• Depuis 1989, les Églises de l'autre Europe ont accompli un retour fracassant. Quelles sont-elles ? Que disent-elles ? Avec quelles réussites et avec quels risques ? Par le meilleur spécialiste de la question.
    Depuis 1989, les Églises de l'Est ont accompli un spectaculaire retour. Quel a été leur rôle dans l'ébranlement des régimes totalitaires ? Et comment se manifeste leur renaissance inespérée ?
    Aujourd'hui, leur influence explique en grande partie la méfiance des populations d'Europe centrale et orientale à l'égard du projet européen, perçu comme une menace pour leur identité culturelle et spirituelle. De leur côté, les Occidentaux ignorent bien souvent les particularités de ces communautés chrétiennes.
    Trente ans après la chute du Mur de Berlin, Hyacinthe Destivelle propose une présentation synthétique de l'évolution récente et des défis des chrétiens de l'Est : leur inégale vitalité, le réveil des Églises nationales, leurs tensions, mais aussi leurs rapprochements oecuméniques prometteurs.
    Un indispensable manuel de géopolitique religieuse.

  • Les Mémoires de Daniel Paul Schreber ont donné lieu à tant de commentaires psychiatriques et psychanalytiques que, cent ans après, cette foultitude a fini par frapper les esprits. Chacun voit midi à sa porte, tous reposent sur un a priori qu'un humoriste a su distinguer en notant que l'on dénomme « prière » le fait de s'adresser à Dieu, tandis que lorsque Dieu s'adresse à quelqu'un cela s'appelle « schizophrénie ».Plus récemment, une lecture anthropologisante a vu le jour. Il n'empêche, on n'a toujours pas lu ce texte de la façon dont Schreber souhaitait qu'il soit accueilli : comme l'avènement d'une vérité théologique dont l'importance n'est pas moindre que celle qu'a provoqué la venue du Christ en ce bas monde.Étroitement liée à l'expérience de martyre de son auteur, la théologie schrébérienne reconfigure les rapports de Dieu et de l'érotique en mettant celle-ci au service de celui-là. L'érotique s'en trouve dégagée du carcan hétérosexuel reproductif où elle végétait, ce que Dieu accrédite, car son existence désormais en dépend.Mission accomplie, Schreber sort de dix-huit années d'emprise psychiatrique, reconnu apaisé et libre de mener sa vie comme il l'entend.Béatitude, volupté, jouissance sont ici les termes clés qui, loin de se laisser ranger dans les variétés lacaniennes de la jouissance, lui font concurrence. C'est bien plutôt sur un autre point que Schreber croise Lacan, celui du rapport sexuel qu'il n'y a pas, déclarait Lacan, tandis que, tant par son expérience que dans sa pensée, Schreber atteste le caractère décidément peu assuré de cet « il n'y a pas ».Cet ouvrage est le second volet de L'Ingérence divine.

  • Écrites au IVe siècle, ces biographies ont été composées pour célébrer la mémoire d'évêques d'Asie Mineure, l'un connu par son épitaphe, l'autre par le récit de son martyre. Elles les présentent avec des traits hagiographiques, mettant en relief leurs vertus, la qualité et l'orthodoxie de leur enseignement, le succès de leur activité d'évangélisation et leurs pouvoirs de thaumaturge. Elles tracent le portrait idéal de l'évêque du IVe siècle, enseignant et garant de la vraie doctrine contre les déviations hérétiques, protecteur et bienfaiteur de sa cité. Elles témoignent aussi de la manière dont deux chrétientés asiates repensent leur passé païen et chrétien ou font remonter au IIe siècle les pratiques et les problèmes de leur époque.
    Si l'épitaphe d'Abercius et le récit du martyre de Polycarpe ont fait l'objet de très nombreuses études, ces deux biographies n'ont jamais été traduites en français. Elles sont restées peu connues, mais constituent un précieux témoignage sur la situation et les problèmes du christianisme en Asie Mineure au IVe siècle.
    Pierre Maraval est professeur émérite à l'Université de Paris-Sorbonne. Spécialiste de l'Antiquité tardive, il a publié dans « La roue à livres » l'Histoire secrète de Procope et les Histoires d'Agathias, les Lettres et discours de Constantin, et édité plusieurs textes aux Sources Chrétiennes. Il est également l'auteur de biographies de Constantin, Théodose et de Justinien.

  • Trois femmes exceptionnelles, Jeanne Guyon, Simone Weil et Etty Hillesum, trois vies marquées par l'expérience mystique. Chacune emprunte le long chemin du délaissement de soi, du dénuement, du renoncement à toute forme de satisfaction, pour parvenir à une parfaite « indifférence », une disposition à ne pas faire de différence, apprendre à tout accueillir avec la même générosité désintéressée, au-delà du bien et du mal.

    « Ce sont de belles âmes, si l'âme veut dire le courage à supporter l'intolérable de son monde. C'est à leur manière d'y faire tête que les amis se reconnaissent, disait Lacan. Ainsi les ai-je toutes trois choisies : ce sont des âmies. Avec chacune je me suis embarquée comme pour une traversée, me laissant transporter sans savoir vers quel port ou quel naufrage. J'ai connu avec elles de grands bonheurs, mais aussi d'amères déceptions et des chagrins sans consolation. [...] Guyon, Weil, Hillesum, nous serviront-elles de guides vers le pays respirable, le pays du réel dont elles eurent la passion ? » C. M.
    (« La Vie parfaite », Gallimard, 2006)

  • Philippe Buc, Professeur d'Histoire du Moyen Âge à Stanford (USA), aujourd'hui à Vienne (Autriche), examine l'impact que la théologie a eu sur les formes spécifiques qu'a pris la violence de masse dans les cultures chrétiennes, ou marquées par le Christianisme. La méthode d'interprétation des Écritures pratiquée depuis les premiers siècles explique plusieurs traits particuliers de la violence en Occident au fil des siècles : la coexistence entre guerre civile et guerre extérieure ; le sens que le conflit matériel passe aussi par une guerre interne contre les vices ; et enfin, la dialectique paradoxale entre guerre et paix, toutes deux des valeurs. Cette dialectique a engendré et maintenu la doctrine de la guerre juste, qui justifie à la fois l'intervention militaire et en limite la portée.

  • La vie quotidienne des Français sous la botte et sous les bombes, de Lille à Nice, de Brest à Strasbourg.Images de Brest pendant les bombardements, enquête sur les mystères de la libération à Bordeaux, tableau du marché noir à Lille, réalité de la résistance à Nantes...
    Interviews, reportages, témoignages... Voyage dans la France occupée réunit les enquêtes que des journalistes et correspondants de
    L'Express ont fait sur la période 1940-1945 dans les villes du territoire français. L'ensemble de ces petites touches précises forme un tableau particulièrement vivant de la vie quotidienne des Français sous la botte et sous les bombes.
    Textes extraits des archives de
    L'Express.

  • « La vie d'Émile Biayenda Est une pluie abondante Qui arrose tout le Congo De nombreuses grâces divines. Son martyre est le fumier Dont Dieu s'est servi et se sert Pour arroser le sol congolais Afin d'y faire germer l'unité. Biayenda est un vrai témoin. La mort ne l'a jamais arrêté, La terre ne put l'engloutir, Sa tombe est un sanctuaire. » (Extrait de La Vie d'un témoin.) À travers ses diverses actions bienfaitrices et paroles spirituelles perpétuellement relayées, Émile Biayenda, premier cardinal de la République du Congo, continue de prêcher la paix plus de quarante ans après sa disparition. Dans ce prolongement, l'ouvrage de Gabriel Massembo exprime son admiration et son immense respect pour le cardinal-prêtre dont il retrace le parcours, comme un modèle de vie à suivre : Émile Biayenda demeure une personne qui inspire à relever les défis de l'église contemporaine et appelle à l'unité. Le vibrant hommage de Gabriel Massembo, célébrant un être d'une sagesse grande et distinguée, participe à la fortification et à l'élévation de la foi, tout en rallumant l'espoir d'un monde meilleur.

  • Le clergé chrétien s'est essentiellement attaché à organiser la dévotion à saint Jean autour de son rôle de baptiste, qui l'établit comme Précurseur du Christ. Mais Jean ne s'est pas contenté de venir en Précurseur pour prêcher la pénitence aux hommes ; il a aussi connu une mort, interprétée par les chrétiens comme un martyre. Loin que l'histoire se close ici, la tradition populaire, une fois le récit de la décapitation de Jean fixé par les évangiles, a utilisé ce thème comme support de nombreuses croyances, légendes et cultes qui ont su lui prêter, en retour, une ampleur nouvelle au moyen d'une véritable exégèse populaire qui peut s'observer jusque dans les représentations sacrées. Ce sont quelques-unes de ces traditions, forgées en marge du récit évangélique, que Claudine Gauthier analyse dans cet ouvrage, en les envisageant au regard du complexe mythologique et culturel qui les sous-tend et dont elles ont transformé le sens. Car, comme le dit Michel Tardieu dans sa préface : « Il y a plus d'un mort dans la mort de Jean-Baptiste. » Mais toutes les traditions ethnographiques relatives à saint Jean décollé ne peuvent se résumer ainsi. Suivant toujours le fil de saint Jean décollé, Claudine Gauthier montre également que l'hagiographie doit parfois être lue d'un point de vue différent, en considérant l'influence du politique sur la construction de certaines vies de saints. Étudiant le rôle dévolu à l'image du chef de saint Jean lors de l'accompagnement rituel du condamné à mort par des confréries de pénitents répandues en Italie et dans la France méridionale, elle nous permet également de saisir toute la complexité du concept de « bonne mort » dans le monde médiéval.

  • Il aura fallu cinq ans avant qu'Élisa T. ne se décide à nous servir le reste de sa vie. Violentée et abusée physiquement par sa mère et le concubin de cette dernière pendant seize ans, cette seconde enfant, d'une famille de dix, sera retirée in extremis de sa famille grâce à l'intervention efficace de son directeur d'école.

    Après une difficile période d'adaptation dans des foyers d'accueil, la courageuse adolescente découvrira peu à peu le monde extérieur. Élisa quittera tôt l'école pour se trouver un premier travail dans un restaurant. Toutefois, elle n'oublie pas son passé, et aidera quelques frères et soeurs, restés dans ce qu'elle appelle «l'enfer», à quitter cette maison «maudite».

    Elle trouvera son «prince charmant», elle enfantera d'une première fille dans l'ignorance et la solitude et, enfin, se mariera pour prouver à sa mère qu'elle avait tort de lui prédire qu'aucun homme ne voudrait jamais d'elle.

    Afin de se vider le coeur une fois pour toutes, elle se met tranquillement à la rédaction de son journal intime qui raconte avec force détails ses seize années d'enfant abusée. Élisa, par ses deux écrits sincères, demeure un exemple vivant de courage pour tous.

  • La mal-aimée

    Elisa T.

    Faute de pouvoir tout effacer, les enfants violentés, une fois adultes, peuvent-ils aspirer normalement à être heureux? Leur carte du ciel est-elle à ce point immuable?

    Après Des fleurs sur la neige et Un noeud dans le coeur, Élisa va plus loin. Elle nous demande de la suivre dans sa vie d'adulte pour mieux nous faire voir jusqu'où une enfance malheureuse peut être dommageable psychologiquement pour la victime.


    Dans La Mal-aimée, l'auteure nous ouvre toutes grandes les pages de son journal intime et nous fait palper, en quelque sorte, sa difficile recherche d'affection. «J'ai mal à l'amour» dira celle que le bonheur a oubliée.


    À un moment de sa vie, Élisa T. découvre le livre Ces femmes qui aiment trop de Robin Norwood et s'y reconnaît de pied en cap. C'est après cette prise de conscience sur elle-même qu'elle écrira: «J'avais choisi pour compagnon de vie la réplique exacte d'Arthur. Arthur qui a gâché mon enfance, Arthur qui représente tout ce que je déteste, Arthur dont jusque-là je n'avais jamais pu comprendre comment ma mère avait pu le choisir et même ensuite l'épouser. Et pourtant, comme une véritable malédiction, j'avais inconsciemment refait le choix de ma mère.»

    Un peu après la parution de ce troisième livre, Élisa T. s'inscrira à des séances de thérapie afin de se libérer totalement de cette emprise que le passé semble avoir sur elle.

  • Vingt ans d'abus physiques et moraux, racontés avec émotions dans ses trois premiers livres entre 1985 et 1996, ont laissé Élisa T. démolie dans sa vie sociale, amoureuse et affective; jusqu'à ce qu'elle se décide enfin à porter plainte contre ses agresseurs en 2005. Pour que justice de fasse!

    Ainsi, grâce à l'appui d'un frère et d'une soeur qui ont, eux, décidé d'avouer l'inavouable, elle rencontrera de nombreux professionnels qui l'épauleront durant un long et douloureux processus judiciaire qui durera près de cinq ans. Au terme de tout ceci, en 2009, sa mère et son conjoint seront accusés, jugés coupables et sentenciés, bouclant ainsi la boucle commencée dès la naissance d'Élisa. La justice déclarait ainsi haut et fort que des parents n'ont pas tous les droits et que nul n'est intouchable.

    Et comme la vie suit invariablement son cours, pendant ces années tumultueuses, les enfants, parents, confrères et consoeurs de travail, amies et amoureux d'Élisa croiseront son chemin, parfois brièvement, d'autre fois pour une plus longue période, mais tous de façon indélébile. Car l'existence est ainsi faite...

  • La collection "Je sais, je crois" se présente comme la plus complète et la plus simple de toutes les Encyclopédies destinées au public chrétien. En cent cinquante petits volumes, tout ce qu'un catholique peut désirer connaître sur n'importe quel sujet où sa religion est impliquée se trouve exposé clairement, de façon accessible à tous. La liste des sujets qui y sont abordés (telle qu'elle figure dans les dernières pages du présent ouvrage) montre assez l'ampleur de cette entreprise dont il n'existe aucun équivalent. Chaque sujet est traité par un des meilleurs spécialistes, choisi autant pour ses qualités d'exposition que pour la solidité de sa science.

  • Sale guerre : l'invasion du Mexique Nouv.

    Aux sources de l'impérialisme américain, se trouve la terrible conquête de territoires mexicains. Cette guerre extrême de colonisation est advenue au milieu du XIX e siècle. Mais, aujourd'hui, le traumatisme de la première minorité aux Etats-Unis reste entier. Hier raconte aujourd'hui dans cette plongée abyssale au coeur d'un passé qui ne passe pas :
    S'il est une amnésie dans la mémoire, l'histoire et la conscience contemporaine, c'est l'invasion du Mexique par les États-Unis en 1846-1848. Pour les Nord-Américains, elle n'a pratiquement pas existé. Pour les Européens, elle représente un détail. Pourtant l'annexion de plus de la moitié du territoire d'un pays ne saurait être anecdotique. Et d'autant plus que cette annexion a annoncé toutes les sales guerres du XXe siècle.
    /> Pour la première fois, Éric Taladoire, spécialiste du Mexique, décrit la disproportion des forces, les atrocités commises, le racisme à l'oeuvre, la politique de superpuissance mise en acte. Le tableau inédit qui en ressort vient écorner le roman national d'une Amérique patrie de la liberté et de la démocratie. C'est là toute la raison de notre méconnaissance totale de ce conflit prototypique.
    Grâce à une documentation exigeante qui démolit les fausses évidences sur cette guerre abominable et qui éclaire ses conséquences encore aujourd'hui prégnantes de part et d'autre du Rio Grande, ce livre constituera l'ouvrage de référence sur la guerre du Mexique. Tout en offrant un aperçu salutaire sur la face obscure des USA.

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