• Le mont analogue

    René Daumal

    "Toutes les mythologies parlent, soit d'un centre original du monde, soit d'un arbre sorti de terre et qui gagne le ciel, soit d'un mont sacré, en tout cas d'une possibilité de communication avec l'au-delà. Or, il faut que cette possibilité existe, que l'arbre ou la montagne soit là pour de vrai, au même titre que l'Éverest ou le mont Blanc. C'est ce que pense l'auteur du récit et il réunit une expédition pour découvrir le mont Analogue. La description des membres de l'expédition permet à René Daumal d'exprimer sa fantaisie. La base du mont est finalement découverte : c'est la courbure de l'espace qui empêchait de la voir. Le récit est inachevé, mais il est assuré que l'expédition, qui a disparu à nos regards de lecteurs, poursuit son ascension.
    Naturellement, les personnages et les circonstances du Mont Analogue sont symboliques : telle est la littérature quand elle se veut utile à l'homme. Dans la circonstance, elle éveille doublement, car toutes les phrases portent. Cela tient à l'intelligence très personnelle de René Daumal et à ce qu'on pourrait appeler son lyrisme de l'ironie."
    Roger Nimier.

  • Délire d'amour

    Ian Mcewan

    La vie tranquille de Joe Rose, faite de bonheur conjugal et de certitudes scientifiques, bascule le jour où il est impliqué dans un accident mortel. Parce qu'il se sent coupable, mais surtout parce qu'il fait ainsi la connaissance d'un jeune homme, Jed, qui lui voue sur-le-champ un amour aussi total qu'inexplicable, aussi chaste que dévorant. Car Jed, qui veut guérir Joe de son athéisme, est convaincu que leur rencontre a été voulue par Dieu, et que cet amour est forcément réciproque. Débute alors un harcèlement terrifiant, qui bouleverse l'existence de Joe et le confronte à ses propres démons...
    Délire d'amour, sommet d'humour noir et de cruauté, constitue un nouveau tour de force de Ian McEwan, qui nous plonge au coeur d'une obsession destructrice et contagieuse, où l'amour est plus dangereux que la haine.

  • An 217 de l'ère chrétienne.
    L'empereur Caracalla vient d'être assassiné en Mésopotamie. Profitant de l'événement, trois princesses syriennes, avides de pouvoir, intriguent pour placer sur le trône de Rome l'héritier mâle de leur dynastie, le jeune Varius. A force de complots, elles parviennent, contre toute attente, à faire proclamer l'adolescent imperator par les légions d'Orient. Le règne le plus décadent de l'histoire romaine commence : durant trois ans et neuf mois, Rome va vivre au rythme des caprices, des extravagances et des provocations de ce jeune homme de quatorze ans, immature et fantasque, que rien ni personne n'a préparé à assumer une telle dignité.
    Adorateur mystique d'une étrange divinité orientale incarnée dans une pierre noire, l'Elagabal solaire, dont il est le grand prêtre, enfant prodigue et imaginatif, homosexuel et travesti, celui que l'Histoire ne connaîtra que sous le sobriquet d'Héliogabale va offrir le spectacle de tous les excès et de toute la démesure que lui inspirent la quête obsessionnelle du plaisir, l'ivresse du pouvoir suprême et la haine de l'ordre établi.
    Surpassant Tibère dans les molles voluptés, Caligula dans la cruauté, Néron dans la folie esthétique et théâtrale, l'enfant-empereur n'aura de cesse de choquer et de scandaliser le vieux monde latin pourtant accoutumé aux excentricités et aux débauches de ses prédécesseurs. Mais derrière lui, s'agitent les ombres inquiétantes de sa grand-mère, de sa mère et de sa tante, qui s'inquiètent de voir la pourpre leur échapper...
    Détesté par le Sénat romain, exécré par l'armée, rejeté par sa famille, l'empereur honni saura-t-il trouver d'autres soutiens que ceux de ses mages et de ses amants ?

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