• Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975.
    Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que «ça ne pardonne pas» et parce qu'il n'est «pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur». Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son "trou juif", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré «des peuples à disposer d'eux-mêmes» qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

  • Trois jeunes soeurs ayant fui l'Iran au moment de la révolution trouvent refuge dans une petite ville d'Irlande. Elles y ouvrent le Babylon Café et bientôt les effluves ensorcelants de la cardamome, des amandes grillées et du miel chaud bouleversent la tranquillité de Ballinacroagh. Car la cuisine persane des trois soeurs fait germer d'étranges graines chez ceux qui la goûtent. Les délicieux rouleaux de dolmas à l'aneth et les bakhavas fondant sous la langue font fleurir leurs rêves et leur donnent envie de changer leur vie.

    Marsha Mehran s'est inspirée de sa propre histoire pour écrire ce roman chaleureux et sensuel où la cuisine joue le plus beau rôle. Et pour que chacun puisse expérimenter la magie de la cuisine persane, une recette accompagne chaque chapitre du livre.

    Marsha Mehran est née à Téhéran en 1977, à la veille de la révolution iranienne, qu'elle a fuie avec sa famille qui s'installe en Argentine, puis aux Etats-Unis et en Australie. Emigrée en Irlande avec son mari, elle a 27 ans lorsque paraît La Soupe à la grenade, qui connaît un succès immédiat. Le roman est traduit en 15 langues et publié dans 20 pays. Suivront Rosewater and Soda Bread et The Saturday Night School of Beauty, avant qu'elle décède en 2014 dans des circonstances mystérieuses.

  • Enfant, le narrateur de ce roman l'a été trop brièvement. Dès l'âge de sept ans, il se pense «invisible». Invisible pour ses parents occupés par leurs conflits personnels. Invisible pour ceux qui le croisent dans la rue et ne voient que sa couleur de peau. Et invisible pour l'État italien, car il lui est impossible d'obtenir la nationalité de ce pays dans lequel il est né de parents étrangers. Quelle est alors son identité puisqu'il ne connaît pas l'Angola, terre de ses ancêtres? Replié sur lui-même, Zéro -c'est ainsi qu'on le surnomme- encaisse les coups durs à chaque étape de sa vie: à sept ans, la séparation de ses parents. À huit ans l'arrivée d'un Blanc raciste auprès de sa mère. Parti vivre à neuf ans chez son père, il découvre le rap et l'amitié avec des garçons de son âge, tous enfants d'immigrés, des amis qui deviendront «son pays, sa maison, sa famille». Sur le toit du centre commercial, ils auront le sentiment euphorique d'être sur le toit du monde et se soutiendront sans mollir pour se faire une place dans la société et ne plus être invisibles.

  • Dans la France des années 1960, des jeunes filles et des femmes débarquent par centaines des Antilles pour être placées comme domestiques dans les demeures de familles bourgeoises et blanches.
    Françoise Ega, arrivée à Marseille au milieu des années 1950 depuis la Martinique, s'emploie comme femme de ménage pour témoigner de cette exploitation crasse. Elle consigne cette expérience dans un journal de résistance quotidienne, émouvant et saisissant de réalisme, qui remonte à l'histoire impériale française et aux origines de la division sexuelle et raciale du travail. Tout à la fois chronique du refus de l'aliénation, enquête sociale, histoire intime et manifeste politique, ce texte est une contribution essentielle aux réflexions actuelles sur les rapports de classe, de genre et de race.

  • Rentrée littéraire 2020 " Je sais bien pourquoi je suis là - je suis venue parce que le monde est en train de tourner le dos aux réfugiés, parce que l'Amérique n'est plus l'Amérique, et que l'Europe suit le même chemin. "Dina Nayeri a une enfance heureuse à Ispahan, malgré la rigueur de la société iranienne. Jusqu'au jour où sa mère, convertie au christianisme, est menacée de mort et fuit le pays avec ses enfants. Pendant deux ans, la famille vit dans la clandestinité avant d'obtenir l'asile aux États-Unis. Dina entreprend alors une métamorphose douloureuse qui la conduit à Princeton, puis à une brillante carrière et un beau mariage. Mais cette existence finit par lui sembler vide de sens. En 2016, pour mieux comprendre son passé et la crise humanitaire qui se joue aux portes de l'Europe, elle part à la rencontre d'autres réfugiés.
    Au fil des pages, sa voix se mêle à celle des déracinés dont elle a croisé la route. Il y a Valid et Taraa, partis d'Afghanistan pour échapper aux Talibans, Kaweh, un jeune militant kurde devenu avocat ou encore Kambiz, qui s'immolera par le feu...
    D'une plume aussi émouvante qu'affûtée, Dina Nayeri aborde les thèmes essentiels à la compréhension des réfugiés et de leur expérience. Comment un individu traumatisé doit-il mettre son histoire en scène pour qu'on le juge crédible ? Qui "mérite" d'être sauvé ? Une lettre d'amour à la culture iranienne, une ode à la résilience et un plaidoyer pour l'entraide et l'accueil, dans un monde qui semble se refermer sur lui-même.

  • Dans le hall d'entrée, mon père s'arrête face aux boîtes aux lettres. Il y en a trente-deux. Il les fixe, cherche notre nom. Soudain ému, il avance d'un pas et tend un doigt vers l'étiquette blanche où est écrit « Charef ». Je ne dis rien.

    Il y a des hommes, beaucoup, qui rêvent de voir leur nom briller en rouge, en lettres larges, encadré de néons multicolores, scintillant, clignotant, en haut d'une affiche, sur un fronton. Mon père voit son nom à la hauteur de ses yeux et déjà, il n'en revient pas.

    L'exil qu'il nous a fait subir, les bidonvilles, la sordide cité de transit, il sait qu'on en a souffert. Mais il a réussi, mon papa. Maintenant il respire, et nous aussi.



    Années 1970. À l'usine où le fils travaille pour compléter la paie du père, au HLM où toute la famille est enfin installée, s'ajoutent les cheveux longs, les bottes à talons, les virées en boîte, Jimi Hendrix et Janis Joplin. Dans cette cité mille fois rêvée, enfin habitée, souffle un nouveau vent de liberté.



    La Cité de mon père est le septième roman de Mehdi Charef, né en 1952, qui a notamment publié Le Thé au harem d'Archi Ahmed (1983) et réalisé onze films.

  • Elles ont 7 ou 9 ans à New York. Elles s'appellent Christina, Lucy, Frangie ou Annie... Elles partagent des lits à punaises et des parents chinois qui luttent chaque jour pour les nourrir, leur payer l'école et les faire grandir dans le rêve américain.
    C'est leurs voix qui nous parlent, spontanées, crues, bouleversantes, elles racontent une enfance dans les marges, le racisme et la violence quotidienne, et l'amour immense des parents qui les protège et les étouffe.
    C'est ainsi qu'elles apprennent à sortir de l'enfance avec une audace et une soif de vivre qui éclatent à chaque page.Des gamines inoubliables qui font valser les clichés de la littérature d'immigration, dans ce premier roman d'une énergie folle qui laisse le lecteur étourdi.« Laissez tomber tout ce que vous êtes en train de lire, il n'y a qu'un seul livre, et c'est celui-ci. » The Times

    Jenny Zhang est née à Shanghai en 1983 et a grandi à New York où elle a rejoint ses parents à l'âge de quatre ans. Elle est diplômée de Stanford et a publié deux livres de poèmes et un recueil d'essais.
    Apre Coeur est son premier roman.


    Web site : Jennybagel.com
    Instagram : @Jennybagel

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, le "réfugié" préfère en général l'appellation de "nouvel arrivant" ou d'"immigré", pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié. Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

    Née en 1906, Hannah Arendt fut l'élève de Jaspers et de Heidegger. Lors de la montée au pouvoir des nazis, elle quitte l'Allemagne et se réfugie eux Etats-Unis, où elle enseigne la thoérie politique. À travers ses essais, tels que La Condition de l'homme moderne, Les Origines du totalitarisme, Eichmann à Jérusalemou encore Le Système totalitaire, elle manifeste sa qualité d'analyste lucide de la société contemporaine. Elle meurt en 1975.

  • Méchantes blessures

    Abd Al Malik

    • Plon
    • 22 Août 2019

    Méchantes blessures est un roman qui, avec poésie, analyse le rêve de faire peuple d'une certaine jeunesse française éprise de culture et issue des banlieues et de l'immigration.
    Et si notre vie n'était que le résultat d'une succession de traumatismes ? Et si tout ce qui est vrai pour un être l'était également pour une ville, un pays ou un continent ? Alors les différentes blessures qu'inflige l'existence aux individus s'apparenteraient aux crises que connaissent de tout temps les nations.
    Kamil n'est pas seulement un rappeur esthète, musulman et noir aux racines congolaises, né à Strasbourg et assasssiné à Washington, en plein jour, dans le parking d'une boîte de strip-tease, il est aussi l'incarnation d'une certaine idée du génie français.
    Méchantes blessures raconte la vie et la mort de ce Français du XXIe siècle.
    Dans ce récit subtilement tissé, entre roman noir, conte philosophique et spirituel, Abd Al Malik imprègne durablement l'esprit et transmet par son écriture sa vision d'un avenir commun.

  • - Venez voir ! hurle mon père, à peine rentré du travail.

    Nous l'entourons. Il a les yeux rouges, ses mains jointes tremblent. Ma mère arrive en s'essuyant sur un torchon. Il pose sur la toile cirée un morceau de papier journal enroulé. Comme fou, il n'a même pas pris la peine de se laver les mains.


    - J'ai trouvé, j'ai trouvé !


    Il défroisse délicatement le morceau de papier dont l'encre a bavé, en tremblant.

    - Regardez !

    Il ouvre ses mains... Une pépite ! Elle étincelle dans le reflet de nos prunelles d'enfants, clignote dans les yeux de ma mère.

    Il est beau, ce rêve. C'est mon plus beau.


    Auteur notamment du Thé au harem d'Archi Ahmed (1983), Mehdi Charef, qui a publié trois autres romans et réalisé onze films, retrouve l'écriture après treize ans d'interruption. Rue des Pâquerettes revient sur son arrivée en France en 1962, à 10 ans, dans le bidonville de Nanterre : il y raconte sa difficulté à comprendre son père, qui les a arrachés, lui, sa mère et sa soeur, à leurs montagnes pour les faire venir en France ; l'humiliation, la boue et le froid du bidonville ; mais aussi l'enthousiasme de son instituteur, l'amitié des camarades, la douceur d'Halima ; et sa grand-mère, persuadée que la vie d'un enfant qui pose autant de questions ne pourra être que trop pleine.

    Né en Algérie en 1952, romancier, scénariste et cinéaste, Mehdi Charef est arrivé en France en 1962. Il a connu les bidonvilles, les cités de transit et l'usine avant de publier quatre romans, tous au Mercure de France, et de réaliser onze films, dont Le Thé au harem d'Archimède (1984) et Graziella (2005).

  • - Un livre sur nous ? Mais qui ça intéressera ?

    - Je ne sais pas. Qui sait, peut-être que beaucoup de gens voudraient savoir que tu ne fais jamais ton lit le matin, que sous ton matelas il y a des cookies et des chaussettes qui bavardent, ou que des fraises des bois grandissent dans notre jardin au milieu de vos mégots ? Sûrement des gens un peu fous, dis-je en souriant.

    À 25 ans, Louise Mottier fait partie de la génération "Y", qu'on dit moins dure à la tâche et plus irresponsable que ses aînées. Elle a pourtant passé ces deux dernières années à travailler auprès de jeunes qui ont franchi seuls les sommets alpins et les flots méditerranéens. Ensemble, ils ont traversé les saisons, appris, rêvé, regardé les étoiles, et se sont souvenu que tout conquérant était d'abord et avant tout un enfant.

    Née en 1995 à Paris, engagée dans l'aide aux personnes migrantes en France, notamment au sein d'une structure d'accueil du Secours catholique à Paris, Louise Mottier a ensuite travaillé pendant deux ans comme éducatrice auprès de mineurs isolés à Gênes, en Italie. Nageuse en eau libre, elle vit depuis peu à Marseille, où elle continue d'accompagner des jeunes exilés tout juste majeurs. Les Conquérants est son premier livre publié.

  • L'amour et la haine ne sont pas si éloignés. Il arrive même qu'on en vienne à aimer ses bourreaux et tourmenter ceux qu'on aime.
    L'interdépendance de ces deux sentiments, la porosité entre désir et destruction sont au coeur de ce recueil de nouvelles et d'essais : qu'il nous conte l'histoire d'un vol aérien qui tourne au cauchemar, la dissolution d'un couple qui se défie dans une dernière course effrénée à travers New York, ou qu'il aborde l'immigration et le racisme, l'imagination et la créativité, Hanif Kureishi nous éblouit une fois encore par sa capacité à scruter avec lucidité les contradictions au sein de la famille, de la politique ou de nos relations sentimentales. Et nous livre un recueil étonnant, où textes de fiction et essais s'enrichissent les uns au contact des autres.

  • Après l'immense succès de Voici venir les rêveurs, Imbolo Mbue revient avec une oeuvre d'une force et d'une beauté inouïes. Dans la lignée des Damnés de la terre de Frantz Fanon, Puissions-nous vivre longtemps est un grand roman politique sur les dégâts du capitalisme à outrance, sur l'Afrique et sur les fantômes de la colonisation ; c'est aussi l'inoubliable portrait d'une femme puissante et lumineuse. Â
    levez-vous enfants, mettez-vous en formation, la folie a pris feu, poings levés brûle, brûle, brûle ; que toutes les voix s'élèvent, vivantes et fières - ou donnez-nous la mort dix mille régimes, se repaissant de nos âmes, et pourtant nous continuons de nous battre, jusqu'à quand ? puissions-nous vivre longtemps pour voir ce matin resplendissant. C'est l'histoire d'un petit village d'Afrique de l'Ouest en lutte contre la multinationale américaine qui pollue ses terres et tue ses enfants.
    C'est l'histoire d'une génération d'anciens qui a cru en la promesse d'une prospérité venue d'Occident.
    C'est l'histoire d'une jeunesse qui décide de se révolter, quitte à user de la violence et à prendre les armes.
    C'est l'histoire de Thula, la belle et courageuse Thula, prête à tout pour sauver les siens au risque de tout sacrifier.
    ÂÂ

  • Trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le premier, l'écrivain-voyageur, à 67 ans, évoque son rapport à l'âge, à la mémoire, et naturellement à l'enfance, « état de convoitise et de peur où tout ce qui arrive pour la première fois, cadeau ou blessure, laisse une marque indélébile ». Au centre du livre, le texte éponyme un récit savoureux, quasi-proustien, qui raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, Nicolas triompha de l'« une des figures les plus détestées » de son enfance : Bertha, la bonne prussienne. Le dernier texte est un hommage au père, bibliothécaire et « conteur tout à fait extraordinaire », voyageur « par procuration » au travers des livres.

    NICOLAS BOUVIER (1929-1998), est un des plus grands écrivains de langue française de la deuxième moitié du 20e siècle, voyageur, photographe et iconographe.

  • Un livre de plus sur les jeunes " issus de l'immigration " ? Pour dénoncer les discriminations qu'ils subissent, sur fond de relégation sociale dans les quartiers " difficiles " ? Et conclure sur l'échec de leur " intégration " dans notre pays ?
    Non. L'ambition de ce livre est autre : décentrant le regard habituellement porté sur ce groupe social, il retrace, à partir d'une enquête sur la longue durée, le destin des huit enfants d'une famille algérienne installée en France depuis 1977, dans un quartier HLM d'une petite ville de province. Le récit de leurs parcours - scolaires, professionnels, matrimoniaux, résidentiels, etc. - met au jour une trajectoire d'ascension sociale (accès aux classes moyennes) et essaie d'en expliquer les raisons. Cette biographie à plusieurs voix montre différents processus d'intégration en train de se faire. Elle pointe aussi les difficultés rencontrées par les enfants Belhoumi pour conquérir une place dans le " club France ", en particulier depuis les attentats terroristes de janvier 2015 qui ont singulièrement compliqué la donne pour les descendants d'immigrés algériens.

  • Après l'immense succès international d' Il est de retour, Timur Vermes revient avec une nouvelle satire aux accents houellebecquiens, un roman d'anticipation aussi drôle que mordant, dans une Europe en pleine crise migratoire où les médias et les réseaux sociaux font office de philosophie de vie.
    2020 et des poussières. L'Europe a fermé ses frontières et, comme des centaines de milliers de ses compatriotes, Lionel est coincé dans un immense camp de réfugiés aux confins de l'Afrique, sans le moindre avenir.
    Résolu à se rendre en Allemagne coûte que coûte, Lionel élabore alors un projet fou : marcher 10 000 kilomètres jusqu'en Europe, en compagnie de ses 150 000 compagnons d'infortune. Le tout sous les caméras d'une émission de téléréalité allemande et suivi de près par une foule de journalistes, d'hommes d'affaires et de mafieux en tout genre, bien décidés à capitaliser sur ce long cortège de misère humaine.
    En Allemagne, c'est la panique. Une horde d'envahisseurs venus d'ailleurs s'apprête à franchir les portes de l'Europe ? Jamais ! Les politiciens s'affairent, les journalistes polémiquent et la population s'émeut.
    Et tandis que tous tergiversent, les marcheurs arrivent enfin...

  • On lui avait promis l'égalité des sexes et l'épanouisse­ment maternel: aujourd'hui, dans un Paris engourdi par les attentats, entre la garderie et le cabinet de sa psycha­nalyste, une enfant des années quatre-­vingt cherche ce qui a mal tourné - si quelque chose a mal tourné. Sur les rives du lac Huron, une adolescente et ses frères traversent un été brûlant dans une ville sans avenir, à l'ombre d'une centrale nucléaire. Un jeune artiste d'origine kabyle en route vers New York reste coincé à Montréal après ce qui ne devait être qu'une escale, le matin du 11 septembre 2001. Un couple gardant une villa d'architectes sur l'île de Vancouver sombre dans le cauchemar. De motel en motel, un garçon et sa mère suivent un faux prophète sur les routes de la Nouvelle-­Écosse. Un vieux cow­boy met au jour un secret, une danseuse retrouve le souve­nir d'une ancienne amante, et un père prend sa fille en flagrant délit.

    Western spaghetti, ce sont huit voix vibrantes qui, avec tendresse et cruauté, racontent la vie secrète des familles, les trahisons et l'attachement que rien ne saurait rompre. Elles racontent la fuite en avant, la rédemption, ce moment où tout bascule, où tout pourrait changer.

  • Drôle et poignante, l'histoire d'une famille camerounaise émigrée à New York. Porté par une écriture à la fraîcheur et à l'énergie exceptionnelles, un roman plein de générosité, d'empathie et de chaleur sur le choc des cultures, les désenchantements de l'exil et les mirages de l'intégration. Un pur joyau, par une des nouvelles voix afropolitaines les plus excitantes du moment.
    Aux États-Unis et au Cameroun, en 2007.
    Nous sommes à l'automne 2007 à New York et Jende Jonga, un immigrant illégal d'origine camerounaise, est en passe de réaliser son rêve : après avoir été plongeur et chauffeur de taxis, il vient de décrocher un emploi de chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier à la Lehman Brothers. Pour Jende, tout est désormais possible : il va enfin pouvoir offrir à Neni, son amoureuse, les études de pharmacienne dont elle rêve. Et surtout, pour les Jonga, le Graal est en vue : obtenir leur carte verte et devenir enfin des Américains.
    Mais rien n'est simple au pays de l'American Dream. Entre Jende, loyal, discret, compétent, et son patron Clark, noyé dans le travail et les difficultés de la banque se noue une vraie complicité. Les deux familles se rapprochent, mais si les Jonga sont soudés malgré l'épée de Damoclès de l'expulsion, les Edwards sont en proie à de nombreux problèmes. Pour tous, l'interminable demande d'asile des Jonga et la menace d'éclatement de la bulle des subprimes vont remettre en question leurs certitudes...
    Lauréate du PEN/Faulkner Award 2017

  • Corentino est ceuilleur de noix de coco. Tous les jours, au domaine colombien des Milcoco, il grimpe en haut des arbres pour en couper les fruits. Il n'est pas malheureux, mais l'ailleurs l'appelle : la terre natale de son grand père, la France ! C'est décidé, il ira, caché dans un conteneur.
    L'auteur nous embarque en Colombie, sur les pas d'un tout jeune homme plein d'espoir d'une autre vie. Inspiré d'une histoire vraie, la justesse du texte et du propos rend ce récit captivant et laisse la place au personnage, aux sentiments qui le traversent et aux épreuves auxquelles il sera confrontées.
    Benjamin Lesage noue avec réalisme deux facettes de la même histoire, celle d'un petit garçon qui veut partir à l'aventure et celle d'un jeune homme enfermé dans les limbes des services de l'immigration française.

    Benjamin vit actuellement dans un éco-village, son quotidien est partagé entre le jardinage, la construction écologique et les moments partagés avec sa famille et les autres résidents. Entre deux coups de marteau et les semis, il écrit des livres.
    Son premier roman Les Étoiles qui meurent dans le ciel a été publié en 2020 aus Éditions courtes et longues. Il rencontre un vif succès et a été séléctionné pour le Prix Cendres 2020.

  • Ami noir : Généralement utilisé comme gilet pare-balles dans une conversation stérile. Exemple : "Je ne peux pas être raciste, j'ai un ami noir." À travers ce lexique irrévérencieux, véritable guide de survie dans une société dite post-coloniale, Piment, collectif formé de quatre passionnés de cultures afro-diasporiques - Célia Potiron, Christiano Soglo, Binetou Sylla et Rhoda Tchokokam - et auteur d'une émission culturelle diffusée sur Radio Nova, proposent cette oeuvre protéiforme regroupant leurs propres définitions et réflexions sur des mots et des expressions anciens ou modernes, nécessaires ou superflus, politiques ou humoristiques. Palais sensibles, s'abstenir !

    Formé en mai 2017, à l'époque des premiers balbutiements de l'industrie des podcasts « afros » en France, le collectif Piment anime une émission culturelle diffusée sur Radio Nova et largement écoutée en podcast. Il réunit quatre passionnés de cultures d'Afrique et de sa diaspora : Célia Potiron, Binetou Sylla, Rhoda Tchokokam et Christiano Soglo.

  • Recueil de poésie traduit en dix langues. Mémoire d'encrier détient les droits en langue française. Ciel de nuit blessé par balles est résolument un chef-d'oeuvre qui peint la vie humaine dans toutes ses facettes : l'exil, l'amour, l'enfance, le sexe, la violence. La poésie américaine retrouve ses grandes obsessions avec ce poète vietnamien de 28 ans.

  • La combattante courageuse contre l'envoilement nous fait découvrir l'envers du décor. Une plongée comme jamais, vivante, empathique et critique dans l'univers des jeunes des banlieues, l'ordinaire des profs, le quotidien des filles partagés entre la réalité d'ici et l'irréalité de là-bas. Un plaidoyer républicain.
    Nostalgie. Algérie. Jérémiades. C'est par ces trois mots, regroupés en Nostalgériades que s'ouvre le nouveau livre de Fatiha Agag-Boudjahlat, alternant l'essai politique et le récit autobiographique. Décrivant les naïves croyances des collégiens auxquels elle enseigne chaque jour (" Au bled, ça coûte rien ", " Seul Allah guérit "), et la difficulté qu'éprouvent les professeurs à enseigner la colonisation, la guerre d'Algérie ou la Shoah, la cofondatrice du mouvement Viv(r)e la République décrypte la condition féminine, en France comme dans les pays de culture musulmane. Rêvant d'un MeToo mondial, elle affirme dans sa splendide conclusion que si la condition féminine est un malheur, alors " il ne faut pas renoncer à ce malheur ".
    Sans langue de bois, sans naïveté et sans ressentiment, voici le nouvel essai flamboyant d'une femme puissante appelé à provoquer le débat.

  • Comme il se tenait là, avec la mitraillette dans sa main gauche, jetant un regard circulaire avant de refermer le panneau à l'aide du crochet terminant son bras droit, le Cubain qui était allongé à bâbord et qui avait reçu trois balles dans l'épaule se mit sur son séant, visa soigneusement et lui envoya une balle dans le ventre.

  • Au-delà des polémiques, que sait-on vraiment de l'assimilation et de son histoire ? La pratique qui consiste à exiger de l'étranger qu'il devienne un semblable remonte à l'Antiquité, et n'est le privilège ni d'un pays, ni d'une époque. Aucun ouvrage n'avait jusqu'ici proposé une histoire globale de l'assimilation. L'ambition de cette entreprise inédite est de donner un panorama des pratiques d'assimilation à travers l'histoire, de l'Antiquité à nos jours, de l'Europe à l'Amérique, du Japon à l'Arabie, des grands empires aux pays d'immigration. Un fait se dégage : même si elle se révèle parfois contraignante, l'assimilation est toujours associée à l'universalisme, tandis que le refus de l'assimilation a souvent partie liée avec le racisme ou la xénophobie. Loin d'être synonyme de repli sur soi, l'assimilation se révèle historiquement le propre des sociétés ouvertes. En creux, ce sont les problématiques de notre époque, marquée par les crises migratoires et la mondialisation, que ce livre cherche à éclairer, en abordant les problématiques de l'étranger et de l'immigration sous un nouveau jour. Faut-il chercher à rendre nos sociétés diverses plus homogènes ? Quel type de culture, quel rapport à nous-mêmes et à autrui voulons-nous ? Bref : à Rome, doit-on encore demander de faire comme les Romains ?    

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