• Le léninisme n'est pas mort avec Lénine. Ses écrits et ses instructions sont le code génétique du mouvement communiste. Ne lisons plus Lénine comme un tacticien de génie ou un théoricien de l'impérialisme, mais comme un organisateur qui conçoit la politique dans les seuls termes de la force et de la guerre. Lisons-le comme un psychiatre qui stigmatise l'hystérie et pourchasse les déviants. Lisons-le comme un hygiéniste qui veut épurer le corps social de tous ses déchets, fainéants, riches, intellectuels, koulaks. Lisons-le comme le théoricien d'une nouvelle politique qui érige la terreur de masse en norme légitime du pouvoir. Nous comprendrons alors que la dictature du parti unique ne naît pas d'un dérapage causé par l'arriération de la Russie, d'un accident dû à la pathologie de Staline, mais qu'elle est d'emblée inscrite dans le projet de Lénine. Nous comprendrons que le léninisme est la matrice du communisme, l'actualité même de la politique mondiale.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce nouveau Que sais-je? remplace un titre du même nom paru en 1980 sous une autre signature. En effet, mélange de pur socialisme et de pur capitalisme pour certains, l'économie mixte est un système tout à fait d'actualité à la suite des bouleversements survenus à l'Est.

  • Au sens propre du terme, l'anarcho-capitalisme est la doctrine selon laquelle une société capitaliste sans Etat est économiquement efficace et moralement désirable.

  • De grandes difficultés sont apparues dans nos économies depuis qu'a commencé le troisième tiers de notre siècle.

  • Une première partie comprend l'exposé de l'économie politique, tant keynésienne que libérale. Une seconde partie est consacrée à la comptabilité nationale, à l'interface de la macroéconomie appliquée et de la politique économique.

  • Le développement des luttes contre l'aménagement capitaliste du territoire, du Larzac à Malville, l'émergence d'une conscience régionale anticapitaliste, d'Occitanie en Bretagne, font ressortir les carences et les lacunes de la réflexion marxiste sur l'espace. C'est cette lacune que ce livre contribue à combler. Il propose plusieurs axes de réflexion : ce qu'est l'espace lui-même : quel rapport entretient-il avec les objets qu'étudie le matérialisme historique, en particulier le mode de production capitaliste ? ; partant de là : comment le matérialisme historique permet-il de comprendre le caractère hétérogène, inégalement développé, de l'espace concret, et la polarisation entre les nations, entre les régions ? ; cet inégal développement des régions étant historiquement acquis, quel rapport actuel entretient-il avec l'accumulation capitaliste ? En particulier, comment le capital monopoliste utilise-t-il cet inégal développement ? Le capitalisme n'est pas une entité douée de raison, mais la structure qui domine et que reproduit la pratique d'agents privés : les capitalistes. La régulation de ces pratiques privées qui concourrent à la reproduction du capital social, c'est la loi de la valeur. Existe-t-il une loi de la valeur dans l'espace ? Qui régule spatialement l'activité des capitalistes individuels ? Les simples mécanismes économiques ne permettant de maîtriser ni les conséquences socio-politiques du développement inégal, ni même les conditions de l'inscription dans l'espace des activités capitalistes, se trouve posée la question du rôle de l'État. Ainsi sont mis à jour un certain rapport entre division du travail, division de l'espace, rapports marchands et rapports Étatiques et ramène aux premières remarques de Marx et d'Engels sur la question, tout en inspirant quelques réflexions sur l'espace de la dictature du prolétariat... et des luttes actuelles en Chine.

  • Qu'il s'agisse de la période de l'accumulation primitive décrite par Marx, du capitalisme au XIXe siècle, ou du développement récent des sociétés multinationales,le capital privé a toujours besoin de l'existence d'un pouvoir étatique. Pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi la production et la circulation capitalistes ne peuvent-elles se passer d'une gestion étatique s'appliquant en des points déterminés ? et pourquoi cette gestion se présente-t-elle, dans certaines conditions, sous la forme de la politique économique ? Le problème ici posé n'est pas de savoir si l'Etat capitaliste a une action économique, mais pourquoi et comment il intervient comme tel au coeur du fonctionnement du capitaliste.

  • Qui n'a pas, toute prête, sa réforme de l'entreprise ? Les patrons très progressistes, les patrons progressistes malgré tout, les centristes, la C.F.T.C.... ont chacun leur projet. Celui-ci, pourtant, est différent de tous les autres. Élaboré par les cadres de Socialisme et entreprise, c'est un mélange explosif parce qu'il est, à la fois, révolutionnaire et pragmatique. Révolutionnaire, il prévoit de faire de l'entreprise privée - dès la victoire de la Gauche - l'école de l'autogestion. Pragmatique, il écarte délibérément tout rêve d'un grand soir social. Demain ne sera plus comme avant, mais ce seront encore les capitalistes d'aujourd'hui qui tiendront la barre. Il s'agit pour Socialisme et entreprise d'armer les travailleurs de contre-pouvoirs assez puissants, pour leur permettre de déclencher une dynamique irréversible. Mais des contre-pouvoirs qui ne risquent pas de les faire dériver vers un illusoire partage de l'autorité dans l'entreprise, et de paralyser la machine industrielle. Visionnaires autant que gestionnaires, les cadres de Socialisation et entreprise sont dangereux. Pour le régime capitaliste.

  • Un même jour de juin 1977, Henry Kissinger alerte le président Carter sur les dangers de l'eurocommunisme, et le Rude Pravo de Prague, organe officiel du P.C. normalisé, réitère les accusations formulées à l'Est, contre ce même eurocommunisme en qui il dénonce une arme nouvelle de la bourgeoisie. Qu'est-ce donc que cet eurocommunisme porté sur les fonts baptismaux à Madrid, trois mois plus tôt, par Berlinguer, Carrillo et Marchais, et qui vaut à ses protagonistes les foudres conjuguées de Washington et de Moscou ? Pour répondre à cette question qui passionne ou inquiète l'opinion mondiale, François Fonvieille-Alquier fait l'inventaire des raisons qui ont incité les partis communistes de France, d'Italie, d'Espagne, et même du Japon, à distendre leurs liens avec Moscou et à choisir la voie démocratique. Mais cet aggiornamento est-il sincère ? L'opinion publique est en droit de s'interroger. En fait, il s'agit d'un pari, et l'auteur de l'ouvrage mise sur la bonne foi des eurocommunistes. Il convient, avant de trancher, de suivre sa démonstration jusqu'au bout et de connaître ses raisons.

  • Le Capital est-il un livre de science économique ? Pour renouveler cette question, Gérard Maarek entreprend de soumettre le texte de Karl Marx à l'épreuve logique de la formalisation mathématique. Cette lecture du Capital, au moyen des concepts de l'économie mathématique contemporaine, fournit le point de départ d'une confrontation inédite, entre la théorie économique de Marx, et la pensée néo-classique aujourd'hui dominante. Cette investigation conduit à réinterpréter l'apport de Marx à la science économique, de façon radicalement différente de celle à laquelle nous sommes accoutumés. Marx se présente, en effet, comme un théoricien de l'équilibre, dont les Schémas de la reproduction, simples et élargis, constituent la première problématique complète. Il apparaît également comme l'initiateur de l'analyse des conflits, c'est-à-dire l'ancêtre lointain de la théorie économique des jeux, à travers sa formulation de l'exploitation sociale. Une telle présentation, qui met systématiquement l'accent sur les éléments de continuité de la pensée de Marx, par rapport à la science économique contemporaine, irritera sans doute tous ceux qui cherchent, au contraire, dans la critique de l'économie politique, les éléments de rupture. Elle fournit, en tout cas, un témoignage original de l'actualité du Capital.

  • Au moment où l'équilibre économique international se trouve remis en question, et où l'on invoque un nouvel ordre économique mondial, les outils d'analyse traditionnelle de la théorie économique apparaissent à la fois pauvres et inadaptés. Entre les modèles abstraits d'échanges extérieurs qui remontent à J. Stuart Mill, et les études ponctuelles sur le fondement des firmes multinationales, la distance ne cesse de se creuser dangereusement. C'est en réaction contre une telle situation, que s'inscrit l'ouvrage de W. Andreff. Partant des secteurs de production de l'économie mondiale, il propose une nouvelle grille d'interprétation, où les comportements des unités de production multinationale se trouvent expliqués dans un schéma d'ensemble des relations commerciales et financières entre les différents secteurs. Cette démarche conduit l'auteur à distinguer trois principaux secteurs de production, qui correspondent respectivement à des taux de profit différents. Il observe ensuite une stabilité significative de la hiérarchie de ces taux de profit au cours des années 1950-1970. Ainsi, la croissance de l'économie mondiale au cours des vingt dernières années s'est-elle accompagnée d'une structure caractéristique des taux de profit, observable tant en France qu'aux États-Unis. L'auteur propose d'y voir une règle fondamentale de régulation du capitalisme au cours de cette période. Mais la recherche de W. Andreff ne se borne pas à ces considérations intéressantes, mais rétrospectives. Elle met en évidence, depuis 1973, différents signes annonciateurs de la fin de cette hiérarchie des taux de profit. Perturbation passagère, simple ajustement ou, au contraire, mutation profonde et irréversible ? C'est à cette question que s'attache à répondre, dans sa conclusion, le livre toujours stimulant de W. Andreff.

  • Le marxisme est à l'ordre du jour. Conquérant dans l'Université, mis à contribution dans les sciences sociales, il reste au coeur des débats politiques. Mais son succès est ambigu. Car il est, en France, l'objet de coups de foudre épisodiques. Daniel Lindenberg a voulu expliquer ce phénomène, en retrouvant les jalons de l'histoire de la diffusion du marxisme, recherche qui, curieusement, n'avait pas été faite. Depuis 1880 jusqu'à nos jours, le marxisme a été morcelé entre une doctrine savante - réservée aux intellectuels - et une pratique d'organisation appliquée par le mouvement ouvrier. Quelles sont les raisons de ce clivage ? L'auteur les a découvertes, en analysant les résistances au marxisme, organisées dans l'Université et au niveau politique. Ce livre a le mérite de rappeler les noms de Georges Sorel et de Lucien Herr, dont l'action a préparé l'oeuvre des Nizan et des Politzer.

  • Le monde moderne est hégélien. Il est marxiste. Il est nietzschéen. Aucune de ces propositions n'a en elle-même, isolément, l'allure d'un paradoxe, mais la triple énonciation a quelque chose d'intolérablement paradoxal. Comment le monde moderne peut-il relever, à la fois de doctrines diverses, opposées par plus d'un point, voire incompatibles ? S'il est vrai que la pensée hégélienne se concentre en un mot, en un concept : l'État, que la pensée marxiste met fortement l'accent sur le social et la société, que Nietzsche enfin a médité sur la civilisation et les valeurs, le paradoxe laisse entrevoir un sens qui reste à découvrir : une triple détermination du monde moderne, impliquant des conflits multiples et peut-être sans fin au sein de la réalité dite humaine.

  • Il y a un siècle, Nietzsche et Dostoïevski ont répandu cette nouvelle : Dieu est mort. Il est né de ce vide des demi-dieux de substitution, lesquels sont en train de mourir à leur tour : c'est la nouvelle d'aujourd'hui... Les hommes vont d'orthodoxie en orthodoxie. Quelle sera la prochaine ? Ou bien saurons-nous, un jour, nous passer d'orthodoxie ?... Après la découverte de l'Évolution, les hommes ont cherché à s'inscrire dans une élite qui ferait tourner à son profit la lutte pour la vie. Darwin, à travers Hitler et Staline, est ainsi devenu criminel malgré lui... Marx a opposé une utopie socialiste à un capitalisme naissant. Il nous faut aujourd'hui comparer des expériences socialistes à un capitalisme évolué... Les réductionnistes nous invitent à révérer un déterminisme universel. Nous ne l'éprouvons pas en nous et ne pouvons le vérifier dans le temps de notre vie et les événements de notre expérience. Nous nous intéressons à des choix... Qui était finalement Freud ? Un savant, un magicien, un explorateur de terres inconnues, un introducteur de la pornographie, un psychologue voué à être récupéré par les publicitaires ?... On voit aujourd'hui monter une vaste curiosité psychiatrique qui se satisfait mal de l'orthodoxie freudienne... Imaginons pour finir une réunion intime ou Marx et Freud confronteraient leurs existences publiques et privées. Chacun se saisirait de la vie de l'autre pour la faire entrer, toute pantelante, dans son propre système...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Rejetant les définitions de Gustave Flaubert et de Jules Renard : On appelle bourgeois quiconque pense bassement, et Les bourgeois, ce sont les autres, Georges Elgozy qualifie de bourgeois quiconque possède quelque bien ou quelque pouvoir. De cette bourgeoisie, désormais majoritaire dans les pays industrialisés, il dénonce la caractéristique la plus révélatrice : l'irréductible instinct de domination, qu'il justifie cependant par la volonté de chacun d'échapper à la domination des autres. Un seul être commande et tout est salopé. De fait, un supérieur dont on dépend, oblitère la joie que l'on pourrait éprouver à commander cent ou mille subalternes. L'auteur n'a aucune peine à démontrer que nous sommes tous des socialistes français : la majorité de nos concitoyens, qui récuse le marxisme, aspire sincèrement à plus de justice et de liberté, à plus de responsabilité et de dignité. La société post-libérale que préconise l'auteur n'a point d'autre évangile : conjuguer, au présent comme au futur, liberté et socialisme. Parmi les valeurs nouvelles de cette éthique sociale, Georges Elgozy privilégie les libertés plurielles, face à une administration multiple et à une singulière technocratie, ainsi que face aux syndicats, aux partis, aux ordinateurs. Assurément, une sécurité absolue et généralisée ne se substituera point à celle que l'État doit accorder aux épaves sociales ; un égalitarisme de système finirait par faire disparaître tout sentiment de responsabilité chez nos concitoyens. La société post-libérale que nous propose Georges Elgozy, au contraire, se devra de répartir le plus de responsabilité possible au maximum de Français. Il s'agira, pour nos politiques et pour nos technocrates, non point d'empêcher les gens de s'occuper de ce qui les regarde, selon l'expression de Valéry (Paul) - mais d'inciter les gens à s'occuper eux-mêmes de ce qui les regarde.

  • Pour quelles raisons le miracle japonais semble-t-il aujourd'hui se perpétuer, tandis que l'économie soviétique reste toujours en deçà de ses promesses ? Pour Anton Brender, cette différence de performances n'illustre pas, comme on le répète trop souvent, la supériorité de l'économie de marché sur l'économie planifiée, mais révèle plutôt le rôle déterminant, quoique méconnu, joué par les intermédiaires dans le fonctionnement de tout système économique. Car marchés et plans sont des abstractions qui ne se réalisent qu'à travers des réseaux concrets de communication et décisions entre les divers agents économiques. Or, le fait que les marchands japonais excellent, là où les fonctionnaires soviétiques échouent, ne signifie pas que les objectifs poursuivis par la société nippone soient mieux définis que ceux de l'U.R.S.S., mais montre seulement que l'économie japonaise est plus efficace que l'économie russe. Est-ce à dire que le projet socialiste se trouve pour autant remis en cause ? Tout au contraire, puisqu'il se définit lui-même comme une coordination consciente et volontaire des aspirations sociales. Mais son succès dépend de son aptitude à se doter d'un véritable appareil cybernétique, seul capable de transformer ces objectifs ambitieux en réalités palpables. À l'heure des choix de société et du socialisme en question, l'ouvrage de Brender offre donc une perspective nouvelle pour la réflexion et l'action. S'appuyant sur une analyse - rigoureuse et approfondie - des exemples japonais et soviétique, il fait apparaître, en conclusion, comment pourraient être utilisées, en France, dès maintenant, certaines institutions comme la Banque Centrale et le système bancaire, pour promouvoir cette régulation cybernétique, essentielle à l'avènement d'un socialisme à visage humain.

  • La critique marxiste de l'État vaut et porte contre tout État, et pas seulement contre l'État de la bourgeoisie. Car tout État est un État de classe, celui de la classe dominante. Karl Marx dans Le Capital, et Frédéric Engels dans La Situation de la classe ouvrière en Angleterre, ne se contentent pas de dénoncer l'économie politique bourgeoise, mais ils rêvent d'un avenir socialisé dont seraient bannis toute économie politique, tout pouvoir, le travail comme le loisir, la ville comme la campagne. L'utopie marxiste rejoint celle de Fourier. Les faits contemporains la condamnent. La ville moderne, siège et instrument du néo-capitalisme, devient de plus en plus monstrueuse et l'histoire moderne n'a pas vu le dépérissement annoncé de l'État. Toute société porte en elle son utopie. Mais nous savons maintenant qu'il ne suffit pas, pour lui trouver une solution, d'une simple planification des forces productives.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La gauche divisée, la gauche malade, la gauche impuissante ? Sans aucun doute : la perte de ses deux modèles de référence - le socialisme bureaucratique de l'Est et l'État-providence des grandes social-démocraties européennes - la met dans l'impasse. À l'origine, une histoire exclue par toutes les orthodoxies en place : celle de la classe ouvrière dans ses rapports à l'État. De tous les réformismes d'État européens, le modèle scandinave est sans doute le plus exemplaire et le plus fascinant. La Suède donc, avec tous ses paradoxes : une société plus égalitaire pour les deux sexes, une classe ouvrière qui a modelé la vie quotidienne, une école unique rêve de tout pédagogue français, un pouvoir syndical sans précédent... Mais aussi l'envers : bureaucratie réformiste et État libéral-corporatiste envahissants, concentration inégalée du pouvoir économique, bien-être fragilisé... Ni historiquement minoritaires, ni ennemi principal, ces expériences social-démocrates du mouvement ouvrier demeurent un défi. Défi politique lancé à l'eurocommunisme et à la gauche mondiale. Défi théorique mettant à mal tout un marxisme stérilisé par Staline et Keynes. Défi stratégique enfin : partout, un même vent conservateur balaie les social-démocraties keynésiennes, provoquant éclatements et reformulations de leurs projets. Ces défis nous concernent tous. Où vont les social-démocraties dans la crise ? Que serait un Marx sans Keynes ? Un socialisme post-keynésien, loin de tous les étatismes, productivismes et sexismes dominants ? Autant de questions ouvertes par l'enjeu social-démocrate. Ni plus ni moins que la recherche nouvelle et difficile d'un socialisme, brisant avec la logique mortifère des deux camps et ses modèles. Une idée neuve en Europe et ailleurs...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le communisme - tel qu'il s'est stabilisé depuis 1917 en un système mondial contrôlé par l'Union soviétique - constitue à l'évidence l'un des quelques grands phénomènes qui ont façonné le XXe siècle. Phénomène violemment controversé, le communisme suscite passions et combats qui en obscurcissent la connaissance et l'analyse. Au-delà des polémiques partisanes et idéologiques, nous avons donc tenté une approche, sinon objective, du moins aussi informée que possible de ce phénomène dont le secret est l'une des règles fondamentales de fonctionnement. Le système communiste est si vaste et si complexe, que cet ouvrage ne peut constituer qu'une initiation, même s'il tient compte des recherches les plus récentes menées en France et à l'étranger.

  • La plus grande ruse du diable est de faire croire qu'il n'existe pas. Le plus habile stratagème du communisme ne serait-il pas de répandre l'idée qu'il est moribond ? Regardez en effet : les nuages noirs du communisme ne semblent plus tellement obscurcir l'horizon. En URSS, la dissidence clame que le marxisme est mort, et sa voix résonne jusqu'en Amérique, d'où Soljenitsyne prêche que le stade suprême du léninisme, c'est le goulag. En Occident, la gauche convaincue pleure son dieu trépassé, et n'arrive plus à faire la différence entre les camps de Brejnev et ceux de Hitler ; le libéralisme ose redevenir anticommuniste, sans craindre d'être ni primaire ni viscéral, et défie l'Est d'étaler autant de richesses et de libertés que lui. Partout la foi s'embrase : en Orient, l'islam renaît et dresse ses masses innombrables, comme un Himalaya infranchissable aux hordes soviétiques, cependant que le monde catholique se mobilise à l'appel d'un charisme venu du froid. L'internationalisme prolétarien le cède à celui des affaires et l'URSS, prise à ce jeu nouveau pour elle, y perd, sans le savoir, son agressivité... Occidentaux, ne prendriez-vous pas vos désirs pour la réalité ? Refuserez-vous d'écouter, si l'on vous démontre que le marxisme n'est pas ce que vous croyez, et qu'il est bien vivant ? Et n'examinerez-vous pas les armes que l'on vous suggère de saisir pour le combattre vraiment ?

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