• Il n'avait rien demandé de tout ça. Les signes, les oiseaux, et cette femme qui le suit depuis sa naissance. Il n'avait rien exigé de la société que la possibilité de vivre en paix, lui, l'enfant muet. Il n'espérait rien d'autre des hommes que leur confiance et leur amitié, lui qui se débat dans cette camisole. Et ce prénom, Moanam, qui ne veut rien dire... Moana, c'est l'océan, alors pourquoi ce « m » de trop, comme une mauvaise fin annoncée à l'histoire de sa vie.
    L'autre n'avait pas prévu que la rencontre de ce gamin allait l'éloigner autant de lui-même, ou de l'idée qu'il pouvait en avoir. Il aurait dû pouvoir maîtriser la folie qui emplit tout l'espace, tel un fluide. Mais il n'est pas fou ! Non, il ne peut pas être fou. Pas lui...
    Alors comment expliquer ? Accepter la vérité, c'est prendre le risque d'inviter la folie. Faites attention. Car cet « autre », cela pourrait être vous...

    Moetai Brotherson inscrit les histoires dans l'Histoire, et tresse les fils du réel à ceux des légendes. Passionné par son pays et sa culture, il s'exile pourtant à New York. Là, il vivra directement les événements du 11 septembre 2001. Paradoxalement, il écrit par amour de l'oralité, le livre n'étant que la partition d'une mélodie que chaque lecteur est libre d'interpréter. En 2017, il est élu député à l'Assemblée nationale, et en 2018 représentant à l'Assemblée de Polynésie.

  • Ça peut sembler loin du sujet, de ce serial killer qui se permet de buter des femmes en pleine nuit sans jamais être trouvé pendant des décennies, de ces quatre, peut-être cinq, six autres tueurs en série qui agissent en même temps dans le même quartier de la ville, de cette centaine de femmes disparues à tout jamais et dont on ignore pour encore une grande partie d'entre elles ce qui a pu leur arriver, ou même qui les a tuées.
    Mais le racisme, la police, la violence, les émeutes, c'est au coeur de South Central. Et au coeur de cette histoire.
    L'histoire de ces parents qui doivent se contenter d'un seul passage des flics pour apprendre que leur fille est morte, et ne jamais en savoir davantage.

  • Dans ces entretiens autour du bilinguisme et de la langue créole, Charles Melman montre que si la psychanalyse est à l'heure actuelle souvent condamnée comme rétrograde, elle est au contraire parfois capable d'invention. De ces séminaires en Martinique, étalés sur dix années, sont publiés ceux au cours desquels ont été mises au travail les questions posées par le bilinguisme créole-français. à chacun des séminaires et avec un abord toujours différent, Charles Melman a eu le souci de montrer en quoi les conséquences subjectives complexes de la distorsion des lois de la parole et du langage - dont s'est soutenue la colonisation esclavagiste et racialisée (CER) - concernent « des problèmes généraux de notre rapport à la langue et à l'habitation qu'elle nous donne en tant que parlêtres », soulignant la dimension de jouissance traumatique de l'esclavage dans laquelle ces questions restent engluées aux Antilles.

  • Ce texte d'une violence clinique exceptionnelle est le récit d'une "expérimentation" sur deux enfants jumeaux élevés sans contact avec la parole humaine. La violence s'infiltre peu à peu dans le récit amoral conduit sur un ton détaché, sans recherche d'effet spectaculaire, d'une écriture précise et ciselée de poète.

  • Prix Amic de L'Académie Française 2011 Préfacé par Boris Cyrulnik Nabisouberne, un drôle de nom pour une drôle de vie. Depuis la disparition de son père, celle que l´on surnomme « Bisou » s´est enfermée dans un silence de mort. La peur de la sépar

  • Journal d'un silence

    Michel Manière

    "Qu'est-ce que c'est que ce silence ?" demande la femme. Et l'homme, au lieu de s'empresser de refermer par une réponse toute faite la brèche ouverte par la question, et ainsi tuer dans l'oeuf toutes les insinuations promptes à proliférer, marque un temps... interroge à son tour ce silence... et tombe dedans. Dès lors il va se taire et, depuis sa retraite, tenir, des mois durant, le journal de ce qui lui arrive, de ce qu'un tel silence déjoue entre les êtres d'enfermements, de sentiments convenus, d'itinéraires tracés d'avance. Et s'entrouvrir ainsi, peut-être, les portes d'un nouveau possible...

  • Anéantie par la mort de sa petite fille, trahie par son mari, Irma Lee Shraeder prépare minutieusement son suicide. Au moment de boire le verre d'eau dans lequel la poudre fatale est déjà dissoute, Janet, sa cousine bien-aimée, surgit inopinément et lui fait une surprenante proposition : embarquer sous un faux nom à bord du Constantinople à destination du Pirée. Vidée de ses derniers mots, Irma ne peut qu'accepter. Elle traverse la Méditerranée puis la Grèce comme un fantôme, muette, pour finalement s'échouer au milieu des ruines de la cité antique de Delphes. Là-bas, devenue une ombre parmi d'autres ombres, elle fait le deuil de son passé et revient peu à peu à la vie. Susan Glaspell (1876-1948) est une actrice, dramaturge et romancière américaine, surtout connue pour ses pièces de théâtre (prix Pulitzer en 1931). Auteur à succès, féministe avant l'heure, oubliée puis redécouverte, elle est aujourd'hui unanimement reconnue.

  • L'institut

    Laetitia Laosakoune

    Ancienne enfant battue, secourue par un pensionnaire sourd vivant dans l'institut où travaillait sa mère, Julie se voit obligée, vingt ans plus tard, d'y retourner.
    Elle retrouve Alexandre, son sauveur et confident avec qui elle n'a jamais réussi à couper les ponts. Ce dernier, étrangement mystérieux depuis son arrivée, se voit contraint de lui confier son lourd secret concernant son rôle au sein de l'établissement et sa nature cachée qui l'oblige à y vivre reclus.
    En parallèle, Agathe, jeune femme muette suite à un traumatisme, se voit appelée sans raison, chaque nuit, par la « Géhenne », univers froid qui voit ses rues remplies des pires individus. Elle se retrouve alors prisonnière du lieu, surveillée par des gardiens... des gargouilles mangeuses de chair humaine.
    Une guerre éclate et les deux filles que tout oppose se rapprochent et s'unissent pour survivre. Sans le savoir, elles sont d'une importance capitale pour les créatures des différents mondes qui les entourent.

  • Mick, garçonne passionnée et ambitieuse, erre en solitaire dans les rues du sud profond des États-Unis, happée par la musique qui s'échappe des fenêtres. Au café de Biff, Mick observe John Singer, le fascinant muet au calme olympien. D'autres personnages aussi originaux qu'attachants évoluent autour d'eux, se croisent sans se rencontrer. Ils se regardent avec une curiosité pleine de tendresse face à la cruauté de la vie et à la pauvreté, portés par leurs rêves et leur soif de justice.

    « Au bout de quelque temps, Mick sut quelles maisons captaient les émissions qu'elle voulait entendre. Une maison, notamment, recevait tous les bons orchestres. Le soir, elle y venait, et se glissait dans le jardin obscur pour écouter. Cette maison était entourée de superbes massifs, et Mick s'asseyait sous un buisson près de la fenêtre. Et quand c'était terminé, elle restait dans le jardin, les mains dans les poches, à réfléchir longuement. » C. McC.

  • Nous avons tous des rendez-vous importants avec le destin ! Ces rendez-vous, ce sont les expériences significatives de la vie. Extraordinaires, périlleuses, bouleversantes, magiques, audacieuses, destructrices, inspirantes ou juste nécessaires, elles s'additionnent au fil du temps pour former notre puzzle existentiel. C'est dans l'alternance de ces instants forts en émotions que nous nous construisons. La singularité de chacun détermine le trajet. Un voyage semé d'embûches, mais aussi jalonné de moments de bonheur et d'espoirs.

    À travers son récit, de l'enfance à l'âge adulte, Payal nous raconte son parcours, depuis la découverte de son mutisme jusqu'à cette décision qui transformera sa différence en force. Il bouscule cette norme sociale qui pèse si lourdement, et prouve, une fois encore, que la différence, quelle que soit sa forme, peut être source d'une incroyable richesse. Une richesse dont on se prive, par manque de tolérance. Il nous dévoile sa quête identitaire, armé d'optimisme, de compassion, de détermination et d'humour. Un petit pas de plus vers l'autre, pour défaire les noeuds, renverser la vapeur et inspirer les générations futures qui relèveront les défis de demain.

    Peu importe l'itinéraire, il est toujours possible d'arriver à bon port, car « là où il y a une volonté, il y a un chemin... » N'essayez pas de trouver la clé du bonheur, les portes sont grandes ouvertes pour celui qui se laisse porter par son intuition profonde...

    À vos marques, prêts, rêvez...

  • Myrianne Dumont n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie. En plus d'être muette et de se considérer comme une mocheté, elle a perdu sa mère en venant au monde, en plus d'être abandonnée par son père. Mais la vie n'est pas si cruelle et réserve à tous son conte de fées, surtout à ceux qui se permettent de se laisser pénétrer par le rêve; celui qu'on n'a pas eu, celui qu'on a voulu, celui que l'on a tué, celui qui nous étouffe.

    La chance de Myrianne aura été de trouver son prince charmant, mais aussi de découvrir en elle des forces insoupçonnées. Celle de son amoureux, Don Richard, qui croyait initialement trouver son bonheur dans la célébrité et la richesse, a été de retrouver en lui la simplicité de l'amour partagé.

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