• Le Mont analogue, l'oeuvre maîtresse de René Daumal, ne sera découverte qu'après sa mort. Dans ce récit, le poète du Grand Jeu embarque le lecteur dans un voyage initiatique vers le Mont Analogue, mystérieux et invisible sommet, objet de tous les fantasmes. Pierre Sogol, curieux monsieur, convainc le narrateur de l'accompagner dans une quête qui les conduira à traverser le Pacifique, avant d'accoster à l'énigmatique Port-des-Singes. Ils entreprendront de gravir le Mont, sans atteindre le sommet : Daumal mourra avant d'avoir terminé son récit.
    Mythique, inaccessible, le Mont Analogue demeurera un mystère pour l'auteur et ses lecteurs. Horizon lointain et pénétrant, le Mont, par sa puissance allégorique, fascinera plusieurs générations d'artistes et inspirera à Jodorowski sa Montagne sacrée.

    Entre 1922 et 1925, René Daumal (1908-1944) est élève au lycée de Reims, où il fait la connaissance de Roger Gilbert-Lecomte, Robert Meyrat et Roger Vaillant. Il se lance dans l'étude du sanskrit et multiplie les expériences sur l'état de la conscience dans les phases de sommeil. Avec ses camarades, il fonde en 1928 une revue : Le Grand Jeu. Après la publication d'une recueil de poèmes Contre-ciel (1935) puis de La Grande Beuverie (1939), il se lance dans la traduction de textes hindous.

  • La primauté du mot comme origine du sacré prend une importance particulière dans la tradition juive. Dans ce texte lumineux, Gershom Scholem montre comment la mystique juive a relié le nom et la révélation. Ce que d'autres religions accordent à l'image sacrée, représentation du divin, le judaïsme le confie à la parole, à l'invocation. Pour la Kabbale, la Création émane du nom de Dieu, toute chose ayant été créée à partir des 22 lettres de l'alphabet. Ainsi, le travail sur la langue devient la tâche principale de la mystique juive. À l'origine de chaque forme linguistique est, précisément, le nom de Dieu, dont les variations infinies intéressent la science prophétique : un art combinatoire vertigineux à même de faire de la langue de la raison un langage sacré.

    Gershom Scholem (1897-1982) a édité et diffusé les grands textes de la Kabbale et conféré à l'étude du mysticisme juif le statut de discipline à part entière. Il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire et à la philosophie religieuse du judaïsme : Les Grands Courants de la mystique juive, Les Origines de la Kabbale ou encore La Kabbale et sa symbolique. Il fut lié d'une profonde amitié avec Walter Benjamin, qu'il rencontre pour la première fois dans un café de Berlin.

  • Délire d'amour

    Ian Mcewan

    La vie tranquille de Joe Rose, faite de bonheur conjugal et de certitudes scientifiques, bascule le jour où il est impliqué dans un accident mortel. Parce qu'il se sent coupable, mais surtout parce qu'il fait ainsi la connaissance d'un jeune homme, Jed, qui lui voue sur-le-champ un amour aussi total qu'inexplicable, aussi chaste que dévorant. Car Jed, qui veut guérir Joe de son athéisme, est convaincu que leur rencontre a été voulue par Dieu, et que cet amour est forcément réciproque. Débute alors un harcèlement terrifiant, qui bouleverse l'existence de Joe et le confronte à ses propres démons...
    Délire d'amour, sommet d'humour noir et de cruauté, constitue un nouveau tour de force de Ian McEwan, qui nous plonge au coeur d'une obsession destructrice et contagieuse, où l'amour est plus dangereux que la haine.

  • Ce texte d'un poète mystique du Xe siècle, connu en un seul manuscrit, obscur, avait été édité une seule fois et laissé dans l'abandon jusqu'aux années 1960, où le poète Adonis, grand tenant du modernisme en poésie arabe, le découvrit et le fit connaître à un large public. Aujourd'hui, cinquante années plus tard, il en a entrepris la traduction française avec Donatien Grau. Dans ces soixante-dix-sept extases, Dieu s'adresse à l'être humain et lui dévoile les mystères de son existence. Cette traduction, au plus près du texte, en rend les images saisissantes, et permet de découvrir la richesse d'une des plus grandes voix poétiques, dont on ne sait rien. De la mer au ciel, de la robe à l'interstice des mains de Dieu, c'est tout le voyage essentiel de la vie humaine qui s'en trouve révélé. Cette oeuvre, cachée pendant plus de mille ans, composée dans l'Irak actuelle, apparaît comme un des chefs-d'oeuvre du mysticisme, contre toute religion institutionnalisée : les expériences décrites refusent tout cadre, et constituent un manifeste pour la liberté de l'être humain, quand il accepte de se livrer sans doute à l'absolu. Al-Niffari est poète. Adonis est poète. Donatien Grau est philologue.

  • La Voix écrite retrace un cheminement entre médecine et écriture, accompagné par l'amitié d'un vieil homme. Une cartographie intime qui n'est pas sans rappeler les récits autobiographiques des auteurs spirituels. Interrogeant le rôle possible de la littérature dans les temps incertains, ce récit sonde ce qui y résiste et nous soutient, et suit les tâtonnements de cette subjectivité mouvante, sans frontière, que les mots savent si bien façonner et éroder en même temps.

  • La figure de Sabbataï Tsevi, le messie de Smyrne, hante l'histoire juive ainsi que l'histoire des mouvements apocalyptiques, d'autant qu'elle est restée très longtemps totalement inexplorée. Cette grande oeuvre de Gershom Scholem entreprend une évocation détaillée du personnage, qui, dans toute l'Europe et en Orient, apparut comme le messie. C'est le fond même de la vague à la fois insurrectionnelle et religieuse qui est sondé à travers ses manifestations publiques comme à travers ses récits. Comment presque tout un peuple a cru à un moment à la fin du monde et s'y est activement préparé, comment le fol espoir de délivrance bouleversa les données historiques concrètes et l'ordre social ordinaire pour s'effondrer ensuite et jeter dans le désarroi le monde juif abusé, c'est la question à laquelle ce livre tente de répondre. Aborder l'histoire dans l'horizon de ce qu'imaginent les hommes et non sous l'angle étriqué de leurs conditions d'existence matérielle, tel est l'apport de Gershom Scholem à la démarche historique qui la renouvelle en profondeur.

  • Le discours des sciences humaines décrit, errant parmi les foules normalisées, un homme voué à la solitude, régime contemporain des subjectivités. Mais il n'éclaire en rien le statut, la fonction et la signification de cette solitude. N'est-il pas plus pertinent de parler des solitudes ?

    L'idée d'une solitude contemporaine est problématique du point de vue de la psychanalyse, car elle ne peut être cernée sans la référer à l'Autre. Ce nouage permet de penser des formes possibles de la solitude.

    De la solitude originelle de l'enfant à celle de l'esclave, où la violence subie a produit des effets ravageants toujours actuels, en passant par la solitude radicale de la folie et enfin par la solitude réelle où le sujet est poussé aux limites du langage, la solitude contemporaine plurielle reste corrélative de l'implication du sujet dans le politique et l'histoire, qui scandent sa présence au monde. Des auteurs français et antillais font entendre les différentes variations de leurs voix.

  • Cet ouvrage est le premier d'une série de trois, conçus comme autant de colis que l'auteur adresse aux prisonniers de Dieu, prenant ainsi le relais d'un père qui, durant la Seconde Guerre mondiale, s'employait à adresser des vivres aux soldats français originaires du village méridional qu'il habitait et captifs de l'armée allemande.
    L'ingérence divine I prend acte de ce qu'en dépit de l'annonce nietzschéenne de sa mort, Dieu, ou plus exactement ses fantômes, hantent encore les esprits, investissent les corps. Plusieurs livres en témoignent, que l'auteur questionne, non sans en retour se laisser enseigner par eux.
    Certains d'entre eux s'emploient à redonner sa place au Dieu du christianisme en faisant fond sur l'annonce de la mort de Dieu comme pour mieux en renverser l'incidence (Jean-Luc Marion, avec L'Idole et la distance, Bernard Sichère avec L'Être et le Divin) ; à l'opposé, d'autres tentent d'en finir avec Dieu et ses ombres (Jean-Christophe Bailly, avec son Adieu. Essai sur la mort des dieux) ; d'autres, enfin, font état d'une tension critique cependant jugée inéliminable dans le rapport de chacun à Dieu (Pier Paolo Pasolini, avec Théorème, le film et le livre, Romeo Castellucci, récemment au théâtre).
    C'est à ce dernier courant que peuvent être rattachés les séminaires et les écrits de Jacques Lacan. Son voisinage avec le catholicisme n'a jusqu'à présent jamais été envisagé en lui-même. Se pourrait-il que certains de ses concepts en soient marqués au point d'en restreindre la portée ? D'être porteurs d'équivoques ? De devoir s'en passer ? Ainsi par exemple, la banalisation actuelle du concept de grand Autre ne tient-elle pas au fait que ce grand Autre reste une figure de Dieu ? Claude Lévi-Strauss et d'autres avec lui le pensaient.
    Optant cette fois pour une démarche différente de celle mise en oeuvre dans L'Amour Lacan (2009), Jean Allouch revisite ces concepts à partir de diverses problématisations contemporaines de la mort de ce Dieu qui, disait Lacan, « n'a pas encore fait son exit ».

  • Trois femmes exceptionnelles, Jeanne Guyon, Simone Weil et Etty Hillesum, trois vies marquées par l'expérience mystique. Chacune emprunte le long chemin du délaissement de soi, du dénuement, du renoncement à toute forme de satisfaction, pour parvenir à une parfaite « indifférence », une disposition à ne pas faire de différence, apprendre à tout accueillir avec la même générosité désintéressée, au-delà du bien et du mal.

    « Ce sont de belles âmes, si l'âme veut dire le courage à supporter l'intolérable de son monde. C'est à leur manière d'y faire tête que les amis se reconnaissent, disait Lacan. Ainsi les ai-je toutes trois choisies : ce sont des âmies. Avec chacune je me suis embarquée comme pour une traversée, me laissant transporter sans savoir vers quel port ou quel naufrage. J'ai connu avec elles de grands bonheurs, mais aussi d'amères déceptions et des chagrins sans consolation. [...] Guyon, Weil, Hillesum, nous serviront-elles de guides vers le pays respirable, le pays du réel dont elles eurent la passion ? » C. M.
    (« La Vie parfaite », Gallimard, 2006)

  • Ce livre retrace les origines, les fondements, les figures et les prolongements de l'alchimie, aussi appelée Grand OEuvre. Cette discipline se fonde sur les théories de la matière et recouvre un ensemble de réflexions en rapport avec les métaux. Transmuer le plomb en or grâce à la pierre philosophale ou utiliser l'alchimie comme thérapie, tels sont les objectifs de cette pratique qui s'accompagne de spéculations philosophiques, mystiques ou spirituelles.


    Un texte de référence Un auteur spécialiste Un ouvrage accessible

  • Ouvrage le plus lu d'Henri Suso, L'Horloge de la Sagesse a connu un succès analogue à L'imitation de Jésus-Christ. Mais, ce livre, paradoxalement, n'était plus accessible en français, d'où l'intérêt de cette nouvelle traduction.
    Ainsi pourra-t-on voir comment Henri Suso, ce disciple de maître Eckhart, propose un chemin spirituel, axé sur l'imitation du Christ dans sa Passion, dont L'horloge marque les différentes heures dans la journée. Avec cet ouvrage, qui reprend en latin le Petit Livre de la Sagesse éternelle, Suso se présente comme le Serviteur de la Sagesse éternelle et prépare déjà le tournant de la mystique rhénane à la Devotio moderna.
    Pour la première fois, L'Horloge de la Sagesse est publié avec l'essentiel de l'iconographie qui lui a été consacrée, non seulement dans le manuscrit de Bruxelles, mais aussi dans nombre d'autres manuscrits, qui en scandent les différentes étapes.
    Henri Suso (1295-1366) est l'un des mystiques rhénans. Il passe la majeure partie de sa vie à Constance, où il entre au Couvent des Dominicains, avant d'être envoyé à Ulm en 1347/1348. Sa Vie est retracée dans l'Exemplar.

  • Les Mémoires de Daniel Paul Schreber ont donné lieu à tant de commentaires psychiatriques et psychanalytiques que, cent ans après, cette foultitude a fini par frapper les esprits. Chacun voit midi à sa porte, tous reposent sur un a priori qu'un humoriste

  • Bombardée

    Roma Lebens

    "Je suis entrée dans une spirale infernale". Prof de philo dans un lycée de Lille, Marie-Ange Bobinet, dite "Ange", dénonce un collègue pour relations intimes avec une de ses élèves mineures. À partir de ce moment, en l'espace de trois mois, sa vie va basculer. Elle subit des épreuves dans tous les domaines. Intelligente, cultivée, rigolote et séduisante, Ange est aussi candide, gentille, compatissante, éprise de justice, ce qui va la mener à sa perte. 
    Des rencontres amoureuses souvent déstabilisantes, de nombreux projets, un contact virtuel avec un Londonien d'extrême droite, la difficulté d'élever seule sa fille épileptique, la ruse qu'elle doit exercer pour dénoncer son collègue sans l'appui du lycée, l'usage semi-involontaire de drogues, l'entraînent rapidement vers le délire.
    /> En séjour à Berlin pendant le congé scolaire qui suit sa dénonciation, elle se retrouve dans une chaîne d'événements dramatiques, et parfois comiques, qui vont la conduire à la clochardisation et à la lisière de la prostitution. Elle se fait voler, violer, abuser. Elle rencontre aussi l'amour de sa vie, du moins elle le croit. Elle se retrouve internée de force en psychiatrie, où on la diagnostique bipolaire. Pourtant, est-elle tout à fait folle ? Ne serait-elle pas, tout de même, guidée ? Où est la frontière entre la mystique et la folie ? Entre la révolte contre toute forme de pouvoir et la paranoïa ? Entre la passion amoureuse et l'amour universel ?

  • "An 217 de l'ère chrétienne.
    L'empereur Caracalla vient d'être assassiné en Mésopotamie. Profitant de l'événement, trois princesses syriennes, avides de pouvoir, intriguent pour placer sur le trône de Rome l'héritier mâle de leur dynastie, le jeune Varius. A force de complots, elles parviennent, contre toute attente, à faire proclamer l'adolescent imperator par les légions d'Orient. Le règne le plus décadent de l'histoire romaine commence : durant trois ans et neuf mois, Rome va vivre au rythme des caprices, des extravagances et des provocations de ce jeune homme de quatorze ans, immature et fantasque, que rien ni personne n'a préparé à assumer une telle dignité.
    Adorateur mystique d'une étrange divinité orientale incarnée dans une pierre noire, l'Elagabal solaire, dont il est le grand prêtre, enfant prodigue et imaginatif, homosexuel et travesti, celui que l'Histoire ne connaîtra que sous le sobriquet d'Héliogabale va offrir le spectacle de tous les excès et de toute la démesure que lui inspirent la quête obsessionnelle du plaisir, l'ivresse du pouvoir suprême et la haine de l'ordre établi.
    Surpassant Tibère dans les molles voluptés, Caligula dans la cruauté, Néron dans la folie esthétique et théâtrale, l'enfant-empereur n'aura de cesse de choquer et de scandaliser le vieux monde latin pourtant accoutumé aux excentricités et aux débauches de ses prédécesseurs. Mais derrière lui, s'agitent les ombres inquiétantes de sa grand-mère, de sa mère et de sa tante, qui s'inquiètent de voir la pourpre leur échapper...
    Détesté par le Sénat romain, exécré par l'armée, rejeté par sa famille, l'empereur honni saura-t-il trouver d'autres soutiens que ceux de ses mages et de ses amants ?"

  • Les voix

    Solal Rabinovitch

    Les voix des hallucinés, ces voix que nous n'entendons pas, permettent de saisir en creux, en négatif, ce qu'est la voix dans son essence aphonique, sa place et sa fonction dans la structure du sujet. Se séparent alors dans la voix parole et sonorité, énonciation et pulsion ; la voix comme objet Iacanien disjoint ce que réunissait l'entendu freudien.

    Parce qu'elle ne se survit pas, la voix est de l'irrémédiablement perdu, où se dévoile par là même que la perte découle du signifiant. La voix est donc à la fois l'énonciation où le sujet se perd, et l'objet qui lui manque. Elle est parole du sujet mais aussi désir de l'Autre. Elle est pulsion et altérité. Elle est présence muette, existence.

    La voix est une faille. Les voix la comblent.

    Pure sonorité détachée des mots qu'elle prononce, suspendue parfois à une modulation au bord de l'exténuation, empruntée parfois par le timbre d'une autre, la voix est hors corps dans la névrose, revenant ou fantôme dans la psychose.

    Dans la faille de la voix se superposent le trou dans la parole qu'est l'énonciation, et le trou dans la sonorité qu'est le silence. Et, avec le bruit des énonciations errantes, les voix comblent le silence.

  • Dans son essai sur la révolte anti-puritaine dans la littérature américaine de l'Entre-deux-guerres, Nicole Guétin établit, à travers les plus grands écrivains de cette époque, le rapport entre le puritanisme des premiers colons du Nouveau Monde et les nombreux troubles de l'Amérique moderne. Dans certaines de leurs oeuvres, ces écrivains dénoncent les effets néfastes d'une mentalité qu'ils caractérisent comme figée et hypocrite. Encore aujourd'hui, dans certaines sphères sociales et politiques, l'impact de l'éthique puritaine reste vivace malgré l'attaque de ces hommes de lettres contre l'austérité et la rigueur de cet esprit qui risque de porter ombrage aux futures générations...

  • Claude Gellée (Le Lorrain) (Chamagne, 1604 - Rome, 1682) Claude Gellée, surnommé Le Lorrain, ne fut ni un grand homme, ni un esprit noble comme Poussin. Toutefois, on ne peut nier son génie et il fut, à l'instar de Poussin, un inventeur profondément original dans les limites imposées par l'idéal classique. Il passa aussi presque toute sa vie à Rome bien que son art ne fût pas spécifiquement italien, mais bien français. En effet, plus de deux siècles plus tard, tous ceux qui, en France, ressentirent le désir de décrire les beautés de la nature, s'inspirèrent du Lorrain et de ses oeuvres, qu'il s'agisse de Joseph Vernet au XVIIIe siècle ou de Corot au XIXe. En dehors de France, ce fut la même chose : d'ailleurs, Le Lorrain ne fut nulle part plus admiré qu'en Angleterre.
    Il reste une part de mystère dans la vocation de cet humble paysan presque illettré. En effet, ses connaissances en français et en italien étaient rudimentaires, et il utilisait, pour faire ses annotations au bas de ses dessins, un étrange sabir franco-italien. Ce mystère est en quelque sorte emblématique de la devise «le mystère dans la lumière », qui allait marquer ses tableaux. Qu'est-ce qui l'attira à Rome et l'y retint ? N'aurait-il pas pu produire ses chefs-d'oeuvre à Nancy, Paris ou ailleurs ? Quoiqu'il en soit, c'est dans ses paysages qu'il réunit beauté, poésie et authenticité. Il réalisa parfois des dessins d'après nature tellement exceptionnels que plusieurs d'entre eux ont été attribués à Poussin. Mais c'est dans ses peintures que l'imagination prédomine, et l'on peut même dire qu'elle s'imposa de plus en plus, tandis que Le Lorrain prenait toute la mesure de son génie. Sans recourir à la raison, sans rien perdre de sa poésie instinctive, il comprit en écoutant Poussin et en le regardant faire, qu'une forme d'académisme aurait pu être un atout pour ses propres visions et rêveries.



  • Achille Biovès



    "Gordon pacha occupe une place à part dans l'histoire de son pays : il ne contribua ni par ses talents de général, ni par son habileté de diplomate à la grandeur de sa patrie, il ne se distingua qu'au service de l'empereur de Chine et du khédive d'Egypte, et cependant il est de la race de ces grands aventuriers "qui, dit-il un jour, ont mis l'Angleterre au point où elle est et qui l'y maintiendront."


    Charles Gordon (1833-1885), connu sous le surnom de "Gordon Pacha" et parfois "Chinese Gordon", était un officier de l'armée britannique qui, de la Chine au Soudan, mit ses connaissances au service des gouvernements pour mater des révoltes comme celles des Taïpings ou celle du Darfour.


    Cet aventurier, véritable visionnaire et mystique, avait soin de protéger les populations qu'il avait sous sa responsabilité. Il s'attaqua au trafic d'esclaves. Mais les intérêts auxquels il se consacrait n'étaient guère les mêmes que ceux des gouvernements et des banques.


    Il mourut, lâché par le gouvernement anglais, lors de la prise de Khartoum par les Derviches.


    Biographie parue en 1909.

  • À la recherche d'une sagesse millénaire éprouvée et non dogmatique ? D'un itinéraire spirituel ouvert à tous ? D'une approche plus harmonieuse de la vie ? Ce livre est fait pour vous !
    Redécouvert en 1945 en Égypte, au milieu de textes plus tardifs, l'Évangile selon Thomas, qui date du début de notre Ère, contient des paroles de Jésus déjà présentes dans les évangiles officiels mais aussi bon nombre de paroles inédites. L'auteur va vous aider à découvrir leur sens caché et un tout autre Jésus que celui du catéchisme officiel va apparaître au fil des pages, un maître de sagesse plutôt qu'un messie. On accède alors à un enseignement spirituel puissant, universel et toujours actuel. On en retrouve même des traces dans les évangiles canoniques, mais sous une forme voilée.
    L'auteur nous donne les clés de ce texte et dévoile des techniques permettant d'accéder au bonheur et à la plénitude. Au lieu d'aller chercher Dieu ailleurs ou dans le futur, le postulat de l'Évangile selon Thomas est que nous pouvons le trouver en nous, dans notre « Royaume Intérieur ». Chacun possède en lui cette étincelle divine, cette perle précieuse qu'il s'agit de faire briller au grand jour.
    La grande force de cet enseignement primordial, appelé la Gnose, c'est qu'il est vérifiable. L'auteur nous fait rencontrer des personnes de différentes origines, époques et traditions qui l'ont mis à profit. On y trouve des similitudes frappantes avec l'approche non-dualiste indienne, l'Advaita Vedanta. L'Évangile selon Thomas est le dépositaire d'une sagesse éternelle, à l'image du Dhammapada bouddhiste, des écrits de philosophes grecs comme Platon ou Héraclite d'Éphèse, des oeuvres de Thérèse d'Avila, de poèmes soufis ou de la Bhagavad Gîtâ hindoue.
    Ce n'est pas une approche religieuse qui est proposée dans ce livre mais une démarche individuelle et une philosophie de vie.

  • Avec «Un souffle de fin silence», Jacques Gauthier confie son recueil le plus personnel. L'auteur rappelle l'enfance avec sa part irréductible d'âme, évoque la quête spirituelle qui s'enracine dans le désir de vivre et l'apprentissage de la mort. Tout n'est qu'enfantement et renaissance dans ce texte intime aux émotions complexes où le tragique de la souffrance côtoie la beauté d'un amour qui espère tout. Entre l'enracinement et l'effacement, les mots jaillissent du silence et y retournent avec ceux d'amis-poètes comme Jean de la Croix, Saint-Denys Garneau et Leonard Cohen. L'auteur réussit son pari de rendre signifiante une foi mystique dans le monde contemporain.

  • Sur l'île de Nopalep, les enjeux politiques ont toujours été fort simples : Au Nord la Kurstanie, l'Empire des Trolls lycanthropes, et au sud, le désert sacré des Hommes-Dieux d'Orkaz. Entre les deux, le puissant domaine des reines-prêtresses occupe pour ainsi dire la totalité des terres fertiles. Propice à l'épanouissement d'une civilisation florissante, Nicée, mieux connue sous le nom de Royaume Vert, subit passivement le joug de l'impitoyable culte du Jade qui le pousse à grignoter, pas à pas, le reste de l'île.
    A l'est, l'enclave d'Irah, premier vassal de Nicée, perdure avec ses forêts, ses lacs et sa chevalerie respectée de tous, et s'obstine depuis toujours à maintenir une équité qui n'existe plus que dans son idéal chevaleresque.
    Lorsque Duncan d'Irah est appelé à l'aide par Maryanor, la reine de Nicée, il ne se doute pas encore qu'elle est la cause des invasions qui ravagent leurs royaumes respectifs et vont faire basculer Nopalep dans une ère de terreur...

  • Fort de la grande tradition mystique du catholicisme, Jean-Marc Fréchette offre ici un recueil orienté vers l'Amour, l'Espérance et la Foi. Pour mieux rendre tangible la présence de Dieu à même le concret de notre monde, la voix mène à ces trois vertus par l'image fondamentale du passage des saisons. De métamorphose en métamorphose de la nature, le poète fait apparaître en chacune le visage du divin, si bien qu'il mène son lecteur à l'idée d'une absence des saisons, ramenant, dans la suspension de ces dernières, le monde à son origine atemporelle et sacrée - à sa métaphysique.

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