• BnF collection ebooks - "En sortant de Porto-Vecchio, et se dirigeant vers l'intérieur de l'île, on voit le terrain s'élever assez rapidement, et, après trois heures de marche par des sentiers tortueux, obstrués par de gros quartiers de rocs, et quelquefois coupés par des ravins, on se trouve sur le bord d'un mâquis très-étendu : C'est la patrie des bergers corses, et de quiconque s'est brouillé avec la justice."

  •  Baudelaire était certes le mieux placé pour nous convaincre des tactiques à succès pour le destin littéraire.  Mais ce texte célèbre lui permet quelques piques de vengeance, un état des lieux du métier de la littérature et ce qui l'entoure qui n'ont rien d'inactuel, et un beau portrait socio-critique de l'écrivain.  Et puis lisez donc ce passage avec citation de Delacroix:  "L'art est une chose si idéale et si fugitive, que les outils ne sont jamais assez propres, ni les moyens assez expéditifs. »  Il en est de même de la littérature ; - je ne suis donc pas partisan de la rature ; elle trouble le miroir de la pensée." Baudelaire nous leste notre sac d'une bonne poignée de pareils. Gracq parlait de littérature à l'estomac, c'est là qu'agit le médicament Baudelaire : salutaire.  FB

  • Cet ouvrage propose une approche inédite de l'oeuvre de Stendhal à travers une analyse des liens qui l'unissent à la musique. Quels ont été ses rapports avec la musique ? Quels étaient ses compositeurs, ses opéras préférés et pourquoi ? Ce livre montre comment la musique, et particulièrement l'opéra, a totalement imprégné l'oeuvre de Stendhal : dans ses romans, ses nouvelles ou ses écrits intimes, il a cherché à transformer la musique en mots, faisant souvent référence à Mozart ou Cimarosa. Persuadé d'avoir été un musicien manqué, Stendhal a rêvé de rivaliser, en tant qu'écrivain, avec la musique et ainsi d'atteindre l'idéal romantique de la fraternité des arts.

  • En 1829, les Promenades dans Rome, après l'Histoire de la peinture en Italie, la Vie de Rossini et les deux versions de Rome, Naples et Florence, confirment Stendhal en spécialiste ès choses ultramontaines, tout à la fois décrypteur et constructeur d'une italianité qui vire au mythe. Guide, c'est-à-dire forme ouverte, dont Stendhal exploite à fond la souplesse au point de mettre parfois en péril la lisibilité de son texte, les Promenades promeuvent de multiples et contradictoires « façons de voir » la Ville éternelle. Le regard s'attache à la Rome antique, fondatrice de valeurs en lesquelles le beyliste se reconnaît, à la Rome papale, que Stendhal dénonce tout en s'en amusant, à la patrie des arts qui fait de Rome un musée idéal et le lieu par excellence de la réflexion esthétique. Tout cela simultanément. Expérience singulière de l'espace et du temps, mêlant indissociablement politique, esthétique et érotique, la Rome que balisent les Promenades est tout aussi instable que le texte qui la met en scène. Les treize études ici réunies sont à leur tour autant de « façons de voir » les Promenades dans Rome. Elles interrogent tout spécialement le dispositif énonciatif de ce guide singulier, examinent la manière dont l'oeil stendhalien organise l'expérience sensible et conçoit la réflexion esthétique, et rendent le texte à sa brûlante actualité de 1829 en un tableau des moeurs romaines où politique et religion sont proprement consubstantielles.

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