• Le premier livre d'André Leroi-Gourhan, publié en 1936, méritait bien une seconde édition. La Civilisation du renne, dédiée à Marcel Mauss, est certes un livre de jeunesse, comme le pointe Lucien Febvre, mais c'est aussi un livre-promesse, un livre-jalon, car l'ambition extrême de l'auteur, alors âgé de 25 ans, le pousse à multiplier les incursions dans un nombre considérable de disciplines (géographie, ethnologie, technologie, préhistoire, orientalisme) qu'il entend coordonner afin d'étudier, en dépit de l'éloignement temporel et du déplacement des milieux climatiques, trois époques d'une même culture du renne en milieu arctique (toundra-taïga) : dans l'Europe du Pléistocène, chez les Eskimos actuels, chez les peuples qui ont domestiqué l'animal.

  • Des vies « sans défaite ni combat », dans tout ce que lordinaire peut offrir de merveilleux pour celui qui sait observer, ressentir et dire le moindre souffle, la plus infime palpitation. Nicolas Kurtovitch compose ici lun de ses recueils les plus personnels où souvenirs, contes et réflexions poétiques sentremêlent. Tisserand, il noue un à un les fils des mémoires et des instants vécus ou imaginaires pour nous dire limportance dêtre au monde en pleine conscience, de transmettre, de célébrer le pouvoir de la littérature et de lhumanité

  • Il est incontestable que l'Islande et le Groenland sont deux territoires différents, bien qu'ils soient voisins. Le Groenland a été qualifié de plus grande île du monde. Pendant près de cinq siècles, des Scandinaves vécurent là dans des colonies bien délimitées tandis que sur le reste de l'île, vivaient des Inuits. L'Islande a connu un peuplement modeste. Les Islandais construisirent une société qui ressemblait aux autres sociétés nordiques, même si l'habitat était bien plus dispersé qu'ailleurs, l'économie moins variée et les structures sociales dissemblables. Il existe nombre de différences entre l'Islande et le Groenland, mais également de nombreuses ressemblances. Les deux îles partagent le fait d'être situées aux confins septentrionaux. Elles furent longtemps soumises à une autorité étrangère. Pendant longtemps, elles demeurèrent si éloignées du « centre » européen que c'est à peine si on les mentionnait. L'Islande et surtout le Groenland attirèrent les explorateurs, à l'instar de bien d'autres territoires au Nord du monde. C'est la fascinante histoire de la constitution de l'image de ces deux îles aux confins du monde que l'historien Sumarliði R. Ísleifsson nous raconte dans cet essai remarquable, contribuant ainsi à l'histoire de l'imaginaire du Nord et de l'Arctique, des lieux peu étudiés, et encore souvent représentés par des lieux communs, accumulés par des siècles de discours.

  • Résumée par la formule d'Yves Guyot « le capital, c'est l'homme », l'anthropologie du capital n'a pas été élaborée par Marx mais par l'école française. La sociologie travailliste ne parvient pas à faire l'économie de l'anthropogenèse par le capital et Marx lui-même confessera que « des historiens bourgeois avaient exposé » bien avant lui « l'évolution historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avaient décrit l'anatomie économique ». Leter identifie les auteurs évoqués par Marx et brosse un panorama de leur approche du capital : Quesnay, concepteur de la notion de classe ; Condorcet, pionnier capitalien de la république ; Destutt de Tracy, père de l'idéologie ; Charles Dunoyer, auteur du texte fondateur de la lutte des classes ; Adolphe Blanqui, premier historien de la pensée économique ; Augustin Thierry, Ambroise Clément et Bastiat, historiens de la spoliation légale ; autant d'esprits qui observent que le capital est universel et que, tandis que les excès de l'individualisme sont limités par la loi et que rien ne régule les abus du collectivisme, le véritable antagonisme de classe n'oppose pas ceux qui accapareraient le capital à ceux qui en seraient dépourvus mais ceux qui le créent à ceux qui vivent de sa destruction.
    Après avoir réhabilité l'idéologie telle qu'elle fut conçue par Destutt de Tracy avant d'être détournée par Marx, Michel Leter actualise les analyses de Jean-Baptiste Say, Charles Coquelin et Yves Guyot, en proposant la définition suivante : « Le capital est dans l'ordre de la création ce qui ne vient pas du Créateur mais de la créature. Propriété d'un individu ou d'une communauté de savoir, il est constitué par l'ensemble des valeurs antérieurement soustraites tant à la consommation improductive qu'à la production stérile et que le passé a léguées au présent. »
    Cependant le grand paradoxe du capitalisme est qu'il n'a pas été forgé par ceux qui plaident la cause du capital mais par ses ennemis. Michel Leter entreprend alors de traquer le capitalisme au coeur de la poétique collectiviste dont l'étude permet de comprendre que le capitalisme n'est pas un système économique mais un mythe qui a pour fonction d'imputer au libéralisme les maux causés par le socialisme.

  • Depuis sa fondation en 1991, l'Association des professeurs des littératures acadienne et québécoise de l'Atlantique (APLAQA) demeure fidèle à son mandat de stimuler la réflexion sur les littératures acadienne et québécoise et à les mettre en rapport avec les autres littératures de langue française du monde. Les textes colligés dans cet ouvrage se distinguent par leur contribution respective au dépassement des notions de marginalité et de résistance reconnues aux espaces minoritaires, d'une part, et l'analyse d'expériences d'autonomie culturelle perceptibles dans la diversité des genres littéraires : roman, poésie, théâtre, nouvelle, essai, critique, d'autre part. Dans quelle mesure ces pratiques plurielles se distinguent-elles dans la mise en relief de l'altérité comme expression d'ouverture à la différence et à l'affranchissement des figures du repli identitaire jadis observées? En quels termes? Sous quelles conditions de possibilité? Autant de questions que nous avons soumises à la curiosité de chercheurs passionnés par ces enjeux littéraires et sociétaux contemporains.

  • Dans ce petit livre, Paul-Henri Spaak, Secrétaire général de l'O.T.A.N. se borne à rappeler les faits et les idées qui ont amené la conclusion de l'Alliance Atlantique et orienté son action. C'est en février 1948 que le coup d'état communiste à Prague devait sonner le réveil de l'Occident. Ce drame couronnait une série d'événements qui peu à peu avaient ruiné l'espoir de voir s'établir un ordre international fondé sur la justice et la liberté. Il fallait à nouveau pour préserver la paix recourir à un système d'alliance. Ainsi naquit l'idée de l'Alliance Atlantique dont le but était de décourager l'agression. Ce but a été atteint : depuis la signature du Traité de l'Atlantique Nord, le 4 avril 1949 à Washington, l'expansionnisme soviétique n'a plus fait le moindre progrès en Europe. Mais le communisme, poursuivant son rêve de domination mondiale, a changé de tactique et suscité de nouveaux périls. C'est à ces périls nouveaux que l'O.T.A.N. doit aujourd'hui faire face. Au défi global du communisme, elle est contrainte d'opposer une réplique, elle aussi, globale. Le problème n'a pas fondamentalement changé de nature, mais il a gagné en ampleur. Il aborde tous les domaines de l'activité humaine et s'étend géographiquement au monde tout entier. Pour le résoudre et assurer ainsi leur survie, les pays de l'Occident, forts de la supériorité de leurs idéaux, se doivent de transformer leur alliance en une véritable Communauté.

  • Cet ouvrage est né d'un désir de réconciliation entre les Autochtones et le peuple québécois.
    Un des objectifs est de rétablir des ponts afin que, de part et d'autre, un lien d'entraide et de fraternité soit davantage présent, au-delà des préjugés et des différences de cultures.

    Comment peut-on aller de l'avant et s'enrichir mutuellement? Il est notamment question de fierté, autant pour les Autochtones que pour le peuple québécois, ce qui pourrait aider à retrouver une identité, non seulement sur le plan culturel, mais aussi sur le plan humain, afin de briser des barrières individuelles et collectives.

  • Grâce à Solman, une partie du peuple de l'eau a pu se sortir du piège de Galice et venir en aide à deux Albains, Ibrahim et Kadija, cernés par une nuée de sauterelles venimeuses. Mais tandis que les Aquariotes entament leur périlleux voyage dans l'hiver du Nord, la nouvelle se confirme qu'une guerre totale a été engagée contre les peuples nomades. L'Apocalypse est en marche. Le danger ne vient plus seulement d'une nature hostile, ni d'un adversaire acharné à leur perte, mais des Aquariotes eux-mêmes. Une terrible menace plane alors sur Solman, soupçonné de folie, et sur les deux Albains, jugés indésirables. Pourtant, la clé du salut se cache peut-être dans l'esprit de la troublante Kadija. A-t-elle été envoyée pour aider les derniers hommes à vaincre les légions de l'Apocalypse ?

  • Solman et ceux qui fuyaient en sa compagnie ont été surpris par les tueurs du conseil. Seul un miracle pourrait maintenant les sauver. Déchiré, le peuple de l'eau ne voit pas se resserrer le danger. L'histoire des uns et des autres se dévoile, parfois terrifiante. Kadija semble jouer un rôle essentiel dans le destin des derniers hommes. Mais les Aquariotes laisseront-ils à Solman le temps d'élucider son mystère ? Réussiront-ils à surmonter leur haine et leur peur pour permettre à leur donneur de parcourir les chemins du secret ?

  • Trois Slangs, des troqueurs d'armes, ont tendu un piège à Solman lors du grand rassemblement : il doit maintenant juger ses propres père et mère, soupçonnés d'avoir volontairement livré de l'eau empoisonnée.Mais, au-delà de ce procès, c'est une guerre totale qui s'engage désormais contre les peuples nomades. Une intelligence semble en effet oeuvrer à travers les Slangs et poursuivre son entreprise d'extermination en envoyant un à un les anges de l'Apocalypse.Le salut du peuple aquariote repose désormais entièrement sur la clairvoyance de Solman. Mais lui-même n'est-il pas le jouet de forces qui le dépassent ? N'est-il pas atteint par la folie des donneurs ? Et le cinquième ange n'a-t-il pas pris l'apparence de l'un de ses proches ?

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