• Document d'une valeur inestimable, le recueil rassemblé au milieu du xixe siècle par le révérend John M. Orsmond (1784-1856) qui avait pris en note, mot pour mot, tout ce qui lui avait été confié des traditions tahitiennes, telles qu'elles sont transmises de génération en génération par les prêtres et les conteurs ma'ohi, dit-on, ...

  • Parmi les personnages, qui à des titres divers, jouèrent un rôle de quelque importance à Tahiti à l´époque du Protectorat, il n´en est peut-être pas qui méritent autant de retenir l´attention qu´Alexandre Salmon. L´homme apparaît, aujourd´hui, comme l´un des plus représentatifs de ce temps. Résident anglais, devenu tahitien d´adoption, A. Salmon s´est trouvé intimement mêlé tout au long de sa carrière, de 1842 à 1866, aux événements qui ont caractérisé l´institution et le développement du nouveau régime. Cela, en raison même de ses affinités avec la famille royale et la haute aristocratie du royaume : il avait épousé, dès son arrivée, la petite-fille du grand chef Tati, Ariitaimai, qui était aussi la propre cousine, la soeur d´adoption et l´amie inséparable de la reine Pomare IV. Par suite de ce concours de circonstances très particulières, il fut amené de bonne heure à prendre une part active aux affaires du pays auquel il s´était profondément attaché et qu´il devait servir jusqu´au bout avec un dévouement absolu. C´est ainsi qu´il contribua puissamment à la demande et à l´établissement du Protectorat français dans l´archipel, selon les propres termes de l´amiral Bruat, gouverneur de Tahiti, qui le vit à l´oeuvre et l´utilisa en une période singulièrement difficile. Dans les pages que voici, j´ai cherché à faire revivre cette haute figure d´homme de bien et de parfait citoyen d´une seconde patrie, marquée du sceau de sa fidélité.

  • Après l´Ancient Tahiti et le Journal de James Morrison, la présentation en français des Polynesian Researches d´Ellis était une des ambitions de la Société des Océanistes. Ce texte si important se devait d´être entre les mains des étudiants et des chercheurs intéressés par l´histoire du Pacifique et de ses civilisations. Un de nos membres, dont la générosité égale la modestie, à défaut de pouvoir lui-même tenir la plume comme il l´avait fait pour l´oeuvre de Teuira Henry, nous permit de mettre en chantier cette traduction d´Ellis. Quatre volumes de plus de 400 pages chacun !... Ce n´était pas là une petite affaire. Divers incidents de parcours vinrent, de plus, retarder l´oeuvre entreprise et obliger pratiquement à une révision totale de l´interprétation initiale pour mieux serrer le texte et proposer au lecteur une traduction aussi lisible et aussi exacte que possible.

  • Les affaires du corps s´opposent aux affaires de l´esprit, le côté aliments au côté croyance. Ce sont là des manières différentes d´exprimer un clivage fondamental de l´existence et de l´univers tels qu´ils sont perçus par les Rapas. Essentiellement, c´est la distinction entre le profane et le sacré. En d´autres termes, les Rapas incluent dans le « coté nourriture » pae ma´a ou dans le « côté corps » pae tino ces aspects de la vie que nous avons coutume d´appeler économiques, sociaux ou politiques. La religion et la morale appartiennent au « côté esprit », pae varua ou au « côté croyance », paea fa´aro´o. Ce livre traite du « côté corps » de l´existence à Rapa. J´ai cherché d´une part à décrire l´économie, la société et la vie politique telles qu´elles me sont apparues au cours d´un séjour d´une année en 1964. J´ai organisé ces données de manière à les rendre intelligibles aux lecteurs de chez nous ; cependant j´essaierai, dans la mesure du possible, de montrer en quoi les diverses coutumes, croyances et organisations qui composent le « côté nourriture » sont signifiantes pour les Rapas. En cela nous suivons les préceptes de Malinowski : « Notre objectif est de saisir le point de vue de l´indigène, sa relation avec la vie, de comprendre sa vision de son monde ». C´est Malinowski lui-même qui souligne.

  • Malgré la parution ininterrompue de livres, d´articles et d´études sur Tahiti depuis sa découverte - pour la bibliographie qu´il prépare, le Père O´Reilly compte déjà plus de 10 000 fiches Le projet d´une traduction des lettres écrites par Henry Adams lors de son voyage dans les Mers du Sud remonte à presque dix ans. Au cours d´une réunion de la Société des Océanistes, son animateur, le père O´Reilly, m´avait tendu un volume de lettres publiées aux U.S.A. par Ford. « J´ai trouvé un jour, me dit-il, ce livre chez un bouquiniste de San Francisco, en 1934, et j´ai été séduit. Depuis 30 ans, je cherche en vain un traducteur qui ferait connaître ce recueil au public français. Il a déjà, sans succès, passé en quelques mains... Vous savez bien l´anglais et vous aimez Tahiti... Serais-je plus heureux avec vous ?... J´espère »... J´acceptai... Sans imaginer la place qu´Adams allait prendre dans ma vie. Rentrée chez moi, j´ouvris le volume à la date du 6 février 1891, date de l´arrivée d´Henry Adams et de son ami John La Farge à Tahiti ; les pages qui suivaient offraient pour moi d´autant plus d´attrait que je revenais d´un séjour de deux ans dans cette île. Française de 1960, je fus d´emblée intéressée par les impressions de cet Américain de 1890. Son talent de narrateur, son intelligence des situations, la finesse de ses observations notées d´une plume alerte et mordante, m´accrochèrent d´emblée. Les ouvrages dignes de foi qui nous donnent une description exacte et détaillée de l´ancienne société tahitienne sont très peu nombreux. Les récits de Banks, Cook et Commerson et les rapports des divers membres des trois expéditions espagnoles entre 1772 et 1776 nous fournissent bien sûr des renseignements souvent très précis sur les vêtements, les armes, les outils, les habitations et sur d´autres aspects limités de la culture matérielle des Tahitiens. Cependant les préjugés et l´optique européenne de ces trois chroniqueurs les rendaient souvent incapables, malgré leur bonne volonté, de bien comprendre les coutumes tahitiennes. Ce qui nous manque surtout ce sont des descriptions de leurs propres cultures et histoire faites, sans intermédiaire, par des savants et historiens tahitiens, sur le modèle, par exemple, des Hawaiian Antiquities de Malo. Même les petits atolls des Tuamotu ont été mieux servis puisqu´il existe parmi les nombreux documents recueillis par les ethnologues du Bishop Muséum dans cet archipel, entre 1929 et 1934, au moins une douzaine de manuscrits de ce genre. Il se peut qu´à Tahiti aussi des individus aux ambitions littéraires aient entrepris la même tâche, après avoir appris à écrire au début du siècle dernier. Mais, quoi qu´il en soit, il n´a été préservé jusqu´à nos jours qu´une seule oeuvre d´un auteur tahitien, à savoir les Mémoires d´Arii Taimai, présentée ici ; encore n´a-t-elle malheureusement pas tout à fait la même authenticité et originalité que les écrits comparables des autres archipels polynésiens. Ceci n´empêche pas ces Mémoires - qui contiennent principalement des légendes, des chants et des généalogies des tribus des Teva - d´être, pour tous ceux qui s´intéressent à l´histoire et à l´ethnologie tahitiennes, une source d´une valeur inestimable.

  • La destinée de Wallis, telle que l´histoire nous la révèle, et vers laquelle par conséquent la divine Providence la dirigeait, était de devenir une chrétienté accomplie, dotée d´un clergé autochtone, mais aussi un pays entrant d´abord dans le sillage de la France, pour se mettre ensuite sous sa protection, avant de se donner plus tard à elle et devenir un territoire français d´outre-mer.

  • L´introduction de notre étude est consacrée à l´émigration chinoise et à ses particularités dans divers pays. Notre livre trouvera normalement sa conclusion dans l´examen de la politique contemporaine de Pékin et de Taïpeh vis-à-vis de ceux que les deux gouvernements veulent considérer comme des ressortissants de l´extérieur : nous verrons alors dans quelle mesure la minorité locale reste encore attentive aux sollicitations du nationalisme. L´émigration des Chinois en Polynésie française et leur adaptation à ce pays, qui s´intercaleront entre cette introduction et cette conclusion, constitueront le corps de l´oeuvre.

  • Remplis qu´ils sont de pirogues circulant à travers les diverses espaces des deux, d´esprits ailés et de messagers des dieux disposant de l´arc-en-ciel pour leurs déplacements terrestres ou intersidéraux, les récits légendaires de la Polynésie française avaient assez bien préparé leurs auditeurs aux exploits de la navigation aérienne des envahisseurs blancs. Nous avons réuni ici quelques documents d´histoire. Ils permettent de fixer les différentes étapes qui jalonnèrent la route malaisée et cahotante de l´implantation d´un réseau aérien en Polynésie française. Route qui s´est soudain trouvée ouverte et dégagée lors de l´installation des colons de Mururoa - à quelque chose malheur est bon ! - et plaise aux dieux que la Polynésie connaisse de nombreuses retombées aussi bénéfiques ! Hormis donc l´éventualité de perturbations politiques, il est certain que les choses vont maintenant aller plus vite. La lecture de ce petit ouvrage ne manquera sans doute pas de faire sourire celui qui aurait la curiosité d´en tourner les pages aux alentours de l´an 2000.

  • Malgré la parution ininterrompue de livres, d´articles et d´études sur Tahiti depuis sa découverte - pour la bibliographie qu´il prépare, le Père O´Reilly compte déjà plus de 10 000 fiches - les ouvrages dignes de foi qui nous donnent une description exacte et détaillée de l´ancienne société tahitienne sont très peu nombreux. Les récits de Banks, Cook et Commerson et les rapports des divers membres des trois expéditions espagnoles entre 1772 et 1776 nous fournissent bien sûr des renseignements souvent très précis sur les vêtements, les armes, les outils, les habitations et sur d´autres aspects limités de la culture matérielle des Tahitiens. Cependant les préjugés et l´optique européenne de ces trois chroniqueurs les rendaient souvent incapables, malgré leur bonne volonté, de bien comprendre les coutumes tahitiennes. Ce qui nous manque surtout ce sont des descriptions de leurs propres cultures et histoire faites, sans intermédiaire, par des savants et historiens tahitiens, sur le modèle, par exemple, des Hawaiian Antiquities de Malo. Même les petits atolls des Tuamotu ont été mieux servis puisqu´il existe parmi les nombreux documents recueillis par les ethnologues du Bishop Muséum dans cet archipel, entre 1929 et 1934, au moins une douzaine de manuscrits de ce genre. Il se peut qu´à Tahiti aussi des individus aux ambitions littéraires aient entrepris la même tâche, après avoir appris à écrire au début du siècle dernier. Mais, quoi qu´il en soit, il n´a été préservé jusqu´à nos jours qu´une seule oeuvre d´un auteur tahitien, à savoir les Mémoires d´Arii Taimai, présentée ici ; encore n´a-t-elle malheureusement pas tout à fait la même authenticité et originalité que les écrits comparables des autres archipels polynésiens. Ceci n´empêche pas ces Mémoires - qui contiennent principalement des légendes, des chants et des généalogies des tribus des Teva - d´être, pour tous ceux qui s´intéressent à l´histoire et à l´ethnologie tahitiennes, une source d´une valeur inestimable.

  • Au cours d´une brève visite dans un pays étranger, un observateur intelligent peut, jusqu´à un certain point, reconnaître les besoins intellectuels, moraux, spirituels d´une population, mais c´est seulement par un séjour prolongé parmi eux, que ces besoins peuvent être reconnus avec précision. Nos rapports quotidiens avec la population de Huahine renforcèrent ses appels à notre sympathie et à nos efforts : nos premières entrevues les avaient déjà provoqués. Toutefois, aussi longtemps que nous sommes restés incapables de nous adresser à eux dans leur propre langue, nous sentions que tout ce que nous pouvions faire, c´était de leur montrer un bon exemple ; mais dès que nous eûmes acquis une connaissance suffisante de la langue indigène pour entreprendre une instruction publique, en même temps que tour à tour, nous nous acquittions de nos obligations régulières à notre station de Pare, nous établîmes des missions en différents points de l´île.

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