• L'histoire japonaise, son histoire intellectuelle en particulier, sont trop souvent coupées de l'histoire mondiale. Parfois un nom fait recette, le temps d'une mode : Mishima, Nishida, le haiku, le « MA », le Zen, mais on ne discerne aucune continuité, aucune évolution. Maruyama Masao montre ici magistralement que la pensée japonaise ne constitue pas un domaine à part. Loin des habituels discours sur une quelconque spécificité japonaise, il cherche au contraire à faire entrer l'histoire intellectuelle de son pays en résonance avec celle de l'Europe. Avec lui, « l'esprit oriental » renoue avec la modernité. Il montre en effet comment le Japon a connu depuis le XVIIe siècle un itinéraire intellectuel qui l'a mené à une conscience historique du monde, même si cette modernité japonaise déboucha un temps sur les drames que l'on connaît. La fresque de Maruyama, où sociologues allemands et philosophes néokantiens côtoient les grands noms du néoconfucianisme, où Hegel voisine avec Ogyû Sorai et Motoori Norinaga, aide à comprendre pourquoi, en plein XXe siècle, « coexistaient activement une technologie capable de construire des navires de guerre parmi les meilleurs du monde, et le mythe national voulant que les souverains suprêmes du Japon fussent choisis pour l'éternité des temps par un oracle de la déesse Amaterasu ».

  • Un Proudhon certes foncièrement anarchiste, fédéraliste, anti-étatiste pour tout dire, mais parfois plus proche d'être un libéral anticapitaliste et antibourgeois qu'un socialiste et dont le combat constant pour l'émancipation de la classe ouvrière va de pair avec une rude opposition au communisme. Voici le Proudhon (1809-1865) que ce volume dévoile en bousculant nombre d'idées convenues à son sujet: entre autres, que la propriété est loin d'être forcément un « vol ». Ces textes sélectionnés, ordonnés et présentés par Vincent Valentin, maître de conférences à l'université Paris-I, soulignent le caractère complexe, souvent paradoxal et évolutif, d'une oeuvre foisonnante à laquelle le lecteur contemporain n'a plus directement accès depuis longtemps. Et dont la conception vive de la liberté individuelle qui l'irrigue donne toujours à penser.

  • Cette première synthèse intégrale de la pensée politique d'Émile Chartier (1868-1951, plus connu sous le pseudonyme d'Alain) se propose, à nouveaux frais et de manière soigneusement contextualisée, de redonner à Alain la place majeure et singulière qui lui revient dans l'histoire récente des idées : celle d'un penseur citoyen, d'un libéral de gauche compagnon de route du radicalisme, dont l'anti-étatisme, l'individualisme démocratique et le rationalisme laïque entrent en résonance profonde avec les préoccupations contemporaines.
    Jérôme Perrier entend ainsi rendre justice à cet insatiable chroniqueur, dont l'oeuvre a pâti d'avoir été disséminée en plusieurs milliers de « Propos » dans la presse de son époque. Contre le cliché de « philosophe pour classes terminales » qu'on a parfois cru devoir lui accoler en raison de son style sans jargon, il campe un Alain à la fois clair et profond, soucieux d'être compréhensible par tous, qui s'inscrit aussi dans la tradition des moralistes français allant de Montaigne à Camus.
    Jérôme Perrier, agrégé et docteur en histoire, a enseigné à Sciences Po Paris et à l'université de Versailles-Saint-Quentin- en-Yvelines.

  • Bibliophile exceptionnel, polygraphe, précurseur du romantisme, l'écrivain Charles Nodier (1780-1844) a publié à la fois des romans, des contes, des récits, des allégories et des articles pleins d'ironie. Il lui arrivait de ne pas signer ses livres, de prendre des pseudonymes et de multiplier les masques au point que s'impose assez vite la question de son rapport aux divers régimes politiques qui, depuis la Révolution jusqu'à la Monarchie de Juillet, ont constitué le temps historique dans lequel il écrivait. L'hypothèse d'Anne Kupiec est d'emblée politique : Nodier a éprouvé d'une manière suraiguë le moment révolutionnaire, en dépit du fait qu'il l'a vécu en étant encore un enfant. Le fil conducteur politique qui ouvre la lecture de l'oeuvre se confronte alors à des difficultés irréductibles, celle des formes changeantes de l'expression littéraire de Nodier, celle des masques multiples de l'écrivain et, enfin, celle d'une ambiguïté des positions politiques. En effet, Nodier fait à la fois l'éloge de Bonald et de Saint-Simon, de Madame de Staël et de Babeuf ou de Buonarroti, il critique le despotisme de l'Empire et se trouve déçu par la Monarchie de Juillet. L'analyse doit ainsi s'élever à la saisie du sens profond de l'ambiguïté, après en avoir traversé toutes les formes et toutes les variations. Ainsi s'éclaire peu à peu la nature d'un scepticisme politique qui doute de tout sans renoncer à rien, qui use des formes multiples de l'écriture pour éveiller son lecteur à l'interrogation, sinon à la critique, du présent et des éléments de positivité de ce présent. La pensée politique fait le détour du fantastique, du rêve animalier, de l'éloge paradoxal, de la « monomanie réflective », de la fiction pour conjurer le désenchantement et ménager des perspectives d'écart, de recul, d'exil par rapport aux déceptions que la période post-révolutionnaire a suscitées. De manière étonnante Nodier est celui qui, en 1835, au moment de l'édition du Discours de la servitude volontaire par Lamennais, propose d'éditer les oeuvres complètes de La Boétie. Cette proposition est d'autant plus significative que Nodier a été l'éditeur des Institutions républicaines de Saint-Just... Le penseur politique n'est pas démasqué, mais son masque d'écritures découvre ses vrais enjeux.

  • Comment disposer d'un pouvoir politique suffisamment dégagé de toute entrave pour pourvoir, en toutes circonstances, de la communauté des lois dont elle a besoin ? Comment instituer ce pouvoir pour que, dans le même temps, sa liberté ne se tourne pas en moyen d'oppression ? Telles sont les deux questions auxquelles le concept bodinien de souveraineté tente de répondre, sans les séparer. Parce qu'il faut un pouvoir qui ne soit jamais paralysé, c'est à une souveraineté indivisible et sans partage qu'il appartient de faire la loi et de pourvoir à son exécution. Mais parce que cette souveraineté n'existe que pour la défense de la république et de ses membres, l'arbitraire en est nécessairement exclu. En imaginant une combinaison possible entre l'efficacité du pouvoir et la garantie des sujets, l'oeuvre politique de Jean Bodin (1529-1596) se situe donc aux origines de la réflexion moderne sur le droit de l'État.

  • Les économistes se sont-ils trompés ? Depuis 1973, ils ont payé un lourd tribut à la crise. À mesure que s'éloignait l'époque de la grande croissance, et que leurs prévisions s'avéraient de moins en moins fiables, on les accusait de ne plus savoir interpréter la nouvelle évolution du monde. Économiste lui-même, Alain Cotta ne cherche ni à assurer la défense de ses pairs, ni à les accabler. Remontant à leurs sources, il a recensé les 5 grandes erreurs commises en Occident depuis 1973. Pourquoi certaines perdurent-elles et en quoi obèrent-elles le présent et l'avenir des peuples ? Nul ne s'étonnera que l'exemple de la France retienne plus particulièrement l'attention de l'auteur. Les Français, par socialisme interposé, émirent, une fois de plus en 1981, leur choix spécifique : foi en une relance provoquée n'importe quand et n'importe comment ; croyance au renouvellement miraculeux de la croissance ; indifférence à la contrainte mondiale ; tentation séculaire d'une politique protectionniste ; résurrection de la rente à laquelle les Français assistèrent sans réaction. Il y a un prix à payer pour ces erreurs. Des choix à faire dont dépend notre destin, sous peine de nous voir disparaître lentement de l'aventure mondiale. Alain Cotta nous les présente dans cet essai brillant, qui s'élève magistralement au-dessus des clivages politiciens. Alain Cotta est professeur de sciences économiques à l'université de Paris-Dauphine et à l'école des HEC, membre de la Commission trilatérale, auteur de nombreux ouvrages dont Réflexion sur la grande transition, le capitalisme, Le corporatisme (PUF), Le triomphe des corporations et La société ludique (Grasset).

  • La guerre du Golfe dure depuis plus de six ans. D'un côté, l'Iran de Khomeiny ; de l'autre, l'Irak de Saddam Hussein. La personnalité et la pensée du président irakien restent mal connues en Occident ; Saddam Hussein est cependant l'un des chefs d'État du Proche-Orient qui exerce une influence considérable. Pour contenir l'expansionnisme de Khomeiny, il fallait pouvoir lui opposer une expérience et une idéologie convaincantes. C'est ce qu'a réussi le modèle irakien mis en place par Saddam Hussein depuis 1968. Ce modèle, dont les grandes idées concernent l'indépendance nationale, le développement économique et social, l'ouverture vers une société progressiste et laïque, constitue pour beaucoup d'États du tiers monde une véritable référence. Charles Saint-Prot, spécialiste du monde arabe et de l'Islam, auteur de plusieurs ouvrages sur le Proche-Orient dont Les mystères syriens (Albin Michel, 1984), s'est attaché à analyser la pensée et l'action sur la scène arabe et internationale du président Saddam Hussein qui, dans l'avenir, est appelé à jouer un rôle décisif dans une région qui intéresse directement l'Occident.

  • J'ai pris le commandement du GIGN en 1985. Je l'ai quitté en 1989, après les quatre années les plus riches, les plus pleines, les plus difficiles parfois de ma vie. Comme c'est souvent le cas, ce sont les circonstances politiques plus que mon propre mérite qui m'ont projeté au premier plan de l'actualité, en mai 1988, lors de la conclusion de l'« affaire d'Ouvéa », en Nouvelle Calédonie. La polémique qui s'en suivit ne m'intéressa jamais. Mais cette expérience reste, à ce jour, le moment central de ma vie. Mon corps et mon esprit y avaient été entraînés si loin que, tout en conservant ma lucidité, en l'aiguisant même comme elle ne l'avait sans doute jamais été, j'avais l'impression d'avoir franchi une limite de moi-même que je ne connaissais pas. A ce point j'ai su que, sans doute, un jour j'écrirais ce livre.

  • En nommant Dominique Voynet ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, Lionel Jospin a choisi une personnalité atypique. Une femme jeune qui, loin des pulls en laine vierge et du riz complet bio, mais aussi des ors de la République et de la langue de bois, revendique de faire de la politique autrement. Si elle n'est pas une débutante, elle n'est pas non plus issue du sérail. Son creuset, c'est le militantisme. Et la voilà brutalement propulsée du côté des responsabilités et de la gestion. Mais qui est réellement Dominique Voynet ? D'où vient-elle et que veut-elle ? Pourra-t-elle exercer ses fonctions sans renier ses engagements militants ? Arrivera-t-elle à vaincre les lobbies nucléaires ou routiers ? Va-t-elle se brûler les ailes au contact du pouvoir ? Au fil des pages, nous découvrons, par petites touches, une femme d'aujourd'hui, à la fois généreuse et égocentrique, désintéressée et aimant le pouvoir, ouverte aux autres et personnelle, spontanée et calculatrice, sincère et rusée, sûre d'elle-même et pétrie de doutes. Provocante et rassurante. Dominique Voynet n'est pas là où on l'attend, et garde une place très à part au sein de la majorité plurielle. Bien plus qu'un symbole, elle incarne la réelle et profonde mutation des aspirations politiques de la France des années 90.

  • La fin du monde est-elle pour demain ? Cette question, les hommes se la posent depuis que l'humanité existe. Depuis les temps les plus reculés, en effet, déluges, séismes et embrasements universels, collisions avec des météorites géants ou peut-être d'autres planètes se sont succédé dans l'histoire de la Terre et ont détruit des civilisations entières. Depuis les disparitions légendaires de la Terre de Mû, de l'Atlantide et du Gondwana, jusqu'aux cataclysmes bibliques, Henri Kubnick passe en revue les différentes fins du monde qui ont précédé l'« ère adamique », puis les principales prophéties qui, au cours des siècles, ont annoncé l'approche de l'Apocalypse. Il évoque ainsi les figures des plus célèbres oracles, pythies, sibylles et prophètes de l'antiquité païenne ou biblique, ceux du Moyen Age et des temps modernes. Quelle valeur devons-nous attribuer à leurs prédictions ? La civilisation de l'Homme approche-t-elle de son terme ? L'An 2000 sera-t-il celui de l'« advènement » final, de l'ultime conflagration, annoncés pas Nostradamus et ses successeurs ? Quelle sera alors la cause de cette fin de notre monde ? L'engrenage infernal de l'histoire, le déchaînement du cosmos ou « ce progrès qui nous tue » ? C'est ce qu'Henri Kubnick a essayé d'étudier dans ce livre passionnant et de la plus « brûlante » actualité.

  • L'Amérique centrale est-elle la cinquième frontière de l'Europe, comme l'ont qualifiée des intellectuels français dans un appel au Congrès américain pour qu'il reconduise l'aide aux contras antisandinistes ? Cette région n'est-elle qu'un nouveau champ clos de l'affrontement planétaire entre les deux superpuissances ? Pour répondre à ces questions - et à bien d'autres - les auteurs de ce livre ont, délibérément, renoncé aux oeillères européocentristes, qui limitent trop souvent la perspective des observateurs de cette nouvelle zone de tension. S'appuyant sur de nombreux reportages réalisés sur le terrain, des entretiens avec des responsables de tous bords, et de nombreux documents officiels ou confidentiels, ils nous donnent à connaître, objectivement, les points de vue des différents protagonistes. Les principaux se trouvent d'abord sur place : gouvernements confrontés à de profondes crises, possédants accrochés à leurs privilèges, guérilleros rêvant de révolutions, et tous les autres aspirant à la paix. C'est cette fournaise que les États-Unis tentent d'éteindre, avec de puissants moyens politiques, économiques et militaires. Mais Washington doit aussi compter avec les autres acteurs du drame centroaméricain : l'Union soviétique, Cuba, les puissances régionales, l'Europe et l'Église. Écrit pour un large public, sérieusement documenté, ce livre apporte des analyses originales, et une synthèse complète sur l'un des dossiers les plus brûlants de la scène géopolitique mondiale.

  • Notre société se dépolitise. Abstentions massives aux élections, crainte de l'avenir que la politique ne paraît pas pouvoir conjurer, tentation de l'extrémisme, du particularisme ou de l'indifférence, telles sont les manifestations essentielles de l'effritement du lien social et, partant, politique. Issu en partie de conférences données à l'Institut d'études politiques de Paris, cet ouvrage n'est pas un manuel. Il se veut plaidoyer pour la politique, replacée ici dans le cadre indispensable à la compréhension de la construction démocratique. À travers des analyses synthétiques, notamment des droits de l'homme, du libéralisme, des relations internationales ou de la culture, il trace une voie de sortie de la crise de la politique, crise destructrice pour notre société. Manifeste en faveur de la dignité de la pensée et de la raison humaines, ce livre inspirera tous ceux - hommes politiques, citoyens, enseignants, étudiants en philosophie, en droit, en sociologie ou en sciences politiques - qui comprennent la politique comme un échange sur l'homme et sur le monde, qui souhaitent qu'elle se réalise comme la substance même du débat public et qui, convaincus que la définition d'un projet politique revêt encore un sens, font confiance à la réflexion pour trouver les clefs de l'action de demain.

  • Depuis Machiavel, la question fondamentale de la philosophie politique est : à quelle condition un ordre social stable est-il possible, parmi les hommes pris tels qu'ils sont, c'est-à-dire irrémédiablement égoïstes, et non tels qu'ils devraient être dans une cité parfaite, comme pour les anciens ? Or, deux grands systèmes se sont affrontés dans ce cadre machiavélien. C'est ce dialogue des philosophes politiques modernes que ce livre met en évidence, distinguant : les théoriciens du contrat qui fondent, depuis Hobbes, le lien politique sur une construction politique rationnelle, qui conduit à faire table rase du passé ; les penseurs de l'économie politique qui pensent, avec Adam Smith, l'échange comme le principe d'un ordre spontané, selon l'harmonie naturelle des intérêts. Divergentes, les philosophies du contrat et du marché reposent, cependant, sur la même définition individualiste de l'homme et la même conception utilitariste de la vie en société. Leur affrontement théorique en recoupe d'autres : les libéraux, comme Burke, Constant ou Hayek, s'inquiètent de la reconstruction abstraite de la société à quoi mène le contrat social ; dans le refus de la coutume, ils voient une avancée vers la terreur. De même, le poète et dissident polonais Alexandre Wat, serviteur puis victime du projet totalitaire de la refonte des âmes, en écrit l'horreur et l'échec. Légitimées par des systèmes spéculatifs, certaines théories se sont, depuis deux siècles, révélées terribles. Violences de l'abstraction dont la dénonciation est au coeur de la pensée de Marx, pensée dont la lecture de Michel Henry nous invite, par-delà les contresens de l'idéologie marxiste, à redécouvrir la vérité.

  • Des textes qui témoignent d'un itinéraire intellectuel et d'un engagement politique qui firent de Souvarine un ardent bolchevique, fondateur du P.C.F., puis un opposant radical au système communiste tel qu'il s'est développé dans les pays de l'Est.

  • Tout semble opposer l'Europe et le tiers monde, et pourtant une donnée fondamentale les rapproche : ils appartiennent, l'un et l'autre, à ces zones géopolitiques du monde qui ne se confondent pas avec les superpuissances américaine et soviétique et pourraient, demain, s'aider mutuellement à ébaucher une troisième voie. Ce livre rappelle, tout d'abord, les avatars de l'idéologie coloniale, et l'étrange destin du tiers mondisme depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. On y verra que les clivages habituels entre la droite et la gauche, ont rarement correspondu à la réalité des forces en présence. Et que ce n'est peut-être pas un hasard si un nouveau tiers mondisme, très différent du précédent, se dessine aujourd'hui. La situation actuelle du tiers monde fait apparaître la responsabilité des idéologies dominantes dans l'état de subordination qui est le sien. La notion de développement doit être mise en question. Les solutions libérales et socialistes sont pareillement inadaptées. Un nouvel ordre économique international, exige la constitution de grandes zones de développement autoconcentrées, seules capables de restituer au monde la diversité qui en fait la richesse. Idéologie des droits de l'homme ou défense de la cause des peuples ? Il parait qu'il faut choisir. Le choix, ici, est sans ambiguïté : à l'heure de l'uniformité mondialiste, de la mort des cultures enracinées et des modes de vie différenciés, les peuples doivent construire leur destinée propre à l'écart des séductions de l'Ouest et des sirènes de l'Est. Défendre le tiers monde, c'est prôner le non-alignement. C'est rompre avec l'obsession de l'économie, propre à l'idéologie occidentale. C'est anticiper, enfin, sur les nouveaux clivages de demain.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Pour Thierry Parfenoff et sa fiancée, Françoise de Meritens, l'un et l'autre venant de Dijon, ces grandes vacances 1990 devaient être des vacances « de rêve », en Malaisie. La première partie du voyage se passe sans encombre et une escale est prévue à Djeddah. Il est 4 h 05, ce 2 août 1990, lorsque les 382 passagers du vol de la British Airways sont arrachés de leur sommeil pour apprendre que l'avion atterrit à Koweit City. On leur annonce une escale technique... Le Koweit, Thierry et Françoise essayent de rassembler leurs connaissances en géographie ; de leurs souvenirs reviennent les images de rois du pétrole dont le pays tire d'immenses ressources... Comme leurs futurs compagnons de voyage, ils sont invités à descendre de l'appareil. Petit à petit, au diapason de l'aube naissante, ils découvrent la réalité : les voici pris au piège. C'est alors que commence leur aventure. Soudés par leur amour, ils trouveront la force de surmonter les épreuves physiques et morales de leur condition d'otages. Sans effets inutiles, le récit de Thierry Parfenoff est un témoignage émouvant sur un « coup du sort », les caprices du destin et, sans que l'auteur cherche aucunement à jouer les héros, une leçon de tranquille courage. « Une épreuve comme celle-ci, affirment Thierry et Françoise, laisse des traces ineffaçables... » Ils dédient ce livre aux otages qui, à travers le monde, ne sont pas encore revenus, ont été lâchement assassinés ou ne seront jamais retrouvés...

  • En mars, François Mitterrand tentera de détourner le suffrage universel à son profit... en s'efforçant de jouer à qui perd gagne. À la veille d'une échéance capitale, le président de la République n'a pas épuisé toutes ses cartouches. Le piège intentionnel - savamment préparé par le chef de l'État - se double d'un piège circonstanciel - durement imposé à l'opposition : un lourd bilan, des aléas économiques internationaux, l'absence de durée. Et pourtant les solutions existent, tant pour opérer un redressement de notre pays que pour engager un processus de réformes libérales. Que peut-on souhaiter aux Français ? Dès mars, une autre équipe, une autre politique, un autre environnement. Edmond Alphandéry s'efforce de dessiner les grands axes d'un projet libéral, social et européen. Tout en découvrant les ressorts cachés de la stratégie du chef de l'État, le lecteur s'initie avec bonheur et facilité aux mécanismes économiques. Il apprécie le savoir-vivre politique de l'auteur.

  • Aujourd'hui, pour la majorité de l'électorat, le politicien est un ambitieux ou un corrompu. Droite ou gauche au pouvoir, qu'importe puisque les résultats semblent les mêmes. Trop de contradictions, d'affaires, de promesses, de règlements de comptes ont fini par lasser les Français et les détacher de leurs responsabilités dans le fonctionnement des institutions. Dans la nuit des villes, des incendies s'allument, quand on n'a plus rien à perdre, on peut tout risquer. Deux mondes s'observent à la lueur des gyrophares. Dans les cités malades, polluées, surpeuplées, les vaincus, les exclus se résignent ou s'enflamment. Et du nord au sud de la planète, c'est la même fracture, les idéologies étaient trompeuses, toutes ont failli. Depuis toujours les uns tendent la main, les autres détournent les yeux. Comment éviter l'irréparable, les affrontements sociaux, raciaux, l'insécurité et la marginalisation dans nos villes ? Que faut-il espérer d'une Europe manifestement déséquilibrée ? Jusqu'où iront l'indifférence et l'abstentionnisme ? La démocratie, c'est pouvoir faire entendre nos voix. Un parmi les autres, je me pose ces questions. Nous avons les réponses.

  • Retrace l'histoire d'un mouvement pas comme les autres, qui est passé en vingt ans de la pure marginalité à une situation charnière sur l'échiquier politique, étudie la nature sociologique d'une frange mal connue de la carte de France électorale celle des adhérents, sympathisants et électeurs écologistes.

  • Les salariés français pour la plupart n'aiment ni leur travail ni leur employeur. En sacrifiant le meilleur de leur vie pour une rémunération tarifée, ils se livrent donc à un comportement de type prostitutif. Protégeant les salariés un peu comme le proxénète « soutient » la prostituée, l'État se trouve conduit à être le Grand Maquereau. Écrit par un économiste de renommée internationale, fruit de quinze ans de recherche sur l'excellence de l'économie japonaise, L'État maquereau propose une analyse anticonformiste et percutante de la véritable nature de l'État et de l'évolution pervertie de son rôle. Pour lutter contre l'emprise croissante du Grand Maquereau sur la vie économique et remédier à son incompétence, René Maury insiste sur la priorité à faire du travail une source d'épanouissement personnel et désigne l'amour comme le plus formidable moteur de l'efficacité économique. Réquisitoire sans complaisance contre les gaspillages et les échecs de notre société, son livre invite aussi chacun d'entre nous à une réflexion vivante et concrète sur l'économie et ses remèdes pour vaincre le chômage et entrer dans le management du XXIe siècle.

  • Au fil d'une superbe et poignante méditation, Michel Massenet, haut fonctionnaire, théologien, exégète, exhorte l'Église à trouver les chemins de l'indépendance et à répondre, enfin, aux attentes spirituelles de notre époque. Parce que vient un moment où l'homme ne peut se passer de la Parole, où le silence n'est pas la réponse. À deux reprises en cinquante ans, l'Église de France a gardé le silence alors que l'État provoquait la mort de milliers de citoyens. Il y eut, hier, les déportations des Juifs ; il y a, aujourd'hui, l'utilisation de sang contaminé. À chaque fois les évêques ont préféré préserver leurs connivences avec les dirigeants politiques plutôt que de remplir leurs obligations morales, comme si, deux siècles après les Lumières, l'Église de France n'avait toujours pas compris le sens de la laïcité.

  • La droite succède à la gauche qui elle-même a relayé la droite. Pourtant rien n'a changé. Les chefs de gouvernement, qu'ils se nomment Fabius ou Chirac, Rocard ou Balladur, se font dicter par l'Inspection des Finances les mêmes gaspillages provoquant les mêmes déficits. Dans une France riche, les pauvres sont toujours plus nombreux. Une caste inamovible de technocrates dogmatiques et sentencieux occupe le pouvoir, tandis qu'enfle sans contrôle la marée bureaucratique : trente-six fonctionnaires au ministère de l'Agriculture pour mille exploitations, contre huit seulement en 1960 ; un fonctionnaire chargé des questions maritimes pour trois marins de commerce ! Occupés à se répartir les postes, les « clones » laissent la société se disloquer. Pour Philippe Guilhaume, la situation de la France est proche de celle de 1787, lorsque les privilégiés refusaient les réformes indispensables. Avec la même rude franchise que dans Un président à abattre ou sa Lettre ouverte à tous les Français, il part en guerre contre l'actuel règne de l'esbroufe et de la jobardise. Sans concession pour les gouvernants d'hier et d'aujourd'hui, il brosse d'Édouard Balladur le premier portrait vérité d'un homme qui n'agit « qu'en fonction des impératifs de la mise en scène de son destin national ».

  • Au début du XIXe siècle, la coïncidence de la révolution industrielle et du libre-échange a provoqué une formidable croissance économique, accompagnée d'une terrible aggravation des inégalités sociales. À la fin du XXe, les mêmes causes risquent d'avoir les mêmes effets : le progrès technique multipliant le développement de la production dans le grand marché que la Communauté met en place d'ici le 31 décembre 1992, où 320 millions de consommateurs verront les plus forts se renforcer encore aux dépens des plus faibles. En ouvrant la voie de la réunification allemande, les révolutions de l'Est rendent probable la domination d'une Pangermanie sur le reste du continent, par le jeu naturel de ce libéralisme. En provoquant le rejet du communisme et en réveillant la méfiance envers le socialisme, elles empêchent la transposition dans le cadre des Douze des mécanismes de régulation de l'économie, de réduction des inégalités et de protection contre les risques que les social-démocraties ont développés dans les États de l'Ouest depuis 1945, édifiant ainsi les meilleurs régimes du monde et de l'histoire. Seul le développement des institutions de la Communauté pourrait empêcher le nouveau libre-échangisme de tourner à l'hégémonie d'une Grande Allemagne, le mark remplaçant la Wehrmacht, et de provoquer des explosions sociales ressuscitant le marxisme révolutionnaire. Tout le monde en est conscient, mais le lièvre libéral est en train de dépasser la tortue européenne...

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