• Cet ouvrage collectif veut montrer que, contrairement à l'idée reçue, Mai 68 a exercé une influence à la fois rapide, profonde et durable sur la littérature. Non seulement les écrivains se sont engagés dans l'action à l'instar de Blanchot ou Duras, mais le mouvement a inspiré aux romanciers, poètes et dramaturges, témoins ou acteurs de Mai, une écriture contemporaine ou quasi contemporaine de l'événement, ainsi que le prouvent les exemples de Merle, Lainé, Gary, Heidsieck, etc. Dans ce livre sont analysés en outre la place prise par Mai 68 dans l'imaginaire littéraire des générations antérieures (Leiris, Aragon, Malraux) et postérieures (Quintane, le collectif Inculte) ainsi que le rôle joué par Mai 68 dans une série de mutations littéraires, telles que l'émergence d'une écriture féminine revendiquant sa spécificité (Duras, Rochefort), ou la structuration institutionnelle de genres jusque-là réputés mineurs comme la science-fiction ou le roman noir.

  • À l'instar de Stendhal qu'il admirait, André Suarès (1868-1948) est un écrivain pour « happy few » mais aussi l'un des grands esprits du XXe siècle. Ami d'André Gide, il n'a jamais soutenu Staline ; contemporain de Maurras, il n'a jamais versé dans le fascisme. À l'inverse, il a eu à subir les rigueurs du régime de Vichy qui l'a contraint à se cacher lors de la Seconde Guerre mondiale, et s'il est une voix, qui, dès les années 1920 et tout au long des années 1930, s'est élevée contre le fascisme en Italie et le nazisme en Allemagne, ce fut la sienne. Celle d'un prophète dans le désert. Fort d'un courage puisé dans les exemples d'Agrippa d'Aubigné, Chénier ou Hugo et de son seul génie verbal et visionnaire, il a décrit avec une acuité sans faille l'essence du totalitarisme qu'il a cernée comme nul autre en son temps en France. Il a mis en garde contre les dangers mortifères d'une déflagration mondiale qu'il a vue venir et combattu la « Bible des Gorilles » dont l'un des premiers il a dénoncé l'Apocalypse fatale. Il est temps de lire ces textes, en particulier sa Chronique de Caërdal, du nom du héros légendaire qu'il s'était choisi. Publiée entre janvier 1939 et juin 1940 dans la NRF, elle n'a pas été épargnée par la censure. Ces textes inédits en volume, composés dans une langue souveraine, restent d'une actualité brûlante. Édition établie et préfacée par Stéphane Barsacq

  • Des vies cassées offre un portrait de Montréal que l'on voit rarement. Itinéraires de vies broyées.
    Tout un peuple d'immigrants invisibles croupissent à côté de leurs rêves. Manière différente de vivre et de voir l'exil quand on est anglophone noir dans un Montréal francophone blanc. Dans ces nouvelles, qui explorent l'identité, la migration et l'errance, H. Nigel Thomas rend vivants ces êtres reclus, dans une langue hachée, parfois brutale et sans concession. Entre les pays d'origine - Jamaïque, Barbade, Saint-Vincent, Grenade, Guyane anglaise, Aruba - et le pays d'accueil, se jouent tous les fantasmes. Récits, chroniques et portraits dévoilent ces visages marqués par la violence et l'exclusion.
    L'auteur révèle, à travers une mosaïque bariolée, une meute de solitudes : Côte-des-Neiges en noir et blanc.

  • L'engagement littéraire serait une chose du passé. Il appartiendrait, dit-on, à un temps tout aussi révolu que celui de la modernité, des idéologies, de l'histoire, de l'art... Portée par une mélancolie fin-de-siècle, cette analyse non seulement déforme la conception et la pratique de l'engagement lors de son âge d'or en 1945, mais empêche encore de saisir certaines tendances fortes de la littérature contemporaine. Elle déplore une perte là où s'opère une métamorphose. Tributaire d'une conception trop étroite de l'engagement littéraire, elle laisse échapper ce qui se joue d'essentiel dans le rapport de l'engagement aux régimes d'historicité qui se sont succédé. Être attentif aux enjeux dont est porteur, en France et en Italie, le roman engagé de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle, permet d'en juger : ce n'est pas tant le contenu idéologique ou la vocation démonstrative de l'oeuvre qui engage l'auteur et le lecteur, que la manière dont le texte réfléchit, au sens fort et polysémique du terme, son inscription dans et son rapport à l'histoire. Du roman engagé d'après-guerre, lié à une conception de l'histoire linéaire, orientée vers l'avenir, au roman contemporain, réfléchissant une historicité dominée par le présent et traversée par le sentiment d'une double dette à l'égard du passé (devoir de mémoire) et du futur (un héritage à transmettre), se dessine une redéfinition de l'engagement littéraire qui nous aide aujourd'hui à mieux comprendre le rapport que nos sociétés entretiennent avec le temps, l'histoire, la mémoire et l'oubli.

  • Koki et Panda Dément sont deux poètes médiocres. Ensemble, ils décident de concocter la recette d'une poésie nouvelle et révolutionnaire capable de réellement changer le monde. Mais comment peut-on écrire de la poésie engagée à une époque où la poésie semble avoir perdu sa capacité à bousculer l'ordre établi ? S'en suit alors un voyage entre les extrêmes. Récit à la fois sérieux et absurde, poétique et narratif, drôle et grave, naïf et savant, c'est un exutoire salvateur pour qui peine à supporter le monde tel qu'il est devenu. Son écriture éclairée prend aux tripes et chaque partie du livre se révèle progressivement dans un crescendo irrésistible d'évocations rock, pop et utopiques. Entre Raymond Carver, Pasolini et Patti Smith, Une armée d'amants est un OVNI d'aujourd'hui et demain pour apprendre, désapprendre, réapprendre à jouir, rien de moins. - Guillaume Vissac
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Aigrain
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    Publication originale : AN ARMY OF LOVERS, Juliana Spahr et David Buuck,
    © City Light Publishers, 2013, ISBN 978-00-87286-929-4
    Ce livre est également disponible en papier http://www.publie.net/livre/une-armee-damants-juliana-spahr-david-buuck/

  • Élevée et choyée par Dada, sa grand-mère, la petite Amy vit une enfance heureuse au Togo. Sa vie bascule quand, suite au décès de Dada, elle doit rejoindre ses parents installés en France. La jeune fille s´adapte facilement à son nouveau pays, mais pourquoi un tel désir d'indépendance et cette quête éperdue d'amour ?

    Retraçant un parcours difficile et une histoire pleine d´amertume, La Quête d´Amy est un roman engagé et émouvant qui montre comment des faits encore ordinaires, peuvent, littéralement, détruire des âmes innocentes.






    Actuellement hôtesse de caisse dans un hypermarché grenoblois, Naomi Ajavon a fait partie des premières mompreneurs françaises en créant son entreprise, Idéal´Nature, dans le but de contribuer au respect de l´environnement. Elle se consacre également à la littérature, en regroupant au sein de La Croisée des Plumes, un site dédié notamment à la littérature togolaise, des écrivains et des lecteurs passionnés puis en publiant La Quête d´Amy, son premier roman.

  • Tout en s'inscrivant dans le cadre général de la réflexion sur le rapport entre esthétique et éthique dans des pièces de théâtre où est abordé un sujet politique, l'ambition de ce volume est de dépasser une approche qui regarde les oeuvres sous l'angle exclusif de l'engagement ou du désengagement. Il fait, à cette fin, le pari de l'ouverture à d'autres périodes et d'autres champs culturels, proposant, en complémentarité, quelques études sur des théâtres politiques de jadis et d'ailleurs. Chemin faisant, les articles soulèvent la question de l'acceptabilité du politique au théâtre. Dans quelle mesure le public est-il prêt à entendre un « sens politique » derrière ce qui se livre parfois comme un innocent divertissement, quelles sont les époques ou les conjonctures où il se montre plus ou moins volontaire pour coopérer à son avènement ? Si les articles ne proposent pas, à proprement parler, d'études culturelles, ou des analyses des mentalités explicitant les raisons pour lesquelles le « politique » entre plus ou moins dans un horizon d'attente donné, ils apportent des informations sur la façon dont les auteurs abordés perçoivent eux-mêmes (et se positionnent par rapport à) cet implicite de la relation théâtrale. Certains travaux décrivent ainsi des stratégies de légitimation des sujets politiques, surtout dans les situations où la contrainte du pouvoir rend l'exercice dangereux. D'autres décryptent la volonté ou le génie de certains auteurs de ne pas être, politiquement, exactement là où le public attend que le texte se place. Tous dessinent un ensemble plus riche en lignes de fuite qu'en lignes de force, ouvrant des champs dans lesquels le lecteur poussera, en fonction de ses intérêts, ses propres explorations.

  • Entre la remise en question de l'intellectuel, qui n'aurait plus de rôle dans la société contemporaine, et de la négligence du texte malrucien, devenu supposément illisible parce qu'il soutient des thèses, S'engager : L'intellectuel dans l'oeuvre d'André Malraux s'approprie et relaie un admirable modèle : celui du texte politique et de l'intellectuel engagé. Avec Malraux, ce livre veut penser les rapports entre action, réflexion et création. Par une analyse des romans L'Espoir (1937) et Les Noyers de l'Altenburg (1943), il s'agit d'abord de définir un intellectuel engagé dont l'implication se lie avec cohérence à la critique, d'insister sur la responsabilité réciproque de l'action et de l'écriture et de montrer leur simultanéité et leur continuité. Par une lecture attentive des deux tomes autobiographiques du Miroir des Limbes, Antimémoires (1967) et La Corde et les souris (1976), il s'agit ensuite de comprendre comment, par le refus de l'aveu, de l'intimité et du privé, par l'autofiction, l'autoplagiat, la métamorphose de la matière vécue et l'invention d'un héros à l'image d'une collectivité utopique, par la retranscription d'innombrables conversations avec de petits et grands personnages, André Malraux imagine ce que devrait être la littérature engagée : musée imaginaire, lieu de discussion, participation à l'histoire, projet de société.

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