• Juin 44. Le soldat Lucky est tombé sur une plage normande. Vingt ans plus tard, Alice, sa fiancée, apprend le pacte insensé conclu sur le bateau quelques heures avant le carnage. Et va tout faire pour qu'éclate, enfin, la vérité.Quel est le prix d'une vie ? Quand on s'appelle Lucky, qu'on a la chance du diable, alors peut-être la mort n'est-elle qu'un défi. Un jeu. Ils étaient cent quatre-vingt-huit soldats sur la péniche en ce jour de juin 1944. Et Lucky a misé sa vie contre une hypothétique fortune.
    Alice, sa fiancée, sublime et résolue, n'a plus rien à perdre lorsque vingt ans plus tard, elle apprend l'incroyable pacte conclu par Lucky quelques heures avant le Débarquement.
    De la Normandie aux Etats-Unis, elle se lance à la quête de la vérité et des témoins... au risque de réveiller les démons du passé.

  • Le jeu de l'assassin

    Ngaio Marsh

    La Reine du Cosy Mystery. Réédition du premier des 32 romans de Ngaio Marsh mettant en scène son personnage fétiche, l'inspecteur Roderick Alleyn de Scotland Yard. Lauréate du Grand Master Award décerné par la Mystery Writers of America pour l'ensemble de son oeuvre, elle fut à son époque la grande rivale d'Agatha Christie. Un classique de la littérature policière qui n'a pas pris une ride.
    " Si vous aimez Agatha Christie, vous adorerez ! " The Guardian Six invités sont conviés par un excentrique collectionneur d'armes à participer à une murder party dans sa propriété campagnarde.
    Seulement, c'est un véritable cadavre qui est retrouvé à l'issue du jeu de rôles... La victime ? Charles Rankin, un quadragénaire aisé et coureur de jupons.
    Parmi les coupables possibles ? Le maître des lieux, son majordome russe, un professeur d'origine russe, lui aussi, la maîtresse du défunt, son mari jaloux, la femme que Rankin devait épouser...
    Parue en Grande-Bretagne en 1934, la première enquête de Roderick Alleyn, de Scotland Yard, aristocrate cultivé et élégant, est à savourer pour son humour à froid so british.
    " Chaque roman de Ngaio Marsh est une pépite, et celui-ci ne fait pas exception. "
    New York Times

  • Un document graphique bienveillant pour chausser les lunettes de l'égalité filles-garçons : 18 scènes du quotidien illustrées et décryptées pour saisir les biais sexistes pas si anodins de la vie en famille, comprendre comment ils affectent les enfants et trouver des pistes d'action pour changer d'approche.Une fille qui joue au foot dans la cour de récré, un petit garçon qui joue à la poupée ou qui se déguise en princesse... Pourquoi est-ce que cela dérange ? Car, oui, même si nous ne nous en
    rendons pas compte, les clichés de genre sont encore bien présents dans notre quotidien. Les adultes les perpétuent sans y penser, et les enfants y sont particulièrement sensibles. En effet, par nos mots, nos gestes, nos recommandations, l'intonation de notre voix, nos compliments, nous les influençons sans le vouloir, un apprentissage qui se retrouvera jusque dans les choix de vie qu'ils feront plus tard. Si l'enjeu ne se limite pas à la sphère familiale, l'éducation égalitaire est bien l'un des leviers qui feront bouger les lignes pour votre enfant.
    Dans cet ouvrage, à travers 18 scènes illustrées d'apparence anodine, les autrices donnent à voir ce qui se joue et proposent des clés pour contourner les pièges quotidiens des stéréotypes, des outils pour apprendre en famille à réagir avec intelligence et bienveillance, des lectures et des activités pour transformer ces questionnements en échanges ludiques, afin d'en faire des occasions positives de grandir librement.

  • Qu'est-ce qu'un ami ? Pourquoi devient-on amis ? Peut-on être amis avec plusieurs personnes à la fois ? Mais sommes-nous obligés d'être amis avec quelqu'un ?
    Dans ce nouveau "P'tit pourquoi", on suit Mina, Merlin... et tous leurs copains ! Partage, jalousie, dispute et réconciliation : que ce soit en binôme ou en bande, l'amitié est une force mais aussi un choix qui suscite un grand nombre de sentiments et de questionnements.

  • Le football est donc une pornographie. La thèse paraît osée. Elle a en fait à voir avec l'évolution de ce jeu qui s'est, au fil des décennies, transformé en sport, puis en business, pour enfin devenir un divertissement planétaire. À la manière du glissement entre érotisme et pornographie, il découle de cette évolution une course effrénée, une surenchère de muscles saillants, de buts invraisemblables, d'argent éclaboussant un milieu dans des proportions jamais vues jusqu'alors. Cela concerne désormais tous les domaines du football, du gamin qui s'émerveille au supporter ultra, du joueur amateur du dimanche au Président de club, du présentateur vedette au geek qui ne jure que par ses jeux vidéo PES et FIFA.

    Laurent-David Samama est un journaliste indépendant et réalisateur de documentaires. Il a notamment publié, chez le même éditeur, Éloge de la défaite.

  • Un roman dans l'univers du jeu de société culte Horreur à Arkham !
    De retour à Arkham pour les fiançailles de ses amis Preston et Minnie, Alden Oaks est invité à intégrer une mystérieuse communauté artistique, la Nouvelle Colonie. Là, le peintre espère donner enfin la pleine mesure de son talent. Mais d'étranges symboles et des expériences à la limite du cauchemar le poursuivent jusque dans sa ville natale où il retrouve l'énigmatique et charismatique peintre surréaliste, Juan Hugo Balthazarr.
    Avec l'aide de l'intrépide Nina, Alden tente de percer le mystère qui entoure le gourou des Colons. Mais comment résister à la fascination exercée par l'Espagnol lors des folles soirées organisées au sein de l'élite privilégiée d'Arkham ? Et cela alors même qu'elles lui apportent l'inspiration tant attendue ! La disparition de Nina donnera-t-elle à Alden la force d'empêcher le dernier rituel d'avoir lieu ?
    Retrouvez dans cette plongée cauchemardesque et macabre aux frontières du réel l'univers du célèbre jeu de société
    Horreur à Arkham !

  • Plus de 150 jeux pour ne plus vous ennuyer lorsqu'il pleut à verse ! Petit livre ; 2,99 euros
    Ah, les journées pluvieuses... que l'onsoit de ceux qui aiment gambader dans les flaques ou rester au chaud à l'intérieur, il existe une multitude de petits jeux pour passer le temps ! Seul, entre amis ou en famille, venez découvrir une centaine de façon de vous occuper sans avoir à (trop) vous mouiller !
    Splash !Jeu d'extérieur / Seul ou à plusieurs Voici un petit jeu régressif et défoulatoir... Chaussez de vielles godasses et sortez faire ce que l'on vous a toujours empêché de faire lorsque vous étiez enfants : sauter à pieds joints dans les flaques d'eau !
    C'est qui le plombier ?Intérieur / Seul ou à plusieurs Il y a une fuite d'eau sous le lavabo de votre salle-de-bain ! Et 2 millilitres d'eau s'écoulent toutes les 30 secondes... Combien de litres d'eau aurez-vous perdu en 365 jours ?

  • L'histoire de Suzanne Lenglen commence en 1910. À 11 ans, elle reçoit de son père une raquette de tennis. Grande sportive, elle s'entraîne comme un homme et développe un jeu unique grâce à la pratique de la gymnastique et de la danse.

    Quatre ans plus tard, elle remporte son premier titre de champion du monde. C'est le début de la gloire.

    Entre 1919 et 1926, elle s'impose six fois aux Internationaux de France, six fois à Wimbledon, et décrochera trois médailles olympiques. Ses apparitions déchaînent les foules.

    Qui mieux que Gianni Clerici, journaliste italien, romancier, essayiste et spécialiste reconnu du tennis, aurait pu mieux retracer la vie exceptionnelle de Suzanne Lenglen, qui changea en quelques années seulement l'image du tennis et la place des femmes au sein de celui-ci ?

    Gianni Clerici est né en 1930 à Côme.

    Journaliste, grand reporter, romancier, essayiste, il est également un spécialiste reconnu du tennis.

    Ancien joueur, il a représenté plusieurs fois l'équipe d'Italie, notamment au Tournoi de Wimbledon en 1953. Commentateur des matchs pour la télévision, il est intronisé au International Tennis Hall of Fame en 2006.

    Les Éditions Viviane Hamy ont fait paraître en 2000 son roman Les Gestes blancs. Sa réflexion sur le sport est au coeur de toute son oeuvre.

  • Edgar Poe s'attaque ici à un célèbre canular : l'automate joueur d'échecs, construit en 1770 et exposé dans le monde entier durant près d'un siècle. Plus que tout autre automate, il a emporté l'admiration du public car il était capable de jouer - et de gagner - contre un adversaire humain. L'auteur s'attache à en disséquer la mécanique mystérieuse, et à en révéler la supercherie. Annonçant les réflexions sur l'intelligence artificielle, il nous invite à une passionnante enquête au coeur de la machine.

  • Le Paradoxe sur le comédien est l'un des dialogues les plus célèbres - et les plus controversés - de Denis Diderot (1713-1784). Prenant à rebours l'idée d'une "sensibilité" particulière des comédiens, il y soutient que l'acteur doit maîtriser avec sang-froid tous les éléments de son jeu. Loin de ressentir les passions du personnage qu'il incarne, il crée une sorte de double idéal : "Un mannequin l'enveloppe."
    Diderot élargit le propos à la morale (une émotion ne se communique aux autres que si nous la "jouons"), à la politique (les rois et les magistrats doivent sacrifier à une mise en scène pour convaincre), à l'esthétique (la vraisemblance procède de la réalité, mais en s'opposant à elle), à la philosophie du langage (les mots sont par eux-mêmes ambigus, et le sens leur est donné par les gestes dont on les accompagne).

  • Bélem, dans le nord du Brésil. Dans ce pays où tout jeu d'argent est illégal, le docteur Clayton Marollo associe sa passion des cartes et son carnet d'adresses bien garni pour ouvrir des salles clandestines qui accueillent, nuit après nuit, hommes politiques, notables, trafiquants et vrais joueurs.Gil, jeune homme élevé quasiment dans la rue, se fait remarquer par le tout-puissant Marollo, qui en fait son bras droit. Il se rend vite indispensable, jusqu'à l'arrivée de Paula, jeune joueuse de poker extraordinairement douée, qui fait tourner les têtes et suscite bien des convoitises dans ce milieu très fermé.Roi, dame, valet : ces trois-là vont se convoiter, se haïr, se perdre.Bienvenue dans les eaux troubles de Belém.Edyr Augusto nous plonge à nouveau dans les bas-fonds de la capitale de l'Amazonie, lieu de tous les trafics, en multipliant les portraits d'une humanité-mosaïque.Traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos

    Natif de Belém, Edyr Augusto est journaliste, écrivain et dramaturge. Très attaché à sa région, l'État amazonien du Pará, il y ancre tous ses récits. Sont déjà parus chez Asphalte : Belém (2013, prix Caméléon du roman traduit), Moscow (2014), Nid de vipères (2015) et Pssica (2017, sélectionné pour le Grand Prix de littérature policière).

  • Françoise Sagan n'a voulu se souvenir que des moments heureux et que des gens qu'elle a aimés. C'est ce qui rend ce livre si sympathique et ce qui a fait son succès auprès du public et de la critique. Billie Holiday, Orson Welles, Jean-Paul Sartre, Carson McCullers, Marie Bell, Rudolf Noureev, Tennessee Williams... Autant de portraits et d'histoires inoubliables.

  • Harmoniser sa maison pour mieux vivre Nouv.

    Jouer avec son enfant, c'est goûter à des moments d'enthousiasme, relâcher nos vies souvent stressées, tisser des liens à l'heure des écrans qui isolent et se fabriquer des souvenirs. Le jeu est un merveilleux outil éducatif et thérapeutique.  Dans ce livre, l'auteur présente et explique une foule de jeux qui ont ravi des milliers d'adultes, d'adolescents et d'enfants : jeux de société simples ou plus élaborés, compétitifs ou coopératifs, jeux d'adresse ou de construction, d'intérieur ou de plein air.  Au fil des pages, nous découvrons concrètement ce que ces jeux peuvent accomplir dans les familles ou entre amis. Ils nous aident en effet à sortir d'impasses relationnelles, à retrouver le moral et même à donner du sens à nos vies. Des enseignements utiles qui favorisent épanouissement et bien-être.    Le jeu, un chemin vers le bonheur pour des relations heureuses.

  • S'ennuyer ? Adélidélo ne sait pas ce que c'est !
    Hop, hop, hop ! Elle trouve toujours des idées pour s'amuser
    ... même pendant un long trajet en voiture,
    ... même pendant la grasse matinée des parents,
    ... même quand il y a de la soupe au dîner !
    Attention, l'imagination, c'est contagieux !

  • Le travail est-il moral ou immoral ?La société capitaliste envisage le travail selon une conception éthique autant que religieuse.Considéré comme une vertu, la question de ses conditions tend à n'être plus posée. À l'inverse, si on le mésestime, il entraîne des revendications économiques et sociales. Mais l'engrenage du travail, censé favoriser l'élévation vers les hautes sphères de l'esprit, y fait aussi obstacle en justifiant l'asservissement. Pour résoudre cette équation insoluble, le philosophe italien reprend à son compte, avec un art de la transmission qui lui est propre et parfois non sans les critiquer, les travaux de Schiller, Simmel, et même le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels. Surtout, Rensi démontre ici, de nouveau, sa faculté de stimuler les esprits. Car si, à ses yeux, la haine que le travail inspire apparaît proportionnelle au désir d'atteindre la véritable destinée humaine, il valorise du même coup le jeu, l'art, la passion des sciences, toute activité susceptible d'échapper à la contrainte et au diktat de l'argent.

  • Hors d'atteinte

    Emmanuel Carrère

    Frédérique décide de ne plus rien décider, d'abandonner à la roulette la conduite de sa propre vie : ce qu'elle fera, où elle ira, si elle sera riche ou pauvre, flambeuse de haut vol ou clocharde, et dans quel ordre. Les enjeux montent, elle coupe des ponts, elle s'enivre d'irrévocable. Elle se met sans relâche au pied du mur en espérant, après l'avoir sauté, être enfin délivrée, hors d'atteinte.

  • À son ami Brutus, auquel sont dédiés ces paradoxes, l'auteur confie les avoir énoncés par jeu. Cicéron se donne pour règle d'exposer comme des lieux communs des idées dont les Stoïciens peinent à convaincre de la véracité. L'honnêteté, la vertu, la beauté morale, la sagesse, la liberté et la richesse sont ainsi discutées à travers six paradoxes : la beauté morale est le seul bien ; il suffit d'être vertueux pour être heureux ; il en va des fautes comme des bonnes actions : elles sont toutes égales ; sans la raison nous ne sommes que folie ; tous les sages sont libres et tous les insensés sont esclaves ; seul le sage est riche. Il s'agit paradoxalement, pour Cicéron, de rendre probables des opinions qu'il juge vraies. Débutant chacun de ses commentaires par une affirmation qui ne semble souffrir nulle discussion, Cicéron souhaite qu'elle soit accessible à tous afin d'emporter l'adhésion.Ludiques, ces paradoxes sont aussi pamphlétaires. Rédigés en 46 av. J.-C., alors que la république est menacée, ils permettent à Cicéron de se rendre utile à la cité, en inoculant dans l'esprit des citoyens romains les vertus stoïciennes, en érigeant la philosophie en arme de combat. C'est donc sur la place du forum elle-même que l'auteur souhaite voir débattues les questions qu'il y soulève. Et ce, littéralement, contre la doxa.

  • Mine de propositions subversives, ce manifeste dans le plus beau style des avant-gardes fait de son titre l'étendard d'un projet d'envergure : la destruction en règle des mass media au moyen de leurs possibilités mêmes. Entre répandre de fausses nouvelles à l'aide d'enregistrements diffusés aux heures de pointe, procéder par contagion sonore - les bruits d'une émeute peuvent la stimuler dans la réalité - ou encore introduire dans le discours d'un politicien bredouillements et autres incongruités, Burroughs applique la technique du cut-up au monde sonore, arme à même de contrer cette autre arme de destruction massive, la médiatisation à outrance, moyen féroce de manipulation des consciences. Brouillons les pistes, aux sens propre et figuré. C'est piquant, stimulant et hautement explosif !

  • Le code de conduite du parfait homme de cour est au coeur des conversations de gentilshommes lettrés à la cour d'Urbino. Traduit dès le XVIesiècle dans toute l'Europe, ce manuel de bonnes manières a marqué la culture occidentale. Or, le présent volume s'attache au livre III, le plus original et le plus délicieusement digressif. Cinq hommes et, fait exceptionnel, deux femmes, dont la duchesse d'Urbino, participent à la joute verbale. Le sujet se révèle épineux : les usages qu'une dame de palais se doit d'observer. Tous se disputent in fine sur les mérites prêtés à la femme en général. Quand les misogynes s'opposent aux défenseurs de la gent féminine, l'un prône une égalité entre l'homme et la femme. Mais le champion de ces dames ne s'en forgerait-il pas une image conforme à ses désirs ?

    L'écrivain Baldassare Castiglione (1478-1529) fut ambassadeur auprès de Louis XII puis de Léon X. Il se lia d'amitié avec Raphaël et rencontra les personnalités réunies autour de la duchesse Élisabeth de Gonzague et sa belle-soeur Emilia Pia : Pietro Bembo, Julien de Médicis, Ottaviano, Federigo Fregoso et autres lettrés qui figureront dans sa grande oeuvre Il Cortegiano, parue en 1528. Après la mort de sa femme en 1520, il entre dans le clergé et gagne la cour de Charles-Quint. Il meurt à Tolède.

  • Il a neigé !
    Petit Ours Brun est tout excité.
    Et si on faisait une bataille de boules de neige
    avec Papa Ours ?

  • Voici un ouvrage d'un genre nouveau, dans lequel Walter Benjamin pratique le collage à la manière de ces amoureux des télescopages poétiques que furent Dada et les surréalistes. Rue à sens unique se compose de notes autobiographiques, de souvenirs d'enfance, d'aphorismes, de scènes de la vie urbaine, de considérations acérées sur l'état du monde, et de l'Allemagne en particulier, mais aussi de réflexions sur l'écriture elle-même, sur la graphologie. Benjamin­ se penche par exemple sur l'entrelacs des manuscrits arabes. Voire va-t-il jusqu'à donner des conseils à l'écrivain : par exemple, ne jamais faire lire une oeuvre non encore achevée ; une musique et quelques voix en fond sonore sont recommandées, de même que l'attachement maniaque à tel type de papier ou à telle plume. Benjamin rend compte par la même occasion de l'éclatement de l'écrit dans la signalétique qui émaille nos villes, désormais parsemées de messages à décrypter. Arrachée du livre imprimé, son asile de prédilection, l'écriture se retrouve désormais dans la rue, à travers la publicité, prise dans le chaos d'une économie devenue toute-puissante. Et l'auteur ne manque pas d'humour en ce sens, reprenant pour titre de ses pensées les recommandations, mises en garde et autres slogans assenés dans nos villes : "Travaux publics", "Défense d'afficher", "Attention aux marches" ou encore "Allemands ! Buvez de la bière allemande". Emprunter cette Rue à sens unique, c'est se laisser entraîner dans une dérive au coeur d'une ville certes de papier mais dont les mots fournissent autant de repères urbains pour qui sait jeter des passerelles. Du reste, entre la ville décrite et le paysage fait de mots que dessine l'écrivain, il n'y a pas loin, quand Benjamin nous propose de découvrir les "principes des pavés ou l'art de faire des livres épais".

  • En dehors de toute idée religieuse, divine ou morale, le sacré de Leiris se tapit dans les choses, les moments et les lieux qui lui inspirent à la fois désir et terreur. Il représente la part de l'illicite, qui trouve ses racines dans l'enfance, et qualifie la chambre parentale par exemple, ou bien le cabinet de toilette, où Leiris formait avec son frère une sorte de société secrète. C'est la quête du merveilleux, blotti dans la vie quotidienne de l'enfant, dans les recoins, espaces ou spectacles ritualisés qui exhalent ce sentiment du sacré. Telles les courses à l'hippodrome d'Auteuil, où le jockey fait aux yeux de l'enfant figure d'idole. Mais ce sentiment s'étend aussi aux mots, à tout ce que pouvaient inspirer à Leiris le prénom Rebecca par exemple ou encore l'exclamation "Baoukta !", cri de guerre de son frère quand ils jouaient aux Peaux-Rouges.Cette conférence invite à une exploration intérieure, à rechercher en soi ce que le profane a de plus sacré. L'on pourrait détourner André Breton, affirmant : "L'esprit qui plonge dans le surréalisme revit avec exaltation la meilleure part de son enfance." Le lecteur le comprendra à la lecture de ce bijou de poésie, tant ce texte a ceci de rare qu'il apparaît en tout point opérant, dans le sens où il nous invite à notre tour à sonder la part du sacré qui déterminait nos jeux, nos craintes et nos désirs d'enfants et qui garde, aujourd'hui encore, toute sa saveur.

  • Aujourd'hui, Nino Dino est heureux ! Tellement heureux qu'il veut faire des bisous à tout le monde. Mais ses copains ne sont pas d'accord. On ne fait pas des bisous comme ça ! Max n'aime pas ça, et Alfred a eu peur. Quant à Cléa, pas question de lui faire un bisou si elle n'est pas d'accord. Et puis il y a Lily, une nouvelle dino... Nino Dino n'ose pas l'embrasser. Il l'aime beaucoup, tellement que, quand il la voit, il tremble de partout, mais elle l'intimide, alors pas question de lui faire des bisous. Lily, elle, se vexe.

  • Qu'est-ce que la technique ? Pour répondre à cette question simple, Ortega Y Gasset revient à ce qui, fondamentalement, s'impose à tout homme : la nécessité de vivre. Or, pour satisfaire ses besoins vitaux, l'homme développe un répertoire de techniques et, au contraire de l'animal, parvient à produire ce qui n'existe pas dans la nature. Mais ces actes le démarquent de l'état naturel et démontrent sa capacité à se détacher des stricts besoins vitaux. Là réside aussi sa particularité : sa promptitude à pourvoir à son bien-être mais, par là même, à lui-même créer ses besoins. Ce à quoi répond la technique. Par une succession de raisonnements limpides, le philosophe madrilène en vient à évoquer une "crise des désirs" engendrée par la technique.

    Le philosophe José Ortega y Gasset (1883-1955) a été professeur de métaphysique à l'université de Madrid, avant de parcourir l'Europe, l'Amérique du Sud et les États-Unis. Il est le fondateur en 1923 de la Revue de l'Occident. Au rayonnement considérable, sa métaphysique est à l'origine d'un renouveau de la philosophie espagnole, faisant de la métaphore un outil de la pensée. Il est l'auteur du Thème de notre temps (1923), de L'Espagne invertébrée (1921) et de La Révolte des masses (1930).

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