FeniXX réédition numérique (Éditions Saint-Germain-des-Prés)

  • La poésie fait bruire ses beaux contresens où chacun perd son paquet de mots bien rangés.

  • Nous sommes les étrangers de nous-mêmes par le tourment de nos mémoires fugitives qui révèlent l'identité de notre transparence.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il y a dans ces vers un parfum oublié, une ritournelle d'autrefois. Comme au recoin de notre mémoire un orgue de barbarie ne cesse de débiter une musique au charme toujours présent... Écoutez la musique de Pierre-Paul Périn : dans des jardins de jadis voici un Pierrot d'aujourd'hui, Colombine n'est pas loin ; on entend le bruit d'une source et de tambours de basque, nous sommes à Venise peut-être ou n'importe où... Des ombres passent : Apollinaire, Verlaine, vous les reconnaîtrez, il suffit de franchir la frontière et de tourner la première page de ce livre : c'est le pays de la poésie. Extrait de la préface de Claude Klotz

  • Nous lisons d'abord un avant-propos édifiant sur la poésie vécue comme une mystique. « La poésie est cette crémation de l'être pour éclairer les ténèbres du réel ». Suivent les poèmes, intrigants. Nous sommes jetés dans une ville étrange, auprès d'une église carillonnante, à côté du « son de la route », au milieu des angles des bâtisses, bombardés par les couleurs, entre la « trouée rouge », la neige et la naissance. Il y a un côté panique, une densité, le combat des matières. « Le feu de la crainte couve sous la route en sucre ». Le poète refuse la communication avachie qui rôde dans les couloirs sans vie. C'est par la transe, l'incantation froide aussi, alternées, le tâtonnement dans les couloirs obscurs - en tournant le dos à l'espoir - qu'il participe à la dégradation du monde tel qu'il est. Jean-Marie Rous est aspiré par le haut et la contemplation de l'étendue stellaire. Chaque question, chaque avancée, est une étape sur le chemin global de la quête.

  • L'amour est l'affaire d'une vie : femme, famille, amis. À côté de l'amour vécu, il y a l'amour rêvé chez soi ou dans l'imaginaire des autres : surprises, réflexions, souffrance. Ces poèmes et chansons poétiques, à la rime souvent flibustière, ironique, nous font voyager dans le temps et dans l'espace. Voici, à côté des instants intimes, des anecdotes de la rue, des portraits, des voyages, des commentaires sur le vif de l'actualité ou de l'inactuel indispensable. On découvre ici, « pour en finir avec la haine », des cris contre le racisme et contre la guerre, une ode à l'abbé Pierre, des appels pour que les hommes s'écoutent entre eux. On voit des destins divers, souvent « le coeur en bandoulière », se jouer sous nos yeux. Le poète désigne les privilèges de l'enfance comme un coin de soleil à ne jamais égarer, car l'adulte en aura toujours besoin pour affronter un monde cruel. L'homme est perfectible. Certes, la mort passe l'éponge sur nos erreurs et sur nos dettes. Mais l'espoir, dans ces pages, reste actif et clairement nommé. L'émotion passe.

  • Ces poèmes représentent trente et une confidences du coeur et de l'âme. Un florilège de sentiments, de réflexions ; en même temps : poésie-conversation, autobiographie essentielle et prière. L'attaque en prend un tour moral : « Le mal que j'ai dans l'âme est-il bon ? » et l'ombre du Golgotha s'étend aussitôt sur notre destin. Même si la décision de joie de vivre reste centrale. Le poète promène son regard sur les incidents intérieurs, le trajet du passé et les choses autour de lui. chacun des mots qu'il emploie, non sans lutte, contient son « propre chant », et l'ensemble est conçu comme un « cri de vérité ». L'art retient les « actes fugitifs de l'homme créateur ». S'il y a de beaux vers sur la mort, c'est qu'elle n'existe pas pour un croyant : « l'unique vérité », c'est Dieu, même s'il est difficile de « rendre clair l'infini ». Le goût du rêve, nous confie l'auteur, a ouvert en lui la route à l'amour, puis à la « ferveur ». Voici des souvenirs d'enfance. Pour les jeunes d'hier et d'aujourd'hui la question reste celle du bien et du mal. Du choix ou de la nonchalance. Certains rêves sont endormis en nous, enlacés à un monstre. Il faut savoir trier. Le passé nous « ignore, pille et ment ». Continuons à rêver d'un monde éternel. Surtout : confiance en la résurrection.

  • Si ce titre joue sur tous les sens de ce mot très actif, il illustre essentiellement les retrouvailles avec la femme. Tous les moments, tous les étages du scénario sont examinés : l'illusion, le souci, l'erreur, le manque de courage, la plénitude, le ressac amer. Les amants « écartelés », elle veut partir, le « désert » s'élargit entre les partenaires : « Je ne peux contenir tout seul/la masse d'amour que tu m'as donnée ». Le délaissé se compare au sculpteur aux « outils cassés ». Voici les mots fragiles de la consolation et de l'adieu/au revoir ; ils savent qu'ils mentent. Philippe Nahon a un sens assez rare du parler poétique et narratif, il sait soigner la « chute » de ses textes pleins de toutes sortes de trouvailles inventives, de réussites de rythme et de musique vocale (« Je joue. J'aime »). Notons des jeux de mots lancinants et superbes, relire « T » ou « Atelier ». Parfois il prend le ton de la comptine (« Qui est avec qui ? ») ; parfois il nous débite de courts récits cocasses. Parfois encore ce sont charmants poème pour enfants (« Averse », « Le poisson rouge ») ou des fables. Dans l'ensemble, l'idée du voyage, l'envie du départ et d'être libre sont contraints par l'amour et le quotidien insidieux et tenace. Beaucoup de rencontres sont ratées ou restent au seuil... D'autres thèmes, au-delà du spectacle des 72 gaufres achetées au jardin des Buttes pour les canards, la maman et sa fillette, du jeu de poker avec copains, du thème de la couleur, d'un remarquable « Bestiaire » dédié au rut universel, il faut noter l'ironie permanente délibérément affichée dans la répétition des pages « Fruits et légumes », ainsi que dans d'autres textes, et qui sait aller jusqu'à l'humour noir (« Charnier »). Ce ton vrai, parfois brutal, curieusement fait preuve, dans les sentiments, d'une grande tendresse humaine (relire « Il tenait dans ses mains » ou « Dans le parc », émotion devant les vieux).

  • Des poèmes d'urgence, de décompression, souvent de cri. Poèmes en litanies, peu structurés parfois (« Je cherche une écriture »), qui psalmodient l'horreur de vivre et tirent à la cible sur la réalité ratée, l'autopsie moqueuse de soi, le filtrage des images et des mythes imposés par les médias, le refus de penser au pas... La quête de l'identité, de l'équilibre et du bonheur évanescent est mêlée de stridences ; utilisation à contresens, par dédain, des expressions convenues ; un côté sardonique et pop (« de toute façon il reste la grimace »). Les jeux de mots sont là pour relancer la morsure lyrique, l'avide dénonciation : « se regarder en farce » - « gibier d'impotence » - l'admirable « Demandez le pogrom ! » - « Il sait tout compter/sauf les étoiles ». Ce dernier exemple fait partie des remarquables formules qui émaillent ce recueil, à l'évidence marqué des grandes nostalgies surréalistes. Le poète dans ses fonctions de vivant s'identifie comme un « orgasme barbare pénétrant la douleur et la bêtise ». Il évoque un amour perdu - (« une femme tant aimée - qu'elle s'enfuit »), nous suggère que la disparition de l'amour entraîne l'idée de la mort, que le rêve d'éternité, si prégnant en nous, est mystification, De toute façon, le poète contestataire et révolté par définition, ne parviendra pas à « devenir adulte ». Par moments, la tendresse est là sans vouloir avouer son nom. Le plus souvent, le déferlement du sarcasme, à haut niveau lyrique, entraîne désespoir et désir de suicide, Le poète étouffe, « enfermé dans les limites de l'ordinaire » et à palper sans cesse « le vide en nous ». L'humour noir vole souvent à son secours « éclair frappé / de nullité comptable ».

  • C'est le ton du chant épique que ce poète adopte pour dire les mouvements des orages, pour évoquer les métiers des hommes, en une sorte de célébration qui est aussi une fresque riche d'images, de mouvements, de sensations, un peu comme dans un tableau de Brueghel : « La ruelle sera pleine de métiers à tisser et les attelages déborderont sur les pavés. » Joseph Ohmann-Krause s'est adonné à des visions auxquelles est mêlée la femme, objet de l'attention du poète. Tout un monde foisonnant vit là, sous nos yeux, avec les voûtes et les fleurs. Puis c'est Provinces, séquences plus brèves, aux vers courts, qui sont aussi des notes sur des lieux et des événements : Marseille, l'Afrique, la Hongrie, sur fond d'histoire, d'humanisme et aussi de politique.

  • La Mansarde Himalaya : ce titre indique la solitude haut perchée, dont le poète est imbibé (« Je ne peux pas sortir du mot : seul »). Elle l'accompagne partout, remplaçant nombre d'amis « désunis », l'amour insuffisant, la mort, l'une après l'autre des illusions. Elle le traque. Elle estampille ce qu'il appelle « la vie dégringolée ». Le regard porté par Simonomis sur le monde est vrai, cruel ; en quelques formules, il résume un implacable constat : « L'argent se mêle du bonheur/Cerné par le bruit des machines... » Ou, ailleurs, laconique comme un coup de feu : « Il n'y a pas égalité ». Pourtant, la vie brasse beaucoup de choses, la chair est promise, l'amitié reste à demi présente, mais l'amertume a grignoté son coeur. Le poète s'en sort par une espèce de santé du malheur. Il veut « faire des poèmes avec sa peau », il écrit pour ne pas sombrer. Si ce désespoir rapproche Simonomis des poètes du Nouveau Réalisme, il n'est pas entièrement négatif. Le combat pour désaliéner autrui n'est pas pour lui inutile (« J'écris pour dire NON avec des preuves »).

  • « Simplicité suggestive », « rigueur verbale », « poèmes d'un trait ferme où le quotidien est à la fois exact et légendaire », voilà ce qu'écrivait la critique à l'occasion de la parution du dernier recueil de Jean Lestavel : En mémoire du froid. Ce sont les mêmes qualités que l'on retrouvera ici : Une langue exigeante, un sentiment très fort de la vie quotidienne, l'évocation d'un ailleurs qui n'est pas évasion mais nimbe les choses. La mémoire y joue encore sobrement : l'enfance, les étoiles perdues. Mais A coeur ouvert est le livre d'aujourd'hui ; de l'amitié, de l'amour : compagnons d'une vie nouvelle, femme dont le nom est lumière, enfant, poètes aimés, anonymes travailleurs du petit matin, aveugle du boulevard, éphémères voyageurs des trains et des gares, foules du monde. Sous le signe d'un langage qui transfigure le réel, d'une poésie de « poète pilote », jetée comme une « bouteille à la mer », « sous le vent et les étoiles ».

  • Dédié à Elles, ce recueil présente une longue série de poèmes d'amour, ordonnés par cycles dont chacun porte un nom de femme. Des rencontres, échelonnées sur vingt ans, de muses inspiratrices ont influencé la mémoire et l'imaginaire du poète qui en invoque les moments forts dans une sorte de cueillette lyrique, à travers le temps et l'espace. Les séquences se succèdent comme dans un film ancien. Avec elles, bougent les héroïnes, au gré des lieux et des époques : Edel, Cydalia, Aïcha, Mado, Élodie... De Dakar à Rabat, de Genève à Melun ou Villerville en Normandie, de Phnom Penh à Paris, Créteil ou Saint-Maur-des-Fossés, un long chant d'amour marque les étapes de l'évolution du poète. C'est aussi l'occasion pour Raoul-Philippe Danaho de renouer avec son adolescence et, au hasard de quelques ballades poétiques, de conjurer, en les envoûtant, les années écoulées. La nostalgie des visages, des odeurs et des décors, la certitude que l'amour reste le seul véritable bienfait - bien que source de douleur et d'amère mélancolie lorsqu'il s'est refusé ou lorsqu'il a passé - l'élégance courtoise des élans et le merveilleux des ivresses qui président aux relations homme femme, constituent les éléments essentiels de cette quête inlassable de la passion romantique. À ces romances que rehaussent la qualité de l'écriture, la hauteur et la délicatesse des sentiments exprimés, Raoul-Philippe Danaho impose le charme, l'enchantement d'un lyrisme pudique, à la voix discrète mais ciselée d'or fin.

  • Éros élégant, ardentes évocations des contours féminins, satire, portraits de genre, souvenirs - nourris d'humour et de férocité, de réalisme et de douceur -, constituent les traits saillants du second recueil de Philippe Steinmann, après Claviers, paru en 1991. L'art de la litote se double ici d'un sens du détail, de l'observation, enrobé parfois d'une fine mélancolie. Le poète, qui n'a rien perdu de son lyrisme mais a gagné en vigueur, mélange avec une grande sûreté d'écriture les formes classiques ou libres, la rime et son absence. Cependant, il est capable aussi de souples avancées dans le surréel. Entre chanson poétique et poème-poème, on peut noter de nombreuses trouvailles d'écriture, par exemple : « J'entends sa main ». Les yeux d'elle sont « Muses dans leurs amandes ». Il faut savoir regarder « la ferme des étoiles »...

  • Pour intéresser les enfants, toucher et instruire leur coeur, M.L. Colozier leur présente des histoires d'animaux ou, parfois, d'objets domestiques comme la casserole, la marmite. Les animaux nous parlent ou dialoguent entre eux : ainsi du crapaud, de la dinde. Beaucoup d'amis de la basse-cour sont là. Quelques poèmes sont aussi d'ordre plus général et traitent de l'eau, de la mer, et de la paix de Dieu. C'est avec sa finesse et un sens des images riches que le poète captivera son auditoire.

  • Dans « Chantebêtes » Anaïs Jaquet nous émeut par la description du coeur, des défauts typiques, des attitudes ou du milieu fréquenté par les animaux. Jusque dans ses poèmes en prose, qui sont des histoires, son bestiaire reste simple et pourtant, à cause du souvenir d'enfance, fabuleux. Certaines références très ironiques à l'univers humain ajoutent à la drôlerie et à la vérité de l'ensemble. Dans « Bêtes ô amies » Janine Fuchs sous le signe de Jammes, d'un lévrier afghan et d'une chatte-miracle, nous montre le côté miniaturisé du royaume animal. Elle tâte aussi en nous les souvenirs de la bête préhistorique. Par la bête chérie, elle pourra dépasser le possible social, tout en débouchant sur une aventure de l'esprit, non loin du mystique. Ici, le règne de l'amour irradie sa force et sa permanence.

  • La quête de l'identité au milieu des orages de l'amour, tel est le sujet principal de ce recueil. Un homme, agité d'espoirs et de chagrins passionnés, nous décrit l'accord érotique, les joies sensuelles, la beauté du corps féminin. Mais vite interviennent l'insatisfaction, un sentiment d'échec, puis la faim physique excessive, d'où une lassitude, le sentiment d'une « impureté » qui pèse. Il se dégage du lieu amoureux, connaît le désespoir romantique, Éros obsédant, voit du mensonge partout, même chez lui, veut se dégager pourtant des « interdits », est étouffé par les contradictions de la dualité... Mensonge sur le visage aimé, banalité, usure des choses, envie d'ailleurs (« Je viens de l'avenir », lance-t-il, jeune et triomphant), puis des accès de naïveté crédule, le regret de l'amour originel, « noire douceur » ; la Nature devient un vaste berceau de beauté. États d'âme en dents de scie ; l'amour s'est brûlé les ailes ! Le poète se bat pour la sérénité, pour la chance de communiquer, pour briser ce sentiment d'insécurité qui l'habite, harcelé par l'idée de la mort, qui rend tout caduc. Dans à la fois le désir de pureté, l'appétit sexuel et sensible, le désir de « la petite fille » ; in fine, le poète semble trouver le salut à travers Isabelle. Il s'est souvent posé les questions de la création, de la page blanche et du sentiment de l'impuissance, mais aussi du barrage fait par les mots à la souffrance...

  • Ces Poèmes choisis d'Henri Pouzol sont extraits d'ouvrages épuisés, publiés entre 1945 et 1981, ou sont inédits. Des thèmes essentiels s'y entrelacent : la déportation, en janvier 1943, l'enfer et l'entraide dans les camps de la mort, la libération, les comparaisons du revenant entre « hier et aujourd'hui », la réadaptation, l'amour, les amitiés, le bilan étonné des choses. Un souci farouche de stopper les injustices touchant « les pauvres au coeur d'or ». Le jazz, l'écologie avant l'heure, l'écriture. Naît alors une colère contre l'homme repu de nos cités, à côté d'une envie de « pardonner à tous ». Souvenirs d'enfance ou d'adolescence. L'harmonie du couple vieillissant. La mort de la mère, puis de la femme du poète. La solitude est une façon nouvelle d'envisager les problèmes du citoyen et de l'incroyant « à la foi informulée ». La Nature. La « nudité de l'intériorité ». Demeure « le désir dément/du passé fraternel ». Les inédits expriment « l'enfance indomptée », l'attente apaisée de l'Ailleurs, la présence de celle qui n'a vraiment pas pu disparaître, tout comme le poète continue à rencontrer ses amis abattus à Sachsenhausen-Oranienburg ou à Dachau. Rarement une oeuvre aura pu être un témoignage aussi profond et une réflexion sur l'existence, dans une écriture simple, légère et forte, souvent meurtrie par l'expérience que le rêve sans cesse questionne.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Après l'Arbre à flammes, Pierre Midoux nous donne à lire La Solitude épanouie, recueil de la maturité où l'onirisme tendre côtoie les souvenirs de la guerre et le fantastique pur un panthéisme quotidien. Ici, prose et poésie font bon ménage. Mais l'auteur sait jouer avec les systèmes pour mieux consacrer le sens et la musique des mots. L'alternance des poèmes-fables, haï-ku, aphorismes, séquences liées à des souvenirs précis (La Solitude épanouie, chapitre qui donne son titre à cet ouvrage) permet à Pierre Midoux de donner sa pleine mesure. Les paysages, le soleil, le théâtre, la nature, l'humour, la danse, la femme mais aussi les considérations philosophiques, scientifiques, voire métaphysiques émergent de cet ouvrage qui se présente comme un cocktail étonnant. L'écriture, plastique, lyrique ou de distanciation, crée un climat de vie ou de rêve avec une rare économie de moyens. Évidence, mystère, baroque : tout concourt à rendre cet ouvrage attachant.

  • Michel Carpegna nous dit ce qu'il voit autour de lui, avec une inlassable curiosité de détails et de réflexion. Faisant une mise au point de ses impressions, le poète, dans ses Brins de Bohème, à travers une promenade aux bords de Seine, nous entraîne dans une méditation où l'inspiration est source même de vie. Si l'auteur s'est attaché à un travail difficile, force nous est de reconnaître qu'il s'en tire fort bien ! Nous pouvons saluer ici un pèlerin qui se sert du langage pour nous dire son amour de Paris, dont il chante les héros, les reines, les écrivains, les monuments jusque dans « la mort aux aguets... » et « aussi longtemps que les femmes enfanteront ». On trouvera surtout dans Brins de Bohème une improvisation lyrique sur les circonstances de l'Histoire par rapport à notre quotidien dératé, et une approche du Christ personnelle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'auteur donne-t-il aux sept Phylactères rassemblés dans le présent recueil le sens d'un talisman, destiné à franchir les murs de la réalité ? On peut le présumer, d'autant que Saint-Hesbaye a su inoculer à sa poésie une dimension ésotérique liée au réel et à ses résonances. Parti souvent d'observations ordinaires, ce poète a pu les transcender pour en faire un étrange ballet de mots, de notations, d'inventions verbales, toute une imagerie signifiante en somme qui progresse du plan intime jusqu'à une symbolique très personnelle. Cet aguet a traqué tous les signes, toutes les manifestations du vrai et du surréel, jusqu'au silence ou à l'arrêt-méditation : la vie pleine et entière se trouve ainsi prolongée dans des visions qui l'idéalisent, la muent en beauté dans le temps. C'est bien le théâtre (pathétique ou serein) de l'existence qui sollicite ce poète. Mais cette existence, Saint-Hesbaye l'a haussée pour parvenir à la délectation secrète d'une conception spirituelle et linguistique qui n'est qu'à lui.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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