• Un vieil homme s'en retourne au Vietnam, son pays natal, afin de comprendre les drames de son histoire familiale et personnelle. Ni autochtone, ni colonial, c'est lui, Do Thai de son nom de guerre, le Juif français persécuté qui a rallié le communisme avant d'achever sa course en paria du Parti.
    Philippe Papin, historien, épigraphiste, occupe la chaire « Histoire et sociétés du Vietnam classique » à l'École Pratique des Hautes Études.

  • Tout va bien pour Selim : il est le meilleur de sa classe de 5ème et ses parents, certes très occupés par leurs brillantes carrières, le gâtent. Jusqu'au jour où Mme Dupin, la prof d'histoire-
    géo, se met en tête de parler du Maghreb et en particulier de l'Algérie. Malheureusement, elle le fait vite et mal aux yeux de Selim. Déçu, il se range du côté de son camarade Redouane, le cancre de la classe. C'est le début d'un parcours fait de questions et de péripéties drolatiques qui permettra à Selim de se réconcilier avec ses racines et qui, accessoirement, incitera ses parents à travailler un peu moins et à passer plus de temps avec lui.

  • Cet ouvrage singulier traite d'une question qui concerne bon nombre de professionnels de la relation d'aide, à savoir : Comment notre impuissance à aider suffisamment notre propre famille nous a amenés à développer des compétences particulières pour prendre soin des autres, de nos patients, de nos clients.

    Conçu comme un récit qui se déploie à travers de multiples bifurcations, ce livre est d'abord  la révélation d'un drame familial qui va droit au coeur du lecteur. C'est ensuite l'histoire de la création d'une association, « Parole d'enfants », qui transforme la douleur en une passionnante aventure collective. C'est enfin, 20 ans plus tard, la question de la confiance et de la transmission au moment de passer le relais aux plus jeunes.

    En dévoilant les difficultés rencontrées comme intervenant lorsqu'il s'agit d'aider des familles en grande difficulté, l'auteur partage avec le lecteur différentes stratégies thérapeutiques originales et de nouveaux outils d'intervention concernant différentes problématiques : la négligence grave et le déficit de protection, les abus sexuels,  les deuils compliqués, les conduites délinquantes, les conflits chroniques opposant des parents et dont les enfants sont les otages, etc.

    Un beau partage d'humanité et un plaidoyer pour une clinique de l'engagement, de l'audace, de la créativité !

  • L'ouvrage étudie l'utilité et la nocivité des liens familiaux au regard des configurations sociales dans lesquelles ils se mettent en oeuvre, des relations qui s'y déploient et la place que chacun y trouve différemment selon qu'il est enfant, adolescent ou adulte. A l'occasion de cette réflexion fondamentale, sont abordées les applications sociales, cliniques voire thérapeutiques dans les dispositifs institutionnels d'intervention : Comment « traiter » leurs excès - aliénation, violence, traumatisme, etc. lorsque les liens familiaux s'hypertrophient - autant que leur carence - abandon, démission, délitement lorsqu'ils font défaut ? Comment aider, dans l'un comme dans l'autre cas, le sujet, de la naissance à la mort, à faire avec ? Alors, la famille ? Pour le meilleur ou pour le pire ? Sans doute un peu des deux...

  • Dans cette réédition revue et augmentée, seize ans après sa première parution, Lucien Mélèse dégage, de ses longues années de pratique psychanalytique avec des personnes sujettes aux phénomènes dits «  épileptiques », une théorie des phénomènes critiques qui justifie ce qu'apportait la clinique : une possibilité de démonter l'automate de « l'orage neurologique », en filant à nouveau le récit du familial et surtout du généalogique. Il retraverse les modifications pratiques, mais surtout théoriques qui en résultent. La théorie du trauma, l'histoire et la généalogie forment le fond indispensable de ces nouveautés.

    La réappropriation de son histoire pendant l'analyse permet souvent au sujet d'élaborer une sortie de ce cauchemar incarné qu'est la crise épileptique. S'y découvre un déplacement étonnant - ou une création - d'une subjectivité délivrée du mode critique qui jusque-là était la seule réponse que le sujet, pris dans l'insu, le caché et le perverti du familial et du généalogique, pouvait trouver à la question de l'altérité.

    L'épilepsie devient dans ce travail le modèle de la crise (donc de la hantise, de la fuite, du non-être) pour toute pratique de la cure, notamment dans le champ psychosomatique et dans celui des états limites.

  • Chaque génération laisse à la suivante un reste à penser et des restes impensés. C'est dans l'investissement de ces écarts que nous sommes créateurs. Toutefois une question essentielle subsiste que chaque génération doit reprendre à son compte : comment, de l'impensé qui nous précède, ne pas fabriquer de l'impensé qui nous devance ? Par cette phrase, René Kaës engage les professionnels de la santé mentale dans une réflexion féconde sur leur formation : quels sont les processus – intrapsychique, interpersonnels, sociologiques, familiaux, éducatifs, pédagogiques... – en oeuvre dans la transmission? De quels savoirs psychiatriques se sont-ils nourri ? Qu'en ont-ils fait ? Comment transmettent-ils leur pratique clinique ?

    Marcel Sassolas est psychiatre et président de l'association Santé mentale et communautés dont il a été responsable médical pendant trente ans.

  • La clinique témoigne de façon insistante et polymorphe de l'après-coup traumatique des massacres et génocides qui ont marqué le XXe siècle. La Shoah mais aussi les totalitarismes et enfin les guerres coloniales ont laissé des traces profondes de chaque côté de la Méditerranée. Il s'agit de prendre acte de crimes et de tortures qui pour certains restent encore déniés, sans pour autant fixer les sujets en souffrance dans une jouissance victimaire. Même si les témoignages resurgissent, il n'en reste pas moins que la transmission s'avère difficile, se heurtant à des déformations ou des silences de l'Histoire officielle. Ce qui n'a pu être reconnu et symbolisé revient alors dans la souffrance du symptôme, voire dans des productions délirantes qui témoignent bien souvent de morceaux d'histoires encryptées sur plusieurs générations.

    Patrick Chemla, psychiatre, chef de service, psychanalyste, Reims.

  • Il dort seul au rez-de-chaussée. Les autres occupants logent à l'étage. Il entend des bruits étranges provenant de la cuisine. Il hésite, n'ose appeler. Il veut en avoir le coeur net. Dans le couloir, la porte de la cave est entrebâillée. Il est d'autant plus inquiet que cet accès se trouve habituellement verrouillé. Puis c'est l'effroi. Devant lui, l'innommable, l'abject. Ils l'attendaient. C'est ainsi que durant quatre nuits, un garçonnet de sept ans en pension dans une famille qui le chérit assistera à des scènes effrayantes. Pourtant, il ne fuira pas, il restera à les observer, finira par s'approcher, comme fasciné par elles.
    Un roman fantastique où se côtoient l'intime et l'occulte ; où le destin d'innocents est la proie d'un passé meurtri à la recherche de réponses.

  • Je suis partie sur un cargo. Trois semaines. Peu m'importait la destination.
    J'ai écrit un petit mot à mes amis, à ma famille, pour les informer de ce départ rapidement décidé.
    Sur le cargo, libre de tout, j'ai continué à leur écrire, ainsi qu'à un inconnu, Silas. Silas était mon interlocuteur des jours tristes, des jours sans énergie, ou des jours où ma peur m'a empêchée de communiquer avec mes proches. Silas était un confident tranquille.Je n'ai rien pu envoyer. La mer zone blanche, la mer sans facteur ni Wifi.
    Ces correspondances immobiles me sont restées. Devenues de simples écrits, elles sont de brefs témoignages. Qui disent un trajet passant de la Méditerranée au Canal de Suez, au golfe d'Aden et au large de la Somalie, à l'Océan Indien pour arriver à LA Réunion.
    Qui disent le menu de la vie sur cet immense bateau, ce qui se vit et qui s'échappe, ce qui est sans importance et ce qui marque les jours. La mer, les risques, les gens. Qui disent l'insupportable et magnifique tranquillité des porte-containers sur les mers qu'ils polluent. Qui disent aussi l'histoire d'un grand-père retrouvé. Les voici.

  • Le premier roman de Carmen Belzile parle de résilience, porteuse d'espoir. La Maison aux lilas est en effet une fable sur l'amitié, celle qui permet d'avancer et de grandir, avec des personnages qu'on aimerait côtoyer. C'est aussi une histoire qui démontre que malgré la souffrance et les blessures, il n'est jamais trop tard pour prendre une direction nouvelle, à condition d'ouvrir les yeux et le coeur à ce que la vie sème sur notre route. Car à partir du moment où on choisit sa vie, on peut la modeler à sa façon.

    C'est ce que fera Lucie à 45 ans, orpheline de père depuis sa tendre enfance. Au décès de sa mère, elle se croit seule au monde et se sent désemparée. Elle éprouve des sentiments mitigés, à la fois soulagée de ne plus subir la haine et le contrôle de sa mère et dépassée devant cette liberté nouvelle dont elle ne sait que faire. Heureusement, des anges croiseront sa route: Esther, généreuse et attentive; Marcel, un oncle sage et protecteur; Alice, une tante inspirante et bienveillante, ainsi que Sylvie, une cousine sensible et coquine. Avec eux, Lucie se trouvera plongée dans le passé et sera entraînée de découvertes en surprises, sur les traces de ses racines. Elle fera alors connaissance avec les membres de la famille de son père, avec son histoire et avec elle-même.

    Grâce à la présence de ces personnages sortis de l'ombre, Lucie saura rebondir et se métamorphosera graduellement, en retrouvant l'essence de la petite fille qu'elle était avant le décès de son père. Telle une plante qui s'épanouit, elle renaîtra après une longue période de dormance. Lucie apprendra que regarder en arrière et nourrir le ressentiment dressent un mur qui empêche de poursuivre sa route. Au contraire, elle choisira d'avancer et de construire sa vie, comme le brouillard qui se dissipe et qui laisse entrevoir un avenir ensoleillé, rempli d'optimisme et de promesses.

  • Comment devenait-on instituteur dans les années 1900 ? Comment devenait-on éducateur spécialisé autour de 1968 ? En étudiant ces moments privilégiés de l'invention du métier d'instituteur et de la réinvention du métier d'éducateur spécialisé, on peut reconstruire le travail proprement social qui sous-tend les phénomènes d'identification au poste : j'en ai fait mon métier. On ne peut analyser - historiquement ou sociologiquement - les institutions (ici l'école primaire et le secteur de l'inadaptation), sans analyser les agents réels de l'histoire institutionnelle. Pour cela, il faut prendre en compte, à la fois les trajectoires sociales effectives des individus, et les représentations individuelles de l'histoire sociale familiale, c'est-à-dire les reconstructions singulières du roman social familial. La sociologie se fait alors sociologie psychologique, et analyse de façon clinique les autobiographies : romans et poèmes d'instituteurs, récits de vie parlés des éducateurs spécialisés.

  • Quelle fonction pour l'hôpital ? Quelle qualification et quelle reconnaissance sociale pour son personnel ? Quel accueil pour le malade? Quelle gestion pour quel type d'hôpital ?

    Ces interrogations, d'une brûlante actualité, ont fait l'objet, à la fin du siècle dernier, de débats passionnés auxquels la Maison de santé protestante de Bordeaux prit une part active. En effet, dans une période de mutation hospitalière, cette prestigieuse oeuvre sociale proposait une structure originale et singulière qui eût un rôle déterminant dans l'évolution de l'action sanitaire et sociale française.

    Anna Hamilton (1864-1935), jeune femme protestante, mène en 1898 pour sa thèse de médecine une enquête à l"échelle européenne sur la formation et la fonction du personnel infirmier des hôpitaux. En 1900, directrice de la Maison de santé protestante, elle décide d'en faire un lieu de formation modèle, un hôpital-école d'où émerge un nouveau corps professionnel, les garde-malades "hospitalières" ou "visiteuses". Ses élèves essaiment dans toute la France. Elles prennent la direction d'hôpitaux municipaux, certaines sont à la tête des premiers services sociaux, d'autres encore forment des oeuvres analogues.

    La notoriété, dans le monde anglo-saxon, de la Maison de santé protestante de Bordeaux, n'a d'égal que sa méconnaissance en France. Pourtant, les professions sanitaires et sociales françaises trouvent dans cette oeuvre une de leurs racines les plus vigoureuses.

    Cette monographie menée avec une grande rigueur méthodologique s'inscrit dans un questionnement du secteur sanitaire et social et contribue ainsi à créer un champ transversal d'investigation historique.

  • En quel sens peut-il être question, dans l'evolution des connaissances, de l'action et des rapports humains d'un devenir proprement historique ? On tend à nous proposer, à cet égard, l'alternative entre deux représentations du passé et de la mémoire : celle qui, sans changer de méthodes, prétend perfectionner la qualité des résultats ; et celle, tout autre, qui prétend rassembler les démarches intellectuelles et techniques par des voix
    radicalement nouvelles. De ce point de vue, on qualifie d'historique l'avènement d'un nouvel état d'esprit. Ce changement réduirait les démarches liées au passé à un souvenir archaïque. Le passé ne serait que ce qui est dépassé.

    L'ouvrage que voici accorde une importance spécifique à la dimension proprement historique de l'existence humaine. La signification du temps vécu s'y manifeste de multiples manières parmi lesquelles les références à la santé mentale et au devenir culturel se font constamment sentir. Par là s'explique aussi la différence jamais négligeable entre l'histoire et les histoires. Le travail thérapeutique en psychiatrie s'échaffaude à l'entrecroisement de toutes sortes d'histoires : histoire du patient, histoire du soignant ou des soignants, histoire de la
    maladie, histoire de l'institution, histoire de la clinique, histoire des théories psychiatriques, histoire tout court.

    Et le travail psychothérapique consiste pour l'essentiel à tisser ou retisser l'histoire d'un sujet qui s'en trouve plus ou moins dépossédé, sans trop se raconter d'histoires. Cest autour des différents aspects de la notion d'histoire que les auteurs de cet ouvrage tissent à leur tour leurs histoires qui traversent le temps et les continents.

  • C'est à un accident de ski qui l'immobilisa pendant plus d'un an, que Léo Jouniaux, doit sa passion pour la généalogie et l'histoire. Héraldiste amateur dès l'âge de huit ans, il revient donc, 15 ans après, vers ces recherches archivistiques qui lui permettent d'écrire, en Suisse, son premier ouvrage : « L'armorial carougeois » (étude des 600 familles de la Cité Sarde, près de Genève). Retrouvant avec bonheur le Hainaut où il est né, il est l'auteur de l'« Histoire de Jeanlain », petite commune de cette province riche de souvenirs historiques importants. Enseignant la généalogie pendant cinq ans à l'Université Paris VII, dans le cadre de l'Université Ouverte, il organise, depuis trois ans, une formation spécifique pour tous les chercheurs en généalogie et histoire locale : cours, conférences, stages. Cet ouvrage est l'aboutissement d'un projet de longue date : transmettre, non seulement sa passion, mais aussi son savoir, et permettre ainsi au lecteur de se lancer plus aisément dans des recherches archivistiques et historiques satisfaisantes pour la réalisation d'un arbre généalogique.

  • Des psychanalystes, des thérapeutes familiaux, s'interrogent de plus en plus sur le non-dit, le secret, l'indicible, se trouvant souvent, dans leur pratique, confrontés non plus seulement au refoulé, mais aussi à l'innommable, qui s'exprime par le symptôme. Claire Delassus passe en revue toutes les faces du « secret », pour arriver à interroger le lien entre l'inhibition intellectuelle et les secrets de famille, en passant de l'interdit de penser à la théorie de la « crypte et du fantôme » et aux conceptualisations de Serge Tisseron. Elle propose une relecture du bilan psychologique pour déceler les inhibitions intellectuelles en relation avec le brouillage généalogique et l'emprise du secret entre parents et enfants.

  • Des temps anciens, l'histoire nous disait le bébé fragile, éphémère, frappé au sceau du péché, inachevé, à façonner, à modeler, modeste morceau de vie aux besoins
    infinis et aux possibilités si précaires.

    Aujourd'hui, il est l'enfant merveilleux, riche de mille potentialités, de compétences inouies, un « nourrisson
    savant >> dont tant de livres et de films nous dressent le charmant portrait.

    Demain qui sera-t-il dans cette fulgurante accélération des sciences et de la technique, de la génétique et des assistances à la procréation ?

    Mais à travers les temps, encore et toujours, il demeure ce bébé des rêves, des contes, des mythes, ce bébé imaginaire,
    idéalement parfait ou monstrueusement défectueux. Embarquez-vous pour l'odyssée des bébés à travers les temps
    et les idées !

  • Cet ouvrage est le témoignage de la vie des adolescents et de leurs éducateurs dans un centre "d'éducation surveillée en Anjou, dans les années l938-1943, du temps de mon séjour. ll veut également rendre compte de l'influence de l`éducation active, inspirée des travaux de Decroly et de Montessori notamment, comme elle se pratiquait dans des lieux tels que le foyer de Soulins à Brunoy créé dès 1929 pour "enfants difficiles et instables", une réalisation parmi celles qui ont ouvert la voie à une pratique plus généralisée de l'éducation active» ER.

    Avec ce travail d'ethnographie au quotidien, l`auteur fait oeuvre de transmission. Il nous livre le combat des premiers éducateurs pour une humanisation des conditions de vie des enfants et des adolescents, jeunes reclus des maisons de conection. Même si ce temps fondateur de leur profession paraît lointain aux éducateurs d'aujourd'hui, ils découvriront entre les lignes une réflexion pertinente, ancrée dans la réalité, sur l'acte et Pengagement éducatif. La question de l'éthique (éduquer ou enfermer ?) qui est mise en scène
    d`une façon très vivante reste à méditer à l`heure où nous nous interrogeons sur le devenir des jeunes "sauvageons de nos banlieues.

  • La défaite et l'exode de 1940 amplifient démesurément les problèmes de l'enfance et suscitent par là-même des situations inédites : un cinquième de la population erre le long des routes, de nombreuses familles sont disloquées, près de 90 000 enfants sont "perdus" et la délinquance des jeunes augmente de façon sensible. Pour faire face à cette désorganisation sociale, vont se créer, dans la France de l"0ccupation, de nouvelles institutions : initiatives publiques ou privées mais aussi entreprises de personnes agissant avec l'accord, l'appui ou même parfois à l'instigation des autorités en place. Ce sera le cas, exemplaire, de l'Institut pédotechnique de Toulouse Saint-Simon. Ces tentatives vont se situer, pour les pouvoirs publics, dans une visée politique à plus long terme : coordonner à l'échelle régionale l'ensemble des équipements concernant l'enfance en difficulté actuels et à venir.

    Créé le 22 juin 1941 par l'Abbé Plaquevent, l'Institut pédotechnique de Toulouse Saint-Simon peut être considéré comme significatif de ce qui deviendra après la guerre "le secteur de l'enfance inadaptée" par son double caractère 1 centre d"observation pour enfants en difficulté et centre de formation de personnel éducatif. Mais cette institution présente aussi une forte singularité : dès sa fondation, ces deux structures distinctes sont liées organiquement au sein d'un même ensemble.

    Cette recherche à visée historique s"appuie sur le dépouillement d'archives publiques et privées complété par des entretiens avec une vingtaine d'acteurs, témoins de l'époque. Elle s'est déroulée à l'initiative et dans le cadre d'institutions héritières de l'Institut pédotechnique - le collectif St-Simon, l'Institut régional de formation aux carrières éducatives et sociales - gérées
    par l'Association régionale pour la sauvegarde de ltenfant, de l'adolescent et de l'adulte (ARSEAA) créée en 1943. L'association Echo Saint-Simon a joué un rôle moteur dans ce travail collectif.

  • Susciter dans un service de la SNCF, peu connu du public et en pleine mutation, l'émergence d'une mémoire jusque là négligée, retrouver et comprendre les ressorts d'une action souvent exemplaire, mobiliser pour cette tâche des hommes et des femmes fortement liés au service lui-même, par leur vie professionnelle, leurs amitiés et leur engagement, le projet était ambitieux.
    Elaboré par une équipe d'acteurs sociaux, cet ouvrage en est l'aboutissement. Il raconte la mise en place des services sociaux dans les réseaux ferroviaires par les pionnières de l'action sociale en France. A travers des analyses historiques et sociologiques, est expliqué le rôle de ces étonnants ingénieurs qui eurent l'idée de créer de tels services. Enfin il montre que ces services sociaux furent à la pointe du travail social, par exemple en introduisant en France le case-work.

    Construit à partir des archives et de nombreux témoignages, cet ouvrage apporte une contribution originale à l'histoire sociale, à l'histoire des femmes en particulier et à l'histoire immédiate du XXe siècle

  • 1975-1991, des dates, des événements ponctuent la vie institutionnelle... une enfant se noie, des accidents, des incidents, des parents disparaissent, Adieu Lucien, Adieu Madeleine...des enfants naissent, des faits divers dans les journaux, des nouvelles d'anciens bonnes et mauvaises, la drogue, la prison, le viol, l'hôpital psychiatrique, les sévices sexuels et psychiques, les suicides, les mouvements sociaux, des étonnements, des imprévus heureux. On vide l'institution en quelques heures pour raison de grève. On part tous à Paris en avion militaire. Merci pour l'année des handicapés ! Un voyage en moto au Maroc... des rigolades, des disputes, des réunions glaciaires, d'autres tropicales... Quoi qu'il arrive, la vie continue, la pensée seule peut sauver.

    Je ne suis pas un journaliste, je ne suis pas un romancier, je suis un psychanalyste qui a occupé des fonctions de direction dans une institution... Comment cela peut-il être possible ! La paradoxalité est le propre de l'humain, me direz-vous, mais quand même ! Je ne cesse de penser que l'éthique de la psychanalyse passe aussi par le fait de ne pas se désintéresser du monde qui nous entoure et de faire bénéficier les plus démunis d'une pensée qui me paraît essentielle pour la vie. R.P.

    Avec cet ouvrage, à la fois poétique et clinique, Rémy Puyuelo nous introduit dans cette institution, où les joies, les peines, les doutes et les trouvailles ponctuent le quotidien de ces enfants gravement blessés et de leur entourage soignant.

  • Depuis 1952, la Fédération Croix-Marine, qui regroupe aujourd'hui 400 associations et établissements, a été un des supports de cette psychiatrie sociale et a pris des positions et une place dans la lutte pour une psychiatrie humaine et sociale : psychothérapie institutionnelle, mise en place du secteur, participation des malades à leur traitement, soins de réadaptation, réhabilitation psychosociale, insertion, réinsertion… Cet ouvrage retrace son histoire et donne la parole à des praticiens de cette politique militante de santé mentale.

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