• Jouir

    Sarah Barmak

    • Lizzie
    • 12 Novembre 2020

    "Un manuel sur la sexualité féminine et une jouissance décorrélée de la fécondation. Drôle, percutant, l'ouvrage a aussi une visée politique. Car l'égalité sexuelle participe du combat pour l'égalité tout court. Aux orgasmes, citoyennes !", Aurélie Marcireau, Le Nouveau magazine littéraireLibérée, la sexualité des femmes d'aujourd'hui ? On serait tenté de croire que oui. Pourtant, plus de 50 % d'entre elles se disent insatisfaites, que ce soit à cause d'un manque de désir ou de difficultés à atteindre l'orgasme. Si tant de femmes ordinaires sont concernées, peut-être qu'elles n'ont rien d'anormal et que ce n'est pas à la pharmacie qu'il faut aller chercher la solution. Le remède dont elles ont besoin est plus certainement culturel, et passe par une réorientation de notre approche androcentrée du sexe et du plaisir.
    Tour à tour reportage, essai et recueil de réflexions à la première personne, cet ouvrage enquête sur les dernières découvertes scientifiques ayant trait à l'orgasme féminin. On y apprend ainsi qu'une chercheuse en psychologie clinique a recours à la méditation de pleine conscience pour traiter les troubles à caractère sexuel. On y découvre aussi diverses façons dont les femmes choisissent de redéfinir leur sexualité. Cette aventure aux confins de la jouissance nous emmène jusqu'au festival Burning Man, où l'orgasme féminin est donné à voir sur scène, ou encore dans le cabinet feutré d'une thérapeute qui propose de soigner les traumatismes liés au viol à l'aide de massages sensuels.

  • Le manifeste d'une travailleuse du sexe afroféministe pour la liberté des corps et le droit à une sexualité décomplexée.
    Après la vague MeToo et la libération de la parole autour de la sexualité féminine, de nouvelles voix du féminisme pro-choix s'élèvent. Bebe Melkor-Kadior est l'une d'entre elles.
    À seulement 24 ans, c'est son expérience déjà étendue de travailleuse du sexe et sa vision inclusive de la condition des femmes qui l'ont amenée à développer sa philosophie de vie :
    les grands principes qui président à l'art d'être une salope ; une critique acerbe de notre société " coincée du cul " ; un plaidoyer pour l'éducation sexuelle des plus jeunes et l'avènement d'une masculinité positive.
    Au fil du texte, l'auteure pose les fondations de son monde idéal : une société où le sexe ne serait plus un tabou mais un sujet comme un autre, enseigné à l'école pour former des citoyen.ne.s éclairé.e.s.
    Un témoignage incarné, qui trace les contours d'une pensée féministe inédite, qui bouscule, en accord avec son temps.

  • "Sachons goûter le bonheur de partir, même quand nous sommes sûrs de ne jamais arriver", écrit Roorda en 1921. Quatre ans plus tard, il se suicide. Avant cela, il s'en explique dans une confession émouvante et sincère... Sous ce titre qu'il voulait ironiquement "alléchant", l'auteur énonce tout ce qu'il n'a pas su faire pour vivre vieux, ou ce par quoi il n'était pas tenté. En premier lieu, une hygiène de vie. Et puis, pour réparer des fautes commises, il eût à se soumettre à des besognes fastidieuses et subir des privations qu'il ne souhaitait pas assumer. C'est contre les aléas du vieillissement et, surtout, contre "un monde où l'on doit consacrer sa jeunesse à la préparation de la vieillesse" que Roorda prend position, pour lui-même.

    Pédagogue libertaire, Henri Roorda (1870-1925) est aussi un humoriste original. Professeur de mathématiques à Lausanne, il publie, outre des manuels d'arithmétique, des chroniques humoristiques dans différents journaux (réunies sous le titre Les Saisons indisciplinées, Allia, 2013). Auteur du fameux Pédagogue n'aime pas les enfants (1917), il s'élèvera toute sa vie contre une école autoritaire qui décourage le désir de connaissance.

  • "Dans les semaines qui ont suivi la sortie de La Vie sexuelle de Catherine M., je me suis rendu compte qu'une question revenait toujours dans les réactions des lecteurs : Comment avez-vous fait avec la jalousie ? J'ai alors pensé que mon projet n'était pas abouti tant que je n'avais pas répondu à cette question."
    Le coup de tonnerre littéraire qu'a provoqué La Vie sexuelle de Catherine M. révélait le regard singulier que l'auteur portait sur son corps et sur sa vie.
    Aujourd'hui, elle raconte son «autre vie», celle où s'effondre de manière étrange et imprévue un pan de son existence, cette crise traversée dans un mélange de rêves et de déchirements.
    Jour de souffrance est un défi d'écrivain : à la fois le prolongement d'une oeuvre puissante et son contraire implacable, maîtrisé et saisissant.

  • Plus vivants que jamais est un texte écrit à chaud durant l'été 1968, qui parut initialement chez Robert Laffont, à l'automne, dans la collection « Contestation ».

    Il se présente comme le carnet de bord d'un jeune de 20 ans qui raconte au jour le jour les événements auxquels il participe avec sa bande de copains.

    Ils se déplacent sur toutes les lignes de front, de leur QG - le Quartier latin - à Flins, Montparnasse, les Champs-Élysées, etc. Paris est alors leur ZAD. Le texte déroule les événements, s'attache aux faits, aux actions, aux assemblées générales, aux barricades, aux occupations d'usine... L'écriture est brève, tendue, à l'image de cette jeunesse prise dans un tourbillon. Pierre Peuchmaurd écrira plus tard : « On écrit comme on respire, c'est-à-dire comme on étouffe. »

    Pierre Peuchmaurd (1948-2009), poète surréaliste, ancien émeutier des années 68.

  • Si Charles Melman a jugé bon de travailler la clinique de la névrose obsessionnelle durant deux ans de séminaire, c'est qu'il la considère à la fois comme une clinique du passé et une clinique actuelle.

    Dans ses formes bénignes, on l'aperçoit à peine si l'on n'est pas un praticien averti. Par contre les formes graves sont très handicapantes, surtout socialement. Il y a dans cette pathologie de l'immuable, de la répétition, la culpabilité d'un meurtre que le patient aurait commis sans s'en apercevoir, sans parler de son impossibilité à réaliser ses voeux et son impuissance.

    L'étude très fine que fait Charles Melman dans le domaine de la linguistique et de la grammaire éclaire et élargit le travail de Freud à partir des carnets de l''Homme aux rats. Dans le texte allemand, il repère l'insistance de certaines lettres, propre à cette pathologie et met en évidence le travail de l'inconscient.

    Mise en vente le 27 août 2015.

    La névrose obsessionnelle
    Tome 1 : Le signifiant, la Lettre
    Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud (

  • « Je me trouve dans cette mouvance que j'appelle l'outre-gauche depuis 1967 et aujourd'hui mes jeunes camarades me considèrent comme une de leurs ancêtres politiques. C'est un peu vexant certes, parce qu'on ne se voit pas vieillir, mais cela ne me semblait pas bien grave jusqu'à ce que je sois sommée de dévoiler tous ces événements des années 68 que nous leur aurions cachés, et d'éclairer ou contrer ainsi le récit dominant de cette période avant qu'il ne soit trop tard. Il est vrai que notre histoire risque bel et bien de sombrer dans l'oubli. Ce n'est pas en solo que j'avais envie de rendre compte de cette aventure collective [...]. Ils sont trente à avoir accepté ma démarche ; en mai 68 ils étaient à Paris, à Marseille, à Toulouse, à Bordeaux, à Lyon, à Nantes, à Angers ou à Strasbourg. »

    Née en 1947 à Marseille, de parents émigrés russes. Ayant grandi dans un milieu libertaire, Lola Miesseroff avait 19 ans lorsqu'elle a lu De la misère en milieu étudiant. À la suite de sa rencontre avec les idées de l'Internationale situationniste, elle quitte rapidement l'université, « lieu d'ennui et d'abrutissement », pour opter pour la lutte et la critique sociales. Depuis, elle n'a cessé de participer aux divers mouvements et à nombre de collectifs de discussion, d'édition.

  • 40 personnages en quête de sens vont devoir se perdre pour trouver Dieu. Ils sont, comme nous, ordinaires. Aspirant à servir, ils ne savent que se servir. Il leur faudra apprendre la gratuité pour atteindre la délivrance. Un poignant et parlant récit initiatique par le plus outsider des spirituels.
    Tandis que le poète exulte de bonheur devant un plat de raviolis, Elzbieta la dévote s'ennuie dans sa vie trop calculée, Tobias le végane coupe tous les ponts avec sa famille dans une quête éperdue de liberté, Amgad l'étudiant égyptien tombe sous le charme du beau Christophe, et l'infortunée Nathalie pleure d'avoir refusé à son mari une ultime caresse sur son lit d'agonie... Tels sont quelques-uns des quarante personnages en quête de sens dont Jean Druel enchaîne les destinées pour les désenchaîner de leur fatalité. Tous sont ordinaires. Tous, aspirant à aimer, ne savent que s'aimer d'un amour égoïste. Ils vont devoir se croiser, se lier, se perdre pour se trouver, et se déposséder d'eux-mêmes pour rencontrer l'Autre.
    Ils sont comme chacune et chacun d'entre nous. À l'image des petits du pélican qui se nourrissent en dévorant son coeur ensanglanté, ils croient que vivre signifie vampiriser. Il leur faudra apprendre la gratuité pour atteindre la liberté, et devenir des pélicans, qui donnent leur vie sans névrose ni sacrifice, mais joyeusement et comme si de rien n'était.
    Entre attirances, folies, dénis, fous rires et larmes inextinguibles, jouissances de la séduction, de la table ou du lit, voici le plus formidable des récits initiatiques par le plus outsider des grands spirituels d'aujourd'hui.

  • « Et puis, un jour, jai joui. Tout mon corps, toute mon âme. Enfin ! Je nai pas honte de le clamer : jai joui pour la première fois à trente-cinq ans. La jouissance féminine est une grande fête. Elle est puissante, belle, cest une joie qui transporte, dans laquelle on lâche prise, on lâche tout, on laisse échapper. »
    Adeline Fleury, consacre ce « Petit éloge » à la jouissance des femmes ce grand mystère. Au travers de ses lectures, de son expérience personnelle, avec des mots poétiques et parfois crus, lauteur nous fait ressentir, à chaque page, que jouissance et renaissance sont unies et que plaisir et liberté sont indissociables.

  • À travers ces 49 positions, décrites et illustrées avec humour et délicatesse, c'est un nouveau Kama Sutra qui se dessine : le Kama Sutra Girl Power !
    À l'heure où l'on découvre les derniers secrets du plaisir féminin, où les applis de rencontre permettent toutes les aventures, où les femmes deviennent enfin les égales des hommes dans l'exercice d'une sexualité libérée... il est temps de faire l'amour sans complexes ni tabous !
    Ce Kama Sutra, inspiré du mythique texte hindou attribué à Vatsyayana, n'a pas la prétention de vous transformer en une pro de la chaise égyptienne, mais bien de vous inciter à explorer des positions qui vous permettront de décupler vos sensations ! Que vous soyez la maîtresse du jeu, que vous décidiez de vous laisser guider par votre partenaire ou que vous vouliez transgresser toutes les règles, vous y trouverez toujours une posture adaptée à la recherche de votre plaisir.

  • Le rêve, matériel décisif dans le travail analytique, constitue en quelque sorte un dialogue permanent avec l'inconscient. L'avancée de sa connaissance et les progrès de son déchiffrage continuent de représenter un enjeu important pour les rêveurs qui s'y consacrent et pour tous ceux qui s'intéressent aux modalités de la pensée du sommeil.

    Gisèle Chaboudez propose un abord renouvelé du déchiffrage des rêves, à la lumière des apports freudiens, de leurs remaniements et de leurs prolongements lacaniens, ainsi que de sa longue expérience clinique personnelle. Le rêve est exploré dans les processus littéraux qui le construisent, dans cette écriture en images dont le sens n'apparaît pas spontanément, dans la logique qui l'anime en séquences successives, comme en plusieurs actes d'un théâtre dont on ne perçoit pas aussitôt l'enchaînement. Il comporte encore des zones à éclairer pour saisir plus loin en quoi consiste cet inconscient qui écrit, qui secrète au sein du langage ses assemblages de mots en images, qui se manifeste comme un langage se servant des images pour faire apparaître son écrit.

  • Plongée immédiate dans le quartier latin en Mai 68. Des slogans d'inspiration situationniste recouvrent les murs : "Vivre sans temps morts." "Jouir sans entraves." "Ne travaillez jamais." Dès le 3 mai, 2000 étudiants sèment sur leur parcours leurs revendications. Lors de la Nuit des Barricades, l'imagination prend le pouvoir : "La société est une fleur carnivore." Puis vient la contestation pure : "Défense d'interdire" ou encore "C.R.S. = S.S.". La Sorbonne subit ensuite l'assaut des profanateurs : "Professeurs, vous nous faites vieillir." Les photographies de ces slogans, saisis à chaud, forment des documents exceptionnels sur ces dix jours de révolte. Les revendications, matériellement éphémères, resteront à jamais gravées dans les mémoires.

    Mousse, peintre en bâtiment puis journaliste, Walter Lewino (1924-2013) s'engage dans la France libre à l'âge de 17 ans. Démobilisé en 1946, il se lance dans des études de lettres. Il entre plus tard au Journal officiel puis devient rédacteur en chef adjoint de France Observateur. En 1978, il rejoint le Nouvel Observateur. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont L'Heure (1959), L'Éclat et la blancheur (1967), Fucking Fernand (1976, porté à l'écran par Gérard Mordillat) et Châteaunoir (1998).

  • L'addiction est au coeur de l'économie psychique contemporaine. Dans un récit qui se veut clair et précis, Thierry Roth s'intéresse particulièrement à des sujets addicts, souvent jeunes, qu'il décrit comme des affranchis du Nom-du-Père, donc des contraintes symboliques. Les conséquences cliniques majeures qui en découlent - prédominance  d'un nouveau type de jouissance, prenant l'ascendant sur le désir, statut différent de l'objet, modifications radicales du rapport à l'autre, à soi-même, à l'autorité, à la sexuation... - constituent un défi pour la psychanalyse du XXIe siècle.

    À partir du champ des addictions, l'auteur explique en quoi nous assistons à des changements structurels - et pas seulement conjoncturels - importants, sans pour autant les réduire au seul champ de la psychopathologie. Les catégories du réel, du symbolique et de l'imaginaire s'y trouvent différemment agencées et ces nouvelles manifestations cliniques impliquent de repenser quelque peu la façon dont les cliniciens peuvent y « répondre ».

  • Si Lacan a su de manière magistrale lire dans l'inconscient freudien la grammaire signifiante qui y est à l'oeuvre, il s'est attaché à chercher, tout au long de son travail, des voies d'accès logique, topologique, poétique à un mystère plus lointain qui a trait à la jouissance, et tout particulièrement à celle en jeu dans l'énigme du féminin sur laquelle Freud avait buté.

    En chemin, Lacan a rencontré des figures féminines devant lesquelles il se montre ému, épris, ravi. L'inaccessibilité de la dame de l'amour courtois, le silence de la blanche Ophélie, l'entre-deux-morts d'Antigone, le dire non de Sygne de Coûfontaines, les extases de Marie-Marguerite Alacoque, la folie d'amour d'Aimée, l'ont mené sur les rivages d'un continent qui s'approche plus facilement par l'art que par les outils de la pensée. Qu'elles soient issues de sa pratique clinique ou rencontrées dans la littérature, empruntées à la mythologie, au théâtre ou à la philosophie, ces femmes l'ont précédé et enseigné sur les voies de la jouissance et de l'amour. Lacan s'est mis à leur école.

    Dans un style clair et au plus près du texte du séminaire, Marie Pesenti-Irmann reprend une par une ces figures féminines en dévoilant ce qu'elles esquissent d'un ternaire inédit Jouissance/Amour/Femme en contrepoint du ternaire Désir/Phallus/Nom du père, longuement déplié par Lacan.

  • Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique.

    Dans ce nouveau volume, il amplifie et complète les thèmes abordés dans le tome 1 en étudiant la névrose obsessionnelle à partir des carnets où Freud consigne au jour le jour les séances de l'Homme aux rats.

    Ce journal permet une analyse plus fine des grands traits de la névrose obsessionnelle à partir du texte même de son discours où se révèlent son besoin incessant de vérification, son impossibilité à se déterminer chaque fois qu'il doit faire un choix, la manière dont il répète toujours les mêmes attitudes... mais aussi sa culpabilité constante et son sentiment d'être un criminel.

    Tout au long de ce texte, Charles Melman nous mène, pour notre plus grand intérêt, dans le dédale de cette pathologie qui conserve malgré tout sa part de mystère.

    La névrose obsessionnelle
    Tome 1 : Le signifiant, la Lettre
    Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud

  • Entre 1957 et 1963, il existe un Lacan mythologue qui, selon ses propres termes, cherche la même chose que Claude Lévi-Strauss. Dans ce nouveau moment de sa recherche qui le lie par une sorte de gémellité à l'ethnologue, maître de l'analyse des mythes, Lacan revient d'abord sur la théorie freudienne de l'OEdipe dont il renverse la logique.

    Ce geste inaugural du troisième Lacan frappe les trois coups de la « révolution du phallus » qui accouche de la théorie du phallus comme signifiant, d'un puissant remaniement de la théorie de l'OEdipe dont le modèle passe de trois à quatre termes, d'une nouvelle conception de la fonction paternelle devenant une métaphore, mais aussi d'une théorie de la sexuation séparant le fils qui l'a (le phallus) de la fille qui l'est, et enfin d'une théorie du fantasme qui apparaît comme une défense contre la volonté de jouissance de la mère.

    Dans ces Mythologiques, le lecteur voit naître sous ses yeux des concepts fondamentaux de la théorie de Lacan d'autant plus intelligibles qu'ils apparaissent sur fond de sources littéraires comme OEdipe, Le diable amoureux ou Hamlet, et bien d'autres qui ont ponctué l'avancée de son oeuvre...

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas.

    Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Défendant des causes et vérités sans faille, les fanatismes religieux, idéologiques ou politiques font aujourd'hui retour en donnant lieu à de nouveaux types d'extrémismes. Dans leurs formes radicales, ils reposent sur des croyances et des idéaux instrumentalisés, au nom desquels des actes de violence sont parfois commis ? comme en témoigne leur dramatique récurrence ces dernières années.

    Cette montée en puissance des fanatismes nécessite d'être examinée dans ses conditions d'émergence et de diffusion (sociale et politique), dans ses soubassements et ressorts subjectifs ainsi que dans ses incidences sociopolitiques et psychopathologiques.

    Les auteurs s'attachent à transmettre des repères conceptuels, éthiques et cliniques de la radicalisation pour penser ses modes de prévention et de traitement en institutions. Ils montrent que les figures actuelles et variées de l'extrémisme sont à la fois la conséquence et la réponse à ce qui fait désormais malaise dans la civilisation.

    Publié avec le soutien, notamment, de l'équipe d'accueil 4050, laboratoire « Recherches en psychopathologie : nouveaux symptômes et lien social » de l'université Rennes 2 et de l'Agence universitaire de la francophonie (AUF).

  • Ce livre aborde, en relation avec le terrorisme et à partir de la psychanalyse, la psychologie collective et individuelle contemporaine, telle qu'elle se révèle notamment dans les cures. Il ne se présente pas comme un ouvrage de géopolitique et ne vise pas à expliquer les causes de la guerre très particulière qui est menée sur notre sol. Ses auteurs, psychanalystes, sont partis de l'effet traumatique de ces événements sur certaines victimes et sur leurs analysants, et cela les a conduit à réinterroger, à partir d'une révision de la notion de traumatisme, les éléments qui peuvent s'y rattacher, à commencer par les formes inquiétantes que prend la pulsion de mort dans notre monde ultra-libéral.

    La réflexion psychanalytique croise, sur ce sujet, celle  des philosophes qui éclairent aujourd'hui la diffusion de guerres très diverses, à commencer par la « guerres des identités » où chacun cherche la reconnaissance de son particularisme sans se soucier d'une hégémonie démocratique qui permettrait d'aller au-delà des différences identitaires. 

    On aura compris qu'il s'agit ici de rendre compte de ce qui apparaît comme un véritable trauma dans la civilisation.

  • La premie?re tentative pour l'infans de transformer le pa?tir en agir consiste a? s'emparer du langage en vocalisant. Il ne peut y avoir encore d'adresse dans cette premie?re vocalisation : il n'y a ni petit autre, ni grand Autre. La jouissance du babil donnera naissance a? la pulsion invocante dont elle marque le de?but. C'est l'expe?rience d'une jouissance totalement satisfaisante mais qui ne comble rien du tout, me?me partiellement. Bien entendu, pour pouvoir babiller, il faut avoir e?te? plonge? dans un bain de parole. Imiter le langage qui nous a de?comple?te?s e?quivaut a? mettre en acte ce que nous avons subi. Ce sera l'origine du de?sir, ce qui nous sortira de la jouissance incestueuse. Cette premie?re jouissance active n'est pas encore du de?sir, ce sont ses prole?gome?nes. Mais cet agir sera ce qui nous pousse vers la subjectivation. La prise en compte de ce fait et de l'e?thique qui en de?coule justifie l'acte analytique et la psychanalyse en tant que discipline.

    Marc-Léopold Lévy s'attache à développer certains aspects de la jouissance en tenant compte des lieux du corps, corps de soi ou corps de l'autre où celle -ci opère. Cette répartition est en lien avec ce que, passivement ou activement, le vivant-parlant désire recevoir de l'autre ou lui faire subir. Tenir compte réellement des éclats de jouissance dans leurs diverses modalités relève d'une éthique qui servira au psychanalyste à régler son acte afin d'obtenir un gain thérapeutique en coupant dans la jouissance du patient, toujours en excès, pour qu'il puisse accéder au désir qui le constitue. 

    Textes rassemblés et annotés par Anne-Marie Picard

  • Faut-il théoriser pour s'occuper des toxicomanes ? L'auteur s'y est efforcé à partir de sa clinique dans les premiers centres d'accueil et en référence à la psychanalyse.

    À partir de ses lectures, de discussions avec ses collègues, avec Charles Melman et Claude Olievenstein, auprès de qui il a exercé ses fonctions de thérapeute à Marmottan, Patrick Petit dégage une théorie psychanalytique serrée et sérieuse fortement liée à son expérience clinique.

    Ce livre donne des bases fondamentales, toujours clairement amenées, d'une pratique raisonnée et vivante auprès des toxicomanes. Elle engage à poursuivre aujourd'hui l'élaboration de cette clinique difficile, quitte à la transformer au gré des actualités, selon la contemporanéité.

    Textes établis et réunis par Alain Dufour avec Jean-Louis Chassaing et le concours de Jean-Michel Hervieu, Albert Fontaine et Charles Melman.

  • « Le psychanalyste, c'est la présence du sophiste à notre époque, mais avec un autre statut », dit Lacan en 1965. Est-ce cela qui le poussa à consulter Barbara Cassin sur la doxographie ?Dans le fil de cette rencontre, les outils de l'helléniste servent à montrer les similitudes entre parole analytique et discours sophistique et selon quelles voies Jacques le Sophiste fait passer du « sens dans le non-sens » (lapsus et mots d'esprit) au « foncier non-sens de tout usage du sens ».Aristote est ici interpellé par un Lacan, sophiste moderne, qui pointe la « connerie » du Stagyrite à l'endroit du principe de non-contradiction.Comment parle-t-on, comment pense-t-on la manière dont on parle, quand on place avec Lacan l'énoncé « Il n'y a pas de rapport sexuel » en lieu et place du premier principe aristotélicien ?

  • Les paradoxes du désir, d'un désir enraciné dans l'inconscient, sont analysés à partir de l'apport de Lacan à cette notion psychanalytique, dans une lecture croisée avec écrivains, poètes, peintres et philosophes.

    Il y a une aporie dans le désir, due à la conjonction entre la responsabilité éthique du sujet et sa propre perte. Car c'est seulement à partir d'une dépossession - de soi, de l'Autre - d'une absence d'auto-détermination, que le sujet décide de son désir. Mais comment décider de ce qui nous dépasse, autrement dit, assumer ce qui nous oriente à notre insu ? Et comment passe-t-on d'un désir pris dans le symptôme et dans la compulsion de répétition, à la décision du désir ?

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