• Ce sont des policiers un peu à part. Leurs collègues les ont surnommés les « boeufs carottes » parce qu'ils laissent mijoter longtemps dans leur jus les policiers « ripoux » avant de les confondre. Ils appartiennent soit à l'IGS, l'Inspection Générale des Services, qui contrôle la police parisienne, soit à l'IGPN, l'Inspection Générale de la Police Nationale, qui a compétence sur tout le territoire. Officiers de police judiciaire, ils effectuent des enquêtes à la demande des juges d'instruction ou du Parquet, chaque fois qu'un policier est mis en cause, soupçonné de violences illégitimes, de vol, de chantage, de proxénétisme, ou mêlé à une « bavure ». Ce fut le cas lors de la mort de Loïc Lefèvre, tué d'une balle dans le dos par le CRS Gilles Burgos, ou du décès de Malik Oussékine en décembre 1986, ou, plus récemment, de l'affaire « Jobic », du nom de ce commissaire accusé de racketter des prostituées. L'IGPN et l'IGS exercent un contrôle administratif sur l'ensemble des fonctionnaires de police qui donne lieu à des sanctions nombreuses et aboutit à des rapports jamais rendus publics. Ce sont aussi de véritables observatoires qui participent à la réflexion d'une police qui se voudrait exemplaire. Mais surtout, la Police des Polices représente une sorte de garantie pour le citoyen : l'assurance que celles-ci ne peuvent pas toujours se placer impunément au-dessus des lois.

  • Mieux connaître le Conseil d'État ? Certes, beaucoup a été écrit à son sujet ; sa place dans les traités de droit public tant constitutionnel qu'administratif témoigne de l'importance de sa fonction et de son rôle dans la société contemporaine. Est-il suffisamment écouté quand il conseille ? Est-il réellement obéi quand il décide ? D'où viennent ses membres et comment travaillent-ils ? Quelles autres tâches accomplissent un grand nombre d'entre eux ? Certains quittent-ils le Conseil, soit temporairement, soit définitivement ? Sont-ils attirés par la vie politique ou les grandes entreprises soit publiques soit privées ? À toutes ces questions, Jean-Paul Costa donne des réponses ; il le fait en apportant aux lecteurs non seulement des faits mais aussi des réflexions grâce à une immense expérience acquise tant au Conseil lui-même que dans de très hauts postes de l'administration ainsi qu'en qualité de secrétaire général de l'Institut français des sciences administratives. On retiendra beaucoup de son ouvrage : oui le Conseil d'État est le défenseur de l'État de droit et donc des libertés ; oui, le Conseil d'État en tant qu'institution et ses membres à titre personnel participent au plus haut degré au Pouvoir dans l'État ; pourtant un certain malaise paraît le traverser. Est-ce grave ? Chacun en jugera à la lecture des pages qui suivent. François Luchaire

  • Oui, nous aimons tous Paris d'un amour passionné, jaloux parfois, et toujours exigeant. Alors, aujourd'hui, face à ce qu'on dit de Paris, nous ne savons plus quelle attitude adopter. Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Les Parisiens s'interrogent. Ils attendent. Non seulement que l'on mette un terme à un interminable feuilleton politico-judiciaire, mais surtout qu'on tire les conséquences, pour eux, avec eux, des bouleversements intervenus ces dernières années. Aussi ai-je voulu, à vous tous Parisiens, à vous tous qui aimez Paris, vous adresser cette lettre. Pour revenir à l'essentiel.

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