Sciences humaines & sociales

  • Peut-on, aujourd'hui, écrire une histoire de la Gaule ? Les descriptions faites par César dans le récit de sa conquête - la fameuse Guerre des Gaules - relèvent-elles du mirage et obéissent-elles à la seule règle de la communication politique ? Quelle était la réalité indigène des Gaules du 1er siècle avant notre ère ? En reprenant l'ensemble du dossier grec et latin, cet ouvrage fait d'emblée le pari de l'unité de la Gaule en montrant comment s'y sont développées, avant César, des pratiques politiques communes : assemblées à différentes échelles, reconnaissance d'une autorité commune, mise en place de coalitions générales placées sous l'autorité de chefs de guerre dont Vercingétorix fut le dernier et le plus célèbre représentant. Après la conquête romaine, ces pratiques constituèrent une partie du socle administratif de la Gaule romaine. Ainsi l'entité gauloise fut pérennisée par le culte du Con_ uent, à Lyon, ignorant la tripartition provinciale imposée par Rome et obéissant en partie à une tradition héritée du temps de l'indépendance. En s'appuyant sur le dynamisme de l'archéologie régionale, cet ouvrage enrichit considérablement l'image communément partagée de la Gaule. Fini le temps où les seuls Éduens représentaient, élevés au rang de modèle unique, tout ce que l'on pensait savoir sur les Gaulois : la diversité des institutions gauloises, liées à celle des peuples de la Gaule, donne à voir une société bien plus complexe et bien plus intéressante. Le découpage provincial et la mutation civique réalisée par les Romains en 16-13 après notre ère, tout en poussant à davantage d'homogénéisation institutionnelle, ne mettent pas un terme à cette diversité. L'adaptation aux normes importées d'Italie suit en effet, selon les régions, des schémas et des rythmes variés. Documentés par un large corpus de textes relus à l'aune de nouvelles questions et par l'exploitation d'un important matériel archéologique et numismatique, la Gaule et ses peuples trouvent ici une épaisseur politique surprenante qui renouvelle largement notre regard sur ceux qui furent longtemps considérés comme de fameux « ancêtres », nos Gaulois.

  • De 1838 à 1858, en Grande-Bretagne, dans la première société industrielle, le chartisme fut un mouvement ouvrier inédit, mobilisant, à son apogée, trois millions d'hommes et de femmes. Les militants de la Charte du Peuple luttaient pour le suffrage universel et une société démocratique qui permettent à chacun de vivre dignement de son travail. À travers des pétitions de masse adressées au Parlement, des rassemblements et des manifestations, des journaux, des chants et des communautés villageoises, les chartistes envisageaient une autre société. Le chartisme étudie le mouvement dans son intégralité, en Grande-Bretagne et en Irlande. S'appuyant sur une grande maîtrise des archives et des publications d'époque, l'auteur s'est particulièrement intéressé à l'expérience des hommes, des femmes et des enfants du mouvement. Le récit haletant est entrecoupé de courtes « vies chartistes », qui constituent autant de passionnantes biographies. Cet ouvrage est, depuis 1913, le premier en français sur le sujet.

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