, dit-il, ne se réduit pas aux crimes de Staline, calculateur monstrueusement lucide, mais il est d'abord un système de gouvernement qui repose sur une sorte d'État-Dieu où tous les pouvoirs se confondent sous l'égide d'un parti unique. Il met en oeuvre une machine à décerveler, d'une perfection sans exemple, et se caractérise par un impérialisme tentaculaire. Jean Cathala fait comprendre comment le système de Staline s'est perpétué à travers ses successeurs. La prétendue déstalinisation krouchtchevienne s'est bien gardée d'y toucher. La stagnation de l'ère Brejnev s'explique par une véritable restauration du stalinisme. Et Gorbatchev, le premier à avoir réellement essayé de réparer la machine, s'est heurté à la survie du stalinisme dans les institutions, les moeurs et les cerveaux. La victoire sur les putschistes d'août 1991 n'est pas une révolte de réformateurs, mais une révolution qui s'attaque à l'État stalinien dans ses fondements et à l'essence même du communisme, qui sont inséparables. Et ce n'est pas un espoir démesuré, estimait Jean Cathala quelques jours avant sa mort, de prédire que le fantôme de la place Rouge est enfin exorcisé...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Regroupe les techniques intervenant au niveau de la conception lors de la mise en oeuvre d'un système de production et souligne les problèmes d'application de ces techniques.

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