Sciences humaines & sociales

  • Vivre autrement Nouv.

    À quatre reprises, Claire Marin et Nicolas Truong ont échangé dans les pages du Monde. Ces rendez-vous ont donné lieu à une réflexion passionnante sur le sujet de prédilection de la philosophe - les ruptures, comme blessures qui modifient en profondeur notre identité. Dans quelle mesure vivons-nous une "époque de la rupture" ? Quel regard porte la philosophe sur les discours relatifs aux "vertus de l'échec" ? Pourquoi la rupture amoureuse apparaît-elle comme le paradigme de toutes les ruptures ? Être séparé, n'est-ce pas en définitive un résumé de la condition humaine ? La rupture reste-t-elle parfois une manière d'assumer son identité ? En quel sens est-ce que le confinement a été une rupture ? Comment remédier à la rupture de certains liens, du fait de la crise sanitaire ? Passionnant.

    Née en 1974, Claire Marin est philosophe et enseigne dans les classes préparatoires aux grandes écoles à Paris. Membre associée de l'Ecole normale supérieure, elle dirige le Séminaire international d'études sur le soin. Elle a notamment publié Rupture(s) (L'Observatoire, 2019).Nicolas Truong est journaliste,

  • Il y a un mystère du sommeil. C'est un objet banal de discussions : qui n'a pas parlé de sa mauvaise nuit à ses collègues de travail ? Quel parent n'a pas devisé de sa fatigue issue de nuits perturbées par les cris du bébé ? Et le sommeil, on le sait de plus en plus, c'est aussi un moment vital qui, depuis trente ans, est en plein bouleversement. Et pourtant ! C'est une "colonne absente" de la Santé publique et des discours politiques.Ce livre montre que, sous l'apparence d'un phénomène vital borné par notre seule intimité, notre repos est en réalité une matière percutée par les intérêts de l'économie et les innovations technologiques, les bouleversements du monde du travail et ses représentations ; en d'autres termes, que le sommeil est le produit d'une époque.

    Nicolas Goarant, collaborateur d'élus locaux et de parlementaires, s'est depuis longtemps passionné pour la question du sommeil et de sa gestion publique. Pour se documenter, il a géré plusieurs mois un magasin dédié au sommeil.

  • La liberté de connaitre une vie intime, amoureuse, sexuelle participe, pour chacun d'entre nous, de la construction de soi et de l'édification de relations interpersonnelles. Ces expériences ne sont pourtant pas également accessibles à tous.

    Dans les établissements médico-sociaux, organisés selon des principes de vie collective et d'accompagnement, quels espaces de liberté et d'intimité sont-ils ouverts pour les personnes qu'ils accueillent ?

    Issu d'une recherche de terrain, l'ouvrage donne la parole aux personnes en situation de handicap et aux professionnels qui cheminent à leurs côtés. Quelle diversité d'approches et de pratiques leur propos révèlent-ils?

  • Dans la pratique du soin et de l'accompagnement, les acteurs sont régulièrement confrontés à la question de l'intimité qui interpelle autant les professionnels que les personnes soignées ou accompagnées. En effet, le respect de l'intimité ne saurait se limiter à la seule observation de règles de bonnes pratiques, de recommandations institutionnelles ou encore de principes déontologiques. Il relève d'un questionnement permanent soulevé par les tensions éthiques du quotidien : comment concilier le respect de la pudeur de ce patient et la réalisation de sa toilette intime ? Quel impératif de sécurité pourrait justifier la surveillance vidéo de la chambre de cette résidente ? Quelles sont les informations sur la vie de cette personne strictement nécessaires à son accompagnement ? Comment prendre en compte la vie sexuelle et affective de cet adolescent en situation de handicap ? Comment respecter les secrets et la vie privée de cette personne vulnérable à l'aube du développement du dossier médical partagé, de l'e-santé, de la télémédecine ?

    À l'initiative de l'Espace de réflexion éthique des Pays de la Loire (EREPL), cet ouvrage interdisciplinaire éclaire sans tabou les enjeux éthiques de l'intimité, toujours susceptible d'être menacée à l'hôpital ou en institution.

  • Par la fenêtre nous prenons des nouvelles du monde. Mais ouvrir une fenêtre, c'est non seulement s'ouvrir au monde, y plonger par le regard, c'est aussi le faire entrer, élargir notre propre horizon. Jadis, la fenêtre, via la peinture, a dessiné les territoires du monde, métamorphosant dans son cadre le pays en paysage. On a cependant négligé que cette fenêtre qui ouvre sur l'extérieur trace aussi la limite de notre propre territoire, qu'elle dessine le cadre d'un « chez soi ».
    La fenêtre qui ouvre sur le monde ferme notre monde, notre intérieur. Moi et le monde ? ils se croisent à la fenêtre. « Qu'est-ce que le moi ? Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants », répondait Pascal. Se pencher sur la fenêtre, ce sera réfléchir sur ce bord où viennent se rencontrer le plus lointain et le plus proche, et sur le fait que la fenêtre oblige peut-être à concevoir que le Moi et le Monde ne peuvent que se penser ensemble ? jusqu'à ce point : et si la subjectivité moderne était structurée comme une fenêtre ? C'est ici, tout de suite, qu'il faut préciser : pas n'importe laquelle : la fenêtre née à la Renaissance. Et là encore, pas n'importe laquelle : la fenêtre de la peinture, la fenêtre du tableau, exactement, celle inventée par Alberti. Voilà l'hypothèse, elle donne le fil de l'histoire.
    En grand hommage à l'idiot chinois de la fable qui, quand le maître montre du doigt la lune, regarde le doigt, j'invite donc ici à regarder la fenêtre. Invitation à détourner notre regard fasciné de spectateur du spectacle vers l'objet qui ferme et ouvre notre regard ? la fenêtre

  • À l'heure où l'idéologie de la transparence et son injonction normative du « tout dire » semble régir notre société, cet ouvrage vient rappeler les vertus du secret. Petits et grands secrets, singulier ou pluriel, vrai et faux secret, Secret story ou Secret service ? Secret de polichinelle ? Qu'est-ce donc que ce secret qui se conjugue à toutes les modes, à toutes les sauces ? Dit-il le silence, l'intime, la réserve, la discrétion et sous l'apparat du rassurant manteau de la vertu, tranquillise-t-il ? Ou tout au contraire, inquiète-t-il en désignant ce qui est opaque, caché, clandestin, ténébreux, le mensonge sous toutes ses formes, l'usurpation, la dissimulation, le complot ? Ne serait-ce pas un mot très équivoque, désignant en réalité

  • La séparation massive des couples pendant la Grande Guerre invite à faire l'histoire du lien fragile créé entre les conjoints malgré le conflit. À la croisée de l'histoire culturelle de la guerre, de la vie privée, du genre et des sensibilités, ce livre interroge les répercussions de la guerre sur la sphère intime.
    Si, dans le souhait de rendre compte à la fois des aspects collectifs et singuliers de ces expériences conjugales, de nombreuses archives sont mobilisées, l'auteur présente surtout les correspondances comme une source incomparable pour saisir l'expression des sensibilités. Elle aborde ainsi des thèmes essentiels permettant de comprendre l'agissement, en profondeur, de ce premier conflit mondial : le remplacement des hommes par leurs femmes aux affaires et dans la gestion du foyer et les difficultés économiques nouvelles rencontrées ; l'ébranlement de l'institution maritale ; l'omniprésence, pour la première fois dans l'histoire, de l'échange épistolaire.
    La recherche d'une quotidienneté perdue, le partage des émotions, l'expression de l'amour ou du désir, façonnent le pacte épistolaire de guerre scellé entre les conjoints. Par la correspondance, il s'agit aussi bien de faire perdurer que d'inventer la normalité du quotidien conjugal. Mais dans le conflit, la relation se transforme sous l'effet de la menace constante de la mort. L'essentiel se situe dans cette tension qu'impose la proximité de la disparition : aimer mieux grâce à la guerre, risquer le pire et dire le quotidien, penser l'avenir lorsqu'il est incertain. En somme, vivre simultanément le tragique et l'ordinaire.
    Agrégée et docteur en histoire, Clémentine Vidal-Naquet a publié Correspondances conjugales 1914-1918. Dans l'intimité de la Grande Guerre (2014).

  • Au coeur des débats actuels concernant les personnes en situation de handicap, la parole leur est donnée concernant l'amour et la sexualité. En écho, des chercheurs venus d'horizons divers prolongent la réflexion. La reconnaissance des personnes en situation de handicap se heurte encore à de nombreux écueils. Ainsi en est-il de leur droit à l'intimité et de leur accès à une vie amoureuse et sexuelle en toute liberté. Dans cet ouvrage, elles disent leurs aspirations et leurs espoirs et témoignent des entraves qui, constamment, y font obstacle. En écho, des sociologues, anthropologues, philosophes, sexologues, théologiens et des professionnels engagés dans leur accompagnement éclairent les déterminants culturels, sociaux et situationnels qui, sous couvert de leur dépendance à autrui pour les gestes de la vie quotidienne, invalident leur autonomie. Ces réflexions ouvrent des pistes de compréhension et d'action pour que leurs constants efforts pour exister en dignité ne restent pas lettre morte.

  • Le métier de psychomotricien est une profession de santé réglementée, reconnue par un diplôme d'état depuis 1974. Dans cet ouvrage très complet, Catherine Potel s'est attachée à la définir sous ses diverses formes, ses différents moyens d'action, sa diversité d'application et d'adaptation selon le contexte dans lequel elle s'exerce (du nourrisson prématuré aux personnes âgées, en passant par les secteurs médicaux les plus divers), ses évolutions aussi. L'auteur expose avec une grande clarté les bases d'une psychomotricité en mouvement, devenue un partenaire important dans l'arsenal des réponses thérapeutiques et préventives.

    Catherine POTEL est psychomotricienne et thérapeute en relaxation analytique (méthode Sapir). Elle est membre de l'AREFFS. Elle travaille actuellement au CMPP de l'OSE à Paris et en privé, à Sceaux. Elle est fondatrice et responsable de l'association Vivre l'eau. Elle enseigne à l'Institut supérieur de rééducation psychomotrice et à l'Institut de formation en psychomotricité Pitié-Salpétrière, université Pierre et Marie Curie. Elle a reçu le prix Sapir 2003.

    Dans cet ouvrage, elle a sollicité quelques confrères pour traiter certains aspects : ils sont tous engagés en tant que directeurs et enseignants dans des instituts de formation en psychomotricité (Bordeaux, Toulouse, Paris, Lille).

    Mise en vente le 16 septembre 2010

  • Ce livre est le témoignage vivant d'une double expérience clinique (psychanalyse, haptonomie pré et postnatale) qui situe le contact et la sensorialité dans les relations interhumaines en engageant la dimension esthétique (beauté du geste et sensation) ainsi que l'existence. Le présent texte vise à articuler une réflexion relative aux rapports de deux pratiques, la psychanalyse et l'haptonomie, tant au plan de la clinique au quotidien qu'à celui de leur élaboration conceptuelle. L'auteur pointe les potentielles correspondances et les éventuelles discordances existant entre ces deux champs, et leur contribution respective à la vie des êtres humains que nous sommes. Il inscrit l'inconscient dans le contact, différencié du toucher, qui avec le tact est une part intégrante de la pratique analytique.
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  • Les historiens se sont très tôt penchés sur le déroulement et les suites de la Première Guerre mondiale, conflit qui a orienté le destin du XXe siècle tout entier. Les armistices de 1918, les traités de paix et le complexe écheveau territorial qui s'en est suivi, les après-guerres et leurs dynamiques de reconstruction ont ainsi suscité une abondante littérature, aussi remarquable que nécessaire. Elles ne disent pas, cependant, comme les peuples et les nations sont sortis de la Grande Guerre. Une équipe internationale d'historiens, placée sous la direction de Stéphane Audoin-Rouzeau et Christophe Prochasson, interroge dans ce livre le monde de l'après-1918 : pays vainqueurs (France, Grande-Bretagne, États-Unis...), pays vaincus (Allemagne, Autriche, Hongrie), pays libérés (Belgique, Roumanie, Yougoslavie), pays engagés dans de nouveaux conflits, civils ou territoriaux (Russie, Pologne, Turquie, Grèce), enfin colonies et dominions. L'histoire de l'après-1918 est celle d'une démobilisation. Démobilisation effective des combattants et des économies, mais aussi démobilisation culturelle des sociétés : il fallut, après plusieurs années d'investissement collectif dans le conflit, reprendre les relations avec les ennemis d'hier et organiser le retour aux normes, elles-mêmes ébranlées par près de cinq années de guerre. À cela s'est ajoutée une dimension morale, voire psychique, où les commémorations ont joué leur rôle : celle du deuil, collectif, ou familial, de nations touchées par la mort de masse, et celle du traumatisme chez les victimes, militaires ou civiles. À la limite, on ne peut exclure que bien des contemporains du conflit ne soient jamais « sortis » de la Grande Guerre.

    Traduit par Gérard Marino, Elsa Vonau, Guillaume

  • Pendant sa vraie-fausse retraite, l'ancien président a reçu les auteurs de ce livre au cours de rendez-vous secrets, chroniquant le quinquennat chaotique de François Hollande. Furieux quand son nom apparaît dans les affaires, attendri quand il évoque Carla et sa fille Giulia, jubilant devant la descente aux enfers de son successeur, Nicolas Sarkozy n'a pas mâché ses mots. N'hésitant pas à lâcher, au cours de ces longues conversations, des petites phrases meur¬trières sur certains de ses amis politiques, comme sur François Hollande ou Valérie Trierweiler. Le chef de l'Etat répond d'ailleurs en personne dans ce livre.
    Quel regard jette Nicolas Sarkozy sur Manuel Valls, François Fillon ou Marine Le Pen ? Que dit-il sur l'état de la France, la crise économique, le monde qui tourne sans lui depuis le 6 mai 2012 ? Quel est son plan caché pour revenir au pouvoir et pousser à nouveau les grilles de l'Élysée ?
    Ce livre dévoile un Sarkozy plus vrai que nature, bouillonnant, impatient, truculent, sans le filtre de la communication qui insupporte les Français.

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