Littérature générale

  • La vie pieds nus Nouv.

    Mer, sable, soleil et euphorie d'être légalement à moitié nu : la plage est le symbole des utopies hippies du retour à la nature. C'est le lieu du dévoilement démocratique des corps, un endroit où s'exercent les ravages du tourisme, mais aussi un lieu de rêverie enfantine et d'émerveillement, un lieu de drague ou de méditation.
    La Vie pieds nus explore toutes les significations que peuvent avoir pour nous les étendues de sable fin ; des significations historiques ou intimes, tant nos souvenirs logent parfois dans l'esprit des lieux. Entre autobiographie, souvenirs et analyse culturelle, Alan Pauls passe en revue les multiples visages d'un espace clé de la vie moderne. Et nous livre un texte d'une intelligence mélancolique sur un sujet qui n'était jusque là pas encore entré en littérature par la grande porte.

  • Il y a le corps habillé entre les séances, et le corps nu qui s'arrête de bouger. Quand je monte sur l'estrade, je ne déshabille pas le premier. C'est plutôt comme enfiler un costume de scène. Quel est votre personnage ? Je suis le corps nu. Nos mots parlent de nos pensées, nos gestes expriment nos sentiments, nos vêtements disent nos goûts. Silencieuse, immobile et nue, je ne montre que ce qu'expriment mes poses. Elles ne révèlent rien de mon intimité. C'est en écrivant que je me déshabille.

  • Il n'y a rien d'autre que le commencement. Noir, blanc et noir, points, signes brefs, pleins et déliés, lignes et lettres, littérature. J'appelle nudité intégrale le point où tout coïncide (où tout commence). Chaque phrase de ce livre sera pour manifester le désir de l'accès à la nudité nue. Comment faire? Les «manifestes» affichent le programme : cracher Dieu, insérer le corps dans le paysage, déflrnr les formes réelles, modifier le lit de la rivière, toucher le fond, écrire en prose, écrire sans force, écrire à mort, etc. En état de légitime défense. Il faut qu'à chaque tour de roue la nudité gagne. Alors (c'est logique) : «tout doit disparaitre». Tout, de A à Z. Le bruit du feu en continu. L'incendie du grand dictionnaire. Le travail épuisant de la poésie (histoire, philosophie, encyclopédie, tout devrait y passer). Au bout du chemin, ouvrez les yeux! La poésie est faite par tous. Ils finissent par se ressembler. Inconnus à tête d'os. Plus nus que nus. Dans la fosse commune. Anonymes foulés aux pieds. Un manifeste pour être encore plus froidement réalistes. Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés.J.-M. G.

  • « Je me préparais à reformuler ma question quand soudain, la Marbrière émergea de la foule et s'avança vers moi. Elle posa la main sur mes sourcils, qu'elle frotta sans hésiter avant de m'annoncer d'un ton presque désolé : "Mort est ledit Crabucré." »
    Les mots de Cristóbal Düsseldorf semblent avoir trouvé chaussure à leur pied dans les mains de Bartolo Busenberg, ressorti victorieux d'une traduction ô combien difficile sur laquelle un auteur s'était déjà cassé les dents.
    Fruit d'un prodigieux travail de recherche et de réécriture, sa reconstitution du roman Die Insel der Nackten Menschen, Band I : Die Allmacht (L'Île aux Hommes Nus, Tome I : L'Omnipotence) offre au lecteur les moyens de réinterpréter le monde qui l'entoure à la lumière d'une aventure humaine exceptionnelle.
    /> Un véritable voyage initiatique au coeur même de la nudité.

  • Mary-Jane évolue dans un univers que la folie altère. En une suite d´esquisses troublantes, chacune semblant cerner l´essentiel, on saura plus ou moins clairement des choses à son sujet. Elle est « extra-terrestre du sexe », voyageuse astrale, dyslexique, hallucinée... Elle habite un immeuble douteux, erre dans les rues, fréquente un petit resto préféré. Elle a grandi dans la misère. Elle aurait connu, semble-t-il, une période de normalité : une carrière d´infirmière, un mari médecin, des enfants. Mais elle est maintenant tout et trop ce qu´elle est : aguichante et grotesque, solitaire et sociable, sereine et suicidaire. « La tueuse » sera son ultime particularité. Mais son acte fatal n´est pas plus sensé que tous les autres.

    Porté par une authentique voix d´auteure, ce roman se tient en équilibre précaire entre un surréalisme poétique et un réalisme cru. Kaléidoscopique, indécent, déconcertant, ce récit singulier donne à la démence un air de familiarité inquiétant.

  • Violette Combray, professeure de Lettres Classiques, est piégée par son mari Thibaud de Saint-Loup, qui utilise les services de « Swan et Cie », une entreprise discrète, organisatrice de « jeu de la vie », dont l'objectif est de plonger les protagonistes piégés par leur famille, dans une expérience insolite et déroutante. Violette se retrouve seule dans un village de vacances, désemparée lorsqu'elle découvre que ses voisins, puis en fait tous les résidents, vivent dans le plus simple appareil... car il s'agit d'un domaine naturiste. Elle refuse d'abord la situation, mais Thibaud lui propose de vivre l'expérience et de consigner ses émotions dans des carnets. Totalement séduite, Violette va beaucoup plus loin : elle lance le concept d'une « Université Naturelle ». C'est ainsi qu'un groupe d'étudiants accompagne Violette et Thibaud, comme des Adam et Ève sur la plage privilégiée du domaine. Au cours de cette parenthèse originale, ils développent une cohésion de groupe et réfléchissent sur l'expérience naturiste vécue en commun. Pour agrémenter les débats, chacun propose un petit écrit de nature poétique ou philosophique. Le lecteur se trouve alors plongé dans une envolée littéraire, dialogue du corps et de l'esprit qui témoigne des bienfaits de l'expérience naturiste sur le groupe d'adolescents. Avec poésie et humour, le livre raconte ce voyage culturel du côté du plus simple appareil, là où le bonheur ne connaît pas de point final et renaît toujours derrière la virgule.

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