• Dans les rues de Paris et de sa proche banlieue, Ludovic Michaux a photographié les dispositifs mis en place pour empêcher les sans-abri de s'installer sur les trottoirs ou sous les porches des immeubles. Au cours de ses recherches, il découvre le long du périphérique un sans domicile fixe qui réalise de surprenantes installations à partir d'objets ramassés dans les poubelles. Arno Bertina a puisé dans ces photographies la matière chaotique et poétique d'une fiction à deux voix, celle d'un agent de surveillance du périphérique et celle d'un SDF. Leurs deux écritures soulignent en parallèle la violence d'une réalité sociale glaçante, bien que peu perceptible.

  • Elle marchait sous les platanes de l'avenue. Il arrivait en sens inverse. Ils allaient se croiser quand soudain elle s'est approchée, a tendu le bras et a dit : « Pardon monsieur, est-ce que je peux vous toucher? » Vingt ans plus tard, et sans que cette question n'ait cessé de les hanter, ils vont se revoir pour obtenir la réponse. Les mots de Claude Bleton font écho aux photos de Catherine Izzo dans une résonance sensuelle et mystérieuse. Leurs écritures intimistes - écriture dense et concise pour Claude Bleton, images en noir et blanc oniriques et troublantes pour Catherine Izzo - se répondent ici avec justesse.

  • Le 21 juin 2003, un mois après le terrible tremblement de terre qui frappa les environs d'Alger, Naghem L., jeune paysagiste, vient évaluer les dégâts occasionnés au célèbre jardin d'Essai. De retour après dix ans d'absence dans son pays natal, il traverse une ville meurtrie. Sa mission botanique prend rapidement la tournure d'une enquête policière, pour remonter jusqu'à la racine d'un vaste projet d'implantation coloniale camouflé dans les allées de ce « si parfait jardin »... À travers les photographies de Michel Denancé perce l'obscure lumière d'une nature sauvage et artificielle dont le personnage de Sofiane Hadjadj tente de dénouer l'histoire.

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