• Beloved

    Toni Morrison

    « Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d'un bébé... » À Bluestone Road, près de Cincinnatti, vers 1870, les meubles volent, la lumière allume au sol des flaques de sang, des gâteaux sortent du four marqués de l'empreinte d'une petite main de bébé. Dix-huit ans après son acte de violence et d'amour maternel, Sethe, l'ancienne esclave, et les siens, sont encore marqués par le souvenir de la petite fille de deux ans qu'elle a égorgée. Jusqu'au jour où une inconnue, Beloved, arrivée mystérieusement au 124, donne enfin à cette mère hors-la-loi la possibilité d'exorciser son passé. Parce que pour ceux qui ont tout perdu, la rédemption ne vient pas du souvenir, mais de l'oubli. Ce roman aux résonnances de tragédie grecque, au style d'une flamboyante beauté lyrique, a reçu en 1988 le prix Pulitzer.

  • C'est fou le nombre de choses que les mères ne font pas : boire, faire la fête, avoir une vie, voir du monde, écrire.

    Alors qu'elle fait ses premiers pas balbutiants dans la maternité, une romancière à succès apprend qu'une de ses anciennes connaissances vient de noyer ses jumeaux. Le fait divers secoue toute l'Espagne, mais pour elle, l'histoire devient une obsession. Elle demande un congé sabbatique, non tant pour élever son enfant que pour se lancer dans une enquête vertigineuse sur ce crime.

    Parmi les choses que les mères ne font pas, il y avait aussi tuer. Mais ça, c'était avant.

    En s'attaquant au tabou des tabous, l'infanticide, en questionnant le rapport entre maternité et création, avec Doris Lessing ou Sylvia Plath, en évoquant sans fard la vie secrète, solitaire et ennuyeuse, de la jeune maman, en croisant le fer avec les « mères à l'enfant » triomphantes et caricaturales des magazines, Katixa Agirre questionne la violence, l'ambivalence et les bouleversements que charrie l'enfantement dans une société résolue à les passer sous silence.

    Elle ne donne pas de réponse. Elle se contemple dans un miroir trouble et obscur. Son roman, mené comme un thriller, mêle brillamment chronique judiciaire et récit intime, et met en lumière les fragilités et les gouffres méconnus des mères débutantes. Il n'en est que plus perturbant, courageux et nécessaire.

  • Si la bête s'éveille

    Frederic Lepage

    • Plon
    • 4 Février 2021

    Adam et le singe capucin se regardent droit dans les yeux. Lui ne voit plus en Clara un animal, mais un homoncule, une sorte d'enfant dépravé, une version dégradée et corrompue de tous les ancêtres de l'homme. L'animal en lui jauge l'homme en elle. Ce regard si sombre lui fait perdre ses repères. La peur le gagne, non celle des sévices qu'elle va lui faire subir, mais l'épouvante de ne plus savoir à quelle catégorie du vivant il appartient.
    Adam, un jeune enquêteur du NYPD victime d'un inexplicable règlement de compte. Un crime atroce commis dans un immeuble maudit, le Dakota. Un singe auxiliaire de vie, censé aider le flic. Et soudain, entre eux, une haine incompréhensible. Le cauchemar peut commencer...
    Arrive-t-on, lorsqu'on cherche l'animal en l'homme, à confondre les assassins ? Le mystère sera-t-il résolu avant que la bête s'éveille ?
    Récit haletant, inattendu et terriblement original, Si la bête s'éveille est un véritable
    page-turner. Frédéric Lepage dompte les mots comme personne.

  • Une femme sapprête à faire un voyage. Elle na pas besoin de bagage, elle ne part que pour une nuit. Une seule chose lobsède : emmener Ida, sa fille de 18 mois, à la mer. Cest nécessaire, vital presque. Ida nexiste pas, Ida na jamais existé. Des voix ne cessent de le lui répéter. Pourtant, elle la porté ce bébé, serré contre elle, changé, nourri au sein. Elle laime dun amour animal. Un amour comme ça, on ny est pas préparé. Cest trop puissant un amour comme ça. Ida nexiste pas est une plongée dans la psychologie trouble dune mère prête à commettre lirréparable, mais aussi lhistoire dun corps féminin qui cherche à se libérer de ses démons, dune féminité complexe en quête dapaisement.

    Adeline Fleury a été reporter pour le Journal du Dimanche et cheffe du service culture du Parisien Week-end. Ida nexiste pas est son sixième livre. Elle est notamment l'auteure, aux Éditions François Bourin, du roman Je, tu, elle (2018).

  • En 1986, le psychanalyste Didier Anzieu confirmait que sa mère avait été Aimée, cette femme dont Lacan écrivit la folie dans sa thèse. Par la grâce de cette identification, des noms pouvaient sortir comme de l'ombre, des lieux, des dates venaient prendre leur place ; ainsi s'ouvrait la possibilité d'une lecture enfin critique de la seule monographie clinique jamais écrite par Lacan. L'ouvrage comporte les documents d'époque. On y trouve aussi la correspondance Allouch/Anzieu qui accompagna l'écriture du livre. Le dernier mot revient à Anzieu en sa postface.

  • Des professionnels confrontés sur le terrain au déni de grossesse explorent les différents enjeux de ce symptôme et offrent un panorama complet du sujet.

    Les auteurs de cet ouvrage ont tous rencontré ces gestations particulières, qui, loin s'en faut, ne se résument pas aux cas exceptionnels de « néonaticides » faisant l'objet de procès largement médiatisés. Ils font part de leurs découvertes pour nous aider à comprendre ce symptôme déroutant et à accompagner ces femmes qui, parfois jusqu'à la naissance, dénient leur grossesse.

  • Petite, Sugan Kanwar adore passer ses vacances dans son village natal, au coeur du désert qui entoure sa ville fortifiée de Jaisalmer au Rajasthan. Au fil des ans, elle s'étonne de n'avoir aucune autre petite fille pour jouer avec elle. « Les femmes n'accouchent que de garçons au village, c'est à cause de l'eau de notre puits », lui explique sa grand-mère.
    C'est lors d'un mariage que Sugan apprend par hasard la vérité : dans sa caste hindoue, on ne « garde pas les filles ». Elles sont tuées par leurs propres mères, peu après l'accouchement, et enterrées dans l'enceinte des maisons, une tradition qui se poursuit dans l'indifférence générale.
    Sugan comprend alors qu'elle est une exception : son père a pris la décision de la « garder ». Elle prouvera à tout le village qu'il a eu raison.
    Un témoignage bouleversant qui lève le voile sur le drame de l'infanticide en Inde.


    Photo © Michel Gounot / Godong / Corbis
    © Flammarion, 2014.

  • En contrepoint des lieux communs de la fantasmagorie occidentale sur les «Bons sauvages» et les «vahine aguicheuses» , un nouveau mythe naquit à la fin du XXe siècle, évoquant la situation privilégiée des femmes présentées comme socialement dominantes au point que certains qualifièrent la société tahitienne de matriarcat. La popularité de cette proposition adoptée par lopinion publique ne peut que laisser pantois ceux qui connaissent la réalité des violences familiales et conjugales subies par les enfants et les femmes de ces îles qui ne sont pas épargnées par ce phénomène comme certains voudraient le faire croire. Cet ouvrage révèle une étude mesurant précisément cette violence longtemps cachée par le déni et la honte, explore les multiples causes locales, sociales et «culturelles» de ce phénomène et aborde les raisons de son universalité. Les Tahitiennes dominent-elles ou sont-elles dominées ? Ce livre démontre les paradoxes dune situation qui ne peut pas être réduite à ces alternatives simplistes. La coexistence des violences et du «mythe du matriarcat» est replacée dans la dynamique des relations entre mouvement de renouveau culturel et situation coloniale, entre stratégies politiques des partis autonomistes et indépendantistes, entre intérêts divergents des femmes et des hommes imbriqués dans les bouleversements sociaux qui ont affecté la société tahitienne.

  • So

    Philippe Deblaize

    Alertez les bébés ! Laisse béton, la misère. Ou comment lutter contre la surpopulation des destins merdiques.

  • Mini-pouce

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    Les voix hurlent dans sa tête doublées des hurlements frénétiques d'un bébé... Insoutenable, le silence a un prix...

    VOUS VOULEZ QUOI ? a-t-elle dit, la voix brisée de trémolos.
    J'ai hésité.
    - Je voulais savoir si...
    Elle m'a coupé ; sa petite voix est partie en vrille.
    - Vous voulez savoir si je vais finir par faire taire ce con de môme, hein ? Qu'est-ce que vous croyez, que j'essaye pas ?
    Et finalement articulé :
    - Non, je voulais savoir si vous n'aviez pas besoin d'un coup de main... parce que je suis...

    Voici le premier texte publié de Gaëtan Brixtel. Ska est très fier de donner leur chance à de nouveaux auteurs dont le talent affleure et qui ne demande qu'à être confirmé. Brixtel use déjà des ressorts d'un futur nouvelliste du noir au brillant avenir. A suivre assurément.



  • Le Cas Daniel

    Sophie Germaneau

    Qui est Daniel Aldert, cet énergumène qui vit dans une maisonnette abandonnée, au creux d'une forêt étrange, dans laquelle un géant laisse ses empreintes de pieds, une sirène se balade, des fêtes médiévales fugaces se déroulent pour se volatiliser en un claquement de doigts, et un château multicolore apparaît de manière soudaine ?

    Quel est son lien avec un corps momifié et éviscéré retrouvé dans les terres gelées d'un vignoble ?

    Le journal de Madeleine, sa mère, est au coeur d'une double quête, toutes deux noyées entre folie et réalité. Révélera-t-il toutes les clés de cet antre affreusement macabre dans lequel Paul Anomas, psychiatre, et Zaro Principand, capitaine de police, ont mis les pieds ?

  • Au lendemain d'une nuit pourtant bien calme, Saville Kent, cinq ans, disparaît. Sous le choc, les habitants de cette grande demeure du Wilthshire doivent faire face à deux évidences : l'enfant a été assassiné et le meurtrier est forcément l'un d'entre eux.
    Aussitôt, les rumeurs vont bon train. La presse, alors en plein essor, en fait un large écho. L'ensemble de la nation se passionne pour l'affaire. L'enquête piétine jusqu'à ce que Jack Whicher, célèbre détective de Scotland Yard, prenne les choses en main.

    « L'Affaire de Road Hill House est le récit, rythmé, d'une véritable affaire de meurtre dans l'Angleterre des années 1860, dont le dénouement convoqua l'un des premiers détectives de Scotland Yard et inspira des romanciers tels que Dickens et Wilkie Collins en exposant les secrets les plus sombres des foyers de la classe moyenne victorienne. Absolument fascinant. » (Sarah Waters)

    « Ce livre analyse brillamment la question des classes sociales, de la criminalité, de la nature humaine et de la religion à une époque de grands changements. Il faut lire le livre captivant de Kate Summerscale. » (Ian Rankin)

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