• C'est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément, où l'on ne sait pas très bien qui l'on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d'une guerre qu'il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d'autant plus forte qu'elle se fonde sur un déséquilibre : la famille de Baptiste est l'image d'un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui. Flanqué d'une grand-mère à l'accent prononcé, et d'une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Il entre dans une zone trouble où le sentiment d'appartenance est ambigu : vers où va, finalement, sa loyauté ?
    Écrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu'on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. L'auteur y explore les méandres des sentiments et le poids des traumatismes de l'Histoire.

  • Premier crayon

    Mathieu Bénézet

    À l'automne 2012, hospitalisé une première fois, l'auteur entreprend le long combat contre le mal qui finira par triompher de lui l'été suivant. Malgré l'affaiblissement et la lourdeur des traitements, il se met à remplir avec une sorte de calme dans l'urgence de nombreux carnets : en sortiront les pages lapidaires de ce Premier crayon, dont il révisera le manuscrit jusqu'au printemps suivant. Ces poèmes bouleversants, lumineux et loin de tout apitoiement, sont la réponse de l'art à la violence d'un destin. Ils sont aussi le livre ultime d'un grand écrivain d'aujourd'hui. Mais rien ne s'achève avec eux, bien au contraire. Leur titre le dit assez : c'est un nouveau cycle de l'oeuvre qui commence, que le temps n'effacera plus.
    /> Mathieu Bénézet a reçu quelques semaines avant sa mort le Grand Prix de Poésie 2013 de l'Académie Française.

  • « Les écrits de mon coeur Ne sont pas récités. Pas d'encre qui se meurt Sur le vierge papier. Ils se lisent dans mon regard Que je porte sur toi Et qui jamais ne s'égare, Même quand tu n'es pas là. » John Dee nous donne à lire un lumineux recueil qui décline les multiples facettes de sa muse. La femme aimée, dans toute sa singularité, est la source inépuisable de son inspiration poétique. Grâce à elle, il entre en résonance avec le monde qui l'entoure, créant un subtil jeu d'échos. La puissance grisante du désir, la beauté spirituelle et charnelle, sa simple présence, éveillent en lui les élans de la passion amoureuse. Des portraits aux couleurs chatoyantes viennent illustrer les rimes et permettent de mettre un délicat visage sur le prénom Vanessa.

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